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Coronavirus

Dans un Zimbabwe sinistré, corruption florissante autour du Covid

Des membres de l'Université nationale des sciences et technologies (NUST) travaillent dans un centre de test de laboratoire COVID-19 à l'hôpital Mpilo de Bulawayo, Zimbabwe, le 25 avril 2020.

La police anti-corruption met la main sur une pile de tests Covid. Valeur plusieurs milliers d'euros. Offerts par l'Unicef, ils ont été pillés dans un hôpital public au Zimbabwe, en attendant leur revente sur le marché noir.

Le butin était entreposé à Harare, la capitale, dans un immeuble en face de la banque centrale. Cette découverte le mois dernier n'est que la dernière d'une série d'arnaques dans ce pays à l'économie sinistrée qui survit grâce à la débrouille.

Le Zimbabwe a détecté son premier cas de contamination par le coronavirus en mars 2020. Trois mois plus tard, le ministre de la Santé, Obadiah Moyo, saute pour corruption.

Une société étrangère a obtenu, de façon irrégulière, un contrat gouvernemental de plusieurs millions d'euros pour fournir équipements de protection et tests.

Le ministre est aussi accusé d'avoir exigé le paiement de 15.000 tests de dépistage qui devaient être conservés à l'aéroport: à l'inspection, le ministère des Finances découvre que seuls 3.700 kits ont été livrés.

En février, lors des premiers vaccins, des doutes sur la transparence de leur acquisition ont immédiatement fusé. Le gouvernement a mis de côté plus de 80 millions d'euros pour immuniser sa population de 14,5 millions d'habitants.

"Autour de moi, les gens se sont rapidement inquiétés que des fonds publics soient pillés via la campagne de vaccination", confie à l'AFP le journaliste reconnu Hopewell Chin'ono, obsédé par la corruption, dont les enquêtes ont notamment contribué à faire tomber le ministre de la Santé.

Le mois dernier, à sa sortie d'un troisième séjour en prison pour des tweets ayant déplu au pouvoir, ce provocateur fait un tabac avec une vidéo sur un air de reggae. "Dem loot" (ils pillent), chansonnette improvisée listant les effets de la corruption d'Etat, devient virale.

500 pour papa, tonton...

Les fonds destinés à la pandémie sont des cibles faciles pour des fonctionnaires et responsables toujours plus cupides.

L'épidémiologiste en chef du gouvernement, Portia Manangazira, a récemment été arrêtée pour avoir enrôlé 28 membres de sa famille, dont son propre père, dans un programme de sensibilisation au coronavirus financé par l'organisme Africa CDC.

Cette formation de trois jours, prévue pour 800 soignants, a permis à chacun de ses proches de toucher l'équivalent de plus de 500 euros.

Un observatoire anti-corruption, nommé par le gouvernement, enquête sur une dizaine d'affaires liées à la pandémie, "principalement autour de soupçons sur l'acquisition de matériel", explique son porte-parole John Makamure.

"Des abus présumés de responsables publics, de la fraude et du vol de matériel de protection", liste-t-il, sans entrer dans le détail.

L'antenne zimbabwéenne de l'ONG Transparency International précise à l'AFP avoir été alertée l'an dernier de 1.400 cas de corruption dans la santé publique, la police et l'aide humanitaire liée à la pandémie.

Les soignants sont catastrophés par le manque de matériel censé les protéger, une disette attribuée, encore et toujours, à la corruption.

"La situation est démente", souffle Simbarashe Tafirenyika, président d'un syndicat d'infirmiers, alors que le coronavirus a tué plus de 1.500 Zimbabwéens sur près de 37.000 cas recensés, selon un chiffrage officiel vraisemblablement sous-évalué.

Le pic de la deuxième vague, en février, a cruellement exposé l'état désastreux des hôpitaux publics, déjà ravagés par vingt ans d'une crise économique sévère.

De nombreux Zimbabwéens se sont ainsi tournés vers les réseaux sociaux pour échanger des infos et trouver de la place dans un centre de soins.

Les cliniques privées ont été accusées de faire leur beurre de ce désespoir, en facturant des sommes exorbitantes, jusqu'à plus de 2.000 euros, à des familles aux abois, pour un respirateur.

