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Coronavirus: 627 morts en 24h en Italie, la barre des 4.000 morts dépassée

Les pompes funèbres transportent un cercueil d'un corbillard au cimetière de Bergame, dans le nord de l'Italie, le lundi 16 mars 2020. Bergame est l'une des villes les plus touchées par la nouvelle épidémie de coronavirus. (Claudio Furlan / LaPresse via AP)

La pandémie de coronavirus a tué 627 personnes en Italie sur les dernières 24 heures, nouveau record qui porte le bilan total au-delà des 4.000 morts dans la péninsule, pays le plus touché au monde, a annoncé la protection civile vendredi.

C'est encore la région de Milan, la Lombardie, où les hôpitaux sont débordés, qui paye le plus lourd tribut, avec 381 décès supplémentaires (2.549 au total).

Dans le pays, ce sont près de 6.000 cas supplémentaires qui ont été détectés, là encore un chiffre jamais atteint jusqu'à présent.

Avec 4.032 morts désormais recensés, l'Italie a plus de 66 morts par million d'habitants, une proportion qui passe à plus de 250 pour la Lombardie, poumon économique du pays. Deuxième pays le plus touché en proportion de sa population, l'Espagne est derrière avec plus de 21 morts par million d'habitants.

"Nous avons aujourd'hui, 1.000 volontaires de plus qui sont venus nous aider, pour un total, de 7.000 personnes qui oeuvrent aux côtés du personnel médical et des forces de l'ordre", a ajouté Angelo Borrelli, patron de la Protection civile italienne qui chapeaute la lutte contre l'épidémie de Covid-19.

M. Borrelli a également précisé que 679 tentes ont été installées à ce jour comme centre de pré-tri pour faciliter la tâche des structures sanitaires débordées par le nombre de malades.

Jour après jour, les bilans augmentent inexorablement. Et les appels se multiplient pour renforcer encore les mesures de confinement imposées aux 60 millions d'Italiens depuis le 9 mars.

"Le nombre de personnes contaminées ces jours-ci ne représente de toute évidence que la pointe de l'iceberg. Nous affrontons une épidémie virale qui, par chance et dans la majorité des cas, est sans symptômes ou avec peu de symptômes", a déclaré Matteo Bassetti, chef de la clinique des maladies infectieuses de l'établissement San Martino de Gênes (nord-ouest), cité par l'agence AGI.

"Il y a tellement de personnes qui se promènent et qui ont le virus et risquent de contaminer les autres", a-t-il ajouté.

Selon des statistiques de l'Institut supérieur de la santé (ISS) basées sur 3.200 patients décédés et testés positifs au Covid-19, leur moyenne d'âge est de 78,5 ans, dont près de 30% sont des femmes.

L'immense majorité de ces personnes décédées se trouve dans la tranche d'âge 70-79 ans et 80-89 ans, avec respectivement 1.134 et 1.309 morts.

Neuf personnes seulement de moins de 40 ans sont mortes, dont sept présentaient de graves pathologies avant leur décès tandis que pour les deux autres les données ne sont pas disponibles, précise l'ISS.

Sur les 3.200 morts, 48,6% avaient trois ou plus de pathologies sur une dizaine de pathologies les plus courantes relevées sur les personnes décédées, et seulement 1,2%, six personnes au total, ne présentaient aucune pathologie.

Ce sont désormais 200.000 contrôles qui sont effectués chaque jour, dont 9.500 ont donné lieu à des procès verbaux jeudi. Plusieurs communes recourent désormais à des drones pour repérer les promeneurs ou détecter d'éventuels regroupements.

Après des appels en ce sens d'élus locaux, en Lombardie mais aussi à Rome, le gouvernement envisage un recours à l'armée pour faire appliquer les mesures de restriction aux déplacements. Quelque 13.000 soldats viendraient ainsi s'ajouter aux 7.000 déjà présents dans les rues. Les médias évoquent l'éventualité d'un nouveau décret en milieu de semaine prochaine.

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Algérie/virus: premier ferry pour la France depuis la suspension des traversées

Une Algérienne regarde la mer en visitant une ruine romaine sur le site archéologique de Tipasa, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, à environ 70 km (43 miles) à l'ouest d'Alger, le 4 mai 2012. REUTERS / Zohra Bensemra

Un ferry français a appareillé lundi d'Alger à destination de Marseille, dans le sud de la France, assurant la première liaison maritime pour le transport de passagers entre les deux pays depuis la suspension des traversées en raison de la pandémie de Covid-19.

Le "Danielle Casanova" de la compagnie privée Corsica Linea a quitté le port d'Alger à 15H10 locales (14H10 GMT), avec 970 passagers et 427 véhicules à bord, a précisé à l'AFP la capitainerie du port.

D'une capacité de 2.400 passagers et pouvant embarquer jusqu'à 700 véhicules, le ferry était arrivé vide à Alger à 07H00 locales (06H00 GMT) en provenance de Marseille.

Il est attendu dans la cité phocéenne mardi à la mi-journée.

Tout au long de la matinée, le navire a embarqué des expatriés et des Algériens résidant en France, bloqués en Algérie depuis près de trois mois par les restrictions de déplacements dues à la crise sanitaire, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Je suis bloqué en Algérie depuis plus de trois mois. J'ai dû séjourner durant toute cette période dans un hôtel de la capitale", raconte à l'AFP Mustapha, un Franco-algérien de 49 ans établi à Lyon (sud-est de la France).

"J'attends ici dans l'espoir de pouvoir monter a bord du bateau. Les billets se vendent en sous-main", assure-t-il.

Afin de respecter les normes sanitaires et les règles de distanciation, la Corsica Linea n'a vendu que des places en cabines, dans lesquelles les passagers seront confinés pendant la traversée, selon une source portuaire.

Restaurants et bars à bord resteront fermés mais l'équipage a distribué aux passagers des sandwiches et des boissons.

Le "Danielle Casanova", mis en service en 2002, doit assurer deux dessertes similaires dimanche et mardi prochains, selon la capitainerie. D'autres liaisons sont envisagées dans la première quinzaine de juin.

L'Algérie a fermé ses frontières maritimes depuis le 19 mars, date à laquelle un ferry algérien avait assuré une ultime traversée entre la France et l'Algérie.

Le "Tariq Ibn Ziad", de la compagnie Algérie Ferries, avait alors rapatrié en Algérie depuis Marseille environ 1.700 personnes, piégées en France par la pandémie.

- Vols de retour spéciaux -

Par ailleurs, la mise en place de vols de rapatriement s'accélère depuis plusieurs jours dans les deux sens, assurés notamment par la compagnie nationale Air Algérie.

Depuis la fermeture de l'espace aérien algérien le 17 mars, Air France a organisé des vols spéciaux à partir d'Alger qui ont permis à plus de 6.000 personnes de regagner l'Hexagone, selon l'ambassade de France en Algérie.

La compagnie aérienne ASL Airlines France organise plusieurs vols retour au départ d'Alger, Annaba (nord-est de l'Algérie) et Bejaïa (est), à destination de Paris et Lyon (centre de la France), à partir de ce lundi et jusqu'au 8 juin, selon un programme affiché sur le site de la compagnie.

Et la filiale à bas coûts d'Air France-KLM, Transavia France, va proposer prochainement des vols spéciaux à partir d'Algérie, selon le consulat général de France à Alger.

Au total, au 26 mai, plus de 350 vols spéciaux ont permis de rapatrier 56.000 ressortissants français depuis l'Algérie, le Maroc, et la Tunisie, selon le ministère français des Affaires étrangères --dont 8.000 pour la seule Algérie.

Mais face au nombre important de Français toujours bloqués, Paris a décidé la semaine dernière de renforcer les liaisons aériennes et maritimes vers ces trois pays du Maghreb afin de pouvoir rapatrier 15.000 ressortissants supplémentaires.

Un ferry avait déjà rallié la France depuis Tunis à la mi-mai et un autre est prévu le 17 juin.

Deux navires passagers ont également appareillé du Maroc la semaine dernière.

J.K. Rowling met gratuitement en ligne un conte pour les enfants confinés

L'auteure britannique J.K. Rowling, créatrice de la série de livres Harry Potter, lors du lancement du site en ligne Pottermore à Londres, le 23 juin 2011. (Reuters/Suzanne Plunkett)

Joanne Rowling, auteur de la saga à succès Harry Potter, met gratuitement en ligne, sous forme de feuilleton, un roman écrit il y a dix ans, afin de distraire les "enfants confinés".

