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Brésil-Corruption: demande d'enquête sur Lula, Dilma également visée selon les médias

Dilma Roussef, president du Bresil

Le procureur du Brésil a demandé mardi au Tribunal suprême fédéral (STF) l'autorisation d'enquêter sur l'ex-président Lula, trois ministres proches de la présidente Dilma Rousseff et 27 autres personnes dans le cadre du scandale de corruption Petrobras.

L'ouverture d'une enquête contre Dilma Rousseff, pour obstruction à la justice, a également été demandée par le procureur général, ont annoncé mardi les principaux médias nationaux, une information qui n'a pas immédiatement été confirmée officiellement.

Selon les informations de Globo, Folha de Sao Paulo et Estadao, le procureur général du Brésil, Rodrigo Janot, a demandé à la Cour suprême l'ouverture de cette enquête sur Mme Rousseff ainsi que sur son précédesseur et mentor, l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva.

Il s'agit d'un nouveau développement dans la crise politique que connaît le Brésil avec la menace de destitution qui pèse sur Mme Rousseff.

Parmi les personnes visées figurent aussi des personnalités du grand parti centriste PMDB du vice-président Michel Temer, appelé à assumer la présidence dès la semaine prochaine si Mme Rousseff est écartée provisoirement du pouvoir par le Sénat dans le cadre de sa procédure de destitution.

"La demande vise à les inclure dans l'enquête principale pour association de malfaiteurs" sur les détournements de fonds systématiques au sein du groupe pétrolier étatique Petrobras et leurs ramifications politiques, a déclaré à l'AFP un porte-parole du STF.

"Si cette demande est acceptée il y aura plus de 70 personnes impliquées dans ce procès", a souligné cette source sans fournir plus de détails sur le contenu de la demande du procureur général du Brésil Rodrigo Janot.

L'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) est directement visé comme l'un des principaux responsables de "l'organisation criminelle".

"Jamais elle (l'organisation criminelle) n'aurait pu fonctionner pendant autant d'années de manière aussi étendue et agressive au sein du gouvernement fédéral sans que l'ex-président Lula y ait participé", indique le procureur dans un extrait de sa demande écrite au STF cité par le quotidien Folha de Sao Paulo.

Le procureur vise trois ministres influant du Parti des travailleurs (PT, gauche) formant la garde rapprochée de Dilma Rousseff: son chef de cabinet Jaques Wagner, le ministre attaché à la présidence, Ricardo Berzoini, et celui de la Communication sociale et trésorier de sa campagne électorale de 2014, Edinho Silva.

- 'Affaires obscures' -

"Concernant les membres du PT, de nouveaux éléments de preuve montrent le fonctionnement d'une organisation criminelle verticale, d'une ampleur bien plus vaste que ce qu'on pouvait imaginer à l'origine et avec une énorme concentration de pouvoir entre les mains de ses chefs", écrit le procureur Janot, cité par Folha de Sao Paulo.

La demande du procureur vise également plusieurs parlementaires du PMDB du vice-président Temer, en particulier le très controversé président de la Chambre des députés, Eduardo Cunha (PMDB), qui a tiré depuis décembre les ficelles de la procédure d'impeachment contre Mme Rousseff.

"Les preuves recueillies indiquent qu'il y avait une répartition interne de pouvoir entre le PMDB au Congrès des députés et le PMDB au Sénat. Il semble qu'ils agissaient de façon autonome, tant pour les indications politiques de postes importants au sein du gouvernement que pour la destination des pots-de-vin obtenus à travers des affaires obscures", écrit le procureur Janot.

Le PMDB a été un allié centriste incontournable du PT au pouvoir depuis 2003, jusqu'à ce qu'il claque la porte de la majorité en mars, poussé par le vice-président Temer qui, depuis, brigue ouvertement le fauteuil présidentiel de Mme Rousseff.

La semaine prochaine, les sénateurs vont selon toute vraisemblance ouvrir formellement par un vote à la majorité simple le procès en destitution de Mme Rousseff.

Dans ce cas, la présidente sera alors écartée du pouvoir pendant un maximum de six mois en attendant un jugement final et le vice-président Temer assumera alors ses fonctions. Il se prépare déjà activement à former un nouveau gouvernement au sein duquel le PMDB jouera un rôle central.

- Michel Temer cité -

M. Temer a lui-même été mis en cause par plusieurs inculpés du dossier Petrobras. Mais il n'est pas à ce stade officiellement visé par l'enquête, à la différence du président du Sénat Renan Calheiros, autre hiérarque du PMDB et quatrième personnage de l'Etat.

