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CAN 2017 : le capitaine marocain Benatia n'a pas la langue dans sa poche


Le capitaine de l'équipe du Maroc, Mehdi Benatia, donne une conférence de presse pour son équipe de club, le FC Bayern, à Munich, en Allemagne, le 4 novembre 2014.

Il ne veut pas plaire à tout le monde, juste gagner une CAN avec le Maroc: Mehdi Benatia, 29 ans, assume son ambition, au prix de déclarations fracassantes sur les dysfonctionnements passés de sa sélection ou des polémiques sur son hygiène de vie.

Lors de la "finale" de groupe contre la Côte d'Ivoire mardi, qui mettra en jeu l'un des deux tickets pour les quarts de la CAN-2017, les "Lions de l'Atlas" pourront compter sur un capitaine mort de faim pour faire oublier près d'une décennie d'échecs successifs.

Car, depuis son arrivée en sélection en 2008, le joueur formé à l'OM mais révélé en Serie A n'a jamais passé le cap du premier tour lors de ses participationS en 2012 et en 2013. Une situation insupportable pour cet élégant défenseur qui a connu la réussite en club avec des passages successifs à la Roma, au Bayern Munich et aujourd'hui à la Juventus Turin.

Un exemple de ses "coups du gueule" ? Il menace de claquer la porte en février 2014, faute de visibilité dans le projet sportif. Conséquence immédiate: le sélectionneur de l'époque l'écarte et il s'attire les foudres d'une partie du public.

"J'aurais pu faire semblant et continuer à aller en sélection comme si de rien n'était. Mais je n'ai plus envie d'être la risée du football africain. Cela fait cinq ans que nos prestations ne sont pas à la hauteur de notre potentiel", avait-il fulminé dans L'Equipe, juste avant que le Maroc renonce cette année là à organiser la compétition en raison du risque d'épidémie Ebola.

'Respect'

Quand tout semblait enfin aller pour le mieux avec l'arrivée de Hervé Renard et une campagne de qualification pour la CAN presque parfaite, il fallait qu'une polémique sur sa consommation de "chicha", juste avant un match de la sélection, n'écorne encore son image en juin dernier.

Conscient des critiques que subit son joueur, Renard a appelé les médias locaux et les supporters à "avoir du respect" envers son capitaine au début de la compétition pour ce qu'il montre sur le terrain. "Il est un ambassadeur du football marocain à travers le monde. Il joue dans les meilleurs clubs du monde et je n'ai pas l'impression qu'il soit toujours épargné ou considéré à sa juste valeur", a asséné le coach.

L'analyse de Renard est-elle juste ? "C'est mitigé, explique à l'AFP Amine Birouk, journaliste marocain à Radio Mars. C'est vrai que certains ont l'impression qu'il est plus performant en club que lorsqu'il est en sélection".

A la CAN, le Maroc a signé face au Togo un succès convaincant (3-1) -- après une entrée en lice gâchée par la RD Congo (défaite 1-0) -- et le patron de l'arrière-garde a mis tout le monde d'accord.

Plus que sa remarquable performance, c'est sa détermination à tenir sa place malgré "une petite gêne" ressentie à un adducteur lors de l'échauffement d'avant-match, qui a forcé le "respect" tant recherché.

'Pousser le groupe vers l'avant'

"J'ai serré les dents, honnêtement ce n'était pas top. Mais voilà c'était un match beaucoup trop important pour abandonner les coéquipiers", avait sobrement déclaré après la rencontre Benatia, qui devrait tenir sa place contre la Côte d'Ivoire selon les dernières nouvelles données par son staff.

Face au champion en titre et ses grandes individualités, Benatia, l'un des rares joueurs de l'effectif à avoir l'expérience de ces grands rendez-vous, aura l'occasion de partager ses petits secrets du haut niveau.

"Il nous transmet (son expérience) avec des discours, des encouragements. A l'entraînement, il a toujours des paroles pour les plus jeunes comme pour les joueurs d'expérience. C'est toujours bon d'avoir un joueur comme ça dans l'équipe qui pousse le groupe vers l'avant", témoigne Manuel Da Costa, son compère de la défense.

Et quand on demande à Benatia, s'il devra être l'homme à tout faire face aux Eléphants, il préfère la jouer modeste: "Honnêtement mes performances sont toujours secondaires. Je préfère faire une mauvaise CAN, mais si on peut aller au bout je signe tout de suite !"

Car il le sait très bien: un titre et tout les malentendus seront oubliés.

Avec AFP

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