Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Europe

Coronavirus: Macron prolonge le confinement en France jusqu'au 11 mai

Une femme traverse la place de la Concorde à Paris, en France, pendant qu'elle fait du vélo durant confinement à l'échelle nationale pour contrer le nouveau coronavirus. à Paris, vendredi 10 avril 2020. (AP Photo / Michel Euler)

Le président français Emmanuel Macron a annoncé lundi la prolongation du confinement jusqu'au 11 mai dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 qui a fait près de 15.000 morts en France, "pas assez préparée" à cette pandémie.

"L'épidémie commence à marquer le pas" et "l'espoir renaît", a assuré Emmanuel Macron lors d'une allocution télévisée de presque 30 minutes, mais tout en reconnaissant que la France n'était "à l'évidence pas assez préparée" à la pandémie.

"Rien n'est acquis", a souligné le président français. A la fin du confinement, "à partir du 11 mai, nous rouvrirons progressivement les crèches, les écoles, les collèges et les lycées", a-t-il ajouté, mais les universités ne rouvriront pas "avant l'été".

Après le 11 mai, les bars, restaurants, cinémas ou salles de spectacle resteront fermés, a-t-il également précisé, ajoutant que les festivals ne pourraient se tenir avant, au moins, la mi-juillet.

Le Festival d'Avignon, la plus célèbre manifestation théâtrale au monde, prévu du 3 au 23 juillet dans le sud de la France, a été annulé, ont annoncé dans la foulée ses organisateurs.

Afin de permettre un déconfinement progressif, le chef de l'Etat a affirmé que "le 11 mai, nous serons capables de tester toutes les personnes ayant un symptôme", tout en demandant aux personnes âgées et fragiles de rester confinées.

"Les personnes ayant le virus pourront ainsi être mises en quarantaine, prises en charge et suivies par un médecin", a-t-il ajouté.

A partir du 11 mai également, en "lien avec les maires, l'Etat devra permettre à chaque Français de se procurer un masque grand public" pour se protéger du coronavirus, a indiqué le président.

Par ailleurs, le président a annoncé que les frontières de la France avec les pays non-européens "resteront fermées jusqu'à nouvel ordre".

La France et l'Europe vont devoir aider l'Afrique à lutter contre le coronavirus en "annulant massivement sa dette", a-t-il aussi insisté. Au delà d'une "refondation" européenne, "nous devons aussi savoir aider nos voisins d'Afrique à lutter contre le virus plus efficacement, les aider aussi sur le plan économique en annulant massivement leur dette", a déclaré M. Macron.

Selon un dernier bilan lundi soir, l'épidémie de coronavirus a fait 14.967 morts en France, 574 de plus depuis dimanche. 9.588 personnes sont mortes dans les hôpitaux (335 de plus en 24 heures) et 5.379 dans les maisons de retraite et autres établissements médico-sociaux.

- Pour plus d'"unité" en Europe -

Pour le cinquième jour consécutif, le nombre de patients en réanimation a également baissé: 24 patients en moins depuis dimanche.

Le déconfinement, déjà amorcé dans quelques pays européens, s'annonce comme une entreprise infiniment délicate.

L'opération pourrait s'avérer catastrophique si n'était pas mis en place un système de tests massifs et d'isolement des personnes infectées, selon une étude réalisée notamment par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) français.

"La levée du confinement sans stratégie de sortie entraînerait une deuxième vague écrasant largement le système de santé", selon le résumé de l'étude, mise en ligne dimanche et révélée lundi par le journal Le Monde.

En Espagne, une partie des habitants ont repris le travail, dans une certaine mesure, lundi après deux semaines "d'hibernation". Dans les gares, la police et des volontaires ont commencé à distribuer dix millions de masques pour les employés, essentiellement ceux de l'industrie et de la construction, qui ont repris le travail lundi.

Le président français abordait cette étape lesté d'une défiance de l'opinion envers sa gestion de la crise. Elle se cristallise, selon les sondages, sur la question de la disponibilité des masques et des tests de dépistage.

L'association du Secours Catholique a dit aussi redouter un basculement dans "la grande précarité" de nombreux Français, notamment les étudiants et les intérimaires.

Sur ce point, Emmanuel Macron a annoncé une aide sans délai aux familles les plus modestes et de nouvelles aides pour les indépendants et les petites entreprises.

Dans son allocution lundi soir, M. Macron a aussi estimé que la crise sanitaire devait être "un moment de vérité", "de refondation" pour l'Europe, avec plus "d'unité et de solidarité".

Toutes les actualités

Ali Boumendjel: Macron acte le mea culpa de la France

Ali Boumendjel: Macron acte le mea culpa de la France
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:38 0:00

Plaidoyer visuel de l'UNICEF pour la réouverture des salles de classe

Plaidoyer visuel de l'UNICEF pour la réouverture des salles de classe
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:00 0:00

L'astronaute Samantha Cristoforetti s'envolera pour l'ISS en 2022

Un vaisseau spatial transportant un nouvel équipage vers la Station spatiale internationale (ISS) décolle du cosmodrome russe loué de Baïkonour, au Kazakhstan, le mercredi 14 octobre 2020.

L'astronaute italienne de l'Agence spatiale européenne (ESA) Samantha Cristoforetti s'envolera pour une nouvelle mission à bord de la station spatiale internationale en 2022, a annoncé mercredi l'ESA.

Ce sera le deuxième séjour sur l'ISS de l'astronaute, qui avait établi le record du plus long séjour dans l'espace pour une femme sur une mission. Elle avait alors passé 199 jours en orbite, en 2014 et 2015.

"Je suis prête à me plonger dans l'ISS (...) qui est comme ma deuxième maison", a déclaré Samantha Cristoforetti lors d'une conférence de presse, en ajoutant que les astronautes de l'ESA "regardent déjà vers la prochaine étape, c'est-à-dire la Lune".

L'agence européenne participe au programme américain Artemis visant à établir d'abord la Gateway, une station spatiale en orbite autour du satellite de la Terre, avant d'y poser des astronautes.

Cette participation "garantit à l'Europe l'envoi de trois de ses astronautes sur la Gateway dans cette décennie", a rappelé David Parker, directeur de l'exploration humaine et robotique de l'ESA, lors d'une conférence de presse.

Les premiers vols vers la Lune, vers 2025, seront réservés à la génération actuelle d'astronautes, à laquelle appartient Samantha Cristoforetti.

Agée de 43 ans, cette ancienne pilote de chasse est la première femme astronaute italienne.

"Samantha est un exemple à suivre pour toutes les personnes qui postulent actuellement pour devenir astronaute dans le cadre du recrutement récemment annoncé par l'ESA", a commenté le directeur général de l'agence spatiale européenne, Josef Aschbacher.

Sur l'ISS, elle poursuivra "le travail si essentiel de nos scientifiques européens en orbite". Elle pourra notamment travailler sur le nouveau module scientifique russe, MLM, qui pourrait arriver sur la station en juillet.

Samantha Cristoforetti, qui s'envolera au printemps 2022 sur une fusée commerciale encore non déterminée, prendra la relève de l'astronaute autrichien de l'ESA Mathias Maurer, qui doit rejoindre l'ISS en octobre 2021. Ce dernier relèvera l'astronaute français Thomas Pesquet qui doit partir en orbite le 20 avril.

L'Allemagne va imposer des amendes aux entreprises qui bafouent les droits humains à l'étranger

New German government spokesman Steffen Seibert gestures as he is introduced into his office in Berlin August 16, 2010. REUTERS/Fabrizio Bensch (GERMANY - Tags: POLITICS HEADSHOT)

L'Allemagne va imposer de lourdes amendes aux entreprises dont les fournisseurs ou filiales bafouent les droits humains à l'étranger, dans le cadre d'un projet de loi adopté mercredi en conseil des ministres, ont indiqué des sources gouvernementales.

Le projet, qui impose un devoir permanent de vigilance aux groupes allemands de plus de 1.000 salariés, prévoit des amendes entre "100.000 et 800.000 euros", selon le texte, consulté par l'AFP.

Les sanctions pourront même atteindre "2% du chiffre d'affaires annuel" pour les groupes pesant plus de 400 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Une autorité, placée sous l'égide du ministère de l'Economie, pourra interdire l'accès aux marchés publics pendant un maximum de trois ans aux groupes ne respectant pas la loi.

Le texte devrait entrer en vigueur à partir du 1er janvier 2023 pour les entreprises de plus de 3.000 salariés et à partir du début de 2024 pour celles de plus de 1.000 salariés.

Il été l'objet d'âpres négociations ces derniers mois entre le social-démocrate Hubertus Heil, ministre du Travail, et le ministre conservateur de l'Economie, Peter Altmaier, sceptique face à ce projet de loi vilipendé par les milieux d'affaires.

"A l'avenir c'est clair : le +Made in Germany+ devra prendre toujours en compte le respect des droits humains", s'est félicité mercredi le ministre des Finances Olaf Scholz.

Les entreprises auront un devoir permanent de vigilance, que ce soit sur leurs propres sites de production ou ceux de leurs fournisseurs.

Elles devront examiner les lacunes potentielles portées à leur connaissance, et prendre des mesures correctives, si ces manquements sont avérés.

La loi n'impose toutefois pas de "devoir de réussite" aux entreprises, mais une "obligation de moyens", et ne prévoit pas d'engager systématiquement la responsabilité civile des entreprises.

En revanche, les ONG et syndicats pourront mener des actions devant les tribunaux allemands au nom des personnes victimes de ces abus.

Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), 152 millions d'enfants dans le monde doivent travailler et 25 millions de personnes subissent le travail forcé.

Guerre d'Algérie: Macron reconnaît qu'Ali Boumendjel a été "torturé et assassiné" par l'armée française

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours après une réunion par vidéoconférence avec les dirigeants des pays du G5 Sahel en Afrique de l'Ouest, à Paris, France, le 16 février 2021.

Emmanuel Macron a reconnu mardi, "au nom de la France", que l'avocat et dirigeant nationaliste algérien Ali Boumendjel avait été "torturé et assassiné" par l'armée française pendant la guerre d'Algérie en 1957, un geste d'apaisement recommandé par le rapport de l'historien français Benjamin Stora.

Ce geste "n'est pas un acte isolé", promet le président français dans un communiqué. "Aucun crime, aucune atrocité commise par quiconque pendant la Guerre d'Algérie ne peut être excusé ni occulté".

Premier président français né après la guerre d'Algérie (1954-1962), M. Macron s'est engagé à prendre des "actes symboliques" pour tenter de réconcilier les deux pays, mais il a exclu toute "repentance" et "excuses".

Le président français a lui-même annoncé cette reconnaissance aux petits-enfants d'Ali Boumendjel en les recevant mardi. A l'époque l'assassinat de l'avocat avait été maquillé en suicide.

"Au coeur de la Bataille d'Alger, il fut arrêté par l'armée française, placé au secret, torturé, puis assassiné le 23 mars 1957", détaille la présidence française dans le communiqué. En 2000, "Paul Aussaresses (ancien responsable des services de renseignement à Alger, NDLR) avoua lui-même avoir ordonné à l'un de ses subordonnés de le tuer et de maquiller le crime en suicide".

"Aujourd'hui, le président de la République a reçu au Palais de l'Elysée quatre des petits-enfants d'Ali Boumendjel pour leur dire, au nom de la France, ce que Malika Boumendjel aurait voulu entendre: Ali Boumendjel ne s'est pas suicidé. Il a été torturé puis assassiné", ajoute la présidence.

"Il leur a également dit sa volonté de poursuivre le travail engagé depuis plusieurs années pour recueillir les témoignages, encourager le travail des historiens par l'ouverture des archives, afin de donner à toutes les familles des disparus, des deux côtés de la Méditerranée, les moyens de connaître la vérité".

La présidence française ajoute que "ce travail sera prolongé et approfondi au cours des prochains mois, afin que nous puissions avancer vers l'apaisement et la réconciliation", voulant "regarder l'Histoire en face, reconnaître la vérité des faits".

"La génération des petits-enfants d'Ali Boumendjel doit pouvoir construire son destin, loin des deux ornières que sont l'amnésie et le ressentiment. C'est pour eux désormais, pour la jeunesse française et algérienne, qu'il nous faut avancer sur la voie de la vérité, la seule qui puisse conduire à la réconciliation des mémoires", ajoute-t-elle encore.

Le mois dernier, la nièce d'Ali Boumendjel, Fadela Boumendjel-Chitour, avait dénoncé un "mensonge de l'Etat (français) qui fut dévastateur".

"Ni déni, ni repentance"

La reconnaissance de ce crime par la France fait partie des préconisations du rapport Stora sur la colonisation et la guerre d'Algérie, afin de résoudre les tensions autour de la mémoire de ce conflit.

Ce document, remis le 20 janvier, a soulevé de vives critiques, aussi bien en France qu'en Algérie, notamment pour ne pas avoir préconisé des "excuses" de Paris pour la colonisation.

La puissante Organisation des moudjahidine (ONM), les anciens combattants de la guerre d'indépendance (1954-1962) a accusé Benjamin Stora d'avoir "occulté les crimes coloniaux" de la France en Algérie.

Le comité national de liaison de harkis (CNLH), des anciens combattants auxiliaires de l'armée française pendant le conflit, a, lui, dénoncé un rapport "minimaliste" et demandé que la France reconnaisse "l'abandon et le massacre des harkis, après les accords d'Evian et le cessez-le-feu du 19 mars 1962".

Le gouvernement algérien a demandé à plusieurs reprises "la reconnaissance des crimes coloniaux" de la France.

"Nous ne privilégierons pas de bonnes relations au détriment de l'histoire et de la mémoire, mais les problèmes se règlent avec intelligence et dans le calme, et non avec des slogans", a affirmé lundi soir le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

La réconciliation entre Paris et Alger doit s'inscrire dans le cadre d'une reconnaissance mutuelle qui ne soit "ni le déni, ni la repentance", a affirmé mardi matin l'ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, au quotidien francophone L'Expression, proche du pouvoir.

A l'approche du 60e anniversaire en 2022 de la fin de la guerre et de l'indépendance de l'Algérie, Paris et Alger ont fait de cette "réconciliation des mémoires" un dossier prioritaire et MM. Macron et Tebboune se sont engagés à travailler ensemble sur ce dossier.

La dirigeante d'extrême droite française Marine Le Pen (Rassemblement national), dont le parti a soutenu l'Algérie française, a estimé mercredi sur Twitter qu'Emmanuel Macron "continue d'envoyer des signaux désastreux de repentance, de division et de haine de soi" alors que "le communautarisme et l'islamisme progressent et se nourrissent de nos faiblesses".

Le député de gauche radicale Alexis Corbière (La France Insoumise) a salué à l'inverse un "acte significatif au nom de la République, pour le passé, le présent, pour l'amitié entre la France et l'Algérie".

Voir plus

XS
SM
MD
LG