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Claudia Cardinale de retour en tournage en Tunisie pour une ode au vivre ensemble

Jeanne Moreau et Claudia Cardinale à Paris, le 6 septembre 2012.

C'est avec un film franco-tunisien que Claudia Cardinale a commencé sa carrière. A 81 ans, l'actrice est de retour en Tunisie pour son cinquième film tourné dans son pays natal, une comédie dramatique sur le vivre ensemble méditerranéen.

"L'Ile du Pardon", en cours de tournage à Djerba, raconte l'histoire d'Andréa, "un écrivain tunisien sexagénaire d'origine sicilienne qui rentre disperser les cendres de sa mère" sur cette île du sud de la Tunisie où il a grandi, explique le réalisateur tunisien Ridha Béhi.

Par flashback, le personnage principal retrouve la Tunisie des années 50. Claudia Cardinale joue le rôle de la grand-mère d'Andréa, Agostina, "qui représente un peu la Tunisie du passé", explique le cinéaste.

"L'histoire se déroule exactement dans le milieu de mon enfance", se réjouit l'actrice, fille d'un pêcheur sicilien émigré en Tunisie, qui a grandi face à la mer, à la Goulette, melting pot populaire aux portes de Tunis.

De cette époque, elle se souvient "des gens simples de la mer qui, chaque jour, risquaient leurs vies pour nourrir la famille". "Il y avait aussi des communautés multiethniques: Arabes, Italiens, Maltais, Français et Juifs vivaient en harmonie", explique-t-elle.

Autour du comptoir en bois patiné du bistrot d'Agostina, son personnage, se retrouvent toutes les communautés.

Au delà de la nostalgie et de l'ambiance rétro, Ridha Béhi lance avec ce film un appel à réinventer la fraternité d'antan face aux divisions profondes qui agitent la Tunisie démocratique.

Andréa, hébergé dans un hôtel en ruines à l'image du pays qui connaît des difficultés économiques, est confronté au tumultueux passé familial, avec un oncle mafieux et un père converti sans son accord sur son lit de mort.

L'écrivain doit ainsi replonger dans l'époque de l'indépendance, vue comme le temps béni d'une cohabitation joyeuse "où les Maltais, les Juifs, les Espagnols, les Italiens et les Berbères vivaient ensemble avec bien sûr la communauté principale arabe musulmane", souligne M. Béhi.

En évoquant "ce passé là" par "clins d'oeil", le cinéaste veut aussi "parler d'aujourd'hui" et donc implicitement de la situation du monde arabe après les révolutions de 2011 et l'essor du jihadisme.

Le précédent long-métrage du réalisateur septuagénaire, Fleur d'Alep, était centré sur les dégâts provoqués par l'intégrisme. L'Ile du Pardon est aussi "un film d'actualité: on a tellement besoin d'accepter l'autre, son point de vue, ses croyances, sa religion", poursuit Ridha Béhi.

Cette production tuniso-libanaise, en tournage jusqu'au 25 mai, sera prête à sortir en salles au printemps 2020.

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La musique adoucit les orphelines pour la fête de la musique

L'orchestre du pianiste congolais, Ray Lema, lors d'une répétition le 13 juin 2019 à Kinshasa.

"Chaque fois que ma colère monte, j'ai recours à la musique comme exutoire de la révolte contre la mort précoce de ma mère et l'abandon de mon père", raconte Angèle, percussionniste congolaise de 15 ans.

En République démocratique du Congo, capitale autoproclamée de la musique africaine, comme dans une centaine de pays, le 21 juin est l'occasion de célébrer la fête mondiale de la musique par des concerts et des spectacles.

De nature taciturne, Angèle Digba se transforme lorsqu'elle se déchaîne, juchée sur un tam-tam en peau d'animaux sauvages, qu'elle martèle de ses mains frêles. Ces moments sacrés sont pour elle autant d'occasions d'oublier son destin d'orpheline.

Angèle vivait avec son père en Tanzanie, lorsqu'elle est retournée en 2013 dans son pays natal, la RDC, avec sa jeune soeur. On leur avait expliqué que c'était pour y passer des vacances.

Mais en fait, son père et sa nouvelle épouse avaient préparé leur retour définitif en RDC. A la descente de l'avion, leur accompagnatrice les avait semées et abandonnées. Elles avaient vivoté à l'aéroport jusqu'au jour où elles avaient été recueillies par le centre d’hébergement de Matumaïni de Kinshasa, qui héberge et encadre 35 autres filles.

Les mercredi et vendredi sont des jours spéciaux pour les pensionnaires de cette institution: un jeune professeur de musique, Bled Pambu, vient dispenser bénévolement des cours de percussion aux filles.

"La percussion dégage toute la colère que j'avais", avoue Angèle.

"Angèle est passionnée de musique, particulièrement de percussion. Elle est bourrée de talents", témoigne Yolande Soba, gestionnaire de ce centre d'hébergement, qui ne reçoit que des filles abandonnées et des orphelines.

Dans la cour, on voit Angèle empoigner son tam-tam, le serrant contre son corps comme une poupée d'adolescente. "En une année, j'ai pu apprendre les styles Kimbunda et Manianga" joués par deux tribus de l'ouest de la RDC, explique-t-elle.

"Angèle s'est adaptée très vite. Avec ses camarades, elles sont prêtes pour former un groupe respectable pouvant se produire en spectacle, devant n'importe quel public", assure Bled Pambu.

Angèle n'ambitionne pas pour autant de devenir une vedette de la musique pour se faire connaître ou gagner de l'argent: elle rêve de créer une école de percussion réservée exclusivement aux filles.

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Annulation de deux concerts de Koffi Olomidé en Afrique du Sud

Le chanteur Koffi Olomidé, 1er avril 2018. (Twitter/ Koffi Olomidé)

Deux concerts en Afrique du Sud de Koffi Olomidé, star de la chanson congolaise, ont été annulés; une décision prise à la suite d'une campagne sur les réseaux sociaux contre l'artiste condamné en France à du sursis pour atteinte sexuelle.

Le chanteur sexagénaire devait se produire le 28 juin à Johannesburg et le 30 juin au Cap (sud-ouest).

"Le concert de Koffi Olomidé, prévu le 28 juin 2019, n'aura pas lieu au Gallagher Convention Centre" de Johannesburg, a annoncé la salle dans un communiqué mercredi.

Le "Shimmy Beach" au Cap a aussi indiqué avoir "pris la décision (...) de ne pas accueillir le concert de Koffi Olomidé".

Les deux salles n'ont pas avancé d'explications. Mais une campagne sur les réseaux sociaux intitulée #StopKoffiOlomide avait été lancée pour empêcher le chanteur de se produire en Afrique du Sud.

En mars, la justice française a condamné le chanteur à deux ans de prison avec sursis pour atteintes sexuelles sur l'une de ses ex-danseuses, mineure au moment des faits.

Le ministère public, qui avait requis sept ans d'emprisonnement ferme, a fait appel de cette condamnation.

Il accuse Koffi Olomidé d'"agressions sexuelles" sur quatre jeunes femmes travaillant pour lui et qu'il aurait séquestrées dans un pavillon de la région parisienne entre 2002 et 2006. L'artiste a été relaxé pour trois d'entre elles, ainsi que pour le chef de séquestration.

Koffi Olomidé est aussi sous le coup d'un mandat d'arrêt de la justice zambienne pour l'agression présumée d'un photographe à Lusaka en 2012.

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