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États-Unis

Un insecte résistant aux pesticides pourrait dévaster les cultures aux Etats-Unis

Les moustiques àl'Université de Maryland, Insitut de la Biotechnologie et de la Transformation d'insectes, Rockville, MD, mercredi, le 3 juin, 2009.

Un insecte résistant aux pesticides et porteur de virus dévastateurs pour les cultures a été trouvé pour la première fois dans la nature aux Etats-Unis, soulevant de nombreuses inquiétudes pour les récoltes de fruits et de légumes.

Cet insecte appelé aleurode ou "mouche blanche" a été repéré en avril dans les jardins manucurés du riche comté de Palm Beach, en Floride (sud-est), où les jardiniers pulvérisent pourtant régulièrement des insecticides sur les parterres de fleurs et les arbustes.

L'insecte, d'une des espèces les plus invasives au monde, avait déjà été trouvé dans une pépinière privée en Arizona (sud-ouest) il y a plus de dix ans et a depuis été signalé dans plus de 20 Etats. Mais, à chaque fois, il était dans des serres ou chez des pépiniéristes, pas dans la nature.

C'est la première fois qu'il est découvert en pleine nature sur le sol américain, ce qui constitue une réelle menace pour les cultures de tomates, de haricots, de coton ou de melons.

"Le problème va être beaucoup plus difficile à contrôler" et ces aleurodes pourraient bien ne jamais être éradiqués, estime Lance Osborne, professeur d'entomologie à l'Université de Floride.

"Ce qui les rend vraiment différents, c'est cette résistance aux pesticides", a-t-il prévenu lors d'un rassemblement de plusieurs dizaines de producteurs qui souhaitaient en apprendre davantage sur ce nuisible à Homestead, zone agricole près de Miami.

"Le meilleur traitement que nous avons tué 90-91% d'entre eux", reprend M. Osborne.

Les mouches blanches consomment l'humidité des feuilles, et leurs déjections permettent le développement de champignons. Les feuilles brunissent, ce qui rend la photosynthèse plus difficile. En outre, ces insectes transportent plus de 100 maladies virales qui affaiblissent les plantes et peuvent rendre fruits et légumes non comestibles.

Il y a des dizaines d'aleurodes différents de par le monde. Celui-ci, dit de biotype Q (Bemisia tabaci, de son nom scientifique), trouverait son origine dans les régions méditerranéennes, probablement dans les champs de tomates en Espagne et au Portugal, des pays où cet insecte est entretemps devenu résistant aux pesticides.

Le danger est pris très au sérieux en Europe, où les autorités appellent les agriculteurs à la vigilance, et jusqu'en Israël où, là aussi, la mouche blanche résiste aux traitements.

Pour le ministère de l'Environnement du Royaume-Uni, cet insecte "a le potentiel pour devenir un fléau majeur".

En Floride, il a été trouvé depuis avril dans plus de 40 endroits sauvages à travers cet Etat.

Il peut vivre sur 600 sortes de plantes différentes, dont 300 sont cultivées en Floride, selon le département de l'Agriculture.

"Outre le fait qu'il est résistant aux pesticides, nous sommes aussi inquiets à cause du nombre de plantes dont il peut s'accommoder", reprend M. Osborne. Ces mouches blanches "trouveront toujours quelque chose dans le sol à quoi s'attaquer".

Le "biotype Q" n'a pas encore fait de gros dégâts en Floride mais les autorités multiplient les contrôles et inspections, préparant des plans pour tenter de contrôler la prolifération de cet aleurode, en imposant au besoin des quarantaines, par exemple.

"La mouche blanche biotype Q représente un sérieux risque pour l'industrie agricole en Floride, qui représente 120 milliards de dollars, et les deux millions d'emplois qui en dépendent", prévient Adam Putnam, commissaire pour l'agriculture de Floride.

D'autres types d'insectes sont considérés comme ayant contribué aux famines en Afrique et ont semé la pagaille dans le monde agricole du sud des Etats-Unis dans les années 1980 et 1990.

Les agriculteurs de la région ont de ce fait été sensibilisés à ce danger et sont encouragés à contrôler régulièrement leurs plants. Ils peuvent aussi envoyer gratuitement des échantillons au laboratoire du ministère américain de l'Agriculture (USDA) pour des analyses. Et les autorités mènent de nombreux contrôles inopinés, même si ça ne plaît pas à tout le monde.

Avec AFP

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Les féministes américaines pleurent la juge Ginsburg de la Cour suprême

Une femme allumant une bougie sur les marches de la Cour suprême à Washington, en hommage à la juge Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre 2020. (Reiters/Joshua Roberts)

Dès l'annonce de son décès, vendredi à l'âge de 87 ans des suites d'un cancer du pancréas, les associations de défense des droits des femmes ont pleuré la perte de leur idole, une source d'inspiration pour des millions de femmes.

