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50 à 70 personnes libérées jeudi au Cameroun


Le président camerounais Paul Biya signe un décret à Yaoundé, Cameroun, 10 juillet 2017.

Une "première vague" de 50 à 70 militants anglophones, arrêtés pendant la fronde de la minorité linguistique contre le pouvoir central de Yaoundé, doit être libérée jeudi, a indiqué le porte-parole du gouvernement camerounais.

"Tous ceux qui n'ont pas de sang sur la main, tous ceux qui n'ont pas cassé, tous ceux qui n'ont pas profané les symboles de l'Etat, tous ceux qui n'ont pas incendié des écoles et des institutions seront libérés", a affirmé jeudi Issa Tchiroma Bakary à l'AFP par téléphone.

Cette annonce intervient au lendemain d'un décret du président Paul Biya ordonnant l'arrêt des poursuites à l'encontre de certains leaders anglophones, qui étaient poursuivis "pour terrorisme" et "rébellion", des accusations passibles de la peine capitale.

Le décret de M. Biya citait nommément trois activistes dont le magistrat anglophone et opposant Ayah Abine, qui a déjà recouvré la liberté,a-t-on appris de sources concordante.

Ces libérations font partie d'une "première vague" de bénéficiaires de la décision présidentielle, selon le porte-parole du gouvernement, qui ne détaille pas le nombre total de personnes détenues depuis le début de la crise en novembre.

"Cette décision est un motif de soulagement pour nous autres qui nous battions depuis pour leur libération", avait réagi auprès de l'AFP l'un des avocats des anglophones.

Jeudi, des dizaines de détenus étaient présents au tribunal militaire de Yaoundé où ils attentaient jusqu'en fin d'après-midi le début de l'audience au cours de laquelle ils devaient être fixés sur leur sort individuel.

Depuis novembre 2016, la minorité anglophone - environ 20% de la population camerounaise estimée à 22 millions - proteste contre ce qu'elle considère comme une marginalisation.

Une grève des avocats, suivie de celle des enseignants, a dégénéré en crise socio-politique dans les deux régions anglophones, au point de menacer le bon déroulement de l'élection présidentielle prévue en 2018, d'après les experts.

Certains anglophones exigent le retour au fédéralisme alors que d'autres réclament la partition du pays. Deux hypothèses que refuse Yaoundé.

L'existence d'une minorité anglophone est un héritage de l'histoire du Cameroun. A la fin de la Première guerre mondiale, la tutelle de l'ex-colonie allemande a été confiée à la France et à la Grande-Bretagne (pour la partie frontalière du Nigeria).

A l'indépendance en 1960, le Cameroun a été une République fédérale jusqu'en 1972, avant de devenir une République unie.

Avec AFP

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