Le procureur Janot avait par ailleurs demandé lundi au STF l'autorisation d'enquêter sur le chef de l'opposition Aecio Neves (PSDB, centre-droit), adversaire malheureux de Mme Rousseff au second tour de la présidentielle de 2014.

Ses demandes se fondent en partie sur les dénonciations de Delcidio Amaral, ancien chef du groupe sénatorial du PT qui a accepté de collaborer avec la justice contre de futures remises de peine, après sa mise en examen dans le dossier Petrobras.

Les déclarations de M. Amaral à la mi-mars avaient déclenché un séisme politique car il accusait Mme Rousseff et son prédécesseur Lula d'être au courant et d'avoir bénéficié du réseau de corruption Petrobras pour le financement de leurs campagnes électorales.

M. Amaral avait aussi mis en cause le vice-président Temer.

Avec AFP

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Covid-19: "le pire est à venir" dans les pays en conflit, avertit le chef de l'ONU

António Guterres, le secrétaire général de l'ONU, à Addis Abeba le 8 février 2020.

"Le pire est à venir" dans les pays en conflit, a averti vendredi le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres en relançant son appel à des cessez-le-feu partout dans le monde pour aider à endiguer la progression du Covid-19.

"Il y a une chance pour la paix, mais nous en sommes loin. Le besoin est urgent. La tempête du Covid-19 arrive maintenant sur tous les théâtres de conflit", a-t-il ajouté en présentant un rapport sur les avancées obtenues depuis son appel lancé le 23 mars.

"Le virus a montré à quel point il peut traverser rapidement les frontières, dévaster des pays et bouleverser des vies. Le pire est encore à venir", a souligné le chef de l'ONU.

Selon lui, un "nombre substantiel de parties à des conflits" ont exprimé leur accord à un arrêt des hostilités, notamment au "Cameroun, en Centrafrique, en Colombie, en Libye, en Birmanie, aux Philippines, au Soudan du Sud, au Soudan, en Syrie, en Ukraine et au Yémen".

"Mais un immense fossé demeure entre les déclarations et les actes - transformer les mots en paix sur le terrain et dans la vie des gens", a-t-il déploré, évoquant même des situations "où des conflits se sont intensifiés".

En se félicitant du soutien à son appel de quelque 70 Etats, d'ONG, de représentants de la société civile et de dirigeants religieux, dont le pape François, et d'une pétition ayant réuni plus d'un million de signatures, Antonio Guterres a jugé que des "efforts diplomatiques solides" étaient encore nécessaires.

L'Union européenne "appuie fermement" cet appel, et exhorte "tous ceux qui sont impliqués dans des conflits armés partout dans le monde à s'engager dans des efforts pour trouver une solution politique", a réagi vendredi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

"Pour faire taire les armes, nous devons élever les voix pour la paix", a encore déclaré Antonio Guterres, sans mentionner le Conseil de sécurité de l'ONU, qui reste empêtré dans des divisions entre les Etats-Unis et la Chine, selon des diplomates.

Depuis le début de la crise, le Conseil n'a pas tenu une seule réunion consacrée au Covid-19, ni produit une déclaration ou résolution commune.

L'Assemblée générale de l'ONU a été jeudi la première enceinte de l'organisation à sortir du silence en adoptant par consensus une résolution appelant à une "coopération internationale" et au "multilatéralisme" pour affronter de manière unie la pandémie et non plus dans la dispersion.

"Dans ces circonstances particulièrement difficiles, je lance un appel spécial à tous les pays ayant de l'influence sur des parties en guerre afin qu'elles fassent tout ce qui est possible pour que les cessez-le-feu deviennent réalité", a aussi dit Antonio Guterres.

Il n'a pas cité de pays en particulier, mais plusieurs Etats se livrent, parfois depuis des années, des conflits par procuration, en Syrie, en Libye ou au Yémen.

"J'appelle tous ceux qui peuvent faire une différence à faire cette différence: exhorter et faire pression sur les combattants dans le monde pour qu'ils lâchent leurs armes", a-t-il insisté.

Melania Trump passe un coup de fil à Brigitte Macron

Les premières dames américaine et française Melania Trump et Brigitte Macron sur les marches du Palais de l’Elysée à Paris, le 10 novembre 2018, lors des commémorations du centenaire marquant la fin de la Première Guerre mondiale. (AP Photo/Jacquelyn Martin)

La Première dame des Etats-Unis Melania Trump a exprimé vendredi, lors d'un échange téléphonique avec Brigitte Macron, la solidarité de son pays avec la France.

