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Deux ex-présidents au coeur d'un scandale de vente de passeports aux Comores

Le vice-président comorien Ikililou Dhoinine, l'ancien président Assoumani Azali, le président élu des Comores Ahmed Abdallah Sambi et le vice-président Idi Nadhoim lors de l’investiture de Sambi devant la cour constitutionnelle de Moroni, le 26 mai 2006

Deux anciens présidents des Comores sont soupçonnés d'avoir détourné des millions de dollars dans le cadre d'un programme de vente de passeports destiné à financer le développement de cet archipel pauvre de l'océan Indien.

Achevé en décembre dernier, ce rapport parlementaire, dont l'AFP a obtenu une copie, accuse Ahmed Abdallah Sambi et Ikililou Dhoinine d'avoir participé à une gigantesque fraude et préconise l'ouverture de poursuites judiciaires contre eux.

"Les juridictions pénales (...) doivent être saisies des cas de détournement de deniers publics et de complicités imputables aux présidents et à leurs complices", écrivent ses auteurs.

L'affaire a commencé lorsque l'ex-président Sambi a lancé en 2008 un programme destiné à "vendre" la citoyenneté comorienne à des populations apatrides du Koweït et des Emirats arabes unis, connues sous le nom de "Bidouns", contre les investissements des deux pays dans l'archipel.

>> Lire aussi : Moroni dénonce le "chantage" de la France

L'accord initial portait sur la naturalisation de 4.000 familles bidouns pour un montant de 200 millions de dollars, destinés à financer des grands travaux d'infrastructures.

Selon les données recueillies par la commission parlementaire, 47.950 passeports ont été émis dans le cadre de ce programme. Mais, a déploré le rapport, seule une infime partie a été effectivement délivrée aux Bidouns.

Les auteurs du rapport mettent en cause des "réseaux parallèles mafieux de vente de passeports" avec des "complicités" aussi bien "intérieures" qu'"extérieures" aux Comores.

Exemple, le neveu de l'ex-président Sambi, Abdou Satar, "pouvait aller imprimer autant de passeports qu'il voulait dans les locaux de Semlex (la société chargée de les imprimer) à Bruxelles sans aucun contrôle", assurent-ils.

Manque à gagner

En outre, la majeure partie du produit de la vente des passeports, écoulés entre 25.000 à 200.000 euros pièce, s'est envolée, dénoncent les parlementaires.

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"Le programme a généré d'importantes ressources financières. Malheureusement une bonne partie des fonds générés n'est pas arrivé dans les caisses de l'Etat".

"Le manque à gagner serait de 971 millions de dollars", estiment-ils. Environ 80% du produit intérieur brut annuel du pays...

Le rapport s'interroge sur le rôle joué dans ce "trafic" par deux sociétés à qui l'Etat comorien avait confié la gestion du programme.

Mais il pointe surtout du doigt la responsabilité des deux anciens chefs de l'Etat.

Lors de la signature du contrat, l'ex-président Sambi a ainsi reçu une "gratification" de 105 millions de dollars, selon les parlementaires. Cette "enveloppe" relève de "la haute corruption".

M. Sambi est aussi accusé d'avoir "consenti à l'ouverture de compte dans les paradis fiscaux" sans pouvoir "justifier l'affectation de ces fonds", ce qui le rend "suspect de détournement de deniers publics", poursuivent les députés.

La même qualification est retenue contre Ikililou Dhoinine, accusé d'avoir ordonné de ne plus verser de fonds publics à la Banque centrale "sans pouvoir expliquer l'utilisation de ces fonds".

Critiqué dès son lancement, le plan "passeports contre investissements" a été officiellement suspendu par l'actuel président Azali Assoumani, après son élection en 2016.

"Pas clair"

Le rapport constate toutefois que plusieurs dizaines de passeports ont continué à être écoulés après cette date.

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Entendus par la commission d'enquête, les ex-présidents Sambi et Dhoinine ont nié les accusations qui pèsent sur eux.

"Nous avions des difficultés financières et on nous a dit que (ce programme) pourrait nous permettre de réaliser nos projets", a plaidé le second.

"Mais ce n'était pas clair", a-t-il ajouté, "personne ne savait, en tout cas moi personnellement, comment ça se passait".

"Le président (Sambi) n'a rien à voir dans cette affaire", a assuré à l'AFP un de ses ex-ministres, Ahmed el-Barwane.

"C'est une commission orientée dans l'objectif d'atteindre quelqu'un ou de faire taire quelqu'un", a-t-il ajouté, rappelant que M. Sambi restait un candidat sérieux à la présidentielle de 2021.

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La balle est désormais dans le camp de l'actuel chef de l'Etat, à qui le rapport a officiellement été remis la semaine dernière.

"Notre rôle était de savoir ce qui s'est passé, le reste appartient à la justice et à l'exécutif", a lancé le président de l'Assemblée fédérale, Abdou Ousseni, dans les colonnes du quotidien gouvernemental El-Watan.

"Les autorités ont utilisé la loi sur la citoyenneté économique pour s'en mettre plein les poches", a regretté pour sa part Hamidou Mohoma, un représentant de la société civile comorienne, "nous demandons que justice soit rendue".

Avec AFP

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Un groupe armé attaque un village dans l'ouest

La mairie d’Alindao, à 400 km au sud-est de Bangui, Centrafrique, 29 novembre 2018. (VOA/ Felix Yepassis-Zembrou)

Des éléments du groupe armé Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) ont attaqué lundi le village de Lokoti, dans l'ouest du pays, où ils ont incendié des véhicules et pris en otage onze personnes, a appris mercredi l'AFP de la gendarmerie locale.

