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Moyen-Orient

Deux morts dans une attaque contre un pétrolier parti de Tanzanie

Le pétrolier Mercer Street, battant pavillon libérien, au large de Cape Town, en Afrique du Sud, le 2 janvier 2016.

Deux membres d'équipage ont été tués lors de l'attaque d'un pétrolier lié à un milliardaire israélien au large d'Oman, dans la mer d'Oman, ont annoncé vendredi les autorités, marquant ainsi les premiers décès après des années d'attaques visant la navigation dans la région.

La société londonienne Zodiac Maritime, qui fait partie du groupe Zodiac du milliardaire israélien Eyal Ofer, a déclaré que les deux membres d'équipage tués étaient originaires du Royaume-Uni et de Roumanie. Elle ne les a pas nommés et n'a pas décrit ce qui s'est passé lors de l'assaut. Il a déclaré qu'il pensait qu'aucun autre membre d'équipage à bord n'avait été blessé.

"Au moment de l'incident, le navire se trouvait dans le nord de l'océan Indien, se déplaçant de Dar es Salaam à Fujairah, sans cargaison à bord", indique le communiqué de Zodiac Maritime, qui cite respectivement les ports de Tanzanie et des Émirats arabes unis.

Personne n'a immédiatement revendiqué la responsabilité de l'attaque de jeudi soir sur le pétrolier Mercer Street, battant pavillon libérien. Toutefois, un responsable américain a déclaré qu'il semble qu'un drone suicide ait été utilisé dans l'attaque, ce qui soulève la possibilité qu'un gouvernement ou une milice en soit à l'origine. Un responsable de la sécurité israélienne a affirmé, sans fournir de preuves, qu'un drone iranien avait attaqué le navire.

L'attaque de jeudi soir a visé le pétrolier juste au nord-est de l'île omanaise de Masirah, à plus de 300 kilomètres au sud-est de la capitale d'Oman, Mascate.

La marine américaine s'est précipitée sur les lieux après l'attaque et escorte le pétrolier vers un port sûr, selon une société de gestion de navires basée à Londres.

L'assaut a représenté la violence maritime la plus connue jusqu'à présent dans les attaques régionales contre le transport maritime depuis 2019.

Un responsable américain, s'exprimant sous couvert d'anonymat pour discuter de l'enquête en cours, a déclaré à l'Associated Press que l'attaque semblait avoir été menée par un drone "à sens unique" et que d'autres drones y avaient participé. Le responsable a déclaré que l'on ne savait pas immédiatement qui avait lancé l'attaque et a refusé de donner des précisions.

Les autorités omanaises n'ont pas répondu aux demandes de commentaires. Le sultanat est situé à l'extrémité orientale de la péninsule arabique, le long de routes maritimes vitales pour le transport de marchandises et d'énergie par le détroit d'Ormuz, l'étroite embouchure du golfe Persique.

Israël n'a pas reconnu publiquement l'attaque. D'autres navires liés à Israël ont également été pris pour cible ces derniers mois, dans le cadre d'une guerre de l'ombre entre les deux nations, les responsables israéliens accusant la République islamique d'être responsable de ces attaques.

Entre-temps, Israël a été soupçonné dans une série d'attaques majeures visant le programme nucléaire iranien. Par ailleurs, l'Iran a récemment vu son plus grand navire de guerre couler dans des circonstances mystérieuses dans le golfe d'Oman, tout proche.

L'attaque de jeudi intervient dans un contexte de tensions accrues autour de l'accord nucléaire iranien en lambeaux et alors que les négociations sur le rétablissement de l'accord sont au point mort à Vienne.

C'est la deuxième fois ce mois-ci qu'un navire lié à Ofer a apparemment été pris pour cible. Début juillet, le porte-conteneurs CSAV Tyndall, battant pavillon libérien et lié à Zodiac Maritime, a subi une explosion inexpliquée alors qu'il se trouvait dans le nord de l'océan Indien, selon l'administration maritime américaine.

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Au moins 50 morts dans des combats au Yémen

De la fumée s'élève après des frappes aériennes menées par l'Arabie saoudite sur une base militaire à Sanaa, au Yémen, le 7 mars 2021.

Au moins 50 rebelles et membres des forces loyalistes ont été tués dans des combats au cours des dernières 48 heures dans la province yéménite de Marib, ont rapporté dimanche des sources militaires loyalistes.

Marib est le dernier bastion du gouvernement dans le nord du Yémen, et les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, tentent depuis des mois de s'en emparer.

"43 combattants Houthis ont été tués au cours des dernières 48 heures, la plupart dans des frappes menées par la Coalition" dans l’ouest de la province de Marib, a indiqué à l’AFP une source militaire loyaliste. Au moins sept combattants loyalistes ont péri dans ces combats, selon d'autres sources.