L'épouse de Donald Trump a transmis à l'épouse d'Emmanuel Macron ses condoléances "pour ceux qui ont perdu la vie en raison du coronavirus en France", a indiqué la Maison Blanche dans un compte-rendu de l'appel.

"Elle a également réaffirmé que les Etats-Unis étaient aux côtés des Français et s'est dite optimiste sur la capacité (des deux pays) à surmonter ensemble cette période difficile", ajoute le texte.

Les deux femmes, qui se sont rencontrées à de nombreuses reprises, ont prévu de rester en contact au cours "des jours et des semaines" à venir.

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Un commandant américain limogé après avoir alerté sur le Covid-19 à bord d'un porte-avions nucléaire

Le USS Theodore Roosevelt à l'entrée du port de Da Nang, au Vietnam, le 5 mars 2020. (Photo: Reuters)

Le commandant du porte-avions nucléaire américain USS Theodore Roosevelt, qui avait lancé un appel aux accents dramatiques pour faire évacuer son navire contaminé par le coronavirus, a été démis de ses fonctions, a annoncé jeudi le secrétaire à l'US Navy, Thomas Modly.

"Nous ne sommes pas en guerre. Il n'y a aucune raison que des marins meurent", avait écrit le capitaine de vaisseau Brett Crozier dans une lettre à sa hiérarchie publiée mardi par le San Francisco Chronicle.

"Nous ne sommes peut-être pas en guerre dans le sens traditionnel du mot, mais nous ne sommes pas non plus complètement en paix", a noté M. Modly au cours d'une conférence de presse. "Et nous demandons à nos commandants de faire preuve de jugement, de maturité, de leadership et de calme sous la pression."

Or le commandant Crozier a "fait preuve d'un très mauvais jugement en période de crise", a-t-il jugé.

Il sera remplacé par son prédécesseur immédiat, le vice-amiral Carlos Sardiello, qui lui avait transmis le commandement du Theodore Roosevelt en novembre dernier et qui connait donc parfaitement le navire.

"Le commandant Crozier a laissé la complexité du défi posé par l'épidémie de Covid à bord prendre le dessus sur son professionnalisme, au moment où le plus urgent était d'agir avec professionnalisme", a estimé M. Modly.

"Je ne doute absolument pas que le commandant Crozier ait fait ce qu'il croyait nécessaire pour le bien-être de son équipage", a-t-il poursuivi.

Mais cette lettre et l'écho qu'elle a recueilli ont "alarmé inutilement les familles de nos marins", a-t-il regretté. Elle a aussi "semé le doute sur les capacités et la sécurité opérationnelles du navire, ce qui aurait pu encourager nos adversaires à en profiter".

"C'est pour ces raisons que j'ai perdu confiance dans sa capacité à continuer à commander ce navire de guerre alors qu'il combat ce virus pour remettre l'équipage sur pied", a-t-il conclu.

Le secrétaire à l'US Navy a souligné que ce n'était pas le fait que le commandant du porte-avion ait lancé une alerte qui méritait son limogeage, mais le fait qu'il ait envoyé un e-mail aussi alarmiste au commandement régional avec une trentaine de personnes en copie.

C'est ce qui a apparemment permis que la lettre soit parvenue au San Francisco Chronicle, a-t-il ajouté sans accuser directement le commandant de l'avoir fait fuiter lui-même.

L'US Navy a commencé à évacuer les trois quarts de l'équipage du Theodore Roosevelt, un porte-avions nucléaire immobilisé à Guam depuis le 28 mars.

Les marins malades ou testés positifs seront placés en quarantaine sur la grande base navale américaine de Guam, qui abrite plusieurs milliers de marins et leurs familles, et ceux qui ne sont pas atteints par le coronavirus dans des hôtels de l'île, pour donner plus d'espace au millier de marins restant à bord et leur permettre de respecter une certaine distanciation sociale.

Le nombre de marins testés positif au Covid-19 est désormais de 114 et "il y en aura probablement des centaines", a indiqué M. Modly, soulignant qu'aucun des marins n'était gravement malade.

Le coronavirus représente un dilemme pour l'armée américaine, qui est fortement mobilisée aux Etats-Unis, où elle participe aux efforts du gouvernement fédéral pour lutter contre l'épidémie, mais qui veut rester opérationnelle pour continuer à démontrer la puissance militaire des Etats-unis à l'étranger.

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