Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Droits humains

Denis Mukwege appelle à la création d'un tribunal international pour la RDC

Des personnes embarquent dans des pirogues sur le lac Albert pour fuir les violences en Itrui vers l'Ouganda à Tchomia, le 5 mars 2018.

Le docteur congolais Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, a appelé vendredi à la création d'un tribunal pénal international pour la RDC, dont l'Est est en proie aux violences armées depuis plus de 25 ans.

"Malgré l’état de siège instauré dans les Kivus et en Ituri" depuis début mai, "la situation sécuritaire ne semble pas s’améliorer dans ces provinces", écrit dans un communiqué Denis Mukwege, évoquant "avec effroi les récentes tueries" qui ont fait des dizaines de morts dans les territoires de Beni et Irumu.

L'ambassadeur des USA visite le Dr Mukwege à Bukavu, en RDC, le 16 avril 2021. (VOA/Ernest Muhero)
L'ambassadeur des USA visite le Dr Mukwege à Bukavu, en RDC, le 16 avril 2021. (VOA/Ernest Muhero)

Les populations "vivent dans la peur et l’horreur", en dépit de la présence dans la région de la force de l'ONU (Monusco) en appui à l'armée congolaise. Pour lui, "cette situation tragique et scandaleuse n’est plus supportable".

"Face à l’échec des solutions politiques et sécuritaires, nous sommes convaincus que le chemin de la paix durable passera par le recours à tous les mécanismes de la justice transitionnelle", estime le prix Nobel.

"Alors que les dirigeants du monde entier prendront prochainement la parole" à l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, nous "exhortons" le président congolais Félix Tshisekedi à "solliciter l’aide des Nations unies et l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité pour mettre en place sans tarder une équipe d’enquêteurs", dit-il.

Selon le Dr Mukwege, médecin exerçant au Sud-Kivu, ces enquêteurs devront "exhumer les nombreuses fosses communes dans l’Est du pays et collecter et préserver les éléments de preuve d’actes susceptibles de constituer des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des crimes de génocide".

Le président congolais doit aussi, ajoute-t-il, "demander de manière expresse aux Nations unies l’établissement d’un Tribunal pénal international pour la RDC et le soutien à la mise en place de chambres spécialisées mixtes pour rendre justice aux victimes des crimes les plus graves".

Il doit aussi "concrétiser son engagement à faire adopter une stratégie nationale holistique de justice transitionnelle", poursuit Denis Mukwege. Il faut "mettre fin à la culture de l’impunité qui alimente les conflits dans notre pays depuis les années 1990", conclut-il.

Toutes les actualités

La CPI va enquêter sur les talibans et l'Etat islamique, mais pas sur l'armée américaine

L'avocat Karim Khan prend la parole devant la Cour pénale internationale à La Haye le 9 septembre 2013.

L'administration Trump avait imposé des sanctions à Fatou Bensouda quand elle voulait enquêter sur les soldats américains.

La Cour pénale internationale (CPI) va axer son enquête sur les talibans et le groupe Etat islamique en Afghanistan (EI-K), "écartant des priorités" l'examen de crimes présumés commis par des soldats américains, a déclaré lundi son nouveau procureur en chef, Karim Khan.

Ne pouvant "plus s'attendre à des enquêtes locales authentiques et efficaces" après la prise du pouvoir par les talibans, le procureur a demandé aux magistrats de la cour d'axer l'enquête sur les talibans et l'EI-K et de "ne plus donner la priorité" aux crimes dont on soupçonnait les forces américaines qui se sont retirées du pays.

"L'évolution récente de la situation politique en Afghanistan et le changement de régime qu'a connu le pays ont eu de profondes répercussions", a déclaré M. Khan dans un communiqué.


"Au terme d'une analyse minutieuse, j'ai conclu qu'au vu des circonstances actuelles, la perspective de voir les autorités nationales mener à bien de véritables enquêtes (...) s'était refermée", a-t-il ajouté.

M. Khan a demandé aux juges "de statuer dans les meilleurs délais" afin de pouvoir reprendre l'enquête, suspendue l'année dernière à la demande du gouvernement alors en place à Kaboul, qui voulait mener sa propre investigation.

L'ouverture d'une enquête de la CPI en Afghanistan, notamment sur des crimes présumés commis par des soldats américains, avait conduit l'administration de l'ancien président américain Donald Trump à imposer des sanctions à la prédécesseure de M. Khan, Fatou Bensouda.

En raison des "ressources limitées" de la CPI, créée en 2002 pour juger les pires atrocités dans le monde, M. Khan a décidé d'établir des priorités en Afghanistan.

"J’ai donc décidé d’axer les enquêtes de mon Bureau en Afghanistan sur les crimes qui auraient été commis par les Talibans et l’État islamique de la province du Khorasan, au détriment d’autres aspects de l’enquête", a-t-il expliqué, avançant "la gravité, l’ampleur et la nature des crimes qu’auraient commis ou que commettraient les Talibans et l’État islamique".

Le procureur de la CPI a spécifiquement mentionné l'attaque meurtrière du 26 août à l'aéroport de Kaboul revendiquée par l'EI-K au cours de laquelle 13 militaires américains et plus de 100 civils afghans ont été tués.

