Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Niger

Baisse de la croissance, deux décès et premiers cas hors Niamey

Le président Issoufou Mahamadou mardi lors de son passage télévisé, à Niamey, le 18 mars 2020. (Présidence Niger)

La croissance économique du Niger, pays parmi les plus pauvres du monde, devrait baisser fortement en 2020 à cause de l'épidémie de coronavirus qui a fait deux nouveaux morts, ont annoncé les autorités mercredi.

Quarante nouveaux cas, dont les deux premiers hors de la capitale Niamey à Maradi (sud), ont été enregistrés pour un total de 74 cas. Les 2 décès portent à 5 les victimes du virus au Niger.

"En raison de la perturbation sur les activités économiques (...) le taux de croissance de l'année 2020 au Niger passerait de 6,9 % à 4,1% soit une perte de 2,8 points", a indiqué le ministre des Finances Mamadou Diop à la télévision publique, annonçant d'importantes mesures de soutien.

La baisse des recettes budgétaires devrait atteindre "89 milliards FCFA (136 millions d'euros) soit 1,1% du PIB" et le "déficit budgétaire global, prévu au départ à 2,6% du PIB", devrait s'élever "à 3,7%", a averti M. Diop, alors que le pays fait déjà face à d'énormes défis économiques et sociaux.

Le ministre des Finances a estimé à près de 600 milliards FCFA (900 millions d'euros) les besoins financiers pour soutenir l'économie et la population de ce pays sahélien enclavé, sans préciser si l'Etat disposait effectivement de cette somme.

"Pour faire face à la crise sanitaire et prendre des mesures de soutien aux populations et à l'économie, le gouvernement a estimé les besoins financiers à 597 milliards FCFA soit 7,4% du PIB, dont 159 milliards pour les mesures de soutien sanitaire et la lutte contre la pandémie", a-t-il ajouté.

Il a annoncé des exonérations de taxes pour les entreprises.

Le président du Niger Mahamadou Issoufou avait déjà annoncé la semaine dernière des distributions gratuites et des ventes à prix réduits de vivres "pour soutenir les personnes vulnérables", et "la prise en charge par l'Etat des factures d'électricité et de l'eau pour +les tranches sociales+ pour les mois d'avril et mai".

Outre l'épidémie, le Niger doit lutter contre les attaques de nombreux groupes jihadistes, à la fois au sud sur sa frontière avec le Nigeria et au nord et à l'ouest sur ses frontières avec le Burkina Faso et le Mali.

Le Niger abrite près de 450.000 réfugiés (Nigérians, Maliens et Burkinabè) et déplacés, chassés par les violences jihadistes ou des bandes armées, selon l'ONU, qui s'inquiète du manque de fonds pour couvrir tous les besoins. Beaucoup de réfugiés vivent au milieu d'une population déjà très pauvre.

Les autorités ont imposé un couvre-feu dans la capitale Niamey, épicentre de l'épidémie, également placée en "isolement sanitaire". Les frontières sont fermées, ainsi que les écoles et les lieux de culte.

Toutes les actualités

Des milliers de personnes ont fui la zone nigérienne d'Intikane après l'attaque jihadiste

Un soldat nigérian monte la garde dans un camp de réfugiés à Diffa, au Niger, le 17 août 2016.

Des milliers de personnes ont fui Intikane, dans l'ouest du Niger, après l'attaque jihadiste dimanche contre cette localité abritant des réfugiés maliens, ont indiqué mercredi les autorités locales et l'ONU. 

"Environ 3.000 personnes sont aujourd'hui à Tlemces, une commune située à 27 km du site" après avoir fui Intikane, a précisé à l'AFP le bureau du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) à Niamey.

"Intikane est en train de se vider de sa population, les gens se déplacent vers Tlemces", a déploré à la radio publique nationale le gouverneur de la région de Tahoua, Moussa Abdourahamane, qui s'est rendu sur place.

Les assaillants "ont attaqué les points sensibles du site : ils ont détruit les (antennes) de communication pour isoler la population et ils ont également détruit les sources d'eau potable", a-t-il constaté.

"Toutes les agences du système des Nations unies sont venues (à Intikane) pour faire une évaluation afin de voir comment accompagner à nouveau" la population, a déclaré à la radio Kourouma Mamady Fatta, adjoint au représentant du HCR à Niamey.

"Un détachement" de l'armée a déjà "pris position" à Intikane "pour sécuriser la zone", assure la radio publique.

Intikane, bourgade située à 72 kilomètres de la frontière malienne, est une zone d'accueil de réfugiés où 20.000 Maliens vivent mêlés à la population locale depuis 2013.

