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Tchad

Des centaines de manifestants dans les rues de N'Djamena

Des manifestants défilent dans les rues de N'Djamena le 29 juillet 2021.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté jeudi à N'Djamena contre la junte qui dirige le Tchad depuis la mort d'Idriss Déby Itno, encadrées par un fort dispositif policier, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des associations de la société civile et le parti "Les Transformateurs" de l'opposant Succès Masra ont appelé à manifester contre "la confiscation du pouvoir" du Conseil militaire de transition (CMT), dirigé par le fils d'Idriss Déby, Mahamat Idriss Déby Itno, et "exiger la révision de la charte actuelle et l'organisation d'une conférence nationale souveraine, inclusive et globale".

Les autorités de transition ont affirmé jeudi soir dans un communiqué qu'un dialogue national inclusif se tiendrait en novembre et décembre, en vue de "l'organisation d'un référendum constitutionnel et des élections générales libres et transparentes", sans autre précision.

"Nous marchons pour exiger le rétablissement de la démocratie et de la justice, gages d'une véritable paix", a indiqué à l'AFP Narcisse, un jeune de 22 ans, brandissant une affiche "non à la monarchie".

La manifestation avait été autorisée sur une avenue, longue de 3 kilomètres, dans le centre de la capitale tchadienne. Les forces de l'ordre ont été massivement déployées. La manifestation s'est déroulée dans le calme, a constaté un journaliste de l'AFP.

"La France hors du Tchad", affirmait une pancarte et des drapeaux français ont été brûlés.

La France, ancienne puissance coloniale, est accusée par une partie de l'opposition de soutenir le nouveau pouvoir depuis que le président Emmanuel Macron, seul chef d'État occidental présent, est venu à N'Djamena rencontrer les nouvelles autorités à l'occasion des funérailles du maréchal Déby.

"Nous allons continuer à marcher jusqu'à l'instauration d'un pouvoir civil. La France doit choisir le peuple tchadien comme son véritable interlocuteur et non un petit groupe d'individus, ou elle sera l'ennemi éternel du peuple tchadien", a déclaré Max Loalngar, porte-parole de Wakit Tamma, une plateforme de l'opposition.

Depuis l'annonce de la mort du président Déby le 20 avril, Mahamat Idriss Déby Itno, 37 ans, concentre presque tous les pouvoirs. Il s'est arrogé les titres de président de la République et de chef suprême des armées. Il a promis des élections "libres et démocratiques" au terme d'une période de transition de 18 mois renouvelable, mais sans exclure une prolongation de la transition.

Le 27 avril, six personnes avaient été tuées à N'Djamena et dans le sud du Tchad, selon les autorités, neuf selon une ONG locale, au cours de manifestations interdites, à l'appel de l'opposition et de la société civile. Plus de 600 personnes avaient été arrêtées.

Le 12 juillet, la junte avait autorisé pour la première fois une marche de l'opposition, en changeant l'itinéraire initial, ce qui avait poussé les organisateurs à annuler la mobilisation.

Le CMT a dissous le Parlement et le gouvernement et abrogé la Constitution. Sous la pression internationale, la junte a finalement nommé un "gouvernement de transition" de civils le 2 mai, dirigé par Albert Pahimi Padacké, le dernier Premier ministre du défunt.

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Un "Parlement de transition" voit le jour à N'Djamena, sans Wakit Tamma

Le général Mahamat Idriss Deby, au centre, lors des funérailles nationales du défunt président tchadien Idriss Deby à N'Djamena, le 23 avril 2021.

Ces "députés de la transition" vont faire office d'Assemblée nationale intérimaire.

Le chef de la junte militaire au Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, a "désigné" vendredi 93 députés d'un parlement de transition qu'il avait promis il y a cinq mois en se proclamant président au lendemain de la mort de son père Idriss Déby, tué dans des combats contre des rebelles.

Mais aucun des "députés de transition" n'est issu de la plate-forme de partis de l'opposition et de la société civile qui réclame un pouvoir civil.

