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Brésil : Des mesures économiques attendues avec l’arrivée de Michel Temer

Le président intérimaire Michel Temer, à Brasilia, Brésil, 12 mai 2016.

Le nouveau gouvernement brésilien présidé par Michel Temer s'est mis au travail dès vendredi matin pour essayer de redresser le pays, englué dans une profonde crise économique, et ses premières mesures d'urgence étaient attendues dans la foulée.

"Nous avons peu de temps", a prévenu Michel Temer, du grand parti de centre-droit PMDB, lors de sa prise de fonction jeudi au palais présidentiel de Planalto.

"Mais nous nous efforcerons de mettre en place les réformes dont le Brésil a besoin", a assuré l'ancien vice-président de Dilma Rousseff devenu son principal rival.

Son gouvernement était réuni pour la première fois vendredi matin, a annoncé sur Twitter Michel Temer en publiant une série de photos.

Dans la foulée, une conférence de presse du nouveau ministre des Finances Henrique Meirelles était attendue à 14H30 GMT, pour dévoiler des mesures choc afin de tenter de sortir l'économie brésilienne de la pire récession depuis les années 1930.

Après des mois d'agitation politique, le Sénat a décidé jeudi à l'aube l'ouverture d'un procès en destitution de Dilma Rousseff, l'impopulaire dirigeante de gauche accusée de maquillage des comptes publics.

Avec ce vote à une très large majorité (55 voix sur 81 sénateurs), la présidente est écartée du pouvoir pour un maximum de six mois en attendant le jugement final du Sénat.

Tous les yeux sur Temer

"Il est nécessaire de rétablir la crédibilité du Brésil sur la scène nationale et internationale", a déclaré Michel Temer en s'adressant à la nation, entouré de son gouvernement de redressement économique et d'inspiration libérale.

Cet avocat constitutionnaliste de 75 ans, aussi discret qu'habile politicien, a prôné des coupes budgétaires et des incitations à l'investissement pour combattre l'inflation élevée et la flambée du chômage.

Parmi ses ministres, l'ex-président de la Banque centrale Henrique Meirelles est chargé du portefeuille des Finances et l'économiste José Serra, ex-gouverneur de Sao Paulo, a hérité des Affaires étrangères.

Mais à peine formé, ce gouvernement est déjà la cible de critiques : sur 24 ministres, aucune femme et aucune personne de couleur.

De leur côté, les marchés voient d'un bon oeil la nomination de M. Meirelles, lui qui a réussi, à la tête de la Banque centrale sous la présidence de Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), à contenir l'inflation.

Mais rien n'est gagné pour Michel Temer. Il devra composer avec une féroce opposition de gauche et les nombreux problèmes qui ont nui à Dilma Rousseff, dont une économie en déliquescence (contraction du PIB de 3,8% en 2015).

En outre, plusieurs de ses ministres et alliés politiques sont dans le collimateur de la justice pour corruption, ce qui fragilise la crédibilité du nouveau président.

D'autant que son talon d'Achille reste la façon dont il est parvenu à la fonction suprême : sans passer par les urnes. M. Temer est crédité d'une très faible popularité et en cas d'élections, seuls 1% à 2% des Brésiliens voteraient pour lui, selon un récent sondage.

Rousseff combative

La suspension de Dilma Rousseff, ex-guérillera de 68 ans devenue la première femme présidente du géant sud-américain en 2011, sonne le glas d'une époque dorée pour la gauche en Amérique Latine.

Elle a appelé les Brésiliens à "se mobiliser" contre le "coup d'Etat" dont elle se dit victime, avant de quitter la présidence. "J'ai pu faire des erreurs mais je n'ai pas commis de crime" de responsabilité, a-t-elle affirmé, combative.

L'opposition de droite accuse la présidente d'avoir dissimulé l'ampleur des déficits publics en 2014 pour se faire réélire, ainsi qu'en 2015, via des tours de passe-passe budgétaires. Elle lui reproche aussi d'avoir pris l'initiative de dizaines de milliards de dollars de dépenses sans l'aval du Parlement.

Pour sa défense, Mme Rousseff souligne que tous ses prédécesseurs ont eu recours à cette pratique sans avoir jamais été inquiétés.

Elle accuse "le traître" Michel Temer d'avoir précipité sa chute pour s'emparer du pouvoir en poussant fin mars sa formation, le grand parti centriste du PMDB, à lui retirer son appui.

