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Bagdad appelé à appliquer la réciprocité après le décret de Trump sur l'immigration


Le ministre irakien de l'Intérieur Mohammed Salem al-Ghabban lors d'une interview avec Reuters à Bagdad le 14 juin 2016.

Des responsables politiques et des milices en Irak ont appelé dimanche à appliquer la réciprocité après le décret du président américain Donald Trump interdisant pendant trois mois l'entrée des citoyens irakiens aux Etats-Unis.

M. Trump a signé vendredi un décret interdisant l'entrée aux Etats-Unis des ressortissants de sept pays majoritairement musulmans (Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen), une mesure visant selon lui à lutter contre les "terroristes islamistes radicaux".

Dimanche, la commission des Affaires étrangères au Parlement irakien a appelé Bagdad à appliquer la réciprocité.

"Nous avons clairement demandé que le gouvernement irakien agisse réciproquement dans tous les domaines (...) avec les Etats-Unis", a déclaré à l'AFP Hassan Chwairid, directeur-adjoint de la commission.

Un peu plus tôt, l'importante coalition paramilitaire du Hach al-Chaabi, dominée par des milices chiites qui combattent les jihadistes dans le pays, avait appelé à interdire d'entrée les Américains en réaction à la décision de Washington.

Ces groupes paramilitaires rassemblés sous l'ombrelle du Hachd al-Chaabi (Mobilisation populaire) sont engagés aux côtés des troupes américaines pour reprendre la deuxième ville du pays, Mossoul, aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

"Après la décision du président américain d'interdire l'entrée des citoyens irakiens aux Etats-Unis, nous réclamons que les Américains soient empêchés de se rendre en Irak, ainsi que le départ de ceux qui sont déjà présent" dans le pays, a plaidé le Hachd dans un communiqué.

Le texte ne précise pas si cet appel concerne le personnel militaire américain déployé en Irak, et le porte-parole n'était pas disponible dans l'immédiat pour réagir.

Les Etats-Unis, qui comptent plus de 4.800 soldats en Irak, sont à la tête depuis septembre 2014 d'une coalition internationale antijihadiste qui soutient les forces irakiennes dans leur guerre contre l'EI. Washington fournit notamment un appui aérien et stratégique dans la vaste offensive lancée le 17 octobre pour chasser les jihadistes de leur fief de Mossoul.

Le Hachd al-Chaabi a joué un rôle majeur pour stopper l'avancée des jihadistes dans le pays en 2014, mais a ensuite fait l'objet d'accusations répétées pour des exécutions sommaires, enlèvements et destruction de propriétés au cours de la lutte anti-EI.

De son côté, le puissant dignitaire chiite Moqtada Sadr a lui aussi condamné les restrictions américaines et appelé Washington à "retirer ses citoyens" vivant à l'étranger avant de rejeter ceux des autres pays.

"Vous entrez en Irak et dans les autres pays en toute liberté mais empêchez (les ressortissants de ces pays) de se rendre dans le vôtre", a déploré cet influent chef religieux dans un communiqué dimanche, en condamnant l'"arrogance" des Etats-Unis.

Quelques heures après la signature du décret, de nombreux ressortissants des sept pays concernés ont été retenus dans les aéroports américains à leur arrivée ou empêchés d'embarquer au départ d'autres pays, suscitant de vives protestations et la condamnation des organisations de défense des droits de l'Homme.

Ces restrictions risquent d'aliéner les citoyens et le gouvernement d'un pays, l'Irak, qui combat les jihadistes, présentés par le président américain comme une menace majeure pour les Etats-Unis.

Avec AFP

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