Devant le siège de la Cour suprême à Washington, où les deux drapeaux américains situés de chaque côté du batiment étaient en berne, des centaines de personnes, dont de très nombreux jeunes, sont venues lui rendre hommage en y déposant des fleurs et des bougies.

"Ce soir nous honorons son héritage, mais demain nous allons devoir nous battre pour préserver les idéaux qu'elle a défendus toute sa vie", a mis en garde Alexis McGill Johnson, présidente de l'organisation Planned Parenthood.

"Ruth Bader Ginsburg était une icône, une pionnière, une héroïne, une légende", son exemple "doit nous inspirer dans les dures journées qui s'annoncent", a renchéri Shaunna Thomas, directrice du groupe féministe UltraViolet.

Cette juriste brillante à la détermination inébranlable fut la seconde femme à entrer à la Cour suprême quand le président Bill Clinton l'a nommée en 1993, mais elle n'avait pas attendu cet honneur pour faire avancer la cause des femmes.

Échaudée par l'exemple de sa mère, empêchée de faire des études parce qu'elle était une fille, Ruth Bader Ginsburg avait été snobée par les cabinets d'avocats new-yorkais quand elle est sortie en 1959 de la prestigieuse université Columbia, pourtant major ex-aequo de sa promotion.

"J'avais trois choses contre moi. Un, j'étais juive. Deux, j'étais une femme. Mais, le plus grave, c'était que j'étais la mère d'un enfant de 4 ans", expliquera-t-elle plus tard, sans illusion.

Elle s'engage alors dans la lutte contre les lois qui, à l'époque, autorisent les discriminations "sur le fondement du sexe", aussi bien en matière salariale que de bénéfices sociaux ou de recrutement.

-Hommages de la classe politique-

Le président Donald Trump, en lice pour sa réélection, a été informé à la fin d'un meeting de campagne dans le Minnesota. Il a salué une "vie exceptionnelle", avant de la qualifier quelques heures plus tard de "colosse du Droit".

"Ruth Bader Ginsburg s'est battue pour nous tous, et elle était très aimée", a souligné son rival démocrate, Joe Biden, en appelant à ne pas se précipiter pour la remplacer. elle "s'est battue jusqu'au bout", "avec une foi inébranlable en notre démocratie et ses idéaux", a déclaré l'ancien président Barack Obama.

"Chaque femme, chaque fille, chaque famille en Amérique a bénéficié de son intelligence éclatante", a déclaré la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi. "On a perdu une géante dans l'histoire du pays", a renchéri la benjamine de la Chambre et représentante de l'aile gauche du parti, Alexandria Ocasio-Cortez.

Mêmes louanges à l'autre bout de l’échiquier politique. C'était "une championne du Droit" pour le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, une juriste "brillante", "admirée" et "influente" selon le ministre de la Justice Bill Barr. Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président, s'est même dit "triste" de son décès.

Le président Donald Trump, chargé de nommer les juges de la Cour suprême, a prévenu samedi qu'il comptait user de son pouvoir "sans délai", sans doute avant l'élection du 3 novembre où il brigue un second mandat. Il a déjà publié une sélection de candidats, des magistrats très conservateurs.

Selon la Constitution, une fois qu'il aura arrêté son choix, il reviendra au Sénat de l'avaliser. Son chef, le républicain Mitch McConnell a déjà fait savoir qu'il organiserait un vote, même s'il avait refusé d'auditionner un juge choisi pour ce poste par Barack Obama en 2016, au prétexte qu'il s'agissait d'une année électorale.

Selon la radio NPR, la juge "RBG" avait elle-même confié ses dernières volontés à sa petite fille, Clara Spera. "Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment", lui a-t-elle dicté quelques jours avant sa mort.

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Décès de la juge Ruth Bader Ginsburg de la Cour suprême américaine

Ruth Bader Ginsburg, juge à la Cour suprême des États-Unis, s'exprime à l'Université de Californie à Berkeley, à Berkeley, Californie, le 21 octobre 2019. (Photo AP/archives)

La juge Ruth Bader Ginsburg, l’une des 9 de la Cour suprême, est décédée vendredi à l’âge de 87 ans d’un cancer du pancréas, selon une déclaration de la plus haute juridiction américaine.

Mme Ginsburg est morte à son domicile à Washington entourée des membres de sa famille.

Très adulée par la gauche américaine, Mme Ginsburg avait été nommée à la Cour suprême par le président Bill Clinton en 1993.

Elle a été la deuxième femme nommée à la Cour, après Sandra Day O’connor.

Elle y a siégé pendant plus de 27 ans.

"Notre nation a perdu une juriste d'une stature historique. À la Cour suprême, nous avons perdu une collègue très chère. Aujourd'hui, nous sommes en deuil, mais avec la certitude que les générations futures se souviendront de Ruth Bader Ginsburg telle que nous l'avons connue: une championne infatigable et résolue de la justice", a déclaré le juge John G. Roberts, président de la Cour suprême.

Selon les lois américaines, il revient au président américain de nommer un remplaçant, avec l’avis du sénat.

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