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Brexit: accord in extremis, tous les regards tournés vers le Parlement britannique

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson, se serrent la main après avoir convenu de l'accord sur le Brexit, le 17 octobre 2019. REUTERS / Francois Lenoir

Les 27 ont donné leur feu vert jeudi à un accord sur le Brexit négocié dans les dernières minutes précédant un sommet européen, mais le Premier ministre britannique Boris Johnson va devoir batailler pour le faire accepter par son Parlement.

"Il semble que nous soyons très près de la dernière ligne droite", a commenté le président du Conseil européen Donald Tusk.

C'est lui qui a annoncé le feu vert des 27, quelques heures seulement après l'annonce de l'accord trouvé dans les derniers instants avant l'ouverture du sommet européen.

Les chefs d'Etat et de gouvernement attendent maintenant que le Parlement européen ratifie le document et "s'assure d'une entrée en vigueur le 1er novembre".

Malgré la satisfaction d'avoir arraché un accord dans la dernière ligne droite, personne ne s'est laissé aller à l'euphorie, bien conscient d'un obstacle de taille sur le chemin d'un Brexit ordonné: le vote du Parlement britannique.

Aux côtés du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, Boris Johnson a exhorté les députés britanniques à soutenir l'accord pour "faire aboutir le Brexit sans délai", à la date prévue du 31 octobre.

"Je suis confiant que lorsque les députés de tous les partis regarderont cet accord, ils verront l'intérêt de le soutenir", a-t-il assuré, se disant "très confiant".

Mais l'annonce aussitôt faite, les modifications à l'accord de retrait à peine publiées, le parti unioniste nord-irlandais DUP, allié-clé du Parti conservateur de Boris Johnson, a jeté un froid en affirmant son opposition à l'accord trouvé.

Le DUP, qui compte 10 députés à la Chambre des Communes, a dit ne pas être "en mesure de soutenir ces propositions au Parlement", sur les questions de règlement douanier et du consentement de l'exécutif nord-irlandais au projet de Brexit.

- Corbyn appelle au rejet -

Puis le chef du Parti travailliste, principale formation d'opposition au Royaume-Uni, a appelé les députés britanniques à "rejeter" l'accord entre Londres et l'Union européenne. Selon Jeremy Corbyn, "la meilleure façon de résoudre le Brexit est de donner à la population le dernier mot lors d'un vote populaire".

Les députés britanniques se réuniront samedi - leur réunion un samedi est une première depuis la guerre des Malouines en 1982 - pour une séance exceptionnelle. Ces deux prises de position rendent toutefois improbable l'adoption du texte.

"Si c'est le cas, nous nous trouverons dans une situation extrêmement compliquée", a averti Jean-Claude Juncker lors d'un point de presse à l'issue de la première journée du sommet.

"Il faudra bien qu'un jour dans cette assemblée (...) on prenne ses responsabilités et que ce qui a été décidé par un référendum, et soutenu par les différents gouvernements avec lesquels nous avons négocié, se mette en oeuvre", a observé le négociateur de l'UE Michel Barnier.

"Nous sommes prêts pour la ratification: logistiquement, politiquement, techniquement. Maintenant, la balle est dans le camp du Royaume-Uni", a déclaré Donald Tusk.

"Je ne sais pas quel sera le résultat du débat à la Chambre des Communes samedi", a-t-il reconnu, "mais si une demande pour un report (de la date du Brexit) est déposée, je consulterai les Etats membres pour voir comment réagir".

Pour Jean-Claude Juncker, l'accord trouvé "signifie qu'il n'y a pas besoin d'une quelconque prolongation".

Le président français Emmanuel Macron a déclaré vouloir "croire que Boris Johnson aura une majorité". Il a reconnu que "la satisfaction s'accompagne d'une légitime prudence".

Les Européens sont quelque peu échaudés par la précédente expérience de l'accord négocié avec Theresa May, rejeté à trois reprises par le Parlement britannique, ce qui avait entraîné le départ de la prédécesseure de Boris Johnson.

Au fil des annonces, la livre a connu une nouvelle journée agitée, gagnant 1% face au dollar au moment de l'annonce qu'un accord avait été trouvé, avant de réduire ses gains.

Le compromis trouvé jeudi modifie l'accord précédemment rejeté et fait disparaître le "backstop" (filet de sécurité) controversé. Cette clause de sauvegarde maintenait l'UE et le Royaume-Uni dans un territoire douanier unique, à défaut d'autre solution pour éviter le retour d'une frontière dans l'île d'Irlande, afin de préserver la paix après des décennies de violences.

- Unité -

Jusqu'ici l'UE était réticente à changer cette partie du texte. Le nouveau compromis établit des règles particulières pour les douanes concernant les marchandises arrivant en Irlande du Nord, qui reste dans le territoire douanier britannique, selon que celles-ci sont destinées à y rester ou à passer dans le marché unique européen.

Il prévoit également un mécanisme de "consentement" des autorités nord-irlandaises sur la poursuite de l'application de certaines règles de l'UE dans la province britannique, après une période de quatre ans suivant la mise en oeuvre de l'accord.

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar s'est félicité d'un accord "bon pour l'Irlande et l'Irlande du Nord" qui "respecte une histoire et une géographie uniques".