Dimanche en fin de journée, une cinquantaine de jihadistes à motos ont attaqué Intikane et ont "assassiné" trois personnes dont deux responsables des réfugiés et un représentant d'un chef traditionnel local, selon le HCR. Un gardien du site a été enlevé.

Les assaillants ont vidé le magasin de vivres, incendié des stocks d’articles de secours et détruit la principale station de pompage et des conduites d’eau, coupant ainsi l’approvisionnement en eau pour les populations déplacées et leurs communautés d’accueil dans un rayon de 40 kilomètres, a expliqué le HCR.

L'agence onusienne a dit tenter de "remettre la station d’eau en marche".

Selon l'ONU, le Niger abrite près de 60.000 réfugiés maliens qui ont fui le nord du Mali depuis 2012 en raison des attaques jihadistes.

L'ouest du Niger est le théâtre d’attaques fréquentes de groupes jihadistes, notamment du groupe Etat Islamique au Grand Sahara (EIGS). Le Niger doit aussi faire face dans l'est aux attaques des jihadistes de la nébuleuse Boko Haram.

Boko Haram à nouveau à l'offensive au Niger

Des réfugiés nigérians à Diffa, dans le sud-est du Niger, le 21 juin 2016.

Malgré les fréquentes annonces officielles parlant de victoires et d'innombrables islamistes tués, les jihadistes de la galaxie Boko Haram ont multiplié les attaques ces dernières semaines dans le sud-est du Niger.

Diffa, la capitale régionale de 200.000 habitants située à la frontière avec le Nigeria, a été attaquée à quatre reprises en mai alors que 12 soldats nigériens au moins ont été tués dans l'attaque du poste de Blabrine, au nord-est de Diffa, proche du Tchad.

"Les bruits des armes font partie de notre quotidien. Quand ça commence à tirer +ratatata+, nos coeurs battent très fort", affirme Aïchatou Ibrahim, ménagère à Diffa qui réside près du pont de Doutchi où ont lieu une partie des attaques.

Habitants et autorités sur place ne distinguent pas Boko Haram de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), issu d'une scission de Boko Haram, et parlent indifféremment de "BH".

Mais la propagande jihadiste fonctionne à plein, notamment après l'attaque de Doutchi (pont d'entrée à 10 km de Diffa). Une vidéo de l'ISWAP montre des insurgés s'emparer au milieu de tirs nourris d'un camp de l'armée nigérienne, mettant la main sur des véhicules et des stocks d'armement. La vidéo se termine par un combattant tirant sur un soldat inanimé au sol.

"Les images de la vidéo ont fait peur. Si le pont +tombe+ qu'est-ce qui va se passer?", s'inquiète Lawan Boukar, un journaliste local.

Les habitants vivent avec la menace depuis 2015 et les premières attaques des islamistes nigérians de Boko Haram sur le sol nigérien. Diffa et Bosso, riveraine du bassin du lac Tchad (à cheval entre le Niger, le Nigeria, le Cameroun et le Tchad), avaient été visées.

Après des années de combats incessants, la situation avait connu une accalmie au cours des 8 derniers mois avec trois attaques seulement contre l'armée en octobre 2019 à Blabrine (12 soldats morts), mars 2020 à Chétima Wangou (8 soldats morts) et Toumour (50 combattants de Boko Haram tués).

- Offensive tchadienne -

Fin mars, l'armée tchadienne a déclenché une grande offensive pour venger la mort d'une centaine de ses soldats tués sur la presqu'île de Bohoma, plus lourde perte jamais enregistrée par le Tchad. N'Djamena a affirmé avoir tué 1.000 combattants et chassé les jihadistes de son sol.

Pour certains, "les attaques répétées contre Diffa" sont le contre-coup de cette offensive tchadienne. "Elles sont menées par de petits groupes de rescapés de l'offensive tchadienne qui veulent se réarmer et se restructurer", affirme Mara Mamadou, un acteur de la société civile de Diffa.

"A Blabrine et Doucthi, Boko Haram s'est attaqué aux deux portes d'entrée de Diffa: Blabrine est le seul verrou du côté du Tchad et Doutchi le seul rempart vers le Nigeria", s'alarme-t-il.

Pour un ex-maire de Diffa, il y a une autre explication: l'étiage de la rivière Komadougou qui sert de rempart naturel à la zone pendant une partie de l'année. "+BH+ cherche à reconstituer ses stocks d'armement et de vivres avant la crue en juin de la Komadougou".

Cette rivière, qui sert de frontière naturelle, prend sa source au Nigeria et s'étend le long des 150 km séparant les deux Etats avant de se jeter dans le Lac Tchad, une vaste zone truffée d'îlôts et de marécages servant de refuge à l'Iswap.

La période d'étiage d'avril à mai "met à rude épreuve le dispositif de sécurité", confirme une source sécuritaire.