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Omicron: la Guinée équatoriale suspend tous ses vols internationaux

Un vol de South African Airways (SAA) est vu sur le tarmac avant de quitter l'aéroport international de Tambo à Johannesburg le 23 septembre 2021.

La Guinée équatoriale a décidé de suspendre tous les vols internationaux du 6 décembre au 2 janvier 2022, afin d'éviter l'arrivée dans ce petit pays d'Afrique centrale du nouveau variant Omicron, selon un décret communiqué jeudi à l'AFP.

Le décret présidentiel pris mercredi réinstaure par ailleurs un couvre-feu, supprimé le 15 novembre, de 23 heures à 6 heures et impose l'obligation vaccinale à tous les résidents dans le pays, Equato-guinéens ou étrangers.

"Compte tenu du contexte épidémiologique international observé dans le dernier rapport hebdomadaire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui constate une augmentation à la fois des nouveaux cas et des décès" et de "l'annonce récente du nouveau variant Omicron, récemment détecté dans plusieurs pays", ces nouvelles mesures doivent "empêcher de nouvelles transmissions", indique le décret lu sur les médias d’État.

Le décret signé par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, qui dirige la pays d'une main de fer depuis 42 ans, souligne toutefois que le nombre de nouveaux cas positifs au Covid-19 dans le pays est en baisse avec un taux de positivité de 0,4%.

Malabo avait étendu le 17 septembre de manière drastique l'obligation vaccinale à tous les fonctionnaires, mais aussi à toute personne effectuant physiquement une démarche auprès d'une administration.

Sur les 1,3 million d'Equato-guinéens, 247.515 personnes ont été vaccinées avec au moins une dose, et 198.169 ont reçu les deux doses.

Seuls les déplacements professionnels ou médicaux à l'intérieur du pays sont autorisés, selon le nouveau décret, et les voyageurs devront être munis, en plus d'un carnet de vaccination, d'un test PCR négatif.

13.592 personnes ont été testées positives et 175 personnes sont mortes dans le pays depuis le début de l'épidémie.

Pour vacciner en masse, le Nigeria se tourne vers les églises et les mosquées

Des fidèles musulmans font la queue en attendant de recevoir une dose du vaccin Vaxzevria Covid-19 d'Astrazeneca à la mosquée centrale de la communauté du Secrétariat, Alausa, Ikeja à Lagos, le 26 novembre 2021.

Les prières et les chants s'envolent vers les cieux dans l'église Baptiste d'Ikoyi, laissant place au pasteur qui finit son prêche d'une façon un peu particulière ce dimanche de novembre: "Faites le bon choix, faites vous vacciner".

Sur le parking de l'église située dans un quartier riche de Lagos, la capitale économique du Nigeria, des fidèles en habit du dimanche forment une longue queue dans l'attente de recevoir leur première injection de vaccin contre le Covid-19.

Redoutant un pic de contaminations durant la période de Noël, où un grand nombre de Nigérians de la diaspora reviennent au pays et avec l'apparition de premiers cas du variant Omicron, le pays le plus peuplé d'Afrique se tourne vers les chefs religieux, les églises et les mosquées pour lancer une campagne de vaccination de masse.

Depuis le début de la pandémie il y a presque deux ans, le Nigeria a quasiment échappé au coronavirus qui a ravagé les systèmes de santé en Europe et ailleurs comptabilisant officiellement moins de 215.000 cas pour un pays de 210 millions d'habitants (avec toutefois un nombre de tests réalisés très insuffisants).

Le pays n'a jusqu'ici vacciné que 3,5 millions de personnes, soit moins de 2% de la population, bien loin de l'objectif du gouvernement de vacciner 112 millions de personnes d'ici fin 2022.

Au Nigeria où la religion occupe une place prépondérante, les églises et les mosquées servent désormais une double cause, la gloire de Dieu et la vaccination.

"Les mosquées et les églises accueillent de grandes foules. C'est à la fois un moyen de réduire les risques et d'accéder à plus de personnes", déclare à l'AFP la docteure Atinuke Onayiga, présente à l'église d'Ikoyi.

Car l'implication des chefs religieux dans des campagnes de vaccination de masse au Nigeria a déjà fait ses preuves dans le passé. C'est notamment grâce à ces relais que le gouvernement avait finalement réussi en 2020 à éradiquer la polio du pays.

La méfiance envers les autorités et les vaccins est forte au Nigeria, où la mort en 1996 de 11 enfants après des essais de traitement menés par le géant pharmaceutique Pfizer contre la méningite a laissé des traces.

Le point sur le nouveau variant Omicron
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"Peur de me faire vacciner"

De l'autre côté du lagon, sur la partie continentale de Lagos, la prière du vendredi à la mosquée d'Alausa est aussi devenue jour de vaccination.

Dans la cour, une équipe de médecins et d'infirmières attendent des fidèles, devant des dizaines de chaises en plastique blanc, à la sortie de la prière.

"J'avais peur de me faire vacciner, mais comme notre imam nous l'a conseillés, et que je vois de mes yeux les autres se faire piquer sans avoir de problèmes, j'ai changé d'avis", dit Muslimat Abdurasaq, une vendeuse âgée de 45 ans, qui vient de recevoir sa première dose d'AstraZeneca.

"Je ne veux pas non plus rater une éventuelle opportunité professionnelle parce que je ne serais pas vaccinée", ajoute la femme, dont un voile violet entoure le visage.

Afin d’accélérer les vaccinations, les employés du gouvernement fédéral doivent désormais présenter une preuve de vaccination ou un test Covid avant d'entrer dans les bâtiments administratifs.

Mercredi, à l'extérieur de certains bâtiments fédéraux d'Abuja, des dizaines de travailleurs ont été refoulés en raison de l'application des nouvelles règles. Certains ont été dirigés vers des centres de vaccination.

"Je ne suis pas malade. Je ne vais pas faire de test", souffle un fonctionnaire, Ifeanyi Nwazo. "Ils veulent nous forcer à prendre une injection. Pourquoi ?"

Scepticisme

"L'absence de vaccination constituera un terrain fertile pour le développement de mutations du virus, ce qui menacera à son tour les progrès déjà enregistrés", a déclaré le responsable national des incidents au Nigeria, Mukhtar Muhammed.

Le Nigeria a reçu environ 30 millions de doses, et 60 millions d'autres sont en route.

Selon le directeur national de l'Unicef, Peter Hawkins, 2,5 millions de doses d'AstraZeneca doivent être utilisées avant décembre tandis que d'autres vaccins ont une durée de conservation plus longue, ce qui complique la livraison sur le terrain.

A la mosquée d'Alausa, les dizaines de chaises devant les infirmières ont été prises d'assaut. Mais pour certains fidèles comme Mustapha Adetay, des inquiétudes demeurent.

"Je doute encore pour être sincère, certains disent qu'il a des effets négatifs sur la santé", a déclaré l'ingénieur, âgé de 53 ans, en sortant de la mosquée.

"Si j'étais convaincu, je demanderais à toute ma famille de le prendre. Mais je ne le suis pas vraiment. Je vais y réfléchir".

Trois cas du variant Omicron détectés au Nigeria

Une femme subit un test de dépistage du COVID-19 à Abuja, au Nigeria, le 29 novembre 2021.

Le Nigeria a confirmé mercredi ses premiers cas de la variante Omicron du COVID-19 chez des voyageurs, a-t-on appris de source officielle.

Selon le NCDC, le bureau de gestion des grandes endémies du Nigeria, le variant a été détecté chez "trois personnes ayant des antécédents de voyage en Afrique du Sud".

Une annonce qui intervient alors que le président sud-africain Cyril Ramaphosa est en tournée en Afrique de l'Ouest, où il devrait visiter quatre pays.

Restrictions

Plusieurs nations ont imposé des restrictions de voyage aux pays d'Afrique australe, tandis que Hong Kong et le Canada ont interdit aux voyageurs non résidents de se rendre au Nigeria. La Corée du Sud a déclaré avoir détecté la variante Omicron chez des voyageurs entièrement vaccinés arrivés la semaine dernière du Nigeria.

Des données provenant d'autres pays indiquent que la variante circulait avant d'être officiellement identifiée en Afrique australe et qu'elle a depuis été détectée dans plus d'une douzaine de pays. Les travaux visant à établir si elle est plus infectieuse, mortelle ou si elle échappe aux vaccins prendront des semaines.

Variant Omicron: le chef de l'ONU fustige les restrictions de voyages

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Le variant Omicron fait son entrée aux États-Unis

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