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Des entreprises européennes exportent 41 pesticides interdits dans l'UE

Des fleurs primevères jaunes traitées avec de l'insecticide. (Crédit: Anurag Agrawal)

Paraquat, dichloroprène, cyanamide: ces pesticides interdits dans l'Union européenne pour leur nocivité sont exportés par des sociétés européennes hors du continent, dénoncent jeudi les organisations Greenpeace et Public Eye, qui désignent en particulier la société suisse Syngenta.

En 2017, la justice européenne a interdit l'herbicide Paraquat, soupçonné de lien avec la maladie de Parkinson. Le dichloropropène, utilisé dans la culture de légumes, est interdit depuis 2007 dans l'Union européenne, et la cyanamide, utilisée dans la vigne et la culture de fruits, depuis 2008.

Pourtant, plus de 81.000 tonnes de ces produits et d'autres pesticides interdits ont été vendus hors de l'UE en 2018, selon Greenpeace UK et Public Eye, qui ont épluché les "notifications d'exportations" remplies par les entreprises pour exporter ces substances vers des pays où elles sont autorisées.

"Chaque année, des pesticides interdits dans l'UE en raison de leur toxicité avérée sont expédiés depuis le sol européen vers des pays où les réglementations sont plus faibles", selon le rapport.

"Si la pratique est légale et connue, les principaux acteurs de ce commerce ont toujours pu maintenir leurs activités derrière un voile d'opacité, protégés par le sacro-saint +secret des affaires+", reprochent les ONG.

Les pays d'où sont exportés le plus de pesticides interdits dans l'UE sont le Royaume-Uni, largement en tête, l'Italie, l'Allemagne, les Pays-Bas, la France, l'Espagne et la Belgique. Ils "couvrent plus de 90% des volumes" qui se sont montés en 2018 à 81.615 tonnes et concernent 41 pesticides interdits dans l'UE, selon les ONG.

Les principales destinations sont le Brésil, l'Ukraine, le Maroc, le Mexique et l'Afrique du Sud. "Les risques sanitaires ou environnementaux sont dramatiques", s'alarment les ONG.

Ce rapport désigne en particulier la société suisse Syngenta, "de loin le plus gros exportateur de pesticides interdits depuis l'UE", mais aussi les allemandes Bayer, BASF et Alzchem et l'italienne Finchimica.

En France, le Conseil constitutionnel français a validé début 2020 l'interdiction de production en France et d'exportation de produits phytopharmaceutiques contenant des substances bannies par l'UE à partir de 2022.

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Washington et Athènes renforcent leurs liens militaires sur fond de tensions en Méditerranée

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken et le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias.

La Grèce a renforcé jeudi ses liens militaires avec les Etats-Unis, peu après avoir ratifié un accord de défense historique avec la France, sur fond de tensions avec la Turquie en Méditerranée orientale.

Athènes et Washington ont signé dans la capitale américaine une prolongation de cinq ans de leur accord de coopération de défense, renouvelé jusqu'ici chaque année depuis 1990. La nouvelle version prévoit en outre qu'il reste en vigueur pour une durée indéterminée, à moins qu'un des deux pays alliés de s'y oppose avec un préavis de deux ans.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a salué "un allié fort et fiable" lors de la signature de l'accord, évoquant notamment le partenariat en Afghanistan au sein de l'Otan.

Ni lui, ni son homologue grec Nikos Dendias n'ont explicitement cité la Turquie, mais les tensions avec cet autre pays membre de l'Alliance atlantique étaient dans tous les esprits après le coup de chaud maritime de l'an dernier.

"En Méditerranée orientale", a dit le ministre grec, "la Grèce fait face à un casus belli, une menace de guerre si elle exerce ses droits souverains". "La Grèce est confrontée à des provocations quotidiennes", a-t-il insisté, tout en assurant qu'Athènes entendait "résoudre les différends par la voie diplomatique et toujours conformément au droit international".

Le parlement grec a ratifié il y a une semaine un accord de défense historique avec la France qui prévoit l'achat de trois navires de guerre français dans le but de faire face aux défis turcs en mer Égée.

Selon Nikos Dendias, cet accord avec Paris va "contribuer à renforcer le pilier européen de l'Otan".

