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Coronavirus: des soignants égyptiens traités en "parias"

Un officier de police se tient dans la rue Qasr El Nil pendant le couvre-feu nocturne pour contenir la propagation de la maladie à coronavirus (COVID-19), au Caire, Égypte, le 25 mars 2020. REUTERS / Mohamed Abd El Ghany - RC28RF9HOEIP

"C'est comme si nous étions devenus des parias", déplore le docteur égyptien Ahmed Negm, forcé de déménager par ses voisins à Ismaïlia (est) après des rumeurs selon lesquelles il était "infecté par le nouveau coronavirus".

Comme lui, d'autres soignants ont subi l'hostilité de la population. Les personnels médicaux sont pourtant traités en héros par la presse locale qui les surnomment "l'armée blanche de l'Egypte" pour leur lutte contre la maladie Covid-19.

A ce jour, parmi les 43 médecins ayant contracté le virus dans plusieurs hôpitaux du pays, quatre sont morts, d'après le syndicat des médecins égyptiens.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les infections de soignants constituent environ 13% des cas enregistrés en Egypte, qui a officiellement recensé plus de 3.300 cas d'infection et 250 décès.

Le Dr Negm, 31 ans, avait choisi par précaution de s'isoler après avoir été en contact avec des personnes soupçonnées d'avoir contracté la maladie.

Bien que testé négatif, des rumeurs sur son infection supposée ont couru dans son quartier, certains allant jusqu'à le dénoncer à la police, d'autres lui demandant de déménager, arguant qu'il y avait "beaucoup d'enfants et de personnes âgées" dans le voisinage.

Et le harcèlement a continué jusqu'à ce qu'il cède.

- "Marque d'infamie" -

"Les gens sont pris de panique, mais ils exagèrent au point que ça devient une marque d'infamie, comme si on portait en nous le scandale", affirme le Dr Negm à l'AFP.

La semaine dernière, des villageois paniqués de la province de Daqahliya (nord), ont manifesté pour empêcher l'enterrement d'une femme médecin décédée du nouveau coronavirus, même si celle-ci ne pratiquait plus.

Dans un pays où les manifestations sont interdites, le gouvernement a réagi vigoureusement en arrêtant 23 personnes. Le parquet a qualifié les faits d'actes de "terrorisme".

Le Premier ministre Mostafa Madbouli a déploré un incident "honteux", appelant les soignants à "ne pas tenir compte" de ces pratiques.

Dans une vidéo postée sur internet, une infirmière du gouvernorat de Dakhleya, testée positive en même temps que plusieurs de ses collègues, a expliqué que le groupe avait été contacté par des inconnus après la diffusion de leurs noms et coordonnées en ligne.

"Beaucoup nous ont appelés pour exprimer leur soutien et prier pour nous... mais d'autres nous ont accusés de répandre le virus", a-t-elle dit d'une voix tremblante, masque sur le visage.

"Nous sommes fatigués, ayez pitié", a-t-elle imploré.

Dans une autre vidéo en ligne, Dina Abdelsalam, médecin à Ismaïlia, a raconté que ses voisins l'avaient calomniée après avoir appris qu'elle travaillait dans un hôpital qui accueille des patients atteints du virus.

Le Dr Abdelsalam avait récemment déménagé dans un nouvel appartement pour ne pas mettre en danger sa famille. Ses nouveaux voisins ayant appris où elle travaillait ont hurlé dans la rue qu'elle "apportait la maladie" dans le quartier, a-t-elle assuré.

La police est intervenue et, après quelques pourparlers, les voisins ont présenté leurs excuses.

"C'était inutile (...) après m'avoir traité comme suspecte (de crime)", a-t-elle réagi, avant d'ajouter: "Nous les soignants, nous souffrons (...) et vous ne faites qu'empirer (notre situation)".

Plusieurs autres médecins au Caire, à Alexandrie (nord) et ailleurs se sont plaints sur Facebook de refus de prise en charge de chauffeurs de taxi ou de livraisons alimentaires par peur de contagion.

- "Préjudiciable" -

Le représentant de l'OMS en Egypte, Jean Jabbour, a dit à l'AFP que les pressions subies par les soignants rendaient leur situation déjà éprouvante "encore plus difficile".

Selon lui, cela "va affaiblir notre combat contre (la maladie) Covid-19 et peut s'avérer gravement préjudiciable pour le pays".

Face aux comportements hostiles vis-à-vis des personnels médicaux, des parlementaires envisagent une loi pour criminaliser les "brimades" dont ils sont victimes.

Depuis mars, l'Egypte a mis en place des mesures pour limiter la propagation du virus dans ce pays de plus de 100 millions d'habitants.

Outre le couvre-feu nocturne, restaurants, écoles, aéroports et sites touristiques sont fermés. De lourdes amendes, voire des peines de prison, sont prévues pour les contrevenants.

Mais de récentes vidéos montrent encore des foules lors de marchés locaux ou dans les transports publics peu avant l'heure du couvre-feu.

"Les gens ne se rendent pas compte", dit Heba al-Feky, une pharmacienne qui a récemment été forcée de descendre d'un taxi à cause de son métier.

"Ils s'en prennent à nous au lieu de renoncer à leurs habitudes qui ont plus de chances de les exposer à la maladie", déplore-t-elle.

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Barrage sur le Nil: le risque d'un conflit ouvert se dessine davantage

Le chef du Conseil militaire de transition du Soudan, le lieutenant-général Abdel Fattah Al-Burhan, avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed lors de la signature de l'accord de partage du pouvoir, à Khartoum, Soudan, le 17 août 2019. REUTERS / Mohamed Nureldin Abdallah

Le Soudan a averti jeudi que des millions de personnes seraient confrontées à un "grand risque" si l'Ethiopie procédait au remplissage du réservoir du méga-barrage controversé qu'elle construit sur le Nil, en l'absence d'un accord avec Le Caire et Khartoum.