"Ils sont entrés dans le village, ont incendié deux camions ainsi qu'une moto", a indiqué à l'AFP une source à la gendarmerie de Bouar, ville située à environ 70 km de Lokoti.

Onze personnes ont été prises en otage par les éléments du FDPC, les autres villageois ont réussi à prendre la fuite, a précisé cette source.

"Les casques bleus sont dans une phase d'action et de recherche dans la zone", a indiqué mercredi à la presse le porte-parole de la MINUSCA (mission des Nations unies pour la stabilisation de la Centrafrique) Vladimir Monteiro.

Début avril, une opération militaire avait été lancée par la Minusca dans la zone contre ce groupe implanté localement, mais sans influence nationale.

L'ONU reprochait au groupe armé d'avoir érigé des barricades sur la route nationale 1, la seule permettant d'approvisionner Bangui depuis le Cameroun, et volé une dizaine de pick-up.

Le Premier ministre centrafricain, Firmin Ngrebada, avait alors "appelé à la raison" le FPDC. " (Nous) n'avons pas signé un accord de paix pour revenir à la guerre", avait-il déclaré.

Après la signature d'un accord de paix début février entre Bangui et 14 groupes armés, dont le FDPC, ce dernier avait érigé des barricades en signe de mécontentement vis-à-vis des autorités qui, selon lui, n'avaient "pas respecté" l'accord dans la formation du gouvernement.

Un nouveau round de négociations avait eu lieu mi-mars en Ethiopie, et un nouveau gouvernement avait été nommé le 22 mars.

Si le leader du groupe, Abdoulaye Miskine, avait décliné le poste ministériel qui lui était destiné, l'un de ses proches avait été nommé "conseiller spécial" à la Primature et l'autre préfet de la Nana-Mambéré, région de l'ouest.

L'accord de Khartoum, soutenu par tous les partenaires de Bangui et préparé depuis 2017 par l'Union africaine, est le huitième signé depuis le début de la crise marquée par le renversement en mars 2013 du président François Bozizé.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre, qui a forcé près d'un quart des 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.

Une femme à la tête de l’Assemblée nationale en RDC

Jeanine Mabunda, élue présidente de l'Assemblée nationale, à Kinshasa, RDC, le 24 avril 2019. (Facebook/Paulette Kimuntu)

Jeanine Mabunda, députée du parti de l’ancien président Joseph Kabila, a été élue présidente de l’Assemblée nationale. L’opposition réunie dans la coalition Lamuka a boycoté ce vote, contestant la répartition des postes au sein du bureau. le poste du rapporteur lui est attribué.

Mme Mabunda a occupé plusieurs comme ministre, fonctionnaire de la Banque centrale et conseillère de l’ancien président Kabila en matière de violences sexuelles et de recrutement d’enfants dans les groupes armés, jusqu’aux élections de décembre 2018.

Elle est aussi un des cadres du PPRD, parti de Joseph Kabila, et de sa coalition politique, le Front commun pour le Congo.

Elle était retenue comme seule candidate pour diriger cette institution à l’issue d’âpres négociations avec les autres familles politiques. Mme Mabunda est la deuxième femme de l’histoire de la RDC à diriger la chambre basse du parlement.

Avec elle, six autres membres du bureau définitif ont été élus à l’exception du poste de rapporteur réservé à l’opposition Lamuka. Le camp du président Félix Tshisekedi a hérité la première vice-présidence attribuée à son proche, Jean Marc Kabund.

L’opposition a saisi le Conseil d’Etat pour contester ces élections et la répartition faites en violation, selon elle, de la Constitution et de l’ordre intérieur de l’Assemblée nationale.

Ghassan Salamé espère une avancée dans ses contacts avec les belligérants lybiens

Le nouvel émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, à gauche, lors d’une conférence de presse aux côtés du Premier ministre du gouvernement libyen de l’accord national (GNA) Fayej Seraj, et ministre des affaires étrangères Taher Siala à Tripoli, L

L'envoyé spécial des Nations unies pour la Libye, Ghassan Salamé, a dit mercredi à Rome espérer que les contacts qu'il a pu avoir avec les belligérants sur le terrain "portent leurs fruits" avant le ramadan.

"J'espère que les contacts que nous avons rétablis avec les deux belligérants puissent porter leurs fruits avant le début du ramadan", a déclaré M. Salamé lors d'un point de presse à l'issue d'une rencontre avec le ministre italien des Affaires étrangères Enzo Moavero Milanesi.

Le ramadan, période de jeûne pour les musulmans, débute cette année le 5 mai au soir.

M. Salamé n'a pas caché les difficultés qu'il reste à résoudre avant que le processus de stabilisation de ce pays en proie au chaos depuis 2011 puisse reprendre avec quelque chance de réussite.

Tout était prêt pour la conférence nationale, prévue mi-avril et censée préparer le terrain à des élections en Libye, avant que le maréchal Khalifa Haftar ne lance son offensive contre la capitale Tripoli, a affirmé l'envoyé de l'Onu.

Elle est aujourd'hui en suspens, mais pas annulée, a-t-il ajouté, précisant toutefois qu'il fallait aussi "un fort soutien de la part de la communauté internationale". Or, a-t-il déploré, celle-ci est divisée, notamment au niveau du Conseil de sécurité de l'Onu, qui n'est pas parvenu à se mettre d'accord sur un projet de résolution sur la Libye.

Sur le terrain, les combats s'enlisaient près de trois semaines après le début de l'offensive de Khalifa Haftar contre Tripoli, siège du gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Production record de coton de plus de 700.000 tonnes

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51 morts dans des inondations en Afrique du Sud

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