Avec une popularité d'à peine 10%, Mme Rousseff est temporairement écartée de son poste au milieu du scandale de corruption de Petrobras qui éclabousse une bonne partie de l'élite politique du Brésil. Elle n'inaugurera pas les jeux Olympiques qui se célébreront du 5 au 21 août à Rio de Janeiro.

Le temps de son procès, la présidente suspendue pourra continuer d'habiter dans sa résidence de l'Alvorada, à 5 km du Palais présidentiel. Elle pourrait revenir en septembre mais ses chances d'être réintégrée par le Sénat sont quasiment nulles.

Avec AFP

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Le nouveau coronavirus a tué plus de 25.000 personnes en Europe

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Coronavirus en Inde: l'exode des travailleurs migrants suscite des inquiétudes

Les médecins et les agents de santé identifient sur une carte aérienne la zone à surveiller pour tenter de contrer la propagation du COVID-19 à Srinagar, au Cachemire sous contrôle indien, le19 mars 2020. ( Photo AP / Dar Yasin)

Les autorités indiennes tentaient lundi de juguler l'exode de centaines de milliers de travailleurs migrants, privés de travail en raison du confinement décidé pour lutter contre le coronavirus, qui risque de contrecarrer la lutte contre la maladie dans le deuxième pays le plus peuplé du monde.

Après le début du confinement mercredi, ces travailleurs privés d'emploi ont quitté massivement les grandes villes, en particulier Delhi, pour regagner leurs villages, marchant parfois sur de très longues distances avec très peu d'argent et de nourriture.

Cet exode a soulevé des craintes quant à la propagation du virus. Beaucoup se sont retrouvés entassés par les autorités dans des autocars ou des camps de secours.

Les autorités de la capitale indienne ont fermé dimanche soir les frontières de la région pour tenter de stopper les départs et ordonné l'installation d'abris. Lundi, les foules avaient disparu en banlieue de Delhi et les autorités ont indiqué nourrir 400.000 personnes, avec plus de 550 écoles transformées en abris. Selon le quotidien Times of India, quelque 5.000 personnes ont été installées sur un circuit automobile près de Delhi.

L'Etat de Maharashtra (centre), dont la capitale est Bombay, a mis en place 262 camps d'urgence abritant 70.399 personnes, selon les autorités locales.

L'Uttar Pradesh (Nord) a annoncé l'ouverture de 600 abris qui serviront de zone de quarantaine, a déclaré à l'AFP un responsable local, Alok Kumar.

Une vidéo, postée sur Twitter par un journaliste du Times of India et par le quotidien The Hindu, a montré des migrants revenant en autocar dans cet Etat apparemment arrosés de désinfectant par des hommes vêtus de combinaisons de protection.

Dans le Gujarat (Ouest), des heurts ont opposé dimanche soir à Surate plusieurs centaines de travailleurs migrants à la police qui les empêchaient de passer, selon des sources policières. Plus de 90 travailleurs migrants ont été arrêtés.

"Cette migration a apporté (le virus) dans de petites villes et des villages", a déclaré à l'AFP le virologiste Shahid Jameel du programme de soutien à la recherche Wellcome Trust DBT India Alliance.

Selon un dernier décompte officiel dimanche, l'Inde, pays de 1,3 milliard d'habitants, enregistre plus d'un millier de cas d'infections avec 29 décès. De nombreux experts s'interrogent sur ces chiffres, pointant le faible nombre de personnes testées.

Le confinement complique le quotidien des femmes battues

Rassemblement pour dénoncer les fémicides et la violence domestique au Havre, France, 18 septembre 2019. (Lou Benoist/AFP)

Les craintes d'une recrudescence des violences domestiques montent dans divers pays face au confinement imposé pour endiguer la propagation du coronavirus.

De Paris à Berlin, en passant par Madrid, Rome ou Bratislava, les associations tirent la sonnette d'alarme, alors que l'Europe est devenue, après la Chine, l'épicentre de la pandémie.

"Pour beaucoup, la maison n'est déjà pas un lieu sûr", indique la fédération allemande des centres de conseils et d'appels d'urgence pour les femmes. Mais le stress lié à l'isolement social actuel exacerbe les tensions et augmente "la menace de violences domestiques et sexuelles pour les femmes et enfants", prévient-elle.

Les risques ne se limitent pas aux foyers en difficulté. Au delà du huis clos familial forcé, les inquiétudes liées aux pertes d'emplois ou difficultés financières provoquées par la crise sont propices à l'éclatement des conflits.