Le 20 avril, en annonçant la mort du maréchal Déby, qui venait d'être déclaré réélu après 30 années au pouvoir, le général Mahamat Déby, 37 ans, était proclamé chef de l'Etat à la tête d'un Conseil Militaire de Transition (CMT), composé de 14 autres généraux.

Le CMT avait aussitôt révoqué le gouvernement, dissout l'Assemblé nationale et abrogé la Constitution. La junte promettait des élections "libres et transparentes" dans un délai de 18 mois, renouvelable une fois, et de désigner rapidement un parlement intérimaire en attendant les scrutins, le Conseil National de Transition (CNT).

Il a mis cinq mois à voir le jour.

30% de jeunes, 30% de femmes -

"Les personnalités dont les noms suivent sont désignées membres du Conseil national de transition", lit-on dans un décret signé par Mahamat Déby. Suivent 93 noms, selon des quotas fixés d'avance: notamment au moins 30% de députés de l'Assemblée nationale sortante, 30% de femmes et 30% de jeunes.

Des membres de l'ancienne opposition au défunt président Déby, dont certains avaient accepté le "dialogue inclusif" promis par la junte, en font partie mais aucun de la plate-forme Wakit Tamma, des partis et organisations de la société civile qui dénoncent un "coup d'Etat" le 20 avril.

"Les Conseillers de la transition" ou "députés de la transition" vont, au sein du CNT, "faire office d'Assemblée nationale (...) intérimaire le temps que les institutions légales de la République soient restaurées", précise un dossier distribué à la presse vendredi peu avant le décret.

Carton rouge de Wakit Tamma​

Le général Déby n'a pas exclu, récemment, de prolonger la transition de 18 mois si "certaines conditions" n'étaient pas réunies. Mais sous la pression internationale, il avait nommé, le 11 mai, un gouvernement dirigé par un Premier ministre civil, Albert Pahimi Padacké.

Pour sa part, la coalition Wakit Tamma s'inscrit en faux: "Nous ne sommes pas dans le CNT. Aucun membre de Wakit Tamma. Nous sommes du côté du peuple", a assuré à l'AFP vendredi soir le coordinateur de cette plate-forme de l'opposition au CMT, Max Loalngar.

Assemblée générale de l’ONU: Mahamat Idriss Deby, Ali Bongo et Evariste Ndayishimiye

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Neuf civils tués dans une nouvelle attaque djihadiste au Tchad

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Une vingtaine de morts dans des combats entre éleveurs et cultivateurs tchadiens

Un agriculteur marche parmi son troupeau de bétail sur la route entre Adre et Farchana, dans la région de Ouaddaï, au Tchad, le 25 mars 2019.

Vingt-sept personnes ont été tuées dimanche dans des violences entre éleveurs nomades et cultivateurs sédentaires dans l'est du Tchad, pays où ces affrontements liés à la possession et l'utilisation des terres sont fréquents, a annoncé mardi le ministre de la Justice.

"Des autorités traditionnelles ont vendu en 2017 des espaces" à des éleveurs nomades arabes "qui veulent s'installer dans la localité mais les cultivateurs autochtones, des Ouaddaïens, contestent cette vente" et des combats "ont fait 27 morts dimanche", a expliqué Mahamat Ahmat Alhabo par téléphone à l'AFP.

"Les conflits fonciers continuent à tuer. Pour des lopins de terre, les Tchadiens s'entretuent", a également posté le ministre sur sa page Facebook.

Ces affrontements entre les deux communautés ont eu lieu dans les villages de Kidji-Mina et Tiyo. Ces localités sont situées dans une zone aride de la bande sahélienne, à une quarantaine de km d'Abéché, la deuxième ville du pays, chef-lieu de la région du Ouaddaï, et elle-même située à quelque 700 km au nord-est de la capitale N'Djamena.

