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Tchad

La junte tchadienne autorise une manifestation du parti Les Transformateurs

Dr Succès Masra président du parti les transformateurs, N’Djamena, Tchad, le 11 août 2019.

La junte au pouvoir au Tchad depuis la mort du président Idriss Déby Itno a autorisé pour la première fois une manifestation prévue vendredi de l'opposition la plus critique, selon un arrêté publié lundi du ministre de la Sécurité publique.

Des associations de la société civile et le parti "Les Transformateurs" de l'opposant Succès Masra appellent à manifester à N'Djamena "contre les violations systématiques des droits de l'Homme et l'accaparement du pouvoir par le Conseil militaire de transition" (CMT), a déclaré à l'AFP Mahamat Nour Ahmed Ibedou, l'un des organisateurs de cette marche.

Le chef du CMT, Mahamat Idriss Déby Itno, fils du défunt président, entouré de 14 généraux, concentre à 37 ans presque tous les pouvoirs. Il s'est arrogé les titres de président de la République et de chef suprême des armées. Il a promis des élections "libres et démocratiques" dans une période de 18 mois renouvelable, mais sans exclure une prolongation de la transition.

"La marche dite pacifique du parti politique les Transformateurs et les associations de la société civile (...) ayant déposé préalablement une demande d'autorisation est autorisée pour le vendredi 16 juillet", selon un arrêté signé par Souleymane Abakar Adoum, ministre de la Sécurité publique, précisant "qu'en cas d'infraction ou de débordements, les organisateurs seront tenus pour responsables".

"Bientôt le peuple va pouvoir marcher 365 jours sur 365 s'il le souhaite et personne ne résistera à cela", a déclaré à l'AFP Succès Masra, dont la candidature à la présidentielle d'avril avait été invalidée au motif de son âge: 38 ans, soit moins que les 40 ans minimum requis.

Le 27 avril, six personnes avaient été tuées à N'Djamena et dans le sud du Tchad, selon les autorités, neuf selon une ONG locale, au cours de manifestations interdites, à l'appel de l'opposition et de la société civile. Plus de 600 personnes avaient été arrêtées.

Le 12 mai, la junte avait autorisé une manifestation à l'appel de Nouvelle vision, une plate-forme de 42 partis se disant de l'opposition, mais affichant son "soutien indéfectible" au pouvoir militaire.

A la suite de l'annonce de la mort du président Déby le 20 avril, le CMT a dissous le Parlement et le gouvernement et abrogé la Constitution. Sous la pression internationale, la junte a finalement nommé un "gouvernement de transition" de civils le 2 mai, dirigé par Albert Pahimi Padacké, le dernier Premier ministre du défunt.

Le CMT a également promis de "nommer" les membres d'un Conseil national de transition (CNT) qui fera office d'organe législatif de transition, désignation qui se fait encore attendre.

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Neuf civils tués dans une nouvelle attaque djihadiste au Tchad

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Une vingtaine de morts dans des combats entre éleveurs et cultivateurs tchadiens

Un agriculteur marche parmi son troupeau de bétail sur la route entre Adre et Farchana, dans la région de Ouaddaï, au Tchad, le 25 mars 2019.

Vingt-sept personnes ont été tuées dimanche dans des violences entre éleveurs nomades et cultivateurs sédentaires dans l'est du Tchad, pays où ces affrontements liés à la possession et l'utilisation des terres sont fréquents, a annoncé mardi le ministre de la Justice.

"Des autorités traditionnelles ont vendu en 2017 des espaces" à des éleveurs nomades arabes "qui veulent s'installer dans la localité mais les cultivateurs autochtones, des Ouaddaïens, contestent cette vente" et des combats "ont fait 27 morts dimanche", a expliqué Mahamat Ahmat Alhabo par téléphone à l'AFP.

"Les conflits fonciers continuent à tuer. Pour des lopins de terre, les Tchadiens s'entretuent", a également posté le ministre sur sa page Facebook.

Ces affrontements entre les deux communautés ont eu lieu dans les villages de Kidji-Mina et Tiyo. Ces localités sont situées dans une zone aride de la bande sahélienne, à une quarantaine de km d'Abéché, la deuxième ville du pays, chef-lieu de la région du Ouaddaï, et elle-même située à quelque 700 km au nord-est de la capitale N'Djamena.

"Il se disputent une superficie de 25 km2", ajoute le ministre, qui se trouve à Abéché à la tête d'une délégation gouvernementale pour "calmer la situation".

M. Alhabo n'a pas précisé comment ont éclaté les combats. "Nous avons écouté les différentes parties mais on n'a pas encore trouvé de solutions", a-t-il expliqué à l'AFP.

Les violences entre ces communautés nomades et sédentaires sont fréquentes dans le centre et le Sud du Tchad, où nombre d'habitants sont armés. Ils opposent principalement éleveurs nomades arabes aux cultivateurs autochtones sédentaires qui accusent les premiers notamment de saccager leurs champs en faisant paître leurs animaux.

Les nomades, eux, venant des zones arides sahéliennes, veulent de plus en plus se sédentariser sur des terres propices à l'élevage de leurs dromadaires et moutons notamment.

Début août, 22 personnes avaient péri déjà dans des combats pour des raisons similaires à 200 km à l'est de N'Djamena. Et 35 autres dans le sud, plus fertile, en février.

Un pas de plus vers l'indemnisation des victimes d’Hissène Habré

Mahamat Ahmat Alhabo, ministre tchadien de la justice remettant les clés du batiment devant abriter le secrétariat du fonds fiduciaire l'émissaire de l'UA, le 20 septembre 2021. (VOA/André Kodmadjingar)

Une mission diligentée par l'Union africaine ravive l'espoir parmi les victimes.

L'Union africaine a récemment envoyé une délégation au Tchad, où les victimes du régime de l'ancien président Hissène Habré perdent l'espoir d'être indemnisées.

L'ancien président tchadien Hissène Habré est mort le 24 août au Sénégal, où il purgeait une peine de prison à perpétuité après avoir été déclaré coupable en 2016 de crimes contre l'humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvement.

La délégation dépêché à N’Djamena était conduite par Tordeta Radibaye, président du conseil d’administration du Fonds d’indemnisation des victimes.

"Malgré les frustrations des victimes que nous avions longuement évoquées, nous venons aujourd‘hui de jeter la base de ce qui servira d’élément concret dans le processus d’indemnisation des victimes et donc nous concluons notre séjour d’une note très positive", a déclaré l’émissaire de l’UA.

Pour le ministre tchadien de la justice, Mahamat Ahmat Alhabo, quand on met en place un fonds fiduciaire, ça ne veut pas dire que l’argent est là dans une armoire où il faut venir se servir. Au contraire, ajoute-t-il, il faut aller chercher de l'argent et c’est maintenant que travail difficile va commencer.

"Il y a des résolutions adoptées par les chambres extraordinaires africaines qu’il faut également mettre en place pour alimenter ce fonds", précise le ministre. "Je ne voudrais pas décourager les victimes, mais on va se battre pour que même si ce n’est elles, au moins que les ayant-droit soient indemnisés et le plus tôt possible", a rassuré le ministre Alhabo.

Le chef de mission, Tordibaye Radibaye, a déclaré qu'il faut aussi inclure certaines victimes dont les noms ne figurent pas parmi les bénéficiaires.

Une autre question à résoudre est celle de la restitution qui a été ordonnée aux ex-agents de la Direction de la documentation et de la sécurité, police politique d’Hissène Habré, condamnés en 2015 par la Cour criminelle spéciale de N’Djamena. Le gouvernement, par la voix du ministre, propose de fusionner cette affaire avec celle de l'ancien président.

Il n’est pas question de cumuler les deux dossiers, estime au micro de VOA Afrique le président de l’Association des victimes de crimes et répression sous le règne d’Hissène Habré, Clément Dokot Abaïfouta.

Pour lui, le dossier de N’Djamena ne peut pas se fusionner avec celui de Dakar.

"Le gouvernement dans sa démarche de fusionner les deux dossiers, c’est comme demander au ciel de se rencontrer avec la terre et donc nous ne l’accepterons pas", a tranché Clément Dokot Abaïfouta.

Victimes de Hissène Habré: une délégation de l'UA à N'Djamena

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A N'Djamena, un artiste crée des tableaux à partir de munitions

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