Les Houthis qui ont intensifié depuis février leurs efforts pour s'emparer de Marib font rarement état de bilan de victimes dans les combats.

Environ 400 combattants des deux camps ont péri en septembre durant lequel les combats se sont intensifiés à Marib.

Le contrôle de cette région riche en pétrole, située à environ 120 kilomètres de la capitale Sanaa, renforcerait la position de négociation des Houthis dans les pourparlers de paix.

Le conflit au Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, a éclaté en 2014 après une offensive des Houthis venus de leur fief de Saada, dans le nord du pays et qui ont notamment pris le contrôle de la capitale Sanaa.

Le pays est depuis devenu le théâtre du pire désastre humanitaire au monde selon l'ONU, avec des dizaines de milliers de morts d'après des ONG et une population au bord de la famine.

Alors que l'ONU et Washington poussent à la fin de la guerre, les Houthis ont exigé la réouverture de l'aéroport de Sanaa, fermé sous blocus saoudien depuis 2016, avant tout cessez-le-feu ou négociations.

Les efforts de l'ONU ces dernières années pour faire cesser le combats ont été vains. En juin dernier, l'ancien émissaire de l'ONU au Yémen Martin Griffiths avait dressé un constat d'échec au terme d'une mission de trois ans.

Son successeur, le diplomate suédois Hans Grundberg, s'est rendu récemment à Oman, un pays qui joue un rôle de médiateur dans le conflit interyéménite.

Il y a rencontré des responsables omanis et Houthis, dont le négociateur en chef rebelle Mohammed Abdelsalam.

"Une paix durable peut être atteinte seulement à travers un règlement négocié pacifiquement", a dit M. Grundberg, selon un communiqué.

"Il est impératif que tous les efforts soient déployés de façon à relancer un processus politique qui peut engendrer des solutions durables répondant aux attentes des femmes et hommes yéménites", a-t-il ajouté.

Le Parlement libyen censure le gouvernement, nouvel accroc avant les élections

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L'ONU débloque un fonds d'urgence pour un système de santé afghan au bord de l'effondrement

Des Afghans dans un hôpital après avoir été blessés lors des attaques meurtrières à l'extérieur de l'aéroport de Kaboul, en Afghanistan, le vendredi 27 août 2021. (Photo AP/Wali Sabawoon)

L'ONU débloque 45 millions de dollars d'aide d'urgence pour soutenir le système de santé au bord du gouffre en Afghanistan, a annoncé mercredi Martin Griffiths, le secrétaire général adjoint des Nations Unies pour les Affaires humanitaires.

"Les médicaments, les matériels médicaux et l'essence sont en train de s'épuiser en Afghanistan. La chaîne du froid est compromise. Les personnels de santé indispensables ne sont pas payés", a détaillé M. Griffiths dans un communiqué.

Les fonds débloqués mercredi vont aller à l'OMS et l'Unicef et doivent permettre, par le biais d'ONG nationales et internationales, de faire tourner les centres de soins, y compris les hôpitaux où sont traités les malades du Covid-19, a souligné M. Griffiths, qui a eu récemment des entretiens en Afghanistan avec les responsables du gouvernement taliban.

"Laisser le système de santé afghan s'effondrer aurait des conséquences désastreuses", a-t-il souligné. Le pays est confronté à une grave crise humanitaire à cause des dizaines de milliers de personnes déplacées par les violences lors de la conquête du pouvoir par les talibans, une crise économique faute d'argent, une sécheresse dévastatrice et la pandémie.

Les arrestations et violences pour des publications sur internet en hausse dans le monde

Un cybercafé à Dakar, Sénégal, le 10 août 2006.

Le nombre de pays où des internautes ont subi des arrestations et des violences en raison de leurs publications a atteint un record entre juin 2020 et mai 2021, selon un rapport publié mardi par une ONG.

Si les coupures de réseau en Birmanie et au Bélarus ont constitué les points les plus marquants de la période considérée, les droits numériques ont reculé au niveau mondial pour la onzième année de suite, souligne l'ONG américaine Freedom House.

Le rapport évalue le niveau de liberté sur internet dans différents pays, en prenant notamment en compte les restrictions d'accès ou la présence de "trolls" pro-gouvernementaux cherchant à manipuler les débats en ligne.

"Cette année, les internautes ont dû faire face à des attaques physiques en représailles à leurs activités en ligne dans 41 pays", indique le rapport, notant qu'il s'agit d'un plus haut depuis ses débuts.