Traitement des migrants haïtiens aux USA: "une tragédie humaine", selon Jimmy Jean Louis

Traitement des migrants haïtiens aux USA: "une tragédie humaine", selon Jimmy Jean Louis
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:54 0:00

Migrants maltraités: l'émissaire américain en Haïti démissionne

Migrants maltraités: l'émissaire américain en Haïti démissionne
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:06 0:00

Des lanceurs d'alerte au péril de leur vie en Afrique du Sud

Un patient traité dans un hôpital géré par l'organisation caritative The Gift of the Gives, lors de l'épidémie de Covid-19 à Johannesburg, Afrique du Sud, le 10 juillet 2021.

Les lanceurs d'alerte agissent au péril de leur vie en Afrique du Sud, notamment pour dénoncer des cas de corruption, a alerté l'ONG Corruption Watch dans un rapport publié mercredi. 

Le mois dernier, Babita Deokaran, 53 ans, employée d'un ministère provincial de la Santé et témoin clef dans une affaire de corruption, a été tuée par balles à Johannesburg.

Elle avait participé à mettre au jour une affaire de détournement de plusieurs millions d'euros dans le cadre de contrats d'achats de matériel de protection contre le Covid. L'affaire dévoilée l'année dernière avait fait scandale.

Les informations en sa possession ont conduit à plusieurs licenciements ainsi qu'à des poursuite auprès d'entreprises et de responsables du gouvernement pour recouvrer des sommes indûment versées.

La fonctionnaire a été froidement abattue dans sa voiture le 23 août, près de son domicile, après avoir déposé son enfant à l'école.

"Ceux qui ont le courage de dénoncer la corruption continuent à voir leur vie menacée par des personnes agissant en toute impunité", s'indigne Corruption Watch.

Six personnes ont été inculpées de meurtre dans le cadre de l'enquête sur la mort de Babita Deokaran.

Le président Cyril Ramaphosa avait qualifié le meurtre de "tragédie", saluant une "héroïne et une patriote". Le chef d'Etat, qui a succédé à Jacob Zuma poussé à la démission en 2018 après une série de scandales, a fait de la lutte contre la corruption un cheval de bataille.

Le gouvernement a annoncé cette semaine la création d'une unité spéciale de protection des lanceurs d'alerte.

Selon l'ONG, les informations recueillies auprès de quelque 2.000 lanceurs d'alerte montrent que la corruption a sévi "sans relâche" au cours du premier semestre 2021, dans le secteur public comme privé.

La plupart des témoignages impliquent la police. D'autres, les programmes de lutte contre le Covid, le financement des écoles, le logement ou encore l'aide alimentaire.

Les arrestations et violences pour des publications sur internet en hausse dans le monde

Un cybercafé à Dakar, Sénégal, le 10 août 2006.

Le nombre de pays où des internautes ont subi des arrestations et des violences en raison de leurs publications a atteint un record entre juin 2020 et mai 2021, selon un rapport publié mardi par une ONG.

Si les coupures de réseau en Birmanie et au Bélarus ont constitué les points les plus marquants de la période considérée, les droits numériques ont reculé au niveau mondial pour la onzième année de suite, souligne l'ONG américaine Freedom House.

Le rapport évalue le niveau de liberté sur internet dans différents pays, en prenant notamment en compte les restrictions d'accès ou la présence de "trolls" pro-gouvernementaux cherchant à manipuler les débats en ligne.

"Cette année, les internautes ont dû faire face à des attaques physiques en représailles à leurs activités en ligne dans 41 pays", indique le rapport, notant qu'il s'agit d'un plus haut depuis ses débuts.

Parmi les exemples cités : celui d'un étudiant bangladais hospitalisé après un passage à tabac en raison de soupçons d'"activités anti-gouvernementales" sur les réseaux sociaux ou celui d'un journaliste mexicain assassiné pour avoir publié sur Facebook une vidéo accusant un gang de meurtre.

Les auteurs ajoutent que, dans 56 des 70 pays étudiés, des citoyens ont été arrêtés ou condamnés pour leurs activités numériques, soit un taux record de 80%.

La junte militaire, qui a pris le pouvoir en Birmanie en février, est lourdement critiquée pour avoir coupé l'accès à internet, bloqué les réseaux sociaux et forcé les entreprises technologiques à lui remettre des données privées.

Des coupures ont également été constatées avant un scrutin en Ouganda en janvier et après une élection présidentielle contestée au Bélarus en août 2020.

Au total, 20 pays ont bloqué l'accès à internet de leurs citoyens en un an.

L'Islande est en tête du classement devant l'Estonie et le Costa Rica, premier pays à avoir fait de l'accès à internet un droit fondamental.

La Chine est en revanche considérée comme le pays le moins respectueux des libertés numériques et le plus répressif contre les internautes dissidents.

Au niveau mondial, les auteurs du rapport accusent des gouvernements de se servir de la régulation des entreprises technologiques pour justifier des mesures répressives.

De nombreux législateurs élaborent des lois anti-trust visant à mettre au pas des géants de la tech comme Google, Apple et Facebook, un effort que les auteurs du rapport estiment justifié.

Ils critiquent cependant des pays comme l'Inde ou la Turquie pour leurs lois forçant les réseaux sociaux à retirer tout contenu jugé offensant ou susceptible de porter atteinte à l'ordre public, sans que ces termes soient clairement définis.

Voir plus

XS
SM
MD
LG