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Dans le désert libyen, une "industrie" du kidnapping et de la torture en plein essor

Les migrants expulsés d'Algérie se plaignent des conditions dans le camp de transit à Agadez, au Niger, le 9 décembre 2016. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

Dans le désert libyen, une "industrie" du kidnapping et de la torture est en plein essor, alerte Jean-Guy Vataux, chef de la mission "Libye" de Médecins sans frontières (MSF).

Route de transit des migrants d'Afrique cherchant à gagner l'Europe, la Libye est en plein chaos et la situation humanitaire s'y est encore détériorée depuis un an, selon le responsable de l'ONG.

"Clairement plus mal depuis un an. En vingt ans sur les terrains de crise, c'est la première fois que je vois des conditions aussi dures", raconte Jean-Guy Vataux, chef de la mission "Libye" de Médecins sans frontières (MSF).

"A MSF, nous arrivons à porter secours à la petite partie prisonnière des centres de détention officiels, mais nous n'avons toujours pas accès à ces énormes entrepôts informels où les migrants sont stoppés en chemin", témoigne-t-il.

Il explique, après avoir recueilli des informations par les victimes, que "les conditions y sont pires que dans les centres de détention". "On n'arrive même pas à négocier un accès car les réseaux mafieux n'ont aucun intérêt à nous faire entrer. Ils se moquent que les gens souffrent ou même meurent: le passage est payé d'avance. Leur "modèle économique" ne dépend pas du bien être de leurs clients", confie-t-il.

Mais une autre activité se développe dans le désert libyen, spécialisée dans le kidnapping et la torture. Les réseaux sont différents de ceux de trafic de migrants: tous les gens libérés disent que les passeurs et les gens à qui ils paient la rançon ne sont pas les mêmes selon le chef de mission.

Les victimes sont "une vaste population de pauvres, migrants en transit ou travailleurs immigrés, qui sont incapables de se défendre. Typiquement, on aura des journaliers qui se font embaucher le matin sur un chantier, et le soir ce n'est pas l'employeur qui vient les chercher mais les kidnappeurs: ils ont été vendus par leurs patrons".

Les kidnappeurs utilisent la technique inventée dans le Sinaï: "vous prenez quelqu'un, vous le torturez, vous faites peur à sa famille éventuellement avec le téléphone allumé pour faire payer une rançon".

"La différence, c'est que là c'est de l'industrie. Au lieu de prendre une personne riche, le fils du médecin ou du ministre pour retirer une grosse rançon, ils prennent les plus pauvres, énormément: les rançons vont de 1.000 à 3.000 dollars "seulement", mais ça rentre constamment", souligne-t-il.

Les conséquences sont graves car "une partie meurent des suites des tortures, les autres, quand ils arrivent à payer, sont rejetés dans un état déplorable, sévèrement malnourris, anémiés, ou avec des traces de coups et blessures qui témoignent clairement de torture, des brûlures notamment".

Les Européens réunis lundi ont parlé d'identifier les réfugiés dès le Niger et le Tchad.

Mais pour le chef de mission, "ça ne dissuadera pas les autres, ceux qu'on appelle 'migrants économiques'".

Jean-Guy Vataux explique que "l'idée d'ouvrir des "hotspots" en Libye était absurde".

Il conclut : "les Européens ont une stratégie d'endiguement vis-à-vis des migrants venant de Libye. Mais le respect des droits de l'Homme est impossible à court ou moyen terme dans ce pays. C'est une chose de dire la Libye ça ne va pas, sans rien faire pour sortir les migrants de là, et autre chose de les y renvoyer. En termes moraux et politiques, on passerait d'un statut de passivité à de la complicité".

Avec AFP

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

Pénurie de gaz au Tchad : appel à manifester en dépit d'une interdiction

Bonbonnes de gaz butane vide à N’Djamena, le 4 avril 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Le Collectif tchadien contre la vie chère a appelé mardi les Tchadiens à "manifester pacifiquement" jeudi pour protester contre la pénurie de gaz qui affecte le pays depuis plus de deux mois, en dépit d'une interdiction du gouvernement.

"Nous appelons les Tchadiens, jeunes, femmes, enfants touchés par cette situation à sortir massivement avec leurs bonbonnes de gaz et marmites vides" jeudi dans les rues, a déclaré le porte-parole du collectif, Dyngamnayal Nely Versinis, selon un communiqué.

Lundi, le gouvernement tchadien avait pris un arrêté pour interdire la marche lancée par ce collectif de la société civile. Mi-mars, une première marche avait déjà été interdite.

"Le gouvernement dans sa logique de restreindre la liberté d'expression, a pris un arrêté pour interdire ladite manifestation sans qu'aucune raison valable ne soit avancée", a indiqué le collectif qui a décidé "de maintenir la marche" jeudi "sur toute l'étendue du territoire".

Depuis fin janvier, la raffinerie de Djarmaya, seule source d'approvisionnement en gaz du pays, tourne au ralenti.

En cause, la révision des machines de la centrale, qui détient le monopole du gaz dans le pays, et qui n'aurait pas été anticipée.

Pour parer à la situation, le gouvernement avait autorisé l'importation de gaz du Nigeria ou du Cameroun, mais les besoins en énergie de la population ne sont toujours pas satisfaits.

"Aujourd'hui, il s'agit plus d'un bras de fer entre le gouvernement et la société chinoise actionnaire de la raffinerie pour la renégociation de contrats qui est en cause", a indiqué à l'AFP une source proche du ministère tchadien de l'Economie.

Au Tchad, les manifestations de la société civile sont souvent interdites par le gouvernement qui invoque des "raisons de sécurité".

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