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Deux morts dans un attentat dans une mosquée au Cameroun

Les maisons incendiées à Moskata lors d'une incursion de Boko Haram, à l'extrême nord du Cameroun, 17 août 2017. (Photo : Journal l'Oeil du Sahel)

Deux civils ont été tués lundi dans un attentat-suicide dans une mosquée de l'extrême-nord du Cameroun, où les attaques imputées aux jihadistes nigérians de Boko Haram sont fréquentes, a-t-on appris de sources concordantes.


"Un kamikaze s'est fait exploser ce matin (lundi) dans une mosquée de Kerawa", à la frontière du Nigeria, a déclaré à l'AFP une source sécuritaire jointe dans la région.

"Deux civils et le kamikaze ont été tués", a-t-elle ajouté, confirmant le bilan d'un témoin de l'attaque.

"Le kamikaze est entré dans la mosquée alors que la prière du matin s'était achevée", a rapporté le témoin. Le bilan aurait "très lourd" si tous les fidèles avaient été encore sur place au moment de l'attaque.

Depuis 2014, date à laquelle le Cameroun a commencé à lutter contre Boko Haram, ce groupe a tué "2.000 civils et militaires" et enlevé "un millier de personnes" dans l'extrême-nord du pays, selon le centre d'analyse International Crisis Group (ICG).

Depuis son apparition il y a huit ans, Boko Haram, actif dans les pays frontaliers du lac Tchad (Nigeria, Cameroun, Niger et Tchad), a provoqué la mort d'au moins 20.000 personnes.


Avec AFP

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Libye : l'émissaire de l'ONU craint "une guerre longue et sanglante"

Le nouvel émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, à gauche, lors d’une conférence de presse aux côtés du Premier ministre du gouvernement libyen de l’accord national (GNA) Fayej Seraj, et ministre des affaires étrangères Taher Siala à Tripoli, L

La bataille pour Tripoli "n'est que le début d'une guerre longue et sanglante", a déclaré mardi au Conseil de sécurité l'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, en réclamant des mesures onusiennes pour arrêter le flot d'armes arrivant dans le pays.

"La Libye est sur le point de tomber dans une guerre civile qui pourrait conduire à la division permanente du pays", a-t-il averti. "Les dégâts déjà occasionnés vont prendre des années à être résorbés et seulement si la guerre s'arrête maintenant".

Selon l'Organisation mondiale de la santé, le conflit déclenché le 4 avril par une offensive de l'homme fort de l'Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, pour s'emparer de Tripoli, a fait jusqu'à présent 510 morts et 2.467 blessés.

Selon l'ONU, plus de 75.000 personnes ont aussi été obligées de fuir et plus de 100.000 personnes sont prises au piège des combats aux abords de Tripoli.

Devant le Conseil de sécurité, Ghassan Salamé a vivement déploré que des armements arrivent en masse en Libye en dépit de l'embargo sur les armes décrété pour ce pays depuis 2011.

"Des pays alimentent ce conflit sanglant et les Nations unies doivent y mettre un terme", a-t-il demandé, sans citer de noms. "Sans un mécanisme robuste pour le faire appliquer, l'embargo sur les armes en Libye va devenir une farce cynique".

Le maréchal Haftar est notamment soutenu par les Emirats arabes unis et l'Egypte. A l'inverse, la Turquie et le Qatar lui sont hostiles et appuient les forces loyales au Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli.

- Conflit "exploité" -

Selon Ghassan Salamé, "il n'y a pas de solution militaire en Libye" et il est indispensable d'avoir "une cessation des hostilités" et un "retour à un processus politique sous l'égide de l'ONU" pour sortir le pays de la guerre.

Lors des prises de parole des membres du Conseil, tous ont marqué leur soutien aux efforts de l'émissaire onusien, qui avait déploré dans le passé les divisions de la communauté internationale, pour parvenir à une fin des combats.

"Face au risque d'escalade, l'urgence est d'établir un cessez-le-feu sans préconditions" et s'appuyant sur un mécanisme international "pour être crédible", a estimé l'ambassadeur français, François Delattre. "Aucun camp ne peut l'emporter par la force", a-t-il jugé.

"Toutes les parties doivent rejoindre la médiation de l'ONU", a affirmé de son côté l'ambassadeur américain Jonathan Cohen, alors que la position des Etats-Unis à l'égard des deux belligérants reste peu claire depuis un entretien téléphonique à la mi-avril entre Donald Trump et Khalifa Haftar.

La Russie, qui soutient ce dernier et refuse qu'il soit tenu pour responsable de la dégradation de la situation, a souligné "la nécessité de travailler avec toutes les parties sans en privilégier une".

Plusieurs pays ont aussi convenu que le conflit était "déjà exploité" par les groupes djihadistes Etat islamique et Al-Qaïda pour accroître leur emprise dans le pays, comme l'a relevé l'émissaire de l'ONU.

"Ceux qui profitent le plus de ces conflits sont les groupes extrémistes", a considéré l'ambassadrice britannique, Karen Pierce, une position partagée par la France et les Etats-Unis.

Funérailles d'Etienne Tshisekedi à Kinshasa du 30 mai au 1er juin

Des personnes se sont réunies pour rendre hommage à Etienne Tshisekedi lors d'une cérémonie à Bruxelles, à Belgique, le 5 février 2017.

Le rapatriement de la dépouille et les funérailles de l'ex-opposant Etienne Tshisekedi vont avoir lieu entre le 30 mai et le 1er juin, a annoncé mardi un proche joint par plusieurs médias dont l'AFP, nouveau signe de détente politique en République démocratique du Congo.

Le père du nouveau président Félix Tshisekedi était décédé à Bruxelles le 1er février 2017 en pleine période de tensions politiques, sous l'ancien régime du président Joseph Kabila.

Son corps reposait depuis dans la capitale belge faute d'un accord politique entre l'ancien régime et la famille sur son rapatriement et l'organisation des funérailles.

"Le corps d'Etienne Tshisekedi arrive le 30 mai et les funérailles se passeront au stade des Martyrs", a déclaré à l'AFP le frère du défunt, Mgr Gérard Mulumba.

Le corps sera exposé dans le plus grand stade de Kinshasa qui peut accueillir 80.000 personnes.

"Le samedi aura lieu l'inhumation après la grande messe solennelle au stade des Martyrs. Tous les évêques seront là", a poursuivi le parent.

Mgr Mulumba a précisé vouloir "attendre le communiqué de la présidence".

Consultés par l'AFP, deux proches du président confirment la date du 30 mai pour le rapatriement de la dépouille d'Etienne Tshisekedi, décédé à l'âge de 84 ans.

"C'est depuis plus de deux ans que nous avions fait tout ce que nous pouvions. Nous n'avons pas réussi. Alors maintenant que les choses se passent dans un climat meilleur, nous sommes évidemment soulagés", a ajouté Mgr Mulumba.

L'annonce a été faite au lendemain même de la nomination d'un Premier ministre par le président Tshisekedi, sur proposition de son prédécesseur, Joseph Kabila.

Lundi également, l'opposant Moïse Katumbi a fait un retour triomphal dans son fief de Lubumbashi après trois ans en exil, en promettant d'incarner une opposition "républicaine" et "exigeante".

Proclamé vainqueur de l'élection du 30 décembre, M. Tshisekedi fils a été investi le 24 janvier en présence de son prédécesseur, Joseph Kabila, première transmission pacifique du pouvoir dans l'histoire du Congo.

En 2011, son père, lui-même candidat-président, avait refusé de reconnaître la réélection de M. Kabila et se proclamait vainqueur des élections.

Etienne Tshisekedi avait fondé en février 1982 le parti d'opposition Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), sous le régime du parti unique, à l'époque du dictateur Mobutu Sese Seko (1965-1997).

Il avait ensuite été Premier ministre dans les années 90 à l'époque de l'ouverture au multipartisme.

Après l'indépendance le 30 juin 1960, M. Tshisekedi avait été un proche de Mobutu. Le 1er juin 1966, il était ministre lors de la pendaison de quatre responsables politiques accusés de trahison.

Connus dans l'histoire du Congo comme les "martyrs de la Pentecôte", ils donnent leur nom au stade où doit être honoré la mémoire d'Etienne Tshisekedi, un même 1er juin de Pentecôte, 53 ans plus tard.

Malawi : les bureaux de vote ouvrent pour les élections générales

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Zimbabwe : arrestation de quatre militants des droits de l'Homme

Les avocats du barreau du Zimbabwe participent à une "Marche pour la justice" devant la Cour constitutionnelle à Harare le 29 janvier 2019.

Quatre militants des droits de l'Homme ont été interpellés au Zimbabwe à leur retour au pays, et leurs téléphones et ordinateurs confisqués, ont indiqué mardi leurs avocats.

"Ils ont été arrêtés à leur descente d'un avion de South African Airlines à l'aéroport international Robert Mugabe" à Harare lundi, a déclaré le porte-parole de l'association des Avocats zimbabwéens des droits de l'Homme, Kumbirai Mafunda.

Quatre hommes, Gamuchirai Mukura et Nyasha Mpahlo, de l'ONG Transparency International Zimbabwe, George Makoni du Centre for Community Development Zimbabwe et Tatenda Mombeyarara de Citizens Manifesto, se sont d'abord vu refuser l'accès à leurs avocats, a-t-il ajouté.

"Ils ont pu les rencontrer au commissariat de Harare, cinq heures après leur arrestation à l'aéroport", a précisé M. Mafunda.

La police n'était pas joignable pour confirmer ces arrestations.

