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Trump annoncera mardi son choix pour la Cour suprême américaine


Le bâtiment de la Cour suprême à Washington DC, le 13 février 2016.

Donald Trump nommera un magistrat pour le neuvième siège vacant de la Cour suprême des Etats-Unis, ancrant ainsi dans le conservatisme l'institution qui tranche les grands débats de la société américaine.

"J'ai pris une grande décision, une très grande décision relative à la Cour suprême des Etats-Unis et qui va être annoncée demain soir depuis la Maison Blanche, à 20h", a déclaré le nouveau président américain.

"Il s'agit d'une personne incroyablement hautement respectée et je pense que vous allez être très impressionnés par cette personne", a ajouté lundi le dirigeant républicain dans le style emphatique qui le caractérise.

Le président devait initialement faire cette annonce jeudi mais, confronté à un tollé international suscité par son décret de fermeture partielle des frontières, il a décidé de l'avancer de 48 heures.

Quand un des juges de la Cour suprême meurt ou part à la retraite, son remplaçant est nommé à vie par le président en exercice, puis confirmé par un vote du Sénat.

Or cela fait presque un an que le Temple du droit, sur la colline du Capitole à Washington, n'a que huit juges au lieu de neuf. Avec quatre magistrats conservateurs et quatre progressistes, la plus haute instance judiciaire américaine fonctionne, mais est menacée de blocage.

Le choix qu'annoncera M. Trump va arrimer l'institution à droite, possiblement le temps d'une génération, au grand soulagement des religieux traditionalistes, des militants des armes à feu ou des puissants intérêts financiers.

Immigration, avortement, peine de mort, financement électoral, organisation du travail, propriété intellectuelle, liberté d'expression: la Cour suprême a en effet le dernier mot sur des questions de société cruciales, dont elle examine la constitutionnalité.

Son collège normal de neuf juges était tombé à huit en février 2016 en raison du décès d'Antonin Scalia, pilier de la droite conservatrice.

Le prédécesseur démocrate de Donald Trump, Barack Obama, avait proposé le magistrat Merrick Garland en mars pour le remplacer mais le Sénat, dominé par les républicains, a refusé de l'auditionner. Le malheureux juge a finalement réintégré mi-janvier son poste à la cour d'appel fédérale de Washington.

Cette politique d'obstruction, critiquée car sabotant le jeu normal des institutions, a donc fini par payer pour les républicains, mais ceux-ci peuvent s'attendre à un retour de bâton du camp des démocrates.

Le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a promis de s'opposer "bec et ongles" à un choix qu'il jugerait inacceptable.

Le porte-parole de Donald Trump a par avance dénoncé lundi une tactique des démocrates consistant à "traîner les pieds" et "faire un jeu politicien".

"Le président a le droit que les personnes qu'il nomme soient auditionnées", a affirmé Sean Spicer, apparemment oublieux du fait que M. Trump affirmait précisément le contraire après la nomination du juge Garland par Barack Obama.

Les républicains contrôlent 52 sièges du Sénat mais auront besoin de 60 votes pour adouber le magistrat choisi par Donald Trump.

Ce dernier sera conservateur, opposé à l'avortement mais défenseur du port d'armes individuelles, a promis M. Trump.

- 'Short list' de 3 juges -

Le milliardaire avait durant sa campagne publié une liste de 21 candidats potentiels pour le poste prestigieux, la plupart étant blancs et la liste ne comportant que quatre femmes.

Certains ont ouvertement fait part de leur hostilité au mariage gay, consacré en 2015 par la Cour suprême.

Selon les experts, les finalistes sont aujourd'hui Neil Gorsuch, magistrat à la cour d'appel fédérale de Denver (Colorado), William Pryor, un juge fédéral qui siège dans l'Etat de l'Alabama et Thomas Hardiman, juge à la cour d'appel fédérale de Pittsburgh (Pennsylvanie).

Lors d'un récent débat présidentiel, M. Trump a affirmé qu'avec les juges qu'il nommerait la Cour suprême pourrait à terme "automatiquement" annuler "Roe v. Wade", l'arrêt emblématique par lequel elle a reconnu en 1973 le droit des femmes à l'avortement.

Etant donné l'âge avancé de certains des juges actuels de la Cour suprême, Donald Trump pourrait en effet être amené à remplacer durant son mandat non pas un mais plusieurs des membres de la vénérable institution.

Avec AFP

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