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Brésil: les députés ouvrent la voie de la destitution de la présidente Rousseff

Un manifestant pro-gouvernemental pleurant en réaction au vote de la Chambre basse contre la présidente Rousseff, Brasilia, dimanche 17 avril 2016. (AP Photo/Felipe Dana)

Les députés brésiliens ont ouvert dimanche la voie d'une destitution de la présidente de gauche Dilma Rousseff par le Sénat à une écrasante majorité, lors d'un vote historique qui s'est déroulé dans une ambiance survoltée.

Le camp de la destitution l'a emporté par 367 voix, 25 de plus que les 342 requises (2/3) pour autoriser le sénat à mettre en accusation Mme Rousseff.

Seuls 146 députés, de gauche et d'extrême gauche pour l'essentiel, ont voté contre la destitution. Sept députés uniquement se sont abstenus et trois étaient absents.

Les députés de l'opposition de droite ont exulté, chantant l'hymne des supporters de l'équipe de foot au Mondial-2014 : "Je suis brésilien, avec beaucoup de fierté et beaucoup d'amour".

Un peu plus tôt, le leader du Parti des Travailleurs (PT, gauche) au Congrès des députés José Guimaraes avait reconnu par avance cette "défaite".

"Les putschistes ont gagné ici à la chambre" mais "cette défaite provisoire ne signifie pas que la guerre est perdue", a déclaré M. Guimaraes.

"Nous allons maintenant dialoguer avec le Sénat pour qu'il corrige l'action des putschistes dirigés par des gens sans autorité morale", a-t-il ajouté.

Accusée de maquillage des comptes publics en 2014, année de sa réélection, et en 2015 pour masquer l'ampleur de la crise économique, Mme Rousseff nie avoir commis un crime dit "de responsabilité" et dénonce une tentative de "coup d'Etat" institutionnel. Elle avait annoncé qu'elle "lutterait jusqu'à la dernière minute de la seconde mi-temps".

Mais son mandat ne tient désormais plus qu'à un fil :

D'ici le 11 mai, il suffira d'un vote à la majorité simple des sénateurs pour qu'elle soit formellement mise en accusation pour "crime de responