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États-Unis

Deux Noirs condamnés à mort jouent leur va-tout aux Etats-Unis

Le couloir de la mort à la prison San Quentin State en Californie le 29 décembre 2015. (Reuters/ Stephen Lam)

Les voix s'accumulent aux Etats-Unis pour demander un sursis pour Kenneth Fults, qui doit être exécuté mardi, et Duane Buck, un autre Noir dans le couloir de la mort, dont les condamnations illustrent selon leurs défenseurs le racisme imprégnant le système judiciaire américain.

Fults, né en 1968, est incarcéré depuis une vingtaine d'années pour avoir tué par balle une femme blanche le 30 janvier 1996. Il est censé recevoir une injection létale dans une prison de l'Etat de Géorgie.

Amnesty International mène campagne pour obtenir une annulation de dernière minute de l'exécution, en rappelant que, huit ans après le procès de "Kenny" Fults, l'un des jurés avait déclaré sous serment avoir voté pour la peine capitale parce que "ce nègre le méritait".

Les avocats de Fults, qui a le QI d'un enfant, ont eux saisi la Commission des grâces et libérations conditionnelles de la Géorgie.

Mais cette instance, qui s'est réunie lundi, a rejeté le recours.

Il ne reste désormais plus que la Cour suprême à Washington pour offrir une éventuelle dernière chance de clémence au condamné, à quelques heures de son exécution prévue.

De façon paradoxale, le sort de Fults ne semble pas autant passionner l'opinion publique, ni les médias américains, que celui de Duane Buck, qui bénéficie d'une impressionnante équipe de défenseurs, aux solides relais dans la presse.

Cet homme a été condamné à mort en 1997 au Texas à l'issue d'un procès durant lequel un expert a lié sa dangerosité au fait qu'il était... noir.

Dans cette affaire, nul ne remet en doute la culpabilité de Duane Buck, 52 ans, meurtrier en plein été 1995 de son ex-compagne et de l'homme qui se trouvait avec elle.

Mais, pour ses avocats, la très discutable opinion de l'expert a enfreint le sixième amendement de la Constitution américaine, qui énonce qu'un accusé "aura le droit d'être jugé promptement et publiquement par un jury impartial", c'est-à-dire non influencé par des idées racistes.

- L'ultra-répressif comté de Harris -

Les deux plus grands journaux métropolitains aux Etats-Unis, le New York Times et le Los Angeles Times, ont chacun publié récemment un éditorial appelant à accorder un nouveau procès à Duane Buck.

La Cour suprême des Etats-Unis doit décider le 22 avril si elle examinera ce cas devenu emblématique, malgré l'actualité chargée de la haute juridiction, qui siège actuellement à huit juges au lieu de neuf.

Duane Buck a été condamné dans le comté texan de Harris qui, parmi les quelque 3.000 comtés qui composent les Etats-Unis, détient le record absolu des exécutions, avec 9% du total du pays.

Une étude a montré que de 1992 à 1999 --une période couvrant celle de la sentence de Duane Buck-- les procureurs du comté de Harris avaient trois fois plus de chances de requérir la peine capitale si l'accusé était noir, et les jurés avaient deux fois plus de chances d'imposer la peine de mort sur ce même critère.

Or, selon la loi en vigueur au Texas, une personne ne peut être condamnée à mourir que si le procureur parvient à prouver qu'elle fait courir un danger futur à la société.

Lors du procès de Duane Buck, un psychologue nommé Walter Quijano a affirmé à la barre que l'accusé présentait un plus fort risque de récidive car il était noir.

"Il n'y avait pas beaucoup d'éléments de preuve sur la question de la dangerosité future de M. Buck, qui n'avait pas d'antécédents de condamnation pour violence", souligne Christina Swarns, une juriste de la NAACP, la première organisation de défense des Noirs aux Etats-Unis.

Dans ce contexte, les déclarations de cet "expert" spécialisé "ont de façon évidente eu un très gros impact sur le jury", ajoute-t-elle.

A posteriori, les 18 années que Duane Buck a déjà passées derrière les barreaux prouvent combien infondées étaient les déclarations de M. Quijano, affirme à l'AFP Kate Black, une avocate de l'équipe défendant le condamné.

"Si M. Buck se voit offrir la possibilité d'un nouveau procès équitable, les jurés verront qu'il n'a posé aucun danger (après sa condamnation) et, qu'à l'opposé, il a été un prisonnier modèle", assure-t-elle.

Avec AFP

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Barrage sur le Nil: une délégation soudanaise à Washington pour les négociations

Des ouvriers et des machines au barrage de la Renaissance d'Ethiopie dans le woreda de Guba, Ethiopie, le 26 septembre 2019. (REUTERS/Tiksa Negeri)

Le Soudan a envoyé mardi une délégation à Washington pour assister à des négociations avec l'Egypte et l'Ethiopie sur le projet contesté de méga-barrage éthiopien sur le Nil, selon le ministre soudanais de l'Irrigation.

