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Candidat à présidentielle, le Premier ministre délègue ses pouvoirs

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed, lors du dépôt de sa candidature à la présidentielle anticipée en Tunisie, le 9 août 2019.

Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, l'un des principaux candidats à la présidentielle anticipée du 15 septembre, a annoncé jeudi avoir délégué ses pouvoirs pour se consacrer à sa campagne électorale.

Lors d'une intervention sur la télévision publique, M. Chahed a déclaré avoir "décidé de déléguer ses pouvoirs de chef du gouvernement au ministre de la Fonction publique jusqu'à la fin de la campagne électorale". Celle-ci est prévue du 2 au 13 septembre.

Cette décision a été prise "dans le souci d'assurer la transparence dans le processus électoral et pour éviter tout conflit d'intérêt", a dit M. Chahed, devenu en 2016, à 40 ans, le plus jeune Premier ministre de la Tunisie.

Le premier tour du scrutin présidentiel aura lieu le 15 septembre.

Prévue en fin d'année, cette élection a été avancée à la suite du décès le 25 juillet du président Beji Caid Essebsi à l'âge de 92 ans.

Il était le premier président démocratiquement élu au suffrage universel de l'histoire moderne de la Tunisie.

Vingt-six candidatures, dont celle de M. Chahed, ont été validées et 71 écartées, au terme d'un examen préliminaire des dossiers, a annoncé le 14 août l'Instance chargée des élections en Tunisie (Isie). La liste finale sera publiée le 31 août.

Mardi, M. Chahed qui avait lancé au début de cette année son propre parti Tahya Tounes, a annoncé avoir renoncé à la nationalité française avant le dépôt de sa candidature, comme le demande la Constitution.

Avec AFP

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Nouvelle demande de libération du candidat à la présidentielle Nabil Karoui

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Présidentielle en Tunisie : chambardement politique en vue

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Deux candidats anti-système se disent qualifiés pour le second tour de la présidentielle en Tunisie

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Chambardement politique en vue à la présidentielle

Des électeurs, faisant la queue pour accomplir leur devoir de citoyen, le dimanche 15 septembre 2015.

Un publicitaire en prison contre un universitaire sans parti politique: les deux premières places de l'élection présidentielle en Tunisie ont été revendiquées par des candidats "anti-système", mais les résultats n'ont pas été confirmés officiellement.

Si le scenario se confirme, il s'agit d'un coup de tonnerre qui sanctionne la classe politique tunisienne au pouvoir depuis la révolution de 2011 et ouvre une période d'immense incertitude dans le pays pionnier du printemps arabe.

Le scrutin, pour lequel s'affrontaient 26 candidats, s'est déroulé sur fond de grave crise sociale et économique, et dans une atmosphère de rejet des élites politiques.

Nabil Karoui, homme d'affaires en prison sous le coup d'une enquête pour blanchiment et fraude fiscale, et Kais Saied, commentateur politique et constitutionnaliste, deux outsiders se présentant comme des candidats "anti-système", ont revendiqué leur qualification dimanche soir, sur la foi de deux sondages d'instituts privés tunisiens.

Mais l'Isie, l'instance des élections, n'a pas donné de chiffres officiels, prévus au plus tard mardi. Elle n'a fourni que la participation, 45,02%, un faible taux au regard des 64% du premier tour de la présidentielle en 2014.

Selon les instituts privés Sigma Conseil et Emrhod, Kais Saied est arrivé en tête avec environ 19% des voix devant Nabil Karoui, crédité de quelque 15% des suffrages. Le candidat du parti d'inspiration islamiste Ennahda, Abdelfattah Mourou, est donné troisième avec 11 à 12,5% des voix.

Ennahda a souligné que seule l'Isie était habilitée à donner des résultats. "Nos propres résultats diffèrent, mais nous allons attendre d'en être sûrs", a déclaré dimanche soir le député d'Ennahdha Samir Dilou.

Le Premier ministre Youssef Chahed, qui s'annonce comme un des grands perdants du scrutin, s'est inquiété pour sa part de la faible participation, "mauvaise pour la transition démocratique", et a mis en cause la fragmentation de son camp libéral et centriste.

- Scènes de liesse -

Des scènes de liesse se sont déroulées peu après la fermeture des bureaux de vote devant le quartier général de M. Karoui. Sa femme, Salwa Smaoui, a lu une lettre du candidat incarcéré, saluant "un jour exceptionnel pour la démocratie et pour l'histoire du pays".

"Nous espérons qu'il sera libéré demain et qu'il pourra mener campagne de façon équitable", a ajouté Mme Smaoui.

M. Karoui, 56 ans, est derrière les barreaux depuis le 23 août, et la justice a refusé par trois fois ses demandes de libération. Si sa qualification au 2e tour se confirme, il s'agira d'une situation sans précédent dans le monde pour une présidentielle.

Fondateur de la chaîne privée Nessma, taxé de "populiste" par ses détracteurs, il a bâti sa popularité en organisant des opérations caritatives dans les régions défavorisées du pays, abondamment relayées par Nessma.

Autre ambiance du côté du QG de Kais Saied, 61 ans, surnommé "Robocop" en raison de sa diction rigide et de son visage impassible. Réuni avec son équipe de campagne dans un petit appartement du centre de Tunis, M. Saied s'est dit conscient d'avoir "une grande responsabilité". "Je suis le premier du premier tour, et si je suis élu président j'appliquerai mon programme", a-t-il déclaré à l'AFP.

Ce constitutionnaliste très conservateur, connu des Tunisiens pour avoir commenté la scène politique sur les plateaux de télévision depuis la révolution de 2011, n'a aucune structure pour le soutenir et n'avait jamais participé à une campagne électorale. Il a multiplié les déplacements dans le pays au cours des dernières semaines.

- "Où sont les jeunes ?" -

Le scrutin semble notamment avoir été marqué par une désaffection des jeunes, un électorat crucial que le président de l'Isie, Nabil Baffoun, avait exhorté à se rendre aux urnes, dans une déclaration véhémente une heure avant la fin des opérations.

"Mais où sont les jeunes ? Il s'agit de leur patrie, de leur avenir", s'était ainsi énervé un électeur sexagénaire, Adil Toumi, dans un bureau de Tunis.

"C'est le signe d'une désaffection très profonde vis à vis d'une classe politique qui n'a pas répondu aux attentes économiques et sociales", a déclaré à l'AFP le politologue Hamza Meddeb. "Le dégoût de la classe politique semble se traduire par un vote pour des outsiders", a-t-il ajouté.

Les Tunisiens sont avant tout préoccupés par la crise sociale dans un pays sous perfusion du Fonds monétaire international (FMI), où le chômage est de 15% et l'inflation frôle les 7%.

Le scrutin s'est déroulé dans le calme. Des milliers d'observateurs ont été déployés par les partis et des institutions internationales dans les bureaux de vote. Ils n'ont pas fait état d'infractions majeures dimanche soir.

Avec AFP

Election présidentielle tunisienne ce dimanche

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