Jusqu'au vendredi 10 juin, un ou plusieurs des 34 chapitres de "The Ickabog", du nom du personnage fantasmatique au coeur de ce conte, sont révélés chaque jour sur un site internet dédié. Il traite des "thèmes intemporels" que sont "la vérité et l'abus de pouvoir", selon J.K. Rowling.

"Ecrit pour être lu à haute voix, The Ickabog est un conte de fée qui se déroule dans un pays imaginaire et qui n'a rien à voir avec le reste du travail" de J.K. Rowling, est-il indiqué dans un communiqué, qui précise qu'il est destiné aux "enfants de 7 à 9 ans mais peut être apprécié de toute la famille". L'auteure à succès l'avait initialement écrit pour le lire à ses enfants le soir.

"L'idée de The Ickabog m'est venue alors que j'étais encore en train d'écrire Harry Potter, je voulais le publier après "la fin de la série, a confié J.K.Rowling sur son site internet. Mais la Britannique avait finalement décidé de s'éloigner de la littérature pour enfants pendant un moment, laissant le brouillon de The Ickabog prendre la poussière "au grenier pendant une décennie".

Plusieurs traductions seront aussi disponibles sous peu. Dès novembre, le conte sera disponible au format livre imprimé, livre audio ou e-book. Les bénéfices de ces ventes seront entièrement reversés à "des projets d'aide aux groupes particulièrement touchés par la pandémie".

En Grèce, des milliers de réfugiés menacés d'expulsion

Des migrants font la queue pour recevoir des désinfectants devant un hôtel utilisé comme refuge pour réfugiés, après que les autorités ont trouvé plusieurs cas du nouveau coronavirus et mis la zone en quarantaine, à Kranidi, en Grèce, le 21 avril 2020.

"Comment le gouvernement grec peut-il nous jeter à la rue?". Plus de 11.200 réfugiés doivent être expulsés à partir de lundi des logements sociaux qui leur étaient attribués à travers la Grèce, selon le ministère des Migrations.

La nouvelle législation grecque sur l'asile a réduit de six mois à un mois la période pendant laquelle les réfugiés ayant obtenu l'asile peuvent rester dans ces appartements financés par l'UE dans le cadre du programme d’hébergement ESTIA géré par le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR).

Les premières dizaines de réfugiés avaient quitté leurs logements lundi, selon les autorités, au premier jour d'un processus d'un mois initialement prévu en avril.

Un report avait été accordé "jusqu’à fin mai en raison de l’épidémie de Covid-19", a déclaré le ministre des Migrations, Notis Mitarachi.

"Depuis dix ans, nous nous battons pour survivre. (...) Maintenant alors que notre situation s'est stabilisée, on nous demande de nouveau de tout recommencer à zéro…", dit à l'AFP Abdelkader Rahmoun.

Ce Syrien de 44 ans, sa femme et ses deux enfants doivent quitter fin juin le logement qui leur a été attribué par l'ONG grecque Nostos au Pirée, le port d'Athènes.

"Notre aide financière de 400 euros par mois nous sera aussi coupée. Si nous sommes expulsés, nous risquons de nous retrouver à la rue", dit-il.

L'ancien chauffeur de taxi se rappelle comment à Idlib, en Syrie, sa famille a déjà "changé plusieurs fois de logements pour se mettre à l’abri des bombardements" avant de rejoindre la Grèce via la Turquie.

Dans ce quartier populaire du Pirée, l'immeuble rose où vit la famille d'Abdelkader, héberge dix familles de nationalités différentes dont six doivent être évacuées courant juin.

Ses voisins, une famille irakienne de Bagdad, se trouvent dans une grande vulnérabilité avec un père en fauteuil roulant et une fillette de 5 ans handicapée ne pouvant s’alimenter ni boire seule.

"Malgré notre situation difficile, l’ONG nous a avertis que nous devrions quitter notre logement fin juin", soupire la mère de famille Asil Nadawi, qui s’occupe des quatre enfants.

"Avec mon père et ma sœur handicapés, comment le gouvernement grec peut nous jeter à la rue ? C’est cruel!", s’insurge le fils aîné, Mustafa.

- "Il faut laisser la place" -

Le gouvernement grec juge cependant cette politique nécessaire pour que les hébergements bénéficient aux plus de 32.500 demandeurs d’asile qui vivent dans des conditions sordides dans les camps des îles surpeuplés du nord de la mer Egée.

"Il est normal que ceux qui sont en Grèce depuis plus longtemps puissent laisser leur place. Il faut mettre une limite et que les réfugiés s'intègrent et trouvent un travail", a déclaré à l'AFP Manos Logothetis, secrétaire du service d'asile grec.

"Nous ferons le nécessaire pour assurer une transition douce pour ceux qui quittent leurs logements", a déclaré lundi le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas, pendant qu'une centaine de manifestants scandaient à Athènes "Non aux expulsions".

Pour le porte-parole du HCR en Grèce, Boris Cheshirkov, la décision gouvernementale est préoccupante. "Les réfugiés vont devoir quitter cette forme d’assistance sans accès efficace aux services sociaux grecs. En théorie, ils ont droit à des aides mais en réalité pour ceux qui ne parlent pas la langue, naviguer dans la bureaucratie grecque peut être extrêmement difficile".

Le gouvernement grec soutient que les réfugiés peuvent postuler au programme Helios, mis en place par l'OIM (Organisation internationale pour les migrations) qui leur permet de suivre des cours de grec et de bénéficier d'une allocation pour leur logement.

Mais ce programme est peu adapté, note Eva Giannakaki, de l’ONG Solidarity Now. "Les réfugiés sont censés trouver eux-mêmes un logement, or ils font face à des attitudes xénophobes des propriétaires, à des démarches administratives peu compréhensibles et au manque d'offre d'appartements bon marché".

Désespéré, Abdelkader a participé fin mai à plusieurs manifestations de réfugiés: "Il n’y a pas d’intégration en Grèce, même le gouvernement considère que nous ne sommes que de passage (...) la meilleure solution serait sans doute que d’autres pays européens nous ouvrent leurs portes".

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Dissolution d'une unité de police après un viol dans un commissariat en Ukraine

Policiers ukrainiens avant une opération de sécurisation près de l'aéroport de Kharkiv après l'évacuation de plus de 70 personnes de Chine en raison de l'épidémie de COVID-19, le 20 février 2020, (Photo AP/Igor Chekachkov)

Une unité de police ukrainienne a été entièrement dissoute et deux policiers interpellés après le viol d'une jeune femme dans un commissariat du centre du pays.

Selon le Bureau d'enquête national ukrainien (DBR), un policier a "torturé" dans la nuit de samedi à dimanche une femme de 26 ans, convoquée comme témoin dans un poste de police de la ville de Kagarlyk, à environ 80 kilomètres au sud de Kiev.

Un agent de police a mis un masque à gaz sur le visage de la victime, l'a menottée et a tiré avec un pistolet au dessus de sa tête, avant de la violer plusieurs fois, a précisé le DBU dans son communiqué.

Lors de la même nuit, un homme se trouvant dans le commissariat a été tabassé et menacé de viol par des policiers. Il souffre de fractures des côtes et du nez, selon la même source.

Deux membres des forces de l'ordre soupçonnés d'être impliqués dans ces crimes ont été limogés et arrêtés. L'unité dans laquelle ils travaillaient a par ailleurs été dissoute, a annoncé la police nationale dans un communiqué.

Une enquête pour "viol", "torture" et "abus de pouvoir" a été ouverte, selon la DBR. Les suspects risquent jusqu'à dix ans de prison.

"Cette histoire est pire que l'enfer", a réagi sur Facebook le député Andriï Osadtchouk, appelant le ministre de l'Intérieur, Arseni Avakov, à réagir et à punir les coupables.

Cet incident intervient alors qu'un réforme de la police ukrainienne, entamée avec l'aide des Occidentaux, piétine depuis plus de cinq ans.

En 2013, une jeune ukrainienne était morte après avoir été sauvagement battue et violée par des policiers dans le village de Vradiïvka (sud), une crime qui avait soulevé une vague d'indignation à travers le pays.

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