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Ce qu'il faut retenir des dernières révélations de l'enquête russe

Le président américain Donald Trump et le procureur spécial Robert Mueller.

Ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016, soupçons de collusion avec Moscou, financement électoral et argent du silence versé à deux femmes. Voici les principales révélations de la cascade de documents judiciaires publiés vendredi par le procureur spécial Robert Mueller et par la justice de New York.

L'ingérence russe

L'accusation d'ingérence est encore renforcée. Selon le procureur Mueller, l'équipe de campagne de Donald Trump a été approchée dès novembre 2015 par un Russe se présentant comme "une personne de confiance" du gouvernement en vue d'instaurer "une synergie politique".

Mais la collusion reste encore à établir, si l'on en croit les documents publiés à ce jour par le procureur.

C'est Michael Cohen, l'ex-avocat personnel de Donald Trump, qui a été sollicité par cet intermédiaire russe. Le mémo du procureur note qu'il "n'a pas donné suite à cette proposition".

Robert Mueller est chargé d'enquêter sur les ingérences russes dans la campagne de 2016, que les agences de renseignement américaines estiment avoir établi avec certitude.

Dans ce cadre, le procureur a inculpé 25 ressortissants ou agents russes impliqués selon lui dans la diffusion de messages politiques sur les réseaux sociaux destinés à influencer la campagne ou dans le piratage des comptes emails de proches de Hillary Clinton.

Le financement électoral

C'est l'autre élément nouveau de cette série de documents judiciaires. Donald Trump est pour la première fois mis en cause par des procureurs pour une possible participation à des actes illégaux.

Travaillant de concert avec le procureur Mueller, les procureurs de New York ont enquêté sur Michael Cohen et mis au jour une série de délits qu'il a lui-même reconnus.

Les procureurs estiment que l'avocat et homme de confiance avait agi sous la direction du milliardaire républicain pour acheter le silence de deux femmes, l'actrice porno Stormy Daniels et une ex-playmate Karen McDougal qui affirment avoir une liaison avec lui.

Il s'agissait d'éviter qu'un scandale sexuel n'éclabousse le candidat en pleine campagne électorale et les procureurs estiment qu'il s'agit donc de dépenses électorales non déclarées et illégales.

Dans ces deux cas, "Cohen a agi avec l'intention d'influencer l'élection présidentielle de 2016", "il a coordonné ses actions avec un ou plusieurs membres de la campagne", dit le procureur de New York. Mais surtout, "il a agi en coordination et sous la direction" de Donald Trump, ajoute-t-il.

Les "mensonges" de Manafort

Ephémère directeur de campagne de Donald Trump pendant l'été 2016, Paul Manafort est actuellement incarcéré.

Il est accusé d'avoir proféré "plusieurs mensonges évidents" malgré son accord de coopération à l'enquête russe, notamment sur ses contacts avec l'administration Trump ou avec un de ses anciens associés russes. Il reste un personnage central de l'enquête, la date de sa sentence a été fixée au 5 mars.

Prison demandée pour Cohen

Michael Cohen, 52 ans, collabore désormais avec l'enquête russe et ses avocats ont demandé pour lui la clémence de la justice. Mais le procureur fédéral de New York, qui le soupçonne de diverses fraudes débusquées en marge de l'enquête russe, recommande une peine "légèrement inférieure" à une fourchette de 51 à 63 mois de prison. La sentence sera prononcée mercredi prochain.

Quelle suite?

Aucune date-limite n'est fixée à Robert Mueller pour la conclusion de son enquête qui continue de faire planer une ombre menaçante sur la présidence Trump.

Quant à l'affaire de financement électoral illégal, la majorité des juristes estime que le président ne peut pas être inculpé, disposant d'une immunité durant son mandat.

Les démocrates, qui seront majoritaires à la Chambre des représentants en janvier, pourraient lancer une procédure de destitution mais elle aurait peu de chance d'aboutir. Les républicains restent majoritaires au Sénat.

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Impôts de Trump: la Maison Blanche ne respecte pas le délai des démocrates

Le président Donald Trump, à la Maison-Blanche, à Washington. (AP Photo / Pablo Martinez Monsivais, Fichier)

La Maison Blanche a de nouveau raté mardi la date butoir fixée par les démocrates pour obtenir les déclarations d'impôts du président républicain Donald Trump, laissant augurer une âpre bataille judiciaire.

Le Trésor américain a repoussé au 6 mai sa "décision finale" sur cette demande "sans précédent", le temps de consulter le ministère de la Justice, a expliqué le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, dans une lettre.

C'est la deuxième fois que l'administration Trump repousse le délai imparti par les démocrates de la Chambre des représentants pour cette demande, présentée le 3 avril par la commission chargée des questions de fiscalité ("Ways and Means").

M. Trump est le premier président américain depuis Richard Nixon à refuser de divulguer sa situation fiscale.

Forts de leur nouvelle majorité à la Chambre des représentants, les démocrates sont dotés de l'autorité de réclamer ces documents. Jamais une telle demande, présentée par cette même commission, n'a été rejetée par le passé, ont-ils souligné.

Ils affirment vouloir ainsi étudier à quel point le fisc américain contrôle les finances d'un président, afin d'ajuster la loi si nécessaire.

