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Crise migratoire: Tchad et Niger demandent plus d'appuis financiers


De gauche à droite, le président burkinabé Roch Marc Christian Kabore, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, le président français Emmanuel Macron, le président malien Ibrahim Boubacar Keita, le président tchadien Idriss Deby Itno et le président nigérien Mahamadou Issoufou, lors de la séance d'ouverture du sommet du G5 Sahel à Bamako, au Mali, le 2 juillet 2017.

Les présidents tchadien et nigérien Idriss Deby Itno et Mahamadou Issoufou ont insisté lundi sur la nécessité du développement pour lutter contre la crise migratoire et souhaité davantage de financements de leurs partenaires européens.

"Le problème fondamental restera toujours le développement (...), il faut des ressources", a martelé M. Deby à l'issue d'un mini-sommet sur la crise migratoire à Paris ayant réuni les dirigeants tchadien, nigérien, libyen, français, italien, allemand, espagnol et l'UE.

"On est habitué à des annonces de nos partenaires depuis des années. Nous voulons des choses concrètes", a insisté le président tchadien, soulignant la nécessité de solutions à long terme.

"Il ne faut pas faire que de la répression, il faut une dimension développement", a abondé son homologue tchadien, Mahamadou Issoufou, dont le pays a mis en œuvre depuis 2015 un plan pour réduire les flux migratoires, notamment en luttant contre les trafiquants. "Il est insupportable que des milliers d'Africains viennent mourir dans le désert et en Méditerranée", a-t-il ajouté.

"Le problème, c'est la pauvreté", a admis la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini. Mais "il n'y a pas besoin d'inventer un nouveau plan Marshall", a-t-elle dit, rappelant que l'UE et les pays membres investissaient annuellement 20 milliards d'euros sur le continent.

"Identifier" les réfugiés dès le Niger et le Tchad

Le président français Emmanuel Macron a proposé "d'identifier" dès le Niger et le Tchad les ressortissants "qui ont droit à l'asile" pour "les mettre en sécurité le plus rapidement" possible, lundi à l'issue de ce mini sommet à Paris entre Africains et Européens sur la crise migratoire.

Cette procédure, qui permettra de "donner cet asile en commençant la procédure dès le territoire africain", sera menée "dans des zones identifiées pleinement sûres au Niger et au Tchad, sous supervision du HCR" (Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU), a-t-il précisé.

L'identification se fera "sur des listes du HCR, fermées", et concernera "des migrants d'ores et déjà identifiés par le HCR et résidant dans ces pays de passage", a-t-il ajouté, en estimant que cela permettra d'éviter "à des femmes et des hommes de prendre des risques inconsidérés dans une zone extrêmement dangereuse puis en Méditerranée".

Mais il y aura aussi "une action de coopération en matière de sécurité, de justice" et aussi "parfois de présence militaire sur le terrain pour prévenir d'autres débordements et l'accroissement de flux vers la Libye" qui "viendraient gonfler des camps de migrants déjà saturés", a-t-il affirmé.

Plaidant pour "la possibilité d'organiser le retour vers le pays d'origine", il a annoncé "des actions de coopération pays par pays" à cette fin.

Avec AFP

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