En septembre 2020, le gouvernement grec a dévoilé le programme d'achat d'armes le plus ambitieux de la Grèce depuis des décennies, après un dangereux bras de fer avec la Turquie sur les ressources en hydrocarbures et l'influence navale dans les eaux au large de leurs côtes.

Un mois plus tôt, la Turquie avait envoyé un navire d'exploration et une petite flottille de la marine pour mener des recherches sismiques dans des eaux que la Grèce considère comme les siennes en vertu des traités d'après-guerre.

Rançongiciels: un groupe de pays s'engage à coopérer

Un hacker encapuchonné tient un ordinateur portable alors qu'un cybercode est projeté sur lui. Cette photo d'illustration a été prise le 13 mai 2017. (Photo Reuters/Kacper Pempel)

Un groupe de 31 pays réuni à l'initiative des États-Unis s'est engagé jeudi à coopérer davantage pour prévenir et contrer les attaques informatiques au rançongiciel, ainsi qu'à partager une série de bonnes pratiques.

Le document a été publié à l'issue d'une réunion de deux jours organisée par le Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, qui n'avaient pas convié la Russie et la Chine, considérés par beaucoup de spécialistes comme deux des pays abritant les communautés de pirates informatiques les plus actives au monde.

Washington cherche à passer à l'offensive et à mieux coordonner la réponse aux attaques par rançongiciel, qui se sont multipliées ces derniers mois.

Les délégations "ont reconnu" l'importance de la coopération internationale sur le sujet, notamment par le biais du partage d'informations relatives à des activités suspectes ou à des transactions financières susceptibles d'être liées à des attaques au rançongiciel.

L'attaque au rançongiciel consiste pour des pirates à s'introduire dans le réseau informatique d'une entité, puis d'en verrouiller les données. Les auteurs demandent ensuite aux responsables de l'entité de verser une rançon, le plus souvent sous forme de cryptomonnaies, en échange du déverrouillage.

"L'activité criminelle du rançongiciel est souvent transnationale par nature et nécessite une collaboration réactive et régulière entre les autorités judiciaires, les organes de sécurité nationaux, les agences de cybersécurité et les unités de lutte contre la criminalité financière", a indiqué la Counter Ransomware Initiative, qui réunit les pays ayant participé à la réunion.

Le groupe s'engage également à "partager les leçons et les meilleures pratiques" face aux attaques au rançongiciel. Les pays engagés prévoient aussi de collaborer avec les entreprises privées, en partie pour favoriser le partage d'informations sur des incidents.

Plusieurs attaques au rançongiciel ont fait la une des médias ces derniers mois, notamment celle qui a visé en juillet la société informatique américaine Kaseya. En attaquant cette entreprise, les pirates ont eu accès à plus de mille sociétés dont elle est prestataire dans le monde entier.

Début mai, une attaque avait pris pour cible l'entreprise américaine Colonial Pipeline, perturbant la distribution de carburant aux États-Unis. Elle avait provoqué une réaction musclée des autorités et une partie de la rançon versée, 4,4 millions de dollars, avait été récupérée.

Ouganda: un rapport dénonce le "soutien" de l'Etat français aux projets de Total

Le logo du siège de la compagnie pétrolière française Total dans le quartier d'affaires de La Défense, près de Paris, le 21 octobre 2014.

L'Etat français met "tous ses moyens au service de Total" pour son gigantesque projet pétrolier controversé en Ouganda, "en totale contradiction avec les discours en faveur des droits humains et du climat" de Paris, accusent jeudi plusieurs associations.

Dans leur rapport, les associations Les Amis de la Terre France, l'Observatoire des multinationales et Survie rappellent "les impacts dévastateurs sur les droits humains et l'environnement des projets Tilenga (extraction pétrolière) et EACOP (oléoduc géant) de Total en Ouganda et Tanzanie".

Or, accusent-elles, "il n'y a pas que la major pétrolière qui ne tient aucunement compte des nombreuses alertes de la société civile et des scientifiques".

"En effet, l'Etat français, en totale contradiction avec ses discours en faveur des droits humains et du climat, met tous ses moyens au service de Total pour que ces projets néfastes aboutissent", ajoutent-elles.

Ces projets "font l'objet d'une vive résistance de la part des populations locales" et "ont été dénoncés par quatre rapporteurs spéciaux de l'ONU", notent-elles.

"Des institutions publiques (Élysée, ministère des Affaires étrangères, ambassade de France en Ouganda, BpiFrance, Agence française de développement, Caisse des dépôts et consignations, Agence des participations de l'Etat, armée), censées représenter et défendre l'intérêt général, sont dévoyées au profit du pétrole et des intérêts privés d’une multinationale", écrivent les associations.

"En mai 2021, Emmanuel Macron a écrit au président Yoweri Museveni pour le féliciter de sa réélection et affirmer son souhait que les projets pétroliers de Total, et notamment l'oléoduc EACOP, voient rapidement le jour", dénonce le rapport.

Le rapport dénonce aussi "la proximité" de l'ambassadeur de France à Kampala Jules-Armand Aniambossou, en poste depuis 2019, avec le groupe pétrolier, et "l'omniprésence" de Total au sein de la communauté française en Ouganda.

Total "débauche d’anciens hauts fonctionnaires et responsables politiques, ou bien au contraire encourage ses cadres à retourner dans la fonction publique, avec pour résultat d’entretenir la confusion entre les intérêts de Total et de ses actionnaires et ceux de la France", critique dans le communiqué Olivier Petitjean, de l'Observatoire des multinationales.

Le rapport fustige une "machinerie des portes tournantes", dénonçant "des allers-retours de hauts fonctionnaires entre Total et différents ministères et institutions-clés" et cite les noms de plusieurs personnes.

"Alors qu'en Ouganda, la répression de la société civile et des voix dissidentes est de plus en plus forte, le gouvernement français n’hésite pas à développer sa coopération militaire avec le régime autoritaire ougandais", fustige aussi Thomas Bart, de Survie.

Le régime ougandais "a annoncé le déploiement de nouveaux contingents militaires pour 'protéger' les futures installations pétrolières; sur place, ces forces sont utilisées pour faire taire toute opposition au projet de Total", dénonce-t-il.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole de TotalEnergies a indiqué que le groupe prendra "tout le temps nécessaire pour étudier ce rapport" et qu'il se réservait "le droit d'y répondre par le moyen le plus approprié".

"TotalEnergies rejette l'idée selon laquelle il existe une 'confusion entre les intérêts publics et ceux de l'entreprise'" et "rappelle" qu'il est "à la fois normal et légitime d'attirer les meilleurs talents, d'où qu'ils viennent", a ajouté le porte-parole.

"TotalEnergies rappelle qu'il considère le dialogue avec ses parties prenantes comme une dimension essentielle de la conduite responsable de ses activités", a poursuivi le porte-parole.

Sollicité par l'AFP, le ministère français des Affaires étrangères n'a pas fait connaître sa réaction dans l'immédiat.

Arrestation en Espagne de cinq personnes pour appartenance présumée à "une organisation terroriste"

Spain Attacks Anniversary

Cinq personnes, soupçonnées d'"appartenance à une organisation terroriste", ont été arrêtées à Barcelone et Madrid, a annoncé mercredi la police espagnole.

Quatre de ces cinq "jihadistes présumés" ont été interpellés à Barcelone entre janvier et mars et un cinquième à Madrid ces derniers jours, selon la police qui avait ouvert son enquête en décembre dernier après avoir "détecté l'entrée en Espagne d'un membre presumé de l'Etat islamique".

Cet homme, un Algérien, et deux de ses compatriotes, avaient été arrêtés en janvier à Barcelone.

Selon la police, ce groupe était sous la coupe d'un quatrième homme qu'ils appelaient "Cheikh" et qui est accusé d"endoctrinement actif".

Déjà interpellé en 2016 en Turquie alors qu'il tentait de rejoindre le groupe Etat islamique (EI), cet individu avait été remis en liberté et s'était rendu dans plusieurs pays avant d'être arrêté en mars à Barcelone.

C'est la tentative d'achat d'un fusil d'assaut kalachnikov par ce groupe qui a déclenché l'opération, a expliqué la police sans donner davantage de détails.

Lors des perquisitions réalisées au domicile du leader présumé du groupe, plusieurs machettes ont été retrouvées ainsi que plusieurs dizaines de cartouches.

Contactée par l'AFP, la police espagnole n'a pas fourni plus de précisions sur l'arrestation du cinquième homme à Madrid.

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