"Cela monte en pression dans les foyers", déclare ainsi Florence Claudepierre, responsable de la fédération de parents d'élèves FCPE dans le Haut Rhin, région frappée de plein fouet par l'épidémie en France. Elle évoque des témoignages de "parents qui craquent, qui n'en peuvent plus" dans des familles normalement sans problème.

En Chine, berceau de l'épidémie qui sort doucement d'une stricte quarantaine de plusieurs semaines, l'association des Droits de la femme Weiping a fait état d'un triplement des violences rapportées par des femmes.

En Espagne, pays du Vieux continent le plus touché par le virus après l'Italie, une mère de deux enfants de 35 ans a été tuée par son partenaire il y a une semaine. Ailleurs, de nombreux centres d'urgence ont fait état d'une baisse des appels à l'aide, ce qui n'est pas jugé comme un bon signe.

Pour les enfants, adolescents, ou femmes victimes de violences, psychologique ou physiques, à la maison, la situation actuelle signifie "être constamment livrés" au responsable de ces actes, souligne la fédération allemande.

Ecoles, clubs sportifs, centres de jeunesse ont tous portes closes, autant de "mesures importantes" pour freiner la rapide propagation du virus et éviter des hôpitaux débordés, admet Rainer Rettinger, qui dirige une association allemande de protection de l'enfance. Mais "qui voit et entend aujourd'hui les enfants maltraités?", s'inquiète-t-il.

"Désormais, la violence, elle aussi, est confinée. C'est ce qui nous fait peur", abonde à Paris la présidente de la Voix de l'Enfant Martine Brousse.

Alors que les gouvernements dépensent des centaines de milliards d'euros pour l'économie et la santé, ils "ne devraient jamais perdre de vue la nécessité de garantir l'égalité et les droits humains fondamentaux", a récemment pointé Béatrice Fresko-Rolfo, rapporteure générale sur la violence à l’égard des femmes de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

"Actuellement, les associations font face à une double difficulté: apporter à distance l'aide adéquate aux victimes, alors que les travailleurs sociaux sont eux aussi contraints au télétravail, et les mettre en sécurité si besoin alors que les places sont rares dans les refuges.

"Des femmes ont appelé, et dit qu'il y avait des violences à la maison. Elles demandent: où est-ce que je peux aller?" rapporte Canan Gullu, de la fédération des associations de femmes en Turquie.

Si en Allemagne, la ministre de la Famille, Franziska Giffey, a appelé les communes à organiser si besoin des accueils alternatifs, l'Autriche voisine prévoit une garantie de place dans les maisons de femmes ou l'exclusion du membre violent des familles en quarantaine.

Dans des pays où le confinement est très strict, comme l'Italie, les victimes sont exemptées des formalités en vigueur, comme les déclarations d'honneur à remplir, si elles veulent se rendre dans des centres anti-violence.

"La situation actuelle est sans précédent", résume Adriana Havasova, psychologue à Bratislava, espérant que le confinement se limite à deux ou trois semaines. S'il venait à durer deux ou trois mois, "je ne peux pas imaginer à quel point les violences domestiques pourraient augmenter", prévient-elle.

Le Venezuela reçoit le soutien de la Chine pour lutter contre le coronavirus

Des travailleurs en combinaisons de protection désinfectent les rues pendant la quarantaine nationale en réponse à la propagation de la maladie à coronavirus, Caracas, Venezuela, 22 mars 2020. (Reuters/Manaure Quintero)

Cinquante-cinq tonnes d'aide, dont des respirateurs et 5 millions de masques, sont arrivées samedi à Caracas par avion depuis la Chine.

Parmi les 55 tonnes de matériel et de médicaments arrivés à l'aéroport de Maiquetia se trouvent notamment 500.000 "tests de diagnostic rapide", indique la vice-présidente Delcy Rodriguez, qui s'est rendue à l'aéroport avec l'ambassadeur de Chine, Li Baorong.

Le chargement comprend également des respirateurs artificiels, cinq millions de masques, 70.000 thermomètres à infrarouge et de la chloroquine.

L'ambassadeur Li Baorong a affirmé que la Chine était "prête" à envoyer des spécialistes au Venezuela. Le président Nicolas Maduro a dit à maintes reprises s'inspirer de la République populaire pour lutter contre la maladie.

M. Maduro a ordonné la suspension de tous les vols internationnaux il y a deux semaines et le pays est en confinement depuis le 17 mars. Seules les sorties pour aller acheter à manger et chez le médecin sont autorisées.

Deux morts et 113 cas de coronavirus ont été confirmés, mais le chef de file de l'opposition Juan Guaido accuse le gouvernement d'avancer un chiffre en deçà de la réalité.

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