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Cameroun

Cinq civils tués dans un raid de l'armée en zone anglophone

Des soldats de la 21ème brigade d'infanterie motorisée patrouillent dans les rues de Buea, région du Sud-Ouest du Cameroun, le 26 avril 2018.

L'armée camerounaise a tué cinq civils lors d'une récente "attaque meurtrière" contre un village de la région anglophone du Nord-Ouest, a affirmé mercredi l'ONG Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué.

Les faits se sont produits le 4 avril lors d'"une attaque meurtrière contre le village de Meluf", selon HRW qui accuse l'armée d'en être à l'origine, en particulier le Bataillon d'intervention rapide (BIR), une unité d'élite déployée dans les régions anglophones pour y combattre les séparatistes.

"Les cadavres de trois (victimes) ont été par la suite retrouvés mutilés, dont un qui avait été décapité", a ajouté l'ONG qui parle également d'une personne blessée.

"Se fondant sur des entretiens avec 10 témoins et habitants et sur un examen de sources vidéo et photographiques", l'ONG "a constaté que les victimes avaient été exécutées (...) alors qu’elles tentaient de s’enfuir au moment où les forces de sécurité investissaient leur quartier, à proximité duquel est situé un camp de séparatistes armés".

Contactée par l'AFP, l'armée n'avait pas réagi dans l'immédiat.

L'ONG estime par ailleurs qu'il y a en zone anglophone une "augmentation des violences perpétrées par les forces de sécurité dans et aux alentours des établissements médicaux et contre les professionnels de la santé dans le Nord-Ouest".

D'après HRW, l'armée a par exemple attaqué un hôpital à Mbingo le 1er avril, tuant une femme de 32 ans et blessant une autre personne.

Dans un récent rapport, le diocèse de Kumbo, zone où se trouve Meluf, a révélé avoir documenté 358 cas de civils tués ces derniers mois dans cette ville et ses environs. 750 maisons y ont également été incendiées, selon la même source.

"Les forces du gouvernement dans les régions anglophones du Cameroun ont tué de nombreux civils, utilisant un usage aveugle de la force, et brûlé des centaines de maisons ces six derniers mois", avait déjà accusé HWR dans un rapport publié fin mars.

Le gouvernement avait alors accusé l'ONG de "parti pris" et réfuté toute exaction de l'armée.

Les séparatistes anglophones du Cameroun, pays à majorité francophone, militent pour la création d'un Etat indépendant dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, ces régions sont le théâtre d'un violent conflit armé qui n'a cessé de prendre de l'ampleur.

Il a déjà forcé plus de 437.000 personnes à fuir leur domicile, selon l'ONU.

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Gestion forestière: opportunité pour les communautés rurales camerounaises

La ville de Bertoua, chef lieu de la principale région forestière du Cameroun, le 20 avril 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Un consortium d’ONG au Cameroun a mis à la disposition des communautés rurales un document sur les procédures pour l'obtention de gestion des ressources fauniques et forestières de leurs localités pendant au moins 25 ans.

Le document intitulé "Le plan de gestion simplifié" explique comment les communautés rurales doivent s’organiser sur le plan technique et financier pour avoir accès à la gestion de leur patrimoine.

Les communautés rurales reçoivent les procédures de gestion forestière
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Dans les localités de Lolodorf, Campo et Bipindi dans la région du Sud, les communautés villageoises ont des difficultés à aménager et gérer leurs ressources forestières.

Victorien Mba, au Cameroun, le 20 avril 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Victorien Mba, au Cameroun, le 20 avril 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Victorien Mba, responsable de l’ONG "Appui pour la protection de l’environnement et le développement", qui travaille depuis une quinzaine d'années auprès de ces communautés, explique que "si vous demandez à un sociologue de venir faire une étude socio-économique, pour un village qui a 9 km2, il vous dira que cela va prendre tel nombre de mois. Et au cas où le montant de ses honoraires s’élève à 10 millions de francs CFA, du coup la communauté ne pourra pas payer".

Mais avec "Le plan simple de gestion", élaboré sous la coordination du centre pour l’environnement et le développement, le CED, les coûts financiers des études sont amoindris.

Victor Amougou, au Cameroun, le 20 avril 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Victor Amougou, au Cameroun, le 20 avril 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Cette plus-value est appréciée par Victor Amougou, coordonnateur du Centre pour l’éducation, la formation et l’appui de développement (CEFAID), une ONG basée à Yokadouma, dans la région forestière de l’Est du Cameroun.

"La forêt communautaire bénéficie au départ des appuis multiformes des partenaires de la communauté. Une fois en exploitation, les partenaires s’en vont, mais les responsables de ces communautés et les membres font face aux difficultés techniques et financières pour pouvoir réviser ce plan simple de gestion".

C’est ainsi que certaines communautés villageoises du Cameroun ont abandonné des projets d’exploitation ou de gestion forestière dans la plupart des forêts communautaires.

Pourtant, ces communautés pouvaient en assurer la gestion pendant 25 ans, selon la loi forestière camerounaise, mais l’absence d’un plan simple de gestion leur a fait défaut.

"Ce document est élaboré sur des études portant sur les inventaires de la faune, de la flore et puis des produits forestiers non-ligneux dans un village et des enquêtes socio-économiques, assorties d’un plan de développement, avec un ensemble de cartes. Et ce plan simple de gestion est un document qu’on révise tous les cinq ans", précise Victor Amougou​.

Cette nouvelle aubaine pour les communautés rurales devrait aussi prendre en compte l’approche genre. Elisabeth Gelas, coordonnatrice du Centre régional d’appui et de développement des initiatives féminines (CRADIF), basé à Yaoundé, souligne qu'en matière de gestion des revenus "les femmes ont un certain nombre d’activités à mener dans ce sens. Qu’on mette les femmes, qu’on mette les jeunes aussi pour que le plan simple de gestion puisse avoir son sens. Car les femmes ne sont pas assez outillées quand ce genre de projet arrive, les hommes sont au-devant de la scène".

Les pays du bassin du Congo, dont le Cameroun fait partie, sont à la croisée des chemins dans la gestion de leurs terres et forêts; un défi qui les interpelle à renforcer les capacités des communautés villageoises à gérer leur patrimoine.

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Les communautés rurales reçoivent les procédures de gestion forestière

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