"Il se disputent une superficie de 25 km2", ajoute le ministre, qui se trouve à Abéché à la tête d'une délégation gouvernementale pour "calmer la situation".

M. Alhabo n'a pas précisé comment ont éclaté les combats. "Nous avons écouté les différentes parties mais on n'a pas encore trouvé de solutions", a-t-il expliqué à l'AFP.

Les violences entre ces communautés nomades et sédentaires sont fréquentes dans le centre et le Sud du Tchad, où nombre d'habitants sont armés. Ils opposent principalement éleveurs nomades arabes aux cultivateurs autochtones sédentaires qui accusent les premiers notamment de saccager leurs champs en faisant paître leurs animaux.

Les nomades, eux, venant des zones arides sahéliennes, veulent de plus en plus se sédentariser sur des terres propices à l'élevage de leurs dromadaires et moutons notamment.

Début août, 22 personnes avaient péri déjà dans des combats pour des raisons similaires à 200 km à l'est de N'Djamena. Et 35 autres dans le sud, plus fertile, en février.

Un pas de plus vers l'indemnisation des victimes d’Hissène Habré

Mahamat Ahmat Alhabo, ministre tchadien de la justice remettant les clés du batiment devant abriter le secrétariat du fonds fiduciaire l'émissaire de l'UA, le 20 septembre 2021. (VOA/André Kodmadjingar)

Une mission diligentée par l'Union africaine ravive l'espoir parmi les victimes.

L'Union africaine a récemment envoyé une délégation au Tchad, où les victimes du régime de l'ancien président Hissène Habré perdent l'espoir d'être indemnisées.

L'ancien président tchadien Hissène Habré est mort le 24 août au Sénégal, où il purgeait une peine de prison à perpétuité après avoir été déclaré coupable en 2016 de crimes contre l'humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvement.

La délégation dépêché à N’Djamena était conduite par Tordeta Radibaye, président du conseil d’administration du Fonds d’indemnisation des victimes.

"Malgré les frustrations des victimes que nous avions longuement évoquées, nous venons aujourd‘hui de jeter la base de ce qui servira d’élément concret dans le processus d’indemnisation des victimes et donc nous concluons notre séjour d’une note très positive", a déclaré l’émissaire de l’UA.

Pour le ministre tchadien de la justice, Mahamat Ahmat Alhabo, quand on met en place un fonds fiduciaire, ça ne veut pas dire que l’argent est là dans une armoire où il faut venir se servir. Au contraire, ajoute-t-il, il faut aller chercher de l'argent et c’est maintenant que travail difficile va commencer.

"Il y a des résolutions adoptées par les chambres extraordinaires africaines qu’il faut également mettre en place pour alimenter ce fonds", précise le ministre. "Je ne voudrais pas décourager les victimes, mais on va se battre pour que même si ce n’est elles, au moins que les ayant-droit soient indemnisés et le plus tôt possible", a rassuré le ministre Alhabo.

Le chef de mission, Tordibaye Radibaye, a déclaré qu'il faut aussi inclure certaines victimes dont les noms ne figurent pas parmi les bénéficiaires.

Une autre question à résoudre est celle de la restitution qui a été ordonnée aux ex-agents de la Direction de la documentation et de la sécurité, police politique d’Hissène Habré, condamnés en 2015 par la Cour criminelle spéciale de N’Djamena. Le gouvernement, par la voix du ministre, propose de fusionner cette affaire avec celle de l'ancien président.

Il n’est pas question de cumuler les deux dossiers, estime au micro de VOA Afrique le président de l’Association des victimes de crimes et répression sous le règne d’Hissène Habré, Clément Dokot Abaïfouta.

Pour lui, le dossier de N’Djamena ne peut pas se fusionner avec celui de Dakar.

"Le gouvernement dans sa démarche de fusionner les deux dossiers, c’est comme demander au ciel de se rencontrer avec la terre et donc nous ne l’accepterons pas", a tranché Clément Dokot Abaïfouta.

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