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Le gouvernement intérimaire brésilien rattrapé par le scandale de corruption Petrobras

Romero Juca, ministre de la Planification, Brasília, 29 mars 2016

A peine installé, le gouvernement intérimaire brésilien a été fortement ébranlé par la mise en cause d'un ministre accusé d'avoir œuvré à la destitution de la présidente Dilma Rousseff dans l'objectif de stopper l'enquête sur le scandale de corruption Petrobras.

Le quotidien Folha de Sao Paulo a déclenché une tempête politique en publiant lundi l'enregistrement d'une conversation très compromettante pour l'actuel ministre de la Planification Romero Juca, un proche du président par intérim Michel Temer qui a pris ses fonctions depuis que la présidente Dilma Rousseff a été écartée du pouvoir le 12 mai.

Dans cette conversation datant du mois de mars, M. Juca évoque la nécessité d'un "pacte" pour écarter la présidente de gauche Dilma Rousseff du pouvoir, et par la même occasion mettre fin à l'enquête sur le scandale de corruption Petrobras dans lequel il est lui-même visé.

"L'impeachment est nécessaire. Il n'y a pas d'autre issue. Il faut résoudre toute cette merde. Il faut changer le gouvernement pour stopper l'hémorragie", y déclare M. Juca lors d'une conversation à son domicile avec l'ancien sénateur Sergio Machado, ex-président de la compagnie pétrolière Transpetro, lui-même soupçonné de corruption dans le dossier Petrobras.

Romero Juca a assumé récemment la présidence du grand parti centriste PMDB de Michel Temer, qui avait précipité la chute de Mme Rousseff en claquant la porte de sa coalition chancelante fin mars.

Accusée de maquillages des comptes publics, mais pas de corruption, Mme Rousseff a été écartée de la présidence le 12 mai pour un maximum de six mois par le Sénat, dans le cadre d'une procédure de destitution controversée, en attendant le jugement final des sénateurs.

Le PMDB est éclaboussé au plus haut niveau par le scandale Petrobras, au même titre que le Parti des travailleurs (PT, gauche) de Dilma Rousseff avec qui il a dirigé le pays depuis 2003.

- Pas de démission -

Devenu dans la foulée l'un des ministres clé du gouvernement Temer, Romero Juca a reconnu l'authenticité de sa conversation avec M. Machado, qui semble avoir été enregistrée à son insu par ce dernier dans la perspective d'un accord de collaboration avec la justice.

Le ministre, désormais sur la sellette, s'est défendu en affirmant que le journal Folha de Sao Paulo avait tronqué ses propos en ne publiant que des extraits "hors de contexte", lors d'une conférence de presse.

M. Juca a indiqué qu'il n'avait pas l'intention de démissionner tant qu'il aurait la confiance de Michel Temer, affirmant qu'il soutenait l'enquête Petrobras et n'avait jamais rien fait pour tenter de l'entraver.

Lorsqu'il parlait de "stopper l'hémorragie", il ne se référait pas à l'enquête Petrobras, mais à la situation économique du Brésil, a-t-il soutenu.

Mais dans les extraits de sa conversation publiés par Folha, il ne se réfère à aucun moment à la sévère récession économique qui plombe le géant émergent d'Amérique latine.

Il n'y est question que de l'inquiétude des deux interlocuteurs sur l'avancée de l'enquête Petrobras, qui éclabousse une grande partie de l'élite politique brésilienne.

- 'Produit de ce gouvernement putschiste' -

"Il faut un accord, mettre Michel (Temer au pouvoir, NDLR), un grand accord national", y déclare M. Machado.

"Avec le tribunal suprême, et tout le monde", répond M. Juca.

M. Machado juge que la "situation est grave" car les juges du dossier Petrobras "veulent attraper tous les politiques".

"Ils veulent en finir avec la classe politique, pour faire émerger une nouvelle caste pure", abonde M. Juca.

L'entourage de Dilma Rousseff s'est immédiatement engouffré dans la brèche en réclamant la démission de M. Juca.

"La révélation du dialogue entre Romero Juca et Sergio Machado démontre la véritable raison du coup pratiqué contre la démocratie et contre le mandat légitime de Dilma Rousseff. L'objectif est de freiner l'enquête Petrobras et de la mettre sous le tapis", a réagi l'ancien ministre Ricardo Berzoini, sur la page Facebook de la présidente suspendue.

"C'est un scandale, une honte, c'est le produit de ce gouvernement putschiste", a ajouté cet ancien ministre de Mme Rousseff.

Ces révélations tombent mal pour Michel Temer, dont la volonté déclarée de préserver l'enquête Petrobras avait déjà été mise en doute par la nomination de sept ministres visés par des enquêtes judiciaires dans son gouvernement de "salut national", dont M. Juca.

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Le cours du jus d'orange monte grâce au coronavirus

Dans un supermarché Nakumatt, à Nairobi, Kenya, le 18 juillet 2014. (Photo: REUTERS/Thomas Mukoya)

Le cours du jus d'orange connaît une forte hausse cette semaine, sous l'effet d'une demande importante des consommateurs espérant qu'un peu de vitamine C les aidera à combattre le nouveau coronavirus.

La livre de jus d'orange a gagné plus de 20% en cinq jours pour atteindre jeudi 122,55 cents sur le marché new-yorkais, un niveau qu'elle avait atteint l'an dernier à la même époque mais sous lequel elle évoluait depuis.