Mais leur volonté est en réalité toute autre, affirme Steven Mnuchin dans sa lettre, en citant de "nombreuses" déclarations publiques de démocrates: il s'agit en fait de "publier les déclarations d'impôts du président".

"Au vu des graves questions constitutionnelles que pose cette requête et des conséquences significatives que cela pourrait avoir pour le respect de la confidentialité des données des contribuables, le Trésor est actuellement en consultation avec le ministère de la Justice", précise-t-il.

Les démocrates vont désormais consulter leurs avocats, selon des médias américains.

Réclamant les six dernières déclarations de revenus annuelles du président, ils avaient d'abord fixé un ultimatum au 10 puis au 23 avril.

La non-transmission des déclarations d'ici ce mardi serait interprétée "comme un refus", avait mis en garde le président démocrate de cette commission, Richard Neal, après le premier report.

M. Trump s'est depuis le départ montré réticent à livrer ses déclarations, affirmant qu'il faisait déjà l'objet d'un contrôle fiscal.

"Le président a été assez clair: une fois que le contrôle sera achevé, il y songera", a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche, Hogan Gidley, mardi sur Fox News. "Il n'est pas disposé à le faire pour l'instant".

Avec AFP

Donald Trump en visite au Royaume-Uni et en France début juin

Le couple présidentiel américain et la reine d'Angleterre Elizabeth II en direction d'une entrée du château de Windsor, lors de la visite de M. Trump au Royaume-Uni.. / PHOTO AFP / PISCINE / Ben STANSALL

Donald Trump effectuera une visite de plusieurs jours au Royaume-Uni puis en France au début du mois juin, ont annoncé le palais de Buckingham et la Maison blanche mardi.

Le président américain a accepté l’invitation de la reine Elisabeth à effectuer une visite d’Etat au Royaume-Uni du 3 au 5 juin. Il sera accompagné par sa femme Melania, précise Buckingham Palace.

Donald Trump est le troisième président américain, après Barack Obama en 2011 et George W. Bush en 2003, à bénéficier d’une telle invitation de la part de la souveraine britannique. Les détails de la visite seront précisés ultérieurement.

Donald Trump aura une entrevue avec la Première ministre britannique Theresa May qui n’est pas parvenue à faire approuver son projet d’accord sur le Brexit par les députés de la Chambre des communes.

“Le Royaume-Uni et les Etats-Unis entretiennent un partenariat profond et durable enraciné dans notre histoire commune et nos intérêts communs”, a déclaré Theresa May dans un communiqué.

Donald Trump a effectué en juillet 2018 une visite officielle au Royaume-Uni mais il ne s’agissait pas d’une visite d’Etat, forme la plus élevée du protocole diplomatique.

“Cette visite d’Etat est une occasion de renforcer notre coopération déjà étroite dans les domaines du commerce, de l’investissement, de la sécurité et de la défense et de discuter de la manière de consolider ces liens dans les années à venir”, ajoute la chef du gouvernement britannique.

La Maison blanche a annoncé pour sa part que Donald Trump se rendrait en France pour une rencontre avec le président français Emmanuel Macron le 6 juin, jour du 75e anniversaire du débarquement des forces alliées en Normandie lors de la Seconde guerre mondiale.

UNE VISITE SUJETTE À CONTESTATION

Cette visite d’Etat à Londres risque à nouveau d’alimenter la contestation en raison du rejet que suscite le président américain dans une partie de l’opinion britannique.

En juillet 2018, quelque 250.000 manifestants s’étaient rassemblés à Londres pour dénoncer la venue de Donald Trump et les organisateurs de ce mouvement ont dit qu’ils préparaient une “manifestation gigantesque” contre cette visite d’Etat.

Après avoir été reçu par Trump à la Maison blanche, Theresa May avait rendu la politesse en invitant son hôte à effectuer une visite de même nature à Londres en 2017.

Une pétition avait alors été signée par près de 1,9 million de personnes pour s’opposer à la visite du chef de l’Etat américain et la Chambre des communes avait dû se saisir de la question en 2017.

Lors de sa venue l’an passé, Donald Trump avait pris la classe politique britannique à rebrousse-poil en offrant une version très peu diplomatique de l’évaluation qu’il faisait de la stratégie suivie par Theresa May dans les négociations sur le Brexit.

Il avait notamment déclaré que la chef du gouvernement n’avait pas suivi son conseil d’engager des poursuites judiciaires contre l’Union européenne. Plus tard, Donald Trump avait opéré une volte-face en affirmant que Theresa May accomplissait un travail formidable.

“C’est un président qui s’en prend systématiquement à toutes les valeurs communes qui unissent nos deux pays et à moins que Theresa May décide enfin de lui tenir tête et conteste son comportement, elle n’a aucun raison de dépenser l’argent des contribuables dans des frais de protocole et de sécurité impliqués par cette visite”, a commenté Emily Thornberry, porte-parole du Parti travailliste pour les questions de politique étrangère.

Une centaine de manifestations avaient été organisées l’an passé et les autorités avaient déployé 10.000 policiers dans une opération qui avait coûté près de 18 millions de livres sterling.

Avec Reuters

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