Autre explication: le vide sécuritaire nigérian.

- Le Nigeria grand absent -

Le président tchadien Idriss Déby Itno a dénoncé à plusieurs reprises l'inaction de ses voisins du Niger et du Nigeria. Le Niger se plaint aussi de l'inaction du Nigeria.

"Ce sont nos militaires qui traversent parfois la frontière (nigériane) pour faire des patrouilles. Tout le problème c'est le Nigeria!", estime Ali Moussa, un résident de Diffa.

"Le Nigeria n'a rien dans cette bande (des 150 km): pas de forces armées, pas d'administration", atteste un douanier à la retraite.

Un élu local résume: "Nous ne faisons plus frontière avec le Nigeria, mais avec BH. Ils nous attaquent et se replient dans leur zone où il n'y a plus aucune force armée pour les contenir".

Contactée par l'AFP, l'armée nigériane n'a pas souhaité répondre à ce sujet.

Amadou Bounty Diallo, un ancien militaire nigérien, pointe également "la collaboration déterminante" dont bénéficie Boko Haram de la part "d'une partie de la population" soucieuse d'accéder au Lac pour assurer sa survie. L'eau du lac permet pêche et culture dans une zone du continent désertique.

D'après une source humanitaire, le retrait en 2017 des soldats tchadiens réputés très efficaces, - appelés en renfort en 2016 après une attaque meurtrière- a "privé la zone d'un solide bouclier" anti-jihadiste.

Le Niger a annoncé en février avoir acquis deux nouveaux hélicoptères de combat pour "renforcer" son arsenal. "Nos forces de défense et de sécurité prennent de plus en plus l'ascendant sur les terroristes", s'est satisfait récemment le président nigérien Mahamadou Issoufou.

La région de Diffa abrite selon l'ONU 300.000 réfugiés nigérians et déplacés, fuyant depuis 2015 les exactions des jihadistes. Le Niger doit aussi faire face dans l'Ouest, à ses frontières avec le Mali et le Burkina, à de fréquentes attaques des groupes jihadistes sahéliens dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).

Une nouvelle loi nigérienne autorise l'interception des échanges électroniques

Une nouvelle loi nigérienne autorise l'interception des échanges électroniques
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:51 0:00

Le Niger adopte une nouvelle loi sur les écoutes pour lutter contre le jihadisme

Un soldat nigérien monte la garde dans un camp de la ville de Diffa à la suite des attaques des combattants de Boko Haram dans la région de Diffa, Niger, le 18 juin 2016.

Le parlement nigérien a adopté vendredi une nouvelle loi autorisant les interceptions des communications téléphoniques pour lutter contre "le terrorisme et la criminalité transnationale".

Les députés de l'opposition, très minoritaires, ont dénoncé le texte et quitté l'hémicycle avant les débats. Selon la Constitution nigérienne "le secret de la correspondance et des communications est inviolable" et il "ne peut y être dérogé que dans les conditions et les formes définies par la loi".

La nouvelle loi s'inscrit dans "la recherche des renseignements" concernant "l'atteinte à la sécurité de l'Etat" ou dans la "lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée".

"Les preuves recueillies peuvent être utilisées dans le cadre des enquêtes et poursuites pénales diligentées par les autorités judiciaires", selon les termes du document.

Les interceptions des communications seront effectuées par "des services techniques compétents" sur "toute personne contre laquelle il existe des sérieuses raisons", souligne le texte.

"Cette loi n'est pas liberticide. Elle est indispensable et elle procède de la volonté du gouvernement de sécuriser nos populations", a déclaré Barkaï Issouf, le ministre chargé des Relations avec les institutions.

"Vous craignez d'être écoutés? Et bien vous l'étiez depuis et vous l'êtes encore, c'est maintenant que ça va être organisé", a lancé Marou Amadou, le ministre de la Justice.

Dans un communiqué, l'opposition parlementaire a dénoncé "la volonté du pouvoir de priver les Nigériens (...) de toute vie privée dans leurs communications".

"Cette loi permettra (...) de surveiller tous les Nigériens, ainsi que tous ceux qui vivent au Niger, sous de fallacieux prétextes, autres que ceux relatifs à la sécurité et la lutte antiterroriste", selon les termes du communiqué.

Le Niger fait face aux attaques récurrentes des groupes jihadistes sahéliens dans l'Ouest, à ses frontières avec le Mali et le Burkina et dans le Sud-est aux raids meurtriers des islamistes de Boko Haram ou du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap, issu une scission de Boko Haram).

South African Airways ne reprendra pas ses vols intérieurs à partir de la mi-juin

South African Airways ne reprendra pas ses vols intérieurs à partir de la mi-juin
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:34 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG