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Onze civils "égorgés" dans l'extrême-nord du Cameroun par Boko Haram

Les maisons incendiées à Moskata lors d'une incursion de Boko Haram, à l'extrême nord du Cameroun, 17 août 2017. (Photo : Journal l'Oeil du Sahel)

Onze civils ont été égorgés dans la nuit de dimanche à lundi dans l'extrême-nord du Cameroun dans une attaque attribuée aux jihadistes nigérians de Boko Haram, dont les attaques dans la région camerounaise sont fréquents, a appris l'AFP de sources concordantes.

"Boko Haram a égorgé 11 personnes au cours d'une attaque cette nuit (de dimanche à lundi) à Gouderi", un village de l'arrondissement de Kolofata (Extrême-Nord), a affirmé à l'AFP un responsable d'un comité de vigilance de cette zone joint depuis Yaoundé.

L'attaque et son bilan ont été confirmés à l'AFP par une source proche des services de sécurité.

"L'incursion de Boko Haram à Gouderi est un acte de représailles. Les jihadistes ont agi après l'arrestation dans cette localité de certains de leurs camarades", a expliqué cette source, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Depuis 2014, où le Cameroun est entré en guerre contre Boko Haram, ce groupe a tué "2.000 civils et militaires" et enlevé "un millier de personnes" dans l'extrême-nord du Cameroun, selon le centre d'analyse et de prévention des conflits International Crisis Group (ICG).

Du côté nigérian de la frontière, un attentat-suicide contre une mosquée a fait lundi cinq morts.

Dimanche, un milicien posté à un check-point dans le quartier de Muna, à Maiduguri, dans le nord du Nigeria, avait été tué et un autre blessé par deux femmes qui s'étaient faites exploser en fin d'après-midi. La semaine dernière, un triple attentat-suicide avait fait 14 morts à la sortie du camp de déplacés de Muna, toujours au Nigeria.

Depuis son apparition il y a huit ans, Boko Haram, qui lance des attaques et commet des attentats-suicides dans les pays frontaliers du lac Tchad (Nigeria, Cameroun, Niger et Tchad), a provoqué la mort d'au moins 20.000 personnes.

Avec AFP

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L'ex-président Jammeh accusé d'agressions sexuelles par trois femmes en Gambie

L'ex-président Yahya Jammeh, au centre, en train d'aller en exil à l'aéroport de Banjul, Gambie, 27 janvier 2017.

L'ancien président Yahya Jammeh est accusé par trois Gambiennes de les avoir contraint à des relations sexuelles en usant de pressions morales, financières ou physiques lorsqu'il dirigeait ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, selon un rapport de Human Rights Watch présenté mercredi au Sénégal.

"Yahya Jammeh a traité les femmes gambiennes comme ses choses", a expliqué à Dakar le célèbre avocat américain de Human Rights Watch, Reed Brody. "Le viol et l'agression sexuelle sont des crimes, Jammeh n'est pas au-dessus des loi".

Yahya Jammeh a dirigé d'une main de fer ce petit pays enclavé dans le Sénégal, à l'exception d'une étroite façade atlantique, de 1994 à son départ pour la Guinée équatoriale le 21 janvier 2017, sous la pression d'une force régionale.

Les défenseurs des droits humains accusent son régime d'actes systématiques de torture contre des opposants et des journalistes, d'exécutions extra-judiciaires, de détentions arbitraires et de disparitions forcées. Il est en outre soupçonné d'avoir détourné plusieurs centaines de millions de dollars.

L'ex-président gambien et ses collaborateurs ont "recouru à la coercition, à la tromperie et à la violence" pour obtenir des faveurs sexuelles, "ainsi qu'à des représailles lorsque les femmes refusaient ses avances", accuse l'enquête, menée avec l'ONG suisse TRIAL International.

En décembre 2014, Fatou Jallow, dite "Toufah", alors étudiante en art dramatique de 18 ans, a été élue "reine de beauté" lors d'un concours retransmis en direct à la télévision d'Etat.

Dans les six mois qui ont suivi, le chef de l'Etat l'a invitée plusieurs fois au palais présidentiel, couverte de cadeaux, puis lui a demandé de l'épouser, ce qu'elle a refusé, selon le récit de la jeune femme, qui a choisi de témoigner à visage découvert depuis le Sénégal, où elle a trouvé refuge.

En juin 2015, Yahya Jammeh l'a enfermée dans une pièce de son palais, menacée de mort et lui a injecté une substance au moyen d'une seringue, avant de l'immobiliser et de la violer, a-t-elle expliqué.

Selon plusieurs témoignages rapportés par les deux ONG, Yahya Jammeh s'est aussi entouré de "protocol girls" - des jeunes femmes qu'il recrutait personnellement comme assistantes, avec l'aide d'une cousine, Jimbee Jammeh, chargée de les mettre en confiance - avant de les harceler sexuellement.

L'une d'entre-elles, désignée par le pseudonyme "Anta", a expliqué que le président l'avait menacée de lui couper les vivres si elle se refusait à lui. Une autre, "Bintu", affirme que Yahya Jammeh lui a proposé une bourse d'études aux Etats-Unis avant de se rétracter devant son refus de relations sexuelles.

Une quatrième femme, Fatoumatta Sandeng, chanteuse connue en 2015, affirme avoir été forcée à se rendre dans le village du président, sans doute, estime-t-elle, pour la "piéger". Empêchée de quitter son hôtel pendant trois jours, elle avait finalement été autorisée à partir sans avoir eu de contact avec Yahya Jammeh.

Fille de l'opposant Solo Sandeng, dont la mort en détention en avril 2016 avait galvanisé l'opposition à Yahya Jammeh, Fatoumatta Sandeng dirige à présent une campagne internationale pour traduire l'ex-président et ses principaux collaborateurs en justice.

La Commission vérité et réconciliation (TRRC), qui enquête sur les crimes présumés du régime Jammeh, a entamé début juin sa 5e session d'auditions. Elle prévoit d'organiser des séances consacrées aux violences sexuelles dans les prochains mois.

Interrogé début 2018 sur une éventuelle demande d'extradition de Yahya Jammeh, son successeur Adama Barrow, qui l'avait battu à la présidentielle de décembre 2016, a indiqué qu'il attendrait la fin des travaux de la TRRC pour se prononcer.

"Ces femmes ont un courage immense et ont brisé la culture du silence. Il est important que la Commission vérité et réconciliation et le gouvernement leur offrent la possibilité d'obtenir réparation et justice", a déclaré Marion Volkmann-Brandau, principale enquêteuse ayant travaillé sur ce projet pour Human Rights Watch et TRIAL.

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L'ONU promet son soutien dans l'exécution du mandat d'arrêt d'un chef de guerre congolais

Le juge président de la CPI, Robert Fremr, dans la salle d'audience de la Cour pénale internationale (CPI) à la Haye, aux Pays-Bas, le 28 août 2018.

Les Nations unies ont promis mercredi leur soutien à l'exécution d'un mandat d'arrêt émis par la justice militaire congolaise à l'encontre d'un chef de guerre accusé d'atteintes aux droits de l'Homme et de violences sexuelles dans l'est de la République démocratique du Congo.

L'auditorat militaire a lancé le 7 juin un mandat d'arrêt contre Guidon Shimiray Mwissa pour "participation à un mouvement insurrectionnel", "crime de guerre par recrutement d’enfants", et "crime contre l’humanité par viol", selon une information mercredi de Radio France internationale (RFI).

Déjà sous sanctions de l’ONU, des Etats-Unis et de la France qui ont gelé ses avoirs en 2018, le chef de guerre est à la tête depuis 2015 d’une coalition de groupes armés dans la province du Nord-Kivu.

Ce groupe baptisé NDC-R mène des offensives contre divers groupes armés hutus.

Le chef de guerre est aussi accusé de se "substituer aux autorités locales" et de se livrer avec ses hommes "à des exactions graves sur les populations civiles", d'après le mandat d'arrêt consulté et authentifié par RFI.

"Nous allons accompagner la justice militaire congolaise pour pouvoir exécuter ce mandat", a précisé la porte-parole de la Monusco Florence Marchal lors de son point-presse hebdomadaire.

"Depuis le début de l'année, près de 300 allégations de violences sexuelles liées au conflit ont été rapportés dans le territoire de Masisi (un des territoires du Nord-Kivu). Le bureau conjoint des droits de l'Homme a vérifié 111 cas entre janvier et avril dernier, dont la moitié sont imputables au NDC-R", a ajouté la porte-parole.

La Monusco a qualifié le mandat d'arrêt de "développement positif pour la sécurisation de la province et la lutte contre l'impunité".

Des dizaines de milliers de personnes honorent les responsables assassinés en Ethiopie

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, au centre, assiste à une cérémonie officielle en l'honneur du chef de l'armée assassinée, le général Seare Mekonnen, au Millennium Hall de la capitale Addis-Abeba en Éthiopie, le 25 juin 2019.

Les hauts responsables éthiopiens assassinés samedi dans deux attaques en Ethiopie, dont le chef d'état-major de l'armée nationale et le président d'une région du nord-ouest, ont été honorés dans leurs régions natales mercredi par des dizaines de milliers de personnes.

Les assassinats de ces cinq hauts responsables, qui s'inscrivent dans le cadre de la crise politico-ethnique que traverse le pays et qui a déjà fait plus de deux millions de déplacés, ont plongé l'Ethiopie dans l'émoi.

Les autorités ont qualifié ces événements de "tentative de coup d'Etat" contre le gouvernement de la région Amhara (nord-ouest), une des neuf régions du pays dessinées sur les bases d'un fédéralisme ethnique. Cette théorie est toutefois mise en doute par de nombreux observateurs.

A Bahir Dar, où le président de la région Amhara Ambachew Mekonnen, un de ses conseillers et le procureur général de cette région ont été tués samedi par un "commando armé", des dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées mercredi dans le stade de la ville, drapés pour la plupart dans des tissus traditionnels blancs.

"Nous nous souviendrons pendant des générations de ceux qui sont tombés, pour leur contribution à la région et au pays", a déclaré le vice-Premier ministre éthiopien Demeke Mekonnen, lui-même issu de l'ethnie Amhara. "Nous découvrirons les mobiles et les intérêts de ceux qui ont commis cette acte barbare".

M. Demeke a ensuite déposé des fleurs devant les cercueils des trois hommes, tués selon les autorités par un "commando armé" obéissant au chef de la sécurité de la région Amhara, Asaminew Tsige, un ethno-nationaliste qui se serait trouvé sur la sellette notamment pour avoir ouvertement entrepris de former des milices ethniques. Asaminew Tsige a été tué lundi par la police.

Une fois terminée la cérémonie dans le stade, les trois cercueils doivent être emmenés vers une église orthodoxe pour un office religieux.

A plusieurs centaines de kilomètres de là, à Mekele (nord), des milliers de personnes s'étaient rassemblées pour honorer le chef d'état-major de l'armée nationale, tué samedi par son garde du corps à son domicile d'Addis Abeba alors qu'il menait l'opération de réponse à l'attaque de Bahir Dar. Hommage était également rendu à un général à la retraite qui lui rendait visite et qui a également été tué.

Les deux généraux avaient déjà été honorés mardi lors d'une cérémonie à Addis Abeba lors de laquelle le Premier ministre réformateur Abiy Ahmed avait ouvertement pleuré. Leurs cercueils avaient ensuite été transportés vers Mekele, dans leur région natale du Tigré. Ils doivent être inhumés mercredi.

Les autorités accusent Asaminew Tsige d'être responsable des deux attaques.

Abiy Ahmed s'est efforcé depuis son entrée en fonction en avril 2018 de démocratiser le pays, légalisant des groupes dissidents et améliorant la liberté de la presse. Cet assouplissement a également permis une expression plus libre des tensions intercommunautaires et nationalismes ethniques.

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