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Brexit : Barnier et Juncker obtiennent un accord pour la gloire

(De gauche à droite) Le vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen, et le commissaire européen à la recherche et à l'innovation, Carlos Moedas, donnent une conférence de presse conjointe, 2018.

L'accord de divorce bouclé jeudi avec le Premier ministre britannique Boris Johnson doit beaucoup au négociateur européen Michel Barnier et au président de la Commission Jean-Claude Juncker, mais les deux hommes ne devraient paradoxalement en tirer aucun bénéfice.

Boris Johnson leur a rendu un hommage appuyé à son arrivée à Bruxelles pour son premier et théoriquement dernier sommet européen.

"Je tiens à vous remercier et à remercier Michel Barnier et ses équipes. C'est un très bon accord pour l'UE et pour le Royaume- Uni", a-t-il déclaré, se félicitant de pouvoir quitter l'Union européenne le 31 octobre, comme il l'a promis, après 46 ans de vie commune entre Londres et le bloc européen.

Jean-Claude Juncker a vite modéré cet enthousiasme. Il a réclamé le silence et repris la parole pour donner son sentiment: "Je suis content d'avoir un accord, mais très triste que le Royaume-Uni quitte l'UE".

"Il n'y a jamais matière à se féliciter d'un divorce", a pour sa part lâché Michel Barnier devant les responsables du Parti Populaire Européen, sa famille politique (droite), qui le félicitaient.

L'accord a été difficile à boucler. "J'ai téléphoné deux fois à Boris Johnson pendant la nuit", a confié Jean-Claude Juncker à l'AFP.

Les équipes de Michel Barnier et de Boris Johnson ont travaillé jusque très tard. "On a peu dormi, comme la nuit précédente", a raconté l'un d'eux.

L'annonce de son rejet par le parti unioniste nord-irlandais DUP, allié clé du Parti conservateur de Boris Johnson, a jeté un froid.

"Je ne suis pas responsable de la ratification par le Parlement britannique. C'est le travail de Boris", a grommelé Jean-Claude Juncker en réponse aux inquiétudes sur le vote au Royaume-Uni.

- Avenir incertain -

Le président de la Commission européenne se reproche encore d'avoir écouté le Premier ministre de l'époque, David Cameron, qui lui avait demandé de ne pas intervenir dans le débat avant le référendum de 2016, pour démentir les mensonges de Boris Johnson et des autres partisans du divorce.

Alors cette fois-ci, il n'a pas mâché ses mots. "Nous avons un accord. Il n'y aura pas nouveau report" pour la sortie du Royaume-Uni, quelle que soit la décision du Parlement britannique, a-t-il averti. "Boris Johnson a de toute manière exclu de demander un report", a-t-il rappelé.

Michel Barnier, d'ordinaire très prudent, s'est lui aussi laissé aller à la critique. "Il serait bien qu'un jour cette assemblée prenne ses responsabilités", a-t-il lâché à propos de Westminster.

"Boris Johnson a dit à Jean-Claude Juncker être en mesure de faire approuver l'accord trouvé cette nuit", a-t-il dit. "Nous avons confiance en sa capacité de trouver une majorité parlementaire", a-t-il ajouté.

Hormis la satisfaction d'avoir "fait leur travail", d'avoir maintenu l'unité des 27 et évité une rupture chaotique avec le Royaume-Uni, les deux dirigeants ne devraient tirer aucun bénéfice de cet accord.

Prolongé dans sa fonction en raison des difficultés rencontrées par Ursula von der Leyen pour composer son équipe, Jean-Claude Juncker va tirer sa révérence le 1er décembre, un peu avant son 65e anniversaire --il est né le 9 décembre 1954. Sa santé s’est dégradée ces derniers mois, et ses proches se disent inquiets.

Il a annoncé à plusieurs reprises son intention d'écrire ses mémoires et de raconter son histoire d'amour avec l'Europe.

Michel Barnier, pour sa part, ne sait pas ce que lui réserve l'avenir. Le PPE aimerait que le président Emmanuel Macron le désigne comme candidat pour devenir commissaire européen, après l'échec de Sylvie Goulard. Mais il a 68 ans et son choix de rester fidèle à sa famille politique est un handicap.

"On ne va pas le laisser tomber", a assuré jeudi à l'AFP un de ses dirigeants avant le début du sommet européen.

Ursula von der Leyen, membre du PPE, va lui donner mandat de commencer à négocier l'accord de libre-échange avec le Royaume-Uni une fois le divorce ratifié à Londres et par le Parlement européen, a-t-il confié à l'AFP.

Sa mission sera prolongée d'un an. Celui que beaucoup attendait à la présidence de la Commission bouclerait ainsi le cycle commencé il y a trois ans sur décision de Jean-Claude Juncker.

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Grande Bretagne: Premier débat télévisé équilibré entre Johnson et Corbyn

Le leader conservateur Boris Johnson et le chef de file des travaillistes Jeremy Corbyn, avant leur débat télévisé à Londres, le 19 novembre 2019.

Boris Johnson et Jeremy Corbyn n'ont pas réussi à se départager mardi lors de leur premier face-à-face télévisé en vue des élections législatives du 12 décembre en Grande-Bretagne, d'après un sondage réalisé à l'issue du débat.

Selon cette enquête réalisée par l'institut YouGov, 51% des téléspectateurs ont jugé que le Premier ministre conservateur s'était montré le plus convaincant, mais 49% ont pensé la même chose de son adversaire travailliste. Ces chiffres excluent ceux qui ne se prononcent pas.

"Au final, c'est probablement mieux pour le chef du Labour. Parce qu'un match nul quand vous êtes largement derrière dans les sondages, c'est une meilleure nouvelle que quand vous êtes devant", a commenté Chris Curtis, un chercheur de l'institut.

Il a toutefois estimé que les premières réactions indiquaient que le débat ne bouleverserait pas la donne à l'approche des élections. Les conservateurs sont donnés favoris du scrutin, avec jusqu'à 18 points d'avance sur le Labour selon les enquêtes, mais le résultat reste difficile à prédire en raison des diverses alliances conclues par les deux partis sur le Brexit et du vote de plus en plus imprévisible des électeurs.

Le débat entre les deux hommes, qui avait lieu à Manchester, retransmis par la chaîne ITV, a été dominé par la question du retrait britannique de l'UE. Pour marquer sa différence, Boris Johnson a insisté sur le fait qu'il sortirait comme convenu le Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 janvier prochain et assuré qu'il obtiendrait un traité de libre échange avec les Européens d'ici la fin 2020.

Contrairement au Premier ministre conservateur, Jeremy Corbyn s'est engagé, si son parti remporte les élections législatives du 12 décembre, à renégocier un traité de divorce avec Bruxelles et de le soumettre ensuite à référendum, avec la possibilité de voter pour un maintien dans l'UE.

A l'invitation de la présentatrice d'ITV Julie Etchingham, les deux hommes se sont serré la main en promettant d'améliorer la qualité du débat politique en Grande-Bretagne, qui s'est fortement dégradée depuis le référendum sur la sortie de l'UE en 2016.

Avec Reuters

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