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La destitution de Dilma Rousseff suspendue

La présidente Dilma Rousseff assiste aux célébrations de la fête du 1er mai 2016 à Sao Paulo.

Le président en exercice du Congrès des députés brésilien a provoqué un coup de théâtre en annulant le vote des députés ayant approuvé la procédure de destitution de la présidente Dilma Rousseff, qui a réagi avec circonspection.

Cette décision de Waldir Maranhao, arrivé par surprise à cette fonction jeudi seulement, a plongé Brasilia dans la plus totale confusion car les sénateurs devaient se prononcer à partir de mercredi sur l'ouverture formelle du procès en destitution de Mme Rousseff pour maquillage des comptes publics. La présidente aurait alors été mise à l'écart pour six mois en attendant un jugement final.

Le vice-président Michel Temer, ancien allié de Mme Rousseff devenu son rival, se préparait déjà à assumer la présidence par intérim à la fin de la semaine et à annoncer la formation d'un nouveau gouvernement.

M. Maranhao a estimé que le vote des députés le 17 avril constituait un "pré-jugement" de la présidente de gauche et avait porté "atteinte au droit à une pleine défense de la présidente".

"Pour cette raison, j'ai annulé la session (plénière du Congrès des députés) des 15, 16, 17 avril pour que soit convoquée une nouvelle session pour délibérer sur la question", a indiqué M. Maranahao dans un texte distribué aux journalistes.

M. Maranhao a donné droit à un recours présenté par l'avocat général de l'Etat et ancien ministre de la Justice de Mme Rousseff, José Eduardo Cardozo, qui assure la défense de la présidente au parlement.

Les députés ont approuvé par une écrasante majorité de 367 voix sur 513 la procédure de destitution de Mme Rousseff, passant le relais au Sénat qui a le dernier mot.

Mme Rousseff nie avoir commis un quelconque crime de responsabilité et dénonce un "coup d'Etat parlementaire".

Dilma Rousseff a accueilli la nouvelle avec prudence, lors d'une cérémonie publique au cours de laquelle ses partisans exultaient en criant "il n'y aura pas de coup d'Etat !"

"Vous venez de l'apprendre sur (vos) téléphones portables(...) Je n'ai pas cette information officielle mais je ne pouvais pas faire semblant de ne pas savoir. Mais ce n'est pas officiel, je ne sais pas quelles seront les conséquences, s'ils vous plaît il faut être prudent (...) il faut comprendre ce qui se passe", a-t-elle déclaré.

"Il faut être conscient qu'un dur combat nous attend, plein de difficultés. Je demande instamment à Messieurs les parlementaires de gérer la situation avec sérénité", a ajouté Mme Rousseff.

- Parler avec Dieu -

Plusieurs parlementaires de l'opposition ont exprimé leur surprise et incrédulité, dénonçant une décision "intempestive" et selon eux irrégulière.

Selon toute vraisemblance l'opposition va contester officiellement cette décision, soit devant l'assemblée plénière du Congrès des députés, soit devant le Tribunal suprême fédéral (STF) gardien de la Constitution.

Vice-président du Congrès des députés, M. Maranaho a assumé la présidence de l'assemblée jeudi, après la suspension de ses fonctions du président de la chambre Eduardo Cunha par la justice, pour entrave aux enquêtes le visant dans le cadre du scandale de corruption Petrobras.

Le 17 avril, M. Maranhao, député du Parti progressiste (PP, droite), lui-même soupçonné de corruption dans le dossier Petrobras, avait voté contre la destitution de Mme Rousseff " en défense de la démocratie", tout en jurant sa totale loyauté à Eduardo Cunha, le stratège de la procédure contre la présidente.

La suspension d'Eduardo Cunha par le STF avait déjà totalement pris au dépourvu la classe politique brésilienne la semaine dernière.

Son remplacement par le vice-président Maranhao, jugé peu préparé pour cette fonction, avait également plongé l'opposition et le camp du vice-président Temer dans la perplexité.

Le jour de la suspension de M. Cunha, M. Maranhao était lui-même apparu tétanisé.

En apprenant la nouvelle, il avait immédiatement annulé une séance de débats, coupé les micros de l'assemblée sans explications et s'était réfugié dans son bureau, sous les huées de parlementaires de gauche.

Interrogé par des députés sur ses intentions, il leur avait demandé un moment "pour parler deux trois minutes avec Dieu", selon des parlementaires ayant participé à cette réunion cités par les médias brésiliens.

"Je vais vous surprendre" avait-il lancé plus tard, sans que personne y prête vraiment attention.

L'accession surprise au perchoir de l'assemblée de ce député peu connaisseur des règlements parlementaires inquiétait le camp du vice-président Temer, qui comptait faire passer rapidement après son arrivée au pouvoir un paquet de mesures de redressement économique.

Avec AFP

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Le cours du jus d'orange monte grâce au coronavirus

Dans un supermarché Nakumatt, à Nairobi, Kenya, le 18 juillet 2014. (Photo: REUTERS/Thomas Mukoya)

Le cours du jus d'orange connaît une forte hausse cette semaine, sous l'effet d'une demande importante des consommateurs espérant qu'un peu de vitamine C les aidera à combattre le nouveau coronavirus.

La livre de jus d'orange a gagné plus de 20% en cinq jours pour atteindre jeudi 122,55 cents sur le marché new-yorkais, un niveau qu'elle avait atteint l'an dernier à la même époque mais sous lequel elle évoluait depuis.

