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Clinton donnée gagnante avant "super mardi" des primaires américaines

La candidate démocrate Hillary Clinton donne une conférence de presse à Williamson, le 2 mai 2016.

L'ultime "super mardi" des primaires pour la présidentielle américaine a démarré dans le New Jersey, dernier grand rendez-vous dans la course à la Maison Blanche qui doit consacrer la victoire de la candidate démocrate Hillary Clinton, donnée gagnante dans la nuit.

Quelques heures avant l'ouverture du scrutin, plusieurs médias américains avaient annoncé qu'Hillary Clinton a passé la barre du nombre de délégués lui assurant de devenir la première femme à briguer la Maison Blanche pour un grand parti américain.

C'est dans ce contexte que les électeurs du New Jersey, dans l'est des Etats-Unis, ont commencé à se rendre aux urnes à 10H GMT. Cinq autres Etats doivent se prononcer dans la journée de mardi: Californie, Nouveau Mexique, Montana, Dakota du Sud et du Nord.

La candidate n'a pour autant pas crié victoire, craignant une démobilisation de ses partisans lors de ce "super mardi" au terme duquel elle espère remporter une victoire symbolique face au sénateur du Vermont Bernie Sanders, et rassembler son camp en vue de l'élection présidentielle du 8 novembre.

"Précipitation médiatique" selon Sanders

Le sénateur du Vermont a de son côté immédiatement dénoncé la précipitation médiatique, affirmant que sa rivale ne pourrait pas revendiquer de victoire avant la convention d'investiture de Philadelphie, du 25 au 28 juillet.

Selon l'agence de presse Associated Press, l'ancienne secrétaire d'Etat a tout juste atteint la majorité absolue de 2.383 délégués nécessaire pour l'investiture, en comptant les délégués remportés lors des primaires ainsi que les superdélégués, ces élus du parti disposant du droit de vote à la convention de Philadelphie.

Plusieurs chaînes américaines ont dans la foulée déclaré Hillary Clinton vainqueur, même si l'investiture ne sera officielle qu'après le vote de la convention. Bernie Sanders a environ 800 délégués de retard sur elle.

"Selon les informations, nous sommes au seuil d'un moment historique et sans précédent. Mais nous avons encore du travail, n'est-ce pas ? Nous avons six élections demain (mardi) et nous nous battrons pour chaque voix, surtout ici en Californie", a déclaré Hillary Clinton à Long Beach, près de Los Angeles.

L'ancienne Première dame est certaine de dépasser la barre fatidique à l'issue de ces primaires, en recevant ne serait-ce qu'une infime fraction des délégués en jeu. Mais en confirmant le ralliement de nouveaux superdélégués, les médias américains ont bouleversé la mise en scène prévue.

Nancy Worley, présidente du parti démocrate de l'Alabama, est l'un de ces soutiens de dernière minute. Elle a raconté à l'AFP s'être finalement décidée après avoir été appelée au téléphone trois fois par des médias américains lundi.

"Si le vote populaire est écrasant et que les délégués sont largement dans son camp, à mon avis il est fou de ne pas rassembler le parti pour battre Donald Trump", justifie cette militante, soulignant qu'Hillary Clinton avait largement gagné la primaire de son Etat.

Sanders résiste encore et toujours

L'adversaire républicain pour l'élection présidentielle de novembre est connu depuis un mois: Donald Trump.

L'affrontement entre une femme et un homme d'affaires sans expérience politique est sans précédent dans l'histoire américaine, point culminant d'une saison politique extraordinaire, marquée par la colère de l'électorat républicain et la contestation des élites d'un bout à l'autre de l'échiquier politique.

Désireuse de terminer en beauté par une victoire en Californie (ouest), bastion progressiste et Etat le plus peuplé du pays, Hillary Clinton évitait le triomphalisme et hésitait à commenter l'aspect historique de sa candidature, donnant rendez-vous pour un grand discours dans son fief de New York mardi soir.

"C'est très émouvant", a-t-elle toutefois glissé lundi lors d'un point presse.

"Faisons en sorte que les 18 millions de fissures créées par cette femme il y a huit ans brisent enfin le plafond de verre", a lancé l'acteur Tony Goldwyn lundi lors d'une réunion publique, en référence au nombre -- insuffisant -- de voix obtenues par la sénatrice Clinton aux primaires de 2008 face à Barack Obama.

Le comportement de Bernie Sanders est désormais au coeur des préoccupations du parti. Le président Barack Obama semble lui-même à bout de patience et prêt à apporter un soutien public à Hillary Clinton, qui fut sa secrétaire d'Etat pendant son premier mandat.

Mais le sénateur du Vermont multiplie les actes de défiance. Il dénonce tout calcul incluant les superdélégués, qu'il affirme pouvoir faire changer d'allégeance avant Philadelphie. Plus de 500 sur 700 se sont ralliés à Hillary Clinton.

"Mme Clinton n'a pas et n'aura pas le nombre requis de délégués désignés par les primaires pour sceller l'investiture", a déclaré son porte-parole Michael Briggs dans un communiqué. "Elle dépend des superdélégués, qui ne voteront pas avant le 25 juillet, et peuvent changer leur avis d'ici là".

Avec AFP

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Les féministes américaines pleurent la juge Ginsburg de la Cour suprême

Une femme allumant une bougie sur les marches de la Cour suprême à Washington, en hommage à la juge Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre 2020. (Reiters/Joshua Roberts)

Dès l'annonce de son décès, vendredi à l'âge de 87 ans des suites d'un cancer du pancréas, les associations de défense des droits des femmes ont pleuré la perte de leur idole, une source d'inspiration pour des millions de femmes.

Devant le siège de la Cour suprême à Washington, où les deux drapeaux américains situés de chaque côté du batiment étaient en berne, des centaines de personnes, dont de très nombreux jeunes, sont venues lui rendre hommage en y déposant des fleurs et des bougies.

"Ce soir nous honorons son héritage, mais demain nous allons devoir nous battre pour préserver les idéaux qu'elle a défendus toute sa vie", a mis en garde Alexis McGill Johnson, présidente de l'organisation Planned Parenthood.

"Ruth Bader Ginsburg était une icône, une pionnière, une héroïne, une légende", son exemple "doit nous inspirer dans les dures journées qui s'annoncent", a renchéri Shaunna Thomas, directrice du groupe féministe UltraViolet.

Cette juriste brillante à la détermination inébranlable fut la seconde femme à entrer à la Cour suprême quand le président Bill Clinton l'a nommée en 1993, mais elle n'avait pas attendu cet honneur pour faire avancer la cause des femmes.

Échaudée par l'exemple de sa mère, empêchée de faire des études parce qu'elle était une fille, Ruth Bader Ginsburg avait été snobée par les cabinets d'avocats new-yorkais quand elle est sortie en 1959 de la prestigieuse université Columbia, pourtant major ex-aequo de sa promotion.

"J'avais trois choses contre moi. Un, j'étais juive. Deux, j'étais une femme. Mais, le plus grave, c'était que j'étais la mère d'un enfant de 4 ans", expliquera-t-elle plus tard, sans illusion.

Elle s'engage alors dans la lutte contre les lois qui, à l'époque, autorisent les discriminations "sur le fondement du sexe", aussi bien en matière salariale que de bénéfices sociaux ou de recrutement.

-Hommages de la classe politique-

Le président Donald Trump, en lice pour sa réélection, a été informé à la fin d'un meeting de campagne dans le Minnesota. Il a salué une "vie exceptionnelle", avant de la qualifier quelques heures plus tard de "colosse du Droit".

"Ruth Bader Ginsburg s'est battue pour nous tous, et elle était très aimée", a souligné son rival démocrate, Joe Biden, en appelant à ne pas se précipiter pour la remplacer. elle "s'est battue jusqu'au bout", "avec une foi inébranlable en notre démocratie et ses idéaux", a déclaré l'ancien président Barack Obama.

"Chaque femme, chaque fille, chaque famille en Amérique a bénéficié de son intelligence éclatante", a déclaré la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi. "On a perdu une géante dans l'histoire du pays", a renchéri la benjamine de la Chambre et représentante de l'aile gauche du parti, Alexandria Ocasio-Cortez.

Mêmes louanges à l'autre bout de l’échiquier politique. C'était "une championne du Droit" pour le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, une juriste "brillante", "admirée" et "influente" selon le ministre de la Justice Bill Barr. Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président, s'est même dit "triste" de son décès.

Le président Donald Trump, chargé de nommer les juges de la Cour suprême, a prévenu samedi qu'il comptait user de son pouvoir "sans délai", sans doute avant l'élection du 3 novembre où il brigue un second mandat. Il a déjà publié une sélection de candidats, des magistrats très conservateurs.

Selon la Constitution, une fois qu'il aura arrêté son choix, il reviendra au Sénat de l'avaliser. Son chef, le républicain Mitch McConnell a déjà fait savoir qu'il organiserait un vote, même s'il avait refusé d'auditionner un juge choisi pour ce poste par Barack Obama en 2016, au prétexte qu'il s'agissait d'une année électorale.

Selon la radio NPR, la juge "RBG" avait elle-même confié ses dernières volontés à sa petite fille, Clara Spera. "Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment", lui a-t-elle dicté quelques jours avant sa mort.

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Décès de la juge Ruth Bader Ginsburg de la Cour suprême américaine

Ruth Bader Ginsburg, juge à la Cour suprême des États-Unis, s'exprime à l'Université de Californie à Berkeley, à Berkeley, Californie, le 21 octobre 2019. (Photo AP/archives)

La juge Ruth Bader Ginsburg, l’une des 9 de la Cour suprême, est décédée vendredi à l’âge de 87 ans d’un cancer du pancréas, selon une déclaration de la plus haute juridiction américaine.

Mme Ginsburg est morte à son domicile à Washington entourée des membres de sa famille.

Très adulée par la gauche américaine, Mme Ginsburg avait été nommée à la Cour suprême par le président Bill Clinton en 1993.

Elle a été la deuxième femme nommée à la Cour, après Sandra Day O’connor.

Elle y a siégé pendant plus de 27 ans.

"Notre nation a perdu une juriste d'une stature historique. À la Cour suprême, nous avons perdu une collègue très chère. Aujourd'hui, nous sommes en deuil, mais avec la certitude que les générations futures se souviendront de Ruth Bader Ginsburg telle que nous l'avons connue: une championne infatigable et résolue de la justice", a déclaré le juge John G. Roberts, président de la Cour suprême.

Selon les lois américaines, il revient au président américain de nommer un remplaçant, avec l’avis du sénat.

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