Le jus d'orange est bien "l'un des plus gros gagnants sur les marchés" en ce moment, assure à l'AFP Stephen Innes, de AxiCorp, en raison de ses "propriétés immuno-stimulantes" qui ont mis un coup d'accélérateur à la demande.

"Cette réaction (des cours) n'est pas rare lors des épidémies de grippe, les consommateurs étant en demande de boissons plus saines", abonde François Sonneville, analyste chez Rabobank interrogé par l'AFP.

"La question de savoir si le jus d'orange est sain fait l'objet de nombreux débats (...) en raison de sa teneur naturellement élevée en sucre, mais il a été démontré que la vitamine C renforce le système immunitaire", a-t-il ajouté.

Ce rebond des cours est accentué par les contraintes qui pèsent par ailleurs sur l'offre.

"Comme les avions sont pour la plupart cloués au sol, il devient difficile d'acheminer les oranges et la pulpe", complète M. Innes.

"De même, les consignes de distanciation sociale et les confinements compliquent la récolte" des fruits, a-t-il ajouté.

Avec les deux tiers de la production mondiale, selon des données compilées par Rabobank, le Brésil est de loin le premier producteur de jus d'orange sur la planète.

Coronavirus et stress: comment rester calme pendant ces moments difficiles

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Coronavirus : le pape préside en solitaire une prière planétaire

Le pape François peu avant son traditionnel discours "Urbi et Orbi", le 25 décembre 2019. (AFP PHOTO /VATICAN MEDIA)

C'est une première : seul sur le gigantesque parvis désert de la basilique Saint-Pierre, le pape François préside vendredi une prière mondiale contre la pandémie pour un public virtuel, conclue par une inhabituelle bénédiction "Urbi et orbi".

A 17h00 GMT, le chef du 1,3 milliard de catholiques de la planète leur a demandé de se joindre à lui durant une heure, via internet, la radio ou la télévision.

Même le réalisateur italien Paolo Sorrentino, auteur de deux séries très provocatrices campées au Vatican avec des hommes en blanc iconoclastes, n'avait pas imaginé une place Saint-Pierre totalement vide.

Vendredi, l'Argentin Jorge Bergoglio s'exprimera lors d'une "méditation", assis sur un fauteuil installé sur un parvis interdit d'accès par la police italienne.

Le portail internet du Saint-Siège ("Vatican News") a mis en place des retransmissions en direct en huit langues, dont le chinois ou l'arabe, y ajoutant un canal avec la langue des signes, une nouveauté.

"A la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse", avait expliqué dimanche dernier le pape François.

"Restons unis. Faisons sentir notre proximité avec les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité avec les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires", avait-il dit, en mentionnant aussi "les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles" et "les policiers, soldats, qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route".

Un "Urbi et Orbi" inédit

En temps normal, la bénédiction "Urbi et Orbi" (A Rome et au monde) se fait depuis la célèbre loggia du palais apostolique, uniquement à Noël et Pâques, les deux temps forts du calendrier chrétien, ou encore à l'occasion de l'élection d'un nouveau pape.

La bénédiction est normalement précédée d'un tour d'horizon des conflits armés de la planète. Mais vendredi, le pape se concentrera sur un adversaire, le nouveau coronavirus qui a infecté plus d'un demi-million de personnes dans le monde dont plus de 23.000 sont décédées.

Les croyants auront aussi la possibilité d'obtenir "l'indulgence plénière", ou pardon des péchés, qui peut être accordée de façon collective aux personnes menacées par les guerres ou les épidémies.

A la mi-mars, le pape s'était rendu en pèlerinage surprise dans deux églises de Rome, filmé à pied dans la principale artère d'une Rome aux allures de ville fantôme.

A l'une de ces églises, il a emprunté un "crucifix miraculeux" qui aurait sauvé la capitale italienne de la grande peste au XVIe siècle, exhibé lors de processions et qui a été placé vendredi devant la basilique Saint-Pierre.

"Au temps de la peste au Moyen-Age, l'Eglise était la seule présente sur la scène publique à travers les processions de prêtres qui devaient produire des miracles", rappelle le vaticaniste italien Marco Politi.

Or l'Eglise s'avère grandement éclipsée et marginalisée dans la communication de crise sanitaire de pays de plus en plus sécularisés, donnant la parole aux médecins et aux élus.

"Le pape a senti qu'il devait faire quelque chose", souligne Marco Politi. "Il est allé dans les rues de Rome, l'Eglise oeuvre en coulisses pour apporter notamment de la nourriture aux pauvres, mais le pape veut reprendre une part de la scène et de l'imaginaire collectif", analyse-t-il.

A l'heure d'un strict confinement en Italie, les services de l'Eglise catholique universelle sont au ralenti et la plupart des prélats dirigeant des dicastères (ministères) travaillent dans leurs appartements.

Sur la santé du pape, qui a souffert d'un rhume avec toux en mars et serait entouré d'un strict cordon sanitaire, le Saint-Siège reste des plus discrets. Même si un prélat italien travaillant à la Secrétairerie d'Etat (gouvernement) et vivant dans sa résidence a été testé positif mercredi au coronavirus, selon des médias italiens.

Un religieux travaillant également à la Secrétairerie d'Etat vient aussi d'être contaminé, rapporte vendredi le quotidien Il Messagero, selon qui les tests faits à date sur le pape ont tous été négatifs.

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