Le jus d'orange est bien "l'un des plus gros gagnants sur les marchés" en ce moment, assure à l'AFP Stephen Innes, de AxiCorp, en raison de ses "propriétés immuno-stimulantes" qui ont mis un coup d'accélérateur à la demande.

"Cette réaction (des cours) n'est pas rare lors des épidémies de grippe, les consommateurs étant en demande de boissons plus saines", abonde François Sonneville, analyste chez Rabobank interrogé par l'AFP.

"La question de savoir si le jus d'orange est sain fait l'objet de nombreux débats (...) en raison de sa teneur naturellement élevée en sucre, mais il a été démontré que la vitamine C renforce le système immunitaire", a-t-il ajouté.

Ce rebond des cours est accentué par les contraintes qui pèsent par ailleurs sur l'offre.

"Comme les avions sont pour la plupart cloués au sol, il devient difficile d'acheminer les oranges et la pulpe", complète M. Innes.

"De même, les consignes de distanciation sociale et les confinements compliquent la récolte" des fruits, a-t-il ajouté.

Avec les deux tiers de la production mondiale, selon des données compilées par Rabobank, le Brésil est de loin le premier producteur de jus d'orange sur la planète.

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Coronavirus : le pape préside en solitaire une prière planétaire

Le pape François peu avant son traditionnel discours "Urbi et Orbi", le 25 décembre 2019. (AFP PHOTO /VATICAN MEDIA)

C'est une première : seul sur le gigantesque parvis désert de la basilique Saint-Pierre, le pape François préside vendredi une prière mondiale contre la pandémie pour un public virtuel, conclue par une inhabituelle bénédiction "Urbi et orbi".

A 17h00 GMT, le chef du 1,3 milliard de catholiques de la planète leur a demandé de se joindre à lui durant une heure, via internet, la radio ou la télévision.

Même le réalisateur italien Paolo Sorrentino, auteur de deux séries très provocatrices campées au Vatican avec des hommes en blanc iconoclastes, n'avait pas imaginé une place Saint-Pierre totalement vide.

Vendredi, l'Argentin Jorge Bergoglio s'exprimera lors d'une "méditation", assis sur un fauteuil installé sur un parvis interdit d'accès par la police italienne.

Le portail internet du Saint-Siège ("Vatican News") a mis en place des retransmissions en direct en huit langues, dont le chinois ou l'arabe, y ajoutant un canal avec la langue des signes, une nouveauté.

"A la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse", avait expliqué dimanche dernier le pape François.

"Restons unis. Faisons sentir notre proximité avec les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité avec les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires", avait-il dit, en mentionnant aussi "les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles" et "les policiers, soldats, qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route".

Un "Urbi et Orbi" inédit

En temps normal, la bénédiction "Urbi et Orbi" (A Rome et au monde) se fait depuis la célèbre loggia du palais apostolique, uniquement à Noël et Pâques, les deux temps forts du calendrier chrétien, ou encore à l'occasion de l'élection d'un nouveau pape.

La bénédiction est normalement précédée d'un tour d'horizon des conflits armés de la planète. Mais vendredi, le pape se concentrera sur un adversaire, le nouveau coronavirus qui a infecté plus d'un demi-million de personnes dans le monde dont plus de 23.000 sont décédées.

Les croyants auront aussi la possibilité d'obtenir "l'indulgence plénière", ou pardon des péchés, qui peut être accordée de façon collective aux personnes menacées par les guerres ou les épidémies.

A la mi-mars, le pape s'était rendu en pèlerinage surprise dans deux églises de Rome, filmé à pied dans la principale artère d'une Rome aux allures de ville fantôme.

A l'une de ces églises, il a emprunté un "crucifix miraculeux" qui aurait sauvé la capitale italienne de la grande peste au XVIe siècle, exhibé lors de processions et qui a été placé vendredi devant la basilique Saint-Pierre.

"Au temps de la peste au Moyen-Age, l'Eglise était la seule présente sur la scène publique à travers les processions de prêtres qui devaient produire des miracles", rappelle le vaticaniste italien Marco Politi.

Or l'Eglise s'avère grandement éclipsée et marginalisée dans la communication de crise sanitaire de pays de plus en plus sécularisés, donnant la parole aux médecins et aux élus.

"Le pape a senti qu'il devait faire quelque chose", souligne Marco Politi. "Il est allé dans les rues de Rome, l'Eglise oeuvre en coulisses pour apporter notamment de la nourriture aux pauvres, mais le pape veut reprendre une part de la scène et de l'imaginaire collectif", analyse-t-il.

A l'heure d'un strict confinement en Italie, les services de l'Eglise catholique universelle sont au ralenti et la plupart des prélats dirigeant des dicastères (ministères) travaillent dans leurs appartements.

Sur la santé du pape, qui a souffert d'un rhume avec toux en mars et serait entouré d'un strict cordon sanitaire, le Saint-Siège reste des plus discrets. Même si un prélat italien travaillant à la Secrétairerie d'Etat (gouvernement) et vivant dans sa résidence a été testé positif mercredi au coronavirus, selon des médias italiens.

Un religieux travaillant également à la Secrétairerie d'Etat vient aussi d'être contaminé, rapporte vendredi le quotidien Il Messagero, selon qui les tests faits à date sur le pape ont tous été négatifs.

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