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RDC

Campagne pour les élections à la tête du sénat, la majorité divisée

Alexis Thambwe Mwamba, ministre congolais de la Justice, à Kinshasa, le 1er janvier 2017

La majorité parlementaire en République démocratique du Congo s'est lancée, divisée, mercredi dans la campagne électorale pour briguer sept postes au bureau du Sénat, un transfuge ayant défié le candidat désigné par l'ancien président Joseph Kabila provoquant son exclusion de la coalition.

A l'entrée principale du Palais du peuple, siège du parlement congolais, deux gros panneaux sont accrochés aux murs vantant les qualités d'Alexis Thambwe Mwamba, ancien ministre de la Justice, choisi par l'ancien président Joseph Kabila pour le perchoir du Sénat.

Ses détracteurs au sein de la majorité lui reprochent "ses rapports humains difficiles, teintés d'arrogance". En attente d'un procès en Belgique pour avoir revendiqué l'attaque contre un avion civil ayant causé la mort d’une quarantaine de passagers en 1998, M. Thambwe est visé par la justice américaine pour avoir ordonné "la détention illégale" d'un citoyen américain.

Face à lui, l'ex-ministre de l’Économie et du Plan, Modeste Bahati, chef du deuxième regroupement du Front commun pour le Congo (FCC) avec 109 élus nationaux et provinciaux, a également déployé de gros moyens - affiches, stands, écran géant - pour défier le candidat du pouvoir.

Aux côtés de ces deux poids lourds, seize autres candidats ont déployé des banderoles, comme l'ancien ministre de l'Intérieur sous sanctions européennes Évariste Boshab. Considéré lui aussi comme un dur de l'ancien régime, il a promis dans une vidéo de "servir dans la loyauté" comme 1er vice-président du sénat.

L'autre figure connue à ce poste de 1er vice-président est l'ancien Premier ministre de Kabila, Samy Badibanga, un ancien du parti présidentiel l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Ses affiches sont aussi placardées dans l'enceinte du palais du peuple pour barrer la route à Boshab.

L'avenir de l'alliance Tshisekedi-Kabila questionnée
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Du côté de l'opposition, la candidature de Marie Josée Kamitatu Sona au poste de rapporteur adjoint est soutenue par le regroupement Ensemble de Moïse Katumbi. Mme Kamitatu est la fille d'Olivier Kamitatu, directeur de cabinet et porte-parole de Katumbi.

La campagne pour l'élection au bureau du sénat a débuté mercredi et se termine jeudi. L'élection est prévue samedi.

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Nouvelle journée de manifestations interdites contre la Commission électorale à Kinshasa

Un homme est blessé à la jambe lors d'une manifestation où des manifestants et des policiers se sont affrontés à Kinshasa le 9 juillet 2020 lors de manifestations organisées contre l'UDPS), pour la nomination du nouveau président de la Commission électorale. (AFP/Arsene Mpiana)

Des milliers de personnes se sont rassemblées lundi matin à Kinshasa en République démocratique du Congo pour une marche interdite par les autorités contre le choix d'un nouveau président de la Commission électorale, quatre jours après des affrontements qui ont fait cinq morts.

Les manifestants ont envahi le boulevard Lumumba, en présence de l'ancien vice-président Jean-Pierre Bemba, un des leaders de l'opposition.

La marche a été organisée par la principale coalition des partis d'opposition Lamuka.

Ailleurs dans le pays,des rassemblements ont été dispersés à Bukavu (est) et Kananga (centre) à coup de gaz lacrymogènes.Ces marches dénoncent le choix du nouveau président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), accusée par les opposants de fraudes électorales à chaque scrutin.

La manifestation a été "reportée" dans la deuxième ville Lubumbashi, ont indiqué les organisateurs, qui redoutent des incidents provoqués par des "infiltrés" pour mettre en cause un des leaders de Lamuka, Moïse Katumbi.

Des marches semblables avaient été organisées jeudi par le parti présidentiel Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Cinq manifestants avaient alors été tués (deux à Kinshasa et trois à Lumbumbashi), selon un bilan du ministre de l'Intérieur.

De plus, 20 policiers ont été blessés à Kinshasa dont deux grièvement, selon ce même bilan qui ne confirme pas une rumeur assurant qu'un policier avait été lynché par la foule dans la capitale.

En conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi a indiqué qu’il" peut comprendre" ces réactions face aux "irrégularités" dans le choix du nouveau président de la Commission électorale, mais qu'"il condamne" les violences.

C'est le président qui doit valider in fine le choix du nouveau président de la Commission électorale. Il a été entériné par l'Assemblée nationale, sur proposition de la société civile.

Les autorités justifient l'interdiction des marches par l'état d'urgence sanitaire face à la pandémie de Covid-19.

Une troisième marche est prévue dimanche à l'appel d'un collectif catholique et de mouvements citoyens.

Démission du ministre de la Justice en RDC

Le ministre de la Justice Célestin Tunda ya Kasende, à Kinshasa, le 3 mars 2020. (Facebook/Célestin Tunda Ya Kasende)

Le ministre de la Justice de la République démocratique du Congo, Célestin Tunda Ya Kasende, a annoncé samedi sa démission, quinze jours après sa brève arrestation en pleine crise politique au sein de la coalition au pouvoir.

M. Tunda Ya Kasende a présenté sa démission au Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, après avoir fait "un examen personnel de la situation", a-t-il indiqué.

"En cette occasion pathétique, j'ai pu présenté au chef du gouvernement tous mes remerciements, et mes remerciements également au président de la République", a-t-il ajouté dans un message vidéo diffusé à la presse.

"Je pars du gouvernement avec la conviction que mon action au sein du ministère de la Justice a apporté une pierre à la consolidation de l'Etat de droit dans notre pays", a-t-il conclu.

Il s'agit de la première démission au sein du gouvernement de coalition qui regroupe des partisans du président de la République Félix Tshisekedi, et de son prédécesseur, Joseph Kabila.

Ce gouvernement pléthorique avait été annoncé le 26 août, après huit mois de tractations entre MM. Tshisekedi, vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre 2018, et Kabila, qui avait quitté le pouvoir en gardant une confortable majorité au Parlement.

Avocat de profession, M. Tunda Ya Kasende est un membre du Front commun pour le Congo (FCC, pro-Kabila), comme la majorité des 67 membres du gouvernement.

Il y a deux semaines, M. Tunda Ya Kasende avait été arrêté par la police à son domicile et conduit au parquet où il a été entendu pendant quelques heures avant d'être relâché.

La veille en Conseil des ministres, le président Tshisekedi lui avait sévèrement reproché d'avoir transmis à l'Assemblée nationale l'avis du gouvernement sur trois propositions de loi très controversées, sans consulter personne.

Une "initiative personnelle", avait relevé le compte-rendu du Conseil des ministres.

Sa brève interpellation avait été fortement dénoncée par les partisans de M. Kabila.

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