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Moscou fait amender un rapport onusien sur les sanctions contre la Corée du Nord

Le représentant permanent russe à l'ONU, Vasily Nebenzya, devant le Conseil de sécurité, New York, 10 avril 2018

La Russie a obtenu du groupe d'experts de l'ONU chargés des sanctions visant la Corée du Nord le retrait de plusieurs paragraphes épinglant des entités russes dans leur dernier rapport, suscitant la colère des Etats-Unis, selon des diplomates.

"La Russie ne peut être autorisée à éditer et à faire obstruction à des rapports indépendants de l'ONU sur les sanctions contre la Corée du Nord au seul motif qu'elle n'aime pas ce qu'ils disent", s'est insurgée jeudi dans un communiqué l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley.

"Cela constitue un dangereux précédent et une tache sur l'important travail du Comité des sanctions", a-t-elle ajouté, en se déclarant déçue de voir que les experts avaient plié sous la pression russe. La diplomate a réclamé que le Comité publie la première version de son rapport datant de début août.

A l'époque, plusieurs médias avaient vu ce document et fait état de ses conclusions. Parmi celles-ci, les experts soulignaient, sur la base de renseignements américains, que la Corée du Nord avait dépassé en 2018 son quota d'importation de pétrole fixé par une résolution de 2017. Pyongyang a bénéficié de transbordements illégaux de cargaisons de pétrole en haute mer, précisaient les experts.

La version originale de leur rapport contenait les noms de navires et d'entités russes ayant contrevenu aux sanctions de l'ONU, ouvrant la voie à des mesures internationales de rétorsion à leur encontre.

Les Russes "ont obtenu le retrait de la majeure partie des paragraphes" qui les concernaient, a indiqué un diplomate sous couvert d'anonymat. "Le Comité des sanctions a lâché", a-t-il résumé, en indiquant que cela posait des "problèmes" quant à son indépendance.

Les experts avaient en principe jusqu'à fin août pour transmettre formellement leur rapport au Conseil de sécurité. Le document amendé et remis seulement cette semaine au Conseil de sécurité devrait être rendu public prochainement.

En bloquant depuis début août la publication de ce document, la Russie avait expliqué qu'il reposait principalement sur des informations américaines et qu'il ne prenait pas en compte une analyse russe de l'application des sanctions.

Avec AFP

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L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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