La tension monte entre le Soudan, l'Ethiopie et l'Egypte alors que l'Ethiopie a annoncé son intention de procéder au remplissage du réservoir du Grand barrage de la Renaissance (Gerd), malgré l'échec des négociations tripartites.

Dans un communiqué, le ministre soudanais de l'Irrigation, Yasser Abbas, a annoncé que son pays avait envoyé une lettre au Conseil de sécurité de l'ONU pour l'appeler à "empêcher toutes les parties de prendre des mesures unilatérales, y compris le remplissage du réservoir", avant un accord.

Remplir le réservoir unilatéralement "va compromettre la sécurité du barrage soudanais de Roseires et par conséquent exposer des millions de personnes à un grand risque", a prévenu M. Abbas sans autre explication.

La lettre appelle également le Conseil de sécurité à "inviter les dirigeants des trois pays à montrer de la volonté politique et de l'engagement pour résoudre les quelques difficultés restantes". Khartoum avait proposé de porter les discussions au niveau des Premiers ministres.

L'Egypte, qui considère ce projet comme une menace "existentielle", a appelé elle la semaine dernière le Conseil de sécurité à intervenir.

Dans une lettre au Conseil de sécurité, Le Caire affirme que l'Éthiopie constitue "une menace pour la paix et la sécurité au niveau international", selon le site d'informations Sudan Tribune.

Si l'Ethiopie voit le barrage de 145 mètres haut comme essentiel à son développement et électrification, le Soudan et l'Egypte craignent qu'il ne restreigne leur accès à l'eau.

Le Nil qui coule sur quelque 6.000 km, est une source d'approvisionnement en eau et en électricité essentielle pour une dizaine de pays d'Afrique de l'Est. L'Egypte tire 97% de ses besoins en eau de ce fleuve.

Mercredi, le ministre égyptien de l'Irrigation Mohamed Abdelati a fait état d'un accord "sur certaines questions techniques" lors des derniers échanges entre les trois pays, mais affirmé que "de profonds désaccords juridiques" persistaient.

Selon lui, parmi les principaux désaccords figurent "les moyens d'atténuer la sécheresse et les pénuries d'eau pendant les années sèches".

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Amnesty dénonce "l'oppression" du pouvoir égyptien aprés le suicide d'une militante LGBT

Fin 2017 en Egypte, médias et autorités ont jeté l'opprobre sur la communauté LGBT, sur fond de chasse à l'homme menée par la police.

Sara Hegazy, qui s'est suicidée en exil au Canada, a "vécu une dure expérience en prison en 2017" en Egypte, a tweeté Amnesty international, déplorant "l'oppression" subie par la militante "en raison de ses opinions politiques et de son militantisme en faveur des LGBT".

Amnesty a cité les derniers mots laissés par la jeune femme avant son suicide dimanche: "L'expérience était sévère et je suis plus faible qu'il ne faut pour résister. Pardonnez moi".

Sara Hegazy avait été arrêtée au Caire après avoir brandi un drapeau arc-en-ciel lors d'un concert de Mashrou Leila en octobre 2017, dont le chanteur Ahmed Sinno milite aussi en faveur des LGTB.

Elle a passé trois mois en prison avant d'être relâchée et de s'exiler au Canada en 2018. Victime de stress post-traumatique, elle aurait été torturée pendant sa détention, subissant des violences sexuelles, selon plusieurs militants.

Les réactions indignées se sont multipliées sur les réseaux sociaux. "Le régime égyptien a emprisonné et torturé Sara Hegazy pour cette photo", a écrit dimanche la militante féministe Mona Eltahawy en postant cette photo de Sara Hegazy.

La directrice Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch, Sarah Leah Whitson, qui avait rencontré récemment Sara Hegazy, a parlé sur Twitter d'une jeune femme "clairement en souffrance, traumatisée par sa torture".

En 2017, les autorités avaient interdit aux médias "de montrer des homosexuels ou de promouvoir leurs slogans". Si l'homosexualité n'est pas expressément prohibée en Egypte, la communauté LGBT est régulièrement prise pour cible par les forces de sécurité.

Tripoli dénonce les menaces égyptiennes de s'impliquer en Libye

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Plus de 50.000 cas confirmés de coronavirus en Égypte

Des masques de protection lors d'une cérémonie de mariage à Qalyub, au nord du Caire, en Égypte, le 16 avril 2020. (REUTERS/Rania Gomaa)

L'Egypte a déclaré avoir enregistré 1.218 nouveaux cas du nouveau coronavirus jeudi, ce qui porte le nombre total de cas à plus de 50.000, quinze jours seulement avant l’assouplissement des restrictions.

Le pays en entré en confinement en mars pour freiner la propagation de la maladie, en fermant les écoles, les restaurants et en interrompant presque tous les vols internationaux.

La pandémie a paralysé l'industrie touristique vitale de l'Egypte, qui, selon les analystes, pourrait représenter jusqu'à 15 % de l'économie.

Le pays espère pouvoir accueillir à nouveau des touristes pour la saison estivale et a déclaré qu'il prévoyait de rouvrir ses aéroports aux vols internationaux réguliers à partir du 1er juillet.

Le ministère de la santé a déclaré jeudi avoir enregistré un total de 50.437 cas de coronavirus et 1.938 décès.

Le nombre réel de cas pourrait être jusqu'à cinq fois plus élevé que le chiffre rapporté, selon une étude.

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