Situé sur le Nil bleu, le Grand barrage de la renaissance (GERD) doit devenir le plus grand barrage hydroélectrique d'Afrique mais la question de la redistribution des ressources du fleuve crée des tensions entre Addis Abeba, Khartoum et Le Caire.

Après neuf années de blocage dans les négociations, les Etats-Unis et la Banque mondiale parrainent depuis novembre 2019 des discussions visant à trouver un accord entre les trois pays.

Les 28 et 29 février doit se tenir une réunion tripartite pendant laquelle les trois pays se pencheront sur une proposition du Trésor américain visant à aplanir deux des principaux points de friction: le remplissage du réservoir et la mise en route du barrage.

Ce nouveau cycle de pourparlers vise à "régler des détails techniques simples mais importants", a précisé le ministre soudanais de l'Irrigation, Yasser Abbas, annonçant la visite à Washington de la délégation de son pays.

"90% des problèmes abordés ont déjà été résolus", a-t-il assuré, disant avoir reçu une "proposition d'accord".

Si l'Egypte --qui dépend très majoritairement du fleuve pour son approvisionnement en eau-- marque son opposition de manière virulente à ce projet, le Soudan le voit d'un bon oeil.

Khartoum espère que le GERD lui fournira de l'électricité et contribuera à réguler les crues du fleuve.

L'Ethiopie, quant à elle, considère ce barrage indispensable à son développement économique.

Le président américain boucle son voyage de deux jours en Inde

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Trump s'en prend à deux juges progressistes de la Cour suprême

Le président américain Donald Trump lors d'une table ronde à Roosevelt House, le mardi 25 février 2020, à New Delhi, en Inde. (Photo AP / Alex Brandon)

Donald Trump a reproché mardi à deux juges progressistes de la Cour suprême des Etats-Unis des prises de position "inappropriées" et les a appelées à se récuser dans les dossiers le concernant.

La plus haute juridiction américaine consacrera le 31 mars une audience aux déclarations d'impôts du président, qu'il refuse de rendre publiques.

A l'approche de cette audience très sensible politiquement, Donald Trump s'en est pris nommément aux juges Ruth Bader Ginsburg et Sonia Sotomayor.

Dans un tweet lundi, il a repris des accusations formulées par une commentatrice de la chaîne conservatrice Fox, selon laquelle Sonia Sotomayor a accusé ses cinq confrères conservateurs de la Cour suprême d'avoir "un préjugé en faveur de Trump".

"C'est terrible. Essaie-t-elle de leur faire honte pour qu'ils votent comme elle? Elle n'a jamais critiqué la juge Ginsburg quand elle m'a traité d'+imposteur+. Les deux devraient se récuser...", a-t-il écrit.

Mardi, lors d'une conférence de presse en Inde, il est revenu à la charge.

La juge Ginsburg "s'était déchaînée pendant la campagne (...) Elle a dit des choses très inappropriées", a-t-il dit.

Lors d'une interview en 2016, la doyenne de la Cour avait bien qualifié le candidat républicain d'"imposteur". Elle s'était ensuite excusée.

Donald Trump a reproché à Sonia Sotomayor des commentaires rédigés pour exprimer son désaccord avec ses collègues dans une décision prise à une courte majorité (les cinq conservateurs contre les quatre progressistes) en fin de semaine dernière.

"C'était très inapproprié, une déclaration terrible pour un juge de la Cour suprême", a-t-il assuré. "Je crois qu'elle essayait de faire honte à ceux qui pourraient avoir une opinion différente d'elle".

La magistrate explique dans ce document de sept pages son "inquiétude" face à la tendance croissante du gouvernement de faire appel à la Cour suprême en urgence, sans attendre que tous les échelons de l'appareil judiciaire se soient prononcés.

"Il est difficile de dire ce qui est le plus troublant: que le gouvernement ait recours à cette procédure extraordinaire de manière automatique, ou que la Cour lui accorde raison", a-t-elle notamment écrit.

Sur Twitter, Steve Vladeck, professeur de droit à l'université du Texas, a volé à son secours. La juge Sotomayor n'accuse pas ses confrères "d'être pro-Trump" et "elle a raison" d'écrire qu'ils "font peser la balance en faveur du gouvernement dans les recours d'urgence".

Selon une de ses études, le gouvernement de Donald Trump a introduit 20 recours d'urgence au cours de ses deux premières années et demi au pouvoir, contre huit par les administrations Bush et Obama au cours des seize années précédentes.

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