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Deux mois de grève dans le secteur de la santé au Bénin


Mouvement d'humeur des praticiens hospitaliers, à Cotonou, Bénin, le 5 novembre 2017. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

Au Bénin, les hôpitaux publics ne sont ouverts que les lundis et vendredis avec la mise sur pied d'un service minimum. Au cœur de cette brouille, les réformes engagées dans le secteur par le gouvernement Talon et qui seraient, selon les travailleurs, une véritable atteinte à leurs droits.

Les urgences, la pédiatrie, la maternité et autres services affiliés sont fermés trois jours sur cinq dans les hôpitaux publics au Bénin. Depuis deux mois, aucun accord n’a été trouvé pour mettre un terme au mouvement de grève scrupuleusement observés par les praticiens.

Yves Fifadji, le secrétaire général du bureau exécutif national du Syntrasesh, le plus grand syndicat des praticiens hospitaliers, explique que " le gouvernement Talon ne fait pas les choses dans les règles de l'art".

Yves Fifadji, secrétaire général du Syntrasesh, à Cotonou, Bénin, le 5 novembre 2017. (VOA/Ginette Fleure Adandé)
Yves Fifadji, secrétaire général du Syntrasesh, à Cotonou, Bénin, le 5 novembre 2017. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

"Nous sommes mécontents car depuis le 6 avril et l'arrivée de Talon, rien n'a changé", souligne-t-il.

Les malades sont laissés pour compte et même le service minimum n'arrive pas à contenir les malades qui viennent pour les soins.

Mouvement d'humeur des praticiens hospitaliers, à Cotonou, Bénin, le 5 novembre 2017. (VOA/Ginette Fleure Adandé)
Mouvement d'humeur des praticiens hospitaliers, à Cotonou, Bénin, le 5 novembre 2017. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

Dans le plus grand hôpital de Porto Novo la capitale, c'est une banderole qui annonce les couleurs de l'effectivité de la grève.

Monsieur Norbert est venu au service d'urologie pour une urgence. Il n'a eu le choix que de rebrousser chemin. Il déplore la situation et invite le gouvernement à " ne pas sacrifier le bien-être des populations".

"Je suis arrivé et j'ai vu une désolation totale", raconte-t-il.

Au CNHU de Cotonou, le constat est le même. Une femme a même accouché par terre sans aucun secours, la maternité étant aussi en grève.

L'administration déplore la situation mais signale que la grève n'est pas autant suivie, ce que contredit un agent de santé venu assurer le service minimum. Pour lui, la grève est largement suivie, car "même en grève, je viens assurer le service minimum".

À l'hôpital mère-enfan,t toujours à Cotonou, même constat. Thomas d'Aquin assure avoir pris les dispositions pour que la grève n'ait pas trop de conséquences fâcheuses. "La grève n'empêchera pas l'hôpital de fonctionner", explique-t-il.

Mais pour le syndicat de la maison, même le service minimum ne sera plus possible si le gouvernement continue à faire la sourde oreille. Cocouvi Severin, secrétaire général du syndicat de l'hôpital mère-enfant, explique que la prochaine étape sera "une grève sans service minimum".

Le député Louis Vlavonou se bat pour le vote d'une loi qui arrache le droit de grève sans service minimum dans les hôpitaux. Un vrai service minimum qui prend en compte tous les patients venus avec une certaine urgence.

Ginette Fleure Adandé, correspondante à Cotonou

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