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Six Iraniens bloqués depuis samedi à l'aéroport d'Amsterdam suite au décret Trump


L'aéroport d'Amsterdam-Schipho, 26 décembre 2009.

Six voyageurs iraniens passent leurs nuits dans la zone de transit de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol depuis trois jours, bloqués après la soudaine décision de Donald Trump de leur interdire d'entrer dans son pays.

Six Iraniens voyageant vers les Etats-Unis ont déjà passé trois nuits bloqués dans la zone de transit de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol, en proie à la colère et se sentant humiliés après la soudaine décision de Donald Trump de leur interdire d'entrer dans son pays.

C'est "très déroutant", a confié à l'AFP Pedram, un médecin de 33 ans joint au téléphone de la zone de transit de l'aéroport, qui a dit éprouver des sentiments "très contradictoires".

Lui et cinq autres personnes, un doctorant et deux couples voulant rendre visite à leurs enfants aux Etats-Unis, ont été sidérés par le décret anti-immigration du président américain interdisant provisoirement l'accès aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays où la population est en majorité musulmane, dont l'Iran.

Le groupe, en transit à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol, avait quitté Téhéran à bord d'un appareil de la compagnie KLM et devait prendre à Amsterdam des vols vers différentes villes américaines.

"Quand nous sommes partis de Téhéran, on ne nous a rien dit au sujet des nouvelles règles de Trump", a raconté un autre membre du groupe, souhaitant conserver l'anonymat : "ils m'ont donné une carte d'embarquement et tout était OK".

Mais quand leur avion a atterri samedi, un employé des services américains de l'immigration "m'a dit que je n'avais pas le droit d'entrer" aux Etats-Unis, a ajouté ce doctorant de 29 ans.

Sans visa pour entrer dans l'Union européenne, le petit groupe s'est retrouvé coincé, dormant trois nuits sur les sofas ou les chaises de l'aéroport.

Les employés de KLM leur ont apporté de la nourriture et ont mis à leur disposition un endroit où prendre une douche, mais malgré les visites des employés de l'ambassade et d'avocats néerlandais, les sept Iraniens sont dans l'incertitude concernant la prochaine étape qui les attend.

Bien qu'ils puissent embarquer mardi soir à bord d'un avion pour l'Iran, tous n'ont pas encore décidé s'ils retournaient chez eux ou restaient encore un peu, dans l'espoir de continuer leur voyage.

Pedram allait à l'université de Pittsburgh (nord des Etats-Unis) pour y effectuer des recherches sur la pancréatite. Comme les autres, il lui a fallu des mois de stricts contrôles de sécurité pour obtenir son visa.

"Je n'imagine pas que quelqu'un puisse autant être éloigné d'une menace terroriste que moi", assure-t-il : "je me considère comme un médecin faisant de la recherche, un travail scientifique".

"Je sais qu'il y a beaucoup de politique derrière tout ça, mais pour moi, cela n'a aucun sens !", s'est-il exclamé.

Les députés néerlandais ont eu un débat sur le sujet mardi après-midi, en présence du ministre des Affaires étrangères Bert Koenders : "le chaos dans le trafic aérien que nous observons et cette législation n'aident en aucun cas à lutter contre le terrorisme".

"Ce n'est pas efficace et, au contraire, cela divise les gens", a-t-il ajouté.

KLM a été "interloquée et surprise, comme toutes les autres compagnies aériennes du monde", quand le décret est entré en vigueur, a réagi un de ses porte-parole, Koen van Zijl.

"Nous ne pouvions tout simplement pas les laisser partir" pour les Etats-Unis, a-t-il par ailleurs regretté en parlant de Pedram et de ses compagnons de voyage après leur l'arrivée à Schiphol.

Avec AFP

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