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Coronavirus: le flou persiste sur l'avenir des compagnies aériennes américaines

Des Boeing 737 MAX 8 de la compagnie aérienne Southwest Airlines immobilisés au sol à l'aéroport de Victorville, en Californie, le 26 mars 2019. (Photo: REUTERS/Mike Blake)

L'avenir des compagnies aériennes américaines est incertain: elles sont engagées dans des négociations périlleuses avec le gouvernement fédéral, qui est déterminé à prendre des participations dans leur capital en échange de son aide financière pour éponger les pertes dues au coronavirus.

Un bras de fer se joue en coulisses entre des dirigeants de l'aérien et le Trésor, chargé de répartir les 2.200 milliards de dollars du plan d'aide économique promulgué fin mars par Donald Trump, d'après des sources industrielles.

Ce plan prévoit une aide de 50 milliards aux compagnies, dont la moitié doit servir à préserver des emplois jusqu'au 30 septembre.

Si le Trésor refuse de parler de sauvetage ou de renflouement, le ministère veut néanmoins éviter d'être accusé de signer un chèque en blanc.

"Il y a un passage dans le plan qui dit que le secrétaire, donc moi, va déterminer la compensation adéquate" pour le contribuable, a déclaré la semaine dernière Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, lors d'un briefing à la Maison Blanche.

Une des contreparties en discussion est une prise de participation au capital, dont l'ampleur dira si c'est une nationalisation ou pas. Dans tous les cas, cette hypothèse est considérée comme une ligne rouge par les dirigeants, d'après des sources industrielles. Car ils redoutent que l'Etat actionnaire ne soit un repoussoir pour les marchés financiers.

American Airlines, United Airlines, Delta Air Lines et Southwest, les quatre grandes compagnies américaines, hésitent, expliquent les mêmes sources, à accepter l'aide publique, malgré l'érosion brutal de leurs revenus. Après un premier trimestre qui s'annonce catastrophique, Delta prévoit une chute de 90% de son chiffre d'affaires au deuxième trimestre, tandis qu'American a supprimé 90% de ses vols de et vers New York, un marché important.

- Déraisonnable -

Signe des réticences: si American a déposé officiellement sa demande d'aide vendredi dernier, le transporteur s'est attaché les services du banquier James Millstein pour la conseiller dans les négociations avec le Trésor, d'après une source interne.

M. Millstein est un vétéran des restructurations des dettes. Il a aussi été l'artisan du plan de sauvetage des banques et institutions financières mis en place par l'administration Obama de 2009 à 2011.

Southwest n'a pour sa part fait sa demande officielle qu'à la dernière minute, a indiqué à l'AFP un porte-parole.

"Notre but est d'évaluer toutes les sources de liquidités qui vont aider à protéger les employés et à renforcer la santé de notre entreprise", a-t-il déclaré.

Le Trésor a demandé aux compagnies de lui indiquer comment elles entendaient indemniser le gouvernement fédéral et a dans la foulée mandaté les banquiers de PJT Partners de discuter des termes de possibles accords.

Delta, American, United et Southwest sont pour l'heure en position de faiblesse dans ces tractations: leur survie est menacée et elles ont consacré 39 milliards de dollars les cinq dernières années à choyer leurs actionnaires via des programmes de rachats d'actions, a calculé S&P Dow Jones Indices, plutôt que de se prémunir d'une éventuelle crise.

Ces handicaps sont de nature à encourager le Trésor à durcir ses exigences, ce qui pousserait ces compagnies à préferer se déclarer en faillite, redoutent les syndicats et des élus démocrates.

La loi américaine permet à une entreprise de se restructurer à l'abri de ses créanciers mais au détriment de l'emploi.

"Dites au secrétaire Mnuchin qu'il ne peut pas jouer avec la vie des gens comme ça", fustige Delta AFA, le syndicat des personnels navigants de Delta, qui a lancé une pétition pour forcer le Trésor à adoucir sa position.

"L'intention du Congrès en adoptant la loi était de fournir une aide directe aux compagnies aériennes (...) en reconnaissant que la faillite n'était ni dans l'intérêt de ces entreprises ni dans celui de leurs employés", écrivent, dans une lettre envoyée dimanche à M. Mnuchin, quatre élus démocrates de haut rang, dont Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants.

Cette aide, ajoutent-ils dans cette missive consultée par l'AFP, "ne doit pas s'accompagner de conditions déraisonnables qui forceraient un employeur à choisir la banqueroute plutôt que des subventions sous la forme de salaires à ses employés".

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Donald Trump accorde une grâce présidentielle à son ancien collaborateur Michael Flynn

Le conseiller à la sécurité nationale, le général Michael Flynn, fait une déclaration lors d'un briefing quotidien à la Maison Blanche à Washington, le 1er février 2017.

Le président américain Donald Trump a gracié mercredi son ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn qui avait plaidé coupable d'avoir menti au FBI lors de l'enquête sur l'ingérence russe dans les élections présidentielles de 2016.

"C'est un grand honneur pour moi d'annoncer que le général Michael T. Flynn a obtenu une grâce complète. Félicitations à @GenFlynn et à sa merveilleuse famille, je sais que vous allez maintenant passer un Thanksgiving vraiment fantastique !", a écrit M. Trump sur Twitter.

Général d'armée à la retraite, M. Flynn a plaidé coupable en 2017 d'avoir menti au FBI sur les interactions qu'il a eues avec l'ambassadeur de Russie aux États-Unis dans les semaines précédant l'inauguration de Trump en janvier 2017.

Il a depuis lors cherché à retirer son plaidoyer, arguant que les procureurs avaient violé ses droits et l'avaient dupé pour qu'il accepte de plaider coupable. Sa condamnation a été reportée à plusieurs reprises.

Il s'agit de la grâce la plus médiatisée accordée par M. Trump depuis son entrée en fonction. Entre autres controverses, le président américain avait auparavant suscité un tollé en graciant les militaires accusés de crimes de guerre en Afghanistan. Il a aussi essuyé des critiques en accordant la grâce présidentielle à Joe Arpaio, ancien shérif du comet de Maricopa, en Arizona, accuse de racism notoire.

Le général Flynn, 61 ans, a été le premier conseiller à la sécurité nationale du président Trump. Il est limogé en 2017 après 24 jours à son poste à cause d’une controverse liée aux contacts de l'ancien général avec l'ambassadeur russe à Washington de l'époque, Sergei Kislyak.

Avant d’intégrer l’équipe de M. Trump, Michael Flynn était à la tête de l'Agence de renseignement du Pentagone, un poste qu’il est contraint de quitter en 2014, en partie à cause de son style de gestion et de ses opinions sur la manière de lutter contre le militantisme islamiste.

C’est en 2016 qu’il entre dans l’équipe de campagne de M. Trump.

Outre le general Flynn, d'autres anciens collaborateurs du president ont été condamnés pour divers crimes à l’échelle fédérale, notamment Roger Stone, conseiller et ami de longue date de M. Trump, et Paul Manafort, son ancien directeur de campagne.

Selon le quotidien USA Today, la grâce accordée à M. Flynn a suscité une réaction rapide de la famille du général qui a salué cette decision, que l'opposition démocrate a vite fait de condamner.

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