Ces interpellations interviennent quelques jours après la publication d'un article dans le journal d'Etat The Herald affirmant qu'"un groupe d'organisations louches en lien avec le MDC (Mouvement pour le changement démocratique, opposition) se préparaient à causer des troubles civils le mois prochain".

Plusieurs organisations citées par le quotidien ont démenti.

L'ONG Coalition de la crise au Zimbabwe a dénoncé les arrestations. "La police, le gouvernement et les médias d'Etat conspirent en vue de criminaliser le travail des défenseurs des droits de l'Homme, avec des allégations infondées visant des leaders de la société civile", a-t-elle dénoncé.

Le Zimbabwe est dirigé depuis fin 2017 par Emmerson Mnangagwa. Il a succédé à Robert Mugabe, qui a dirigé d'une main de fer le pays pendant trente-sept ans.

Le régime Mnangagwa a violemment réprimé en janvier des manifestations contre une forte hausse des prix du carburant. Au moins 17 personnes ont été tuées. Les autorités avaient accusé le MDC et des ONG d'avoir organisé ces manifestations.

Soudan : la détermination intacte des manifestants après l'impasse politique

La police dispersent des manifestants à coup de gaz lacrymogène à Khartoum, Soudan, 24 février 2019.

Drapeaux soudanais brandis, "V" de la victoire et cris de ralliement: les manifestants rassemblés devant le QG de l'armée à Khartoum restent déterminés à obtenir un transfert du pouvoir au civil, malgré l'impasse dans les négociations entre la contestation et les militaires.

"Les jeunes se sont sacrifiés pour évincer un régime vieux de 30 ans, ceci doit être protégé", soutient avec fermeté Wafaa al-Tayeb, une mère de famille, s'exprimant haut et fort devant un groupe de jeunes attentifs.

Depuis la destitution par l'armée le 11 avril du président Omar el-Béchir, qui a dirigé le Soudan d'une main de fer pendant trois décennies, un Conseil militaire de transition a pris le pouvoir.

Lundi soir, les négociations sur une transition politique n'ont abouti à aucun accord. Chaque partie, militaires et meneurs de la contestation, souhaite obtenir la présidence et la majorité des sièges au sein du futur Conseil souverain.

"Après s'être débarrassés du plus grand dictateur d'Afrique, ces millions de gens que vous voyez ici n'accepteront jamais que les militaires imposent leur loi", assure Mme Tayeb. "C'est vrai ou pas ?", poursuit-elle à l'adresse de manifestants, récoltant aussitôt l'approbation générale.

A ses côtés, une jeune fille relativise. "Les négociations n'aboutiront pas en un jour, il y aura forcément des problèmes. L'important, c'est que l'accord final réponde à nos attentes", dit Hind Mohamed.

"Et vous, pourquoi est-ce que vous restez silencieux ?", questionne brusquement Mme Tayeb, en interpellant un journaliste égyptien.

En 2011, l'Egypte voisine a été secouée par un soulèvement populaire qui a provoqué la chute du président Hosni Moubarak, après 30 ans au pouvoir.

Mais, depuis 2014, l'actuel chef de l'Etat, M. Sissi, un ancien chef des armées appuyé par les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite, a instauré un régime "ultrarépressif", selon les ONG et ses opposants.

Outre le soutien financier des pays du Golfe, le Conseil militaire soudanais semble bénéficier d'un appui diplomatique de l'Egypte, actuelle présidente de l'Union africaine, selon des analystes.

- "Vraies ambitions" -

Rafeei Ibrahim, un jeune diplômé en économie de 24 ans, dénonce des "ingérences étrangères".

"Les Emirats et l'Arabie saoudite, des Etats du Golfe, mettent la pression sur Abdel Fattah al-Burhane (chef du Conseil militaire ndlr) pour appliquer leurs volontés politiques, comme ils l'ont fait en Egypte", clame cet homme de 24 ans.

"Nous sommes certains que la rue --le sit-in-- va l'emporter dans ces négociations. Que cela prenne un mois, deux mois, un an...", soutient ce jeune chômeur, vêtu d'une chemise à carreaux, un sac sur le dos.

"Nous gardons espoir. Nous sommes des millions et nous avons de vraies ambitions pour l'avenir du Soudan", poursuit-il.

Autour de lui, des groupes de protestataires, hommes et femmes de tous âges, continuent de scander des chants réclamant la "liberté", la "justice" et un gouvernement "civil".

Un peu à l'écart de la foule, Nour Galil, un manifestant, regarde des adolescents jouer au volley-ball sur un petit terrain délimité par des pierres et fils blancs.

"Bien sûr, il y a de la frustration mais il reste l'espoir d'avoir un avenir meilleur où les gens vivront bien et seront libres", confie ce trentenaire, qui dit cumuler des petits boulots pour gagner sa vie.

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