Il a aussi rendu hommage à l'unité et la solidarité affichées par ses homologues pendant la négociation.

"L'unité que nous avons vue au cours des dernières années est une leçon pour nous pour le futur. Quelque chose que nous conserverons pour les futures négociations", a-t-il salué.

L'accord de retrait, s'il est adopté, prévoit plus généralement les conditions du divorce entre le Royaume-Uni et l'UE, notamment en matière de droit des citoyens et de respect des engagements financiers. Il introduit également une période de transition jusqu'à décembre 2020 pour un départ en douceur.

Si le texte est ratifié, une nouvelle négociation s'engagera: celle du futur partenariat entre l'UE et le Royaume-Uni, en particulier sur le plan commercial.

Avec AFP

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Poutine et Zelenski conviennent à Paris d'un échange de prisonniers

Rencontre entre les présidents Poutine et Zelensky à l'Elysée le lundi 9 décembre 2019 à Paris, sous les auspices du président français Emmanuel Macron et de la chancelière allemande Angela Merkel.

Les présidents russe et ukrainien ont convenu de procéder d’ici la fin de l’année à l’échange de l’ensemble des personnes faites prisonnières dans le cadre du conflit dans l’est de l’Ukraine, laissant de côté les questions sur le statut du Donbass, qui doit faire l’objet de nouvelles discussions.

Réunis lundi à Paris pour une réunion en “format Normandie” sur l’Ukraine, la première depuis 2016, Vladimir Poutine et Volodimir Zelenski ont pris part à neuf heures de discussions sous l’égide du président français Emmanuel Macron et de la chancelière allemande Angela Merkel.

Il s’agissait de la première rencontre entre Poutine et Zelenski, ancien comédien qui a remporté cette année l’élection présidentielle ukrainienne en promettant de résoudre le conflit dans l’est du pays.

Aucune poignée de mains publique n’a été échangée entre les deux dirigeants, qui ont évité les contacts visuels.

Mais les échanges ont permis d’aboutir à des engagements spécifiques, avec un communiqué final annonçant l’échange de prisonniers et la promesse de mettre en oeuvre avant la fin de l’année le cessez-le-feu conclu dans le cadre des accords de Minsk en 2014.

Les parties prenantes au sommet ont aussi annoncé avoir convenu de travailler, lors des quatre prochains mois, à la tenue d’élections locales au Donbass - un point d’achoppement majeur jusqu’alors. Aucun détail n’a cependant été donné sur l’organisation du scrutin, et Emmanuel Macron a admis que des divergences subsistaient sur la question.

“Nous avons accompli des progrès sur le désengagement, l’échange de prisonniers, la clarification du cessez-le-feu, un agenda de confiance sur les évolutions politiques des prochains mois”, a déclaré le président français lors d’une conférence de presse commune, durant laquelle la chancelière allemande et lui étaient assis entre Poutine et Zelenski.

Emmanuel Macron a ajouté que les dirigeants avaient demandé à leur ministres de travailler durant les quatre prochains mois sur les “conditions sécuritaires et politiques” de l’organisation d’élections locales.

Quelque 13.000 personnes ont été tuées depuis le printemps 2014 dans le conflit qui oppose dans l’est de l’Ukraine les forces ukrainiennes à des combattants séparatistes pro-russes à la suite de l’annexion de la Crimée par la Russie.

PAIX INCERTAINE

Zelenski a déclaré avoir convenu avec Poutine des contours d’un accord qui permettrait la poursuite du transit du gaz naturel russe en territoire ukrainien, sans donner de précisions. Un membre de la délégation russe a indiqué que des représentants avaient reçu pour consigne d’en rédiger les détails.

Cependant aucun accord définitif n’a été conclu sur les questions politiques qui font obstacle à une résolution du conflit: le statut du Donbass et le contrôle de facto de la frontière entre cette région et la Russie.

Il a été convenu d’organiser sous quatre mois un nouveau sommet en “format Normandie”.

Conclus en 2015 pour régler le conflit, les accords de Minsk sont en grande partie restés lettre morte en dépit des efforts déployés par l’Allemagne et la France.

De nombreux Ukrainiens s’inquiètent d’un possible compromis avec la Russie, qu’ils continuent de voir comme un “agresseur”, cinq ans après l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou - annexion jugée illégale par la communauté internationale.

Réunis devant le palais présidentiel à Kiev, les manifestants qui avaient exhorté Zelenski à ne pas capituler face à Poutine ont assisté sur un écran géant à la diffusion de la conférence de presse de clôture du sommet.

Zelenski a déclaré lors de la conférence de presse qu’il n’avait rien cédé à propos de la souveraineté de l’Ukraine et son intégrité territoriale. Il a ajouté que Poutine et lui-même s’étaient opposés sur plusieurs questions.

Le président russe, pour sa part, ne veut pas donner l’impression de fléchir face aux pressions externes sur la question de l’est de l’Ukraine et laisser la population russophone du Donbass à la merci du gouvernement de Kiev.

Poutine a seulement fait part d’un espoir mesuré pour les négociations de paix. “Tout cela nous donne les bases pour supposer que le processus avance dans la bonne direction”, a-t-il dit.

Avec Reuters

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