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États-Unis

Climat de suspicion à la Maison Blanche

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche à Washington aux Etats-Unis le 20 août 2018.

Dans un étrange climat de suspicion et de paranoïa, la Maison Blanche tentait jeudi de déterminer l'identité du "lâche" qui a rédigé la tribune anonyme dénonçant le comportement erratique de Donald Trump.


Le président des Etats-Unis, qui avait évoqué mercredi soir dans un tweet rageur une possible "TRAHISON", a stigmatisé au réveil au comportement de "la gauche" et des "Fake News Media".


Fait rare, la Première dame Melania a aussi donné de la voix, dénonçant avec force, dans une réponse écrite à CNN, l'anonymat derrière lequel l'auteur de ce témoignage s'est réfugié. "Vous ne protégez pas ce pays, vous le sabotez par vos actes lâches", a-t-elle lancé à l'adresse de ce dernier.


Dans un texte intitulé "Je fais partie de la résistance au sein de l'administration Trump" et publié par le New York Times, un membre de l'administration, raconte comment, lui et d'autres, s'efforcent de lutter de l'intérieur contre les pires penchants d'un président au leadership "mesquin", "impétueux" et "inefficace".


La publication très controversée de ce témoignage anonyme, intervenue au lendemain de la diffusion d'extraits d'un livre explosif du journaliste d'investigation Bob Woodward, suscitait une myriade de questions à Washington et au-delà.

L'auteur mystérieux a-t-il écrit seul ou s'est-il fait le porte-parole d'un groupe plus large ? Fait-il partie du cercle rapproché du président, au sein de la célèbre "West Wing", ou travaille-t-il dans un ministère ? Finira-t-il par sortir du bois pour donner davantage de poids à son témoignage ?

La formulation utilisée par le New York Times --"haut responsable de l'administration Trump"-- est suffisament large pour laisser libre cours à toutes les interprétations et permettre à chacun de dresser sa liste, jusqu'aux hypothèses les plus farfelues.

Scène incroyable : le bureau du vice-président s'est senti tenu de publier un communiqué assenant que Mike Pence était blanc comme neige dans cette affaire.

"Le vice-président signe les tribunes qu'il écrit", a souligné sur Twitter son porte-parole. "Le New York Times devrait avoir honte, tout comme la personne qui a écrit cette tribune fausse, absurde et lâche", a-t-il ajouté, assurant que l'équipe du "VP" était "au-dessus de telles manoeuvres".

- "Acte sournois" -

Dans un étonnant ballet révélant le degré de tension régnant dans les hautes sphères du pouvoir américain, nombre de responsables de premier plan se sont aussi fendus d'un communiqué, assurant la main sur la coeur n'être en rien liés à cette affaire.

"Les spéculations selon lesquelles la tribune du New York Times a été écrite par moi ou mon adjoint sont fausses", a souligné Dan Coats, patron du renseignement américain, dans un communiqué.


En déplacement en Inde, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a assuré que le texte n'était pas de lui. Les services du chef du Pentagone Jim Mattis ont fait passé le même message.

Sarah Sanders, porte-parole de l'exécutif, a conseillé à tous les journalistes "obsédés" par l'identité de ce "loser" de téléphoner au New York Times, "seul complice de cet acte sournois".

Dans sa tribune, l'écrivain anonyme --qualifié d'"individu très dangereux" par Rudy Giuliani, avocat de Donald Trump-- affirme que le président nuit "à la bonne santé" de la république.

"C'est la raison pour laquelle nous nous sommes engagés à faire ce que nous pouvons pour préserver nos institutions démocratiques tout en contrecarrant les impulsions les plus malencontreuses de M. Trump jusqu'à ce qu'il ait quitté son poste", ajoute-t-il.

Pour l'ancien directeur de la CIA John Brennan, cette tribune en tout point extraordinaire démontre "le degré d'inquiétude au sein même de l'administration".

"Je ne sais pas comment Donald Trump va réagir à cela", a-t-il déclaré sur NBC. "Un lion blessé est un animal très dangereux et je pense que Donald Trump est blessé".

Le président américain devait quitter la Maison Blanche jeudi en milieu d'après-midi pour un meeting de campagne à Billings, dans le Montana, à quelque 3.000 kilomètres de la capitale fédérale américaine.

Face à une marée de casquettes "Make America Great Again", et dans une atmosphère où il met en général un point d'honneur à ne pas s'en tenir à son discours écrit, il devrait, à n'en pas douter, aborder avec fougue le désormais célèbre "Op-ed".

Avec AFP

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Jimmy Carter hospitalisé après de récentes chutes

L'ancien président américain Jimmy Carter, lors d'un événement, le 3 novembre 2019.

L'ancien président américain Jimmy Carter a été hospitalisé lundi pour subir une intervention médicale à la tête après de récentes chutes, a annoncé la fondation qui porte son nom.

Jimmy Carter a été "admis au Emory University Hospital cet après-midi pour une intervention visant à relâcher la pression sur son cerveau, causée par un saignement survenu après ses récentes chutes", a ajouté la même source, précisant que l'opération était prévue mardi matin.

"Le président Carter se repose confortablement et son épouse Rosalynn est avec lui", a précisé la même source.

Jimmy Carter avait été hospitalisé fin octobre pour une fracture du bassin causée par une chute à son domicile. Sa fondation avait qualifié la fracture de "légère".

Premier président américain de l'histoire à atteindre l'âge de 95 ans, Jimmy Carter s'était également blessé à la tête le 6 octobre, toujours en tombant à son domicile.

L'ex-président démocrate (1977-1981) était pourtant debout et actif sur un chantier humanitaire dès le lendemain, le visage tuméfié et barré d'un pansement cachant 14 points de suture.

Le sort de 700.000 jeunes migrants aux mains de la justice américaine

Les immigrants et les sympathisants manifestent lors d'un rassemblement en soutien aux "dreamers" devant la Maison Blanche, à Washington DC, le 5 septembre 2017.

Entrée clandestinement aux Etats-Unis dans son enfance, Angelica Villalobos a "vécu dans l'ombre" jusqu'à l'adoption en 2012 d'un programme qui l'a protégée de l'expulsion, comme près de 700.000 autres jeunes migrants dont le sort est en débat mardi à la Cour suprême.

Le temple du droit américain consacre une audience à ces jeunes surnommés les "Dreamers" (rêveurs), à qui l'administration du président démocrate Barack Obama avait "donné des ailes", selon Mme Villalobos, en leur délivrant notamment des permis de travail.

Son successeur républicain Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale l'un de ses chevaux de bataille, a décidé en 2017 de mettre un terme à ce programme, baptisé DACA, le décrétant "illégal".

Saisis en urgence, des tribunaux ont suspendu sa décision pour des raisons de procédure, offrant un répit aux jeunes migrants.

A force de recours, leur sort est désormais aux mains de la plus haute juridiction des Etats-Unis, dont la décision ne sera pas rendue avant 2020, en pleine campagne présidentielle.

Si la Cour donne raison à Donald Trump, les "Dreamers" ne seront pas forcément expulsés, mais ils redeviendront sans-papiers, avec les complications que ce statut implique.

En attendant, "on est comme sur des montagnes russes", confie à l'AFP Angelica Villalobos, une Mexicaine de 34 ans, mère de cinq enfants américains, qui travaille dans un garage de l'Oklahoma.

Avec son mari, arrivé lui aussi avant ses 16 ans aux Etats-Unis par des voies illégales, elle a parlé à leurs enfants "des conséquences possibles" de la décision de la Cour suprême. "Peut-être ne pourrons-nous plus travailler ou conduire, toute ces choses qui font de nous une famille normale", regrette-t-elle.

- "Monnaie d'échange" -

Comme eux, près de 700.000 jeunes migrants "ont passé les douze dernières années au minimum dans notre pays, font partie de nos communautés, de nos institutions", remarque Omar Jadwat, de la puissante association de défense des droits civiques ACLU.

Pour lui, l'administration Trump a "mis un terme à la hâte au programme DACA (...) en décidant qu'il était illégal" parce qu'il voulait utiliser ces "Dreamers" comme "monnaie d'échange" avec son opposition démocrate.

De fait, Donald Trump a essayé --en vain-- d'obtenir des fonds pour construire un mur à la frontière sud des Etats-Unis en échange de nouvelles protections pour ces jeunes, qui n'ont souvent pas ou peu de souvenirs de leur pays d'origine.

C'est le flou autour des motivations du président qui explique l'intervention de la justice dans ce dossier.

Le droit administratif américain impose au gouvernement de justifier ses décisions avec des arguments raisonnables. Or, les tribunaux ont jugé jusqu'ici que l'arrêt du programme DACA avait été décidé de manière "arbitraire et capricieuse".

"Nous pensons avoir expliqué notre décision de manière adéquate", a rétorqué Noel Francisco, qui représente le gouvernement devant la Cour suprême. "Nous avons agi de manière légale et rationnelle", a-t-il ajouté lors d'une conférence en septembre.

- "Gagner sur tous les fronts" -

Pour Tom Goldstein, un juriste spécialiste de la Cour suprême, "si le président avait dit +je n'aime pas le programme, je l'arrête+, on n'en serait pas là aujourd'hui".

Mais selon l'avocat, "il a essayé de gagner sur tous les fronts, en disant que les +Dreamers+ lui étaient sympathiques, mais aussi ne pas avoir d'autre choix que de retirer le programme DACA parce qu'il était illégal", ce qu'il lui faut prouver aujourd'hui.

Au-delà des enjeux pour ces migrants, le dossier a donc aussi "une grande importance pour les pouvoirs du président", relève Steven Schwinn, professeur de droit à l'université de Chicago. Dans son arrêt, la Cour pourrait en effet étendre les pouvoirs discrétionnaires du locataire de la Maison Blanche en l'autorisant à faire ou à défaire une politique sans explication.

Cela n'a pas échappé au principal intéressé. Assurant sur Twitter que Barack Obama n'avait pas le droit de signer le programme DACA, Donald Trump a estimé en octobre que, "si la Cour suprême autorisait le programme à rester en place, elle donnerait des pouvoirs extraordinaires au président".

Dans le cas contraire, a-t-il ajouté, fidèle à sa tactique de marchandage, "les républicains et les démocrates passeront un ACCORD très rapidement pour autoriser les +Dreamers+ à rester dans notre pays".

Avec AFP

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