Parmi les exemples cités : celui d'un étudiant bangladais hospitalisé après un passage à tabac en raison de soupçons d'"activités anti-gouvernementales" sur les réseaux sociaux ou celui d'un journaliste mexicain assassiné pour avoir publié sur Facebook une vidéo accusant un gang de meurtre.

Les auteurs ajoutent que, dans 56 des 70 pays étudiés, des citoyens ont été arrêtés ou condamnés pour leurs activités numériques, soit un taux record de 80%.

La junte militaire, qui a pris le pouvoir en Birmanie en février, est lourdement critiquée pour avoir coupé l'accès à internet, bloqué les réseaux sociaux et forcé les entreprises technologiques à lui remettre des données privées.

Des coupures ont également été constatées avant un scrutin en Ouganda en janvier et après une élection présidentielle contestée au Bélarus en août 2020.

Au total, 20 pays ont bloqué l'accès à internet de leurs citoyens en un an.

L'Islande est en tête du classement devant l'Estonie et le Costa Rica, premier pays à avoir fait de l'accès à internet un droit fondamental.

La Chine est en revanche considérée comme le pays le moins respectueux des libertés numériques et le plus répressif contre les internautes dissidents.

Au niveau mondial, les auteurs du rapport accusent des gouvernements de se servir de la régulation des entreprises technologiques pour justifier des mesures répressives.

De nombreux législateurs élaborent des lois anti-trust visant à mettre au pas des géants de la tech comme Google, Apple et Facebook, un effort que les auteurs du rapport estiment justifié.

Ils critiquent cependant des pays comme l'Inde ou la Turquie pour leurs lois forçant les réseaux sociaux à retirer tout contenu jugé offensant ou susceptible de porter atteinte à l'ordre public, sans que ces termes soient clairement définis.

Le Pakistan appelle à un dégel des avoirs afghans, avant des discussions à l'ONU

Des dizaines de femmes veuves de la guerre en Afghanistan cousent des uniformes militaires ans une usine de Kaboul, le 8 février 2021. (Photo AFP/ WAKIL KOHSAR)

Le Pakistan a appelé lundi les grandes puissances à débloquer les milliards de dollars d'avoirs afghans gelés après la prise du pouvoir par les talibans, mais Islamabad ne s'attend pas à une reconnaissance prochaine du nouveau gouvernement.

La plus grande urgence est d'éviter un effondrement encore plus grand de l'économie afghane, a averti le ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mahmood Qureshi en amont de discussions sur l'Afghanistan lors de l'assemblée générale des Nations unies.

"D'un côté, on lève de nouveaux fonds pour éviter une crise et, d'un autre côté, l'argent qui est le leur, qui leur appartient, ils ne peuvent pas l'utiliser", a expliqué M. Qureshi à des journalistes.

"Je pense que le gel des avoirs n'arrange pas la situation. Je demande instamment aux pouvoirs en place de revoir cette politique et de réfléchir à un dégel", a-t-il déclaré.

Les Etats-Unis ont gelé 9,5 milliards de dollars (8 milliards d'euros) de la Banque centrale afghane et les prêteurs internationaux évitent l'Afghanistan, inquiets de fournir des liquidités pouvant être utilisées par les talibans.

Le Pakistan a été le principal soutien du régime taliban entre 1996 et 2000 et a longtemps été accusé par les Etats-Unis d'alimenter, via ses services de renseignement, les rebelles islamistes pendant la guerre de 20 ans contre les forces de l'OTAN et du gouvernement soutenu par les occidentaux.

Tout en appelant au dialogue avec les talibans, M. Qureshi semble partager avec la diplomatie américaine l'idée qu'il est prématuré d'établir des relations officielles avec le nouveau régime.

"Je pense que personne n'est pressé de reconnaître (le gouvernement) à ce stade et les talibans devraient garder un oeil dessus", a estimé M. Qureshi.

Si les nouveaux maîtres de Kaboul veulent la reconnaissance, "ils doivent être plus sensibles et plus réceptifs à l'opinion internationale", a-t-il ajouté.

M. Qureshi espère que les talibans seront plus ouverts après avoir formé un gouvernement intérimaire comprenant des personnalités placées sur la liste noire des Nations unies pour terrorisme.

Le chef de la diplomatie pakistanaise voit du "positif" chez les talibans, comme la déclaration d'amnistie et la volonté d'inclure des groupes ethniques autres que les Pachtounes dominants.

"Il y a des tendances à encourager", a souligné M. Qureshi.

Des activistes et des témoins assurent que la réalité sur le terrain est différentes des promesses des talibans, les femmes et les filles étant privées d'emploi et d'éducation malgré les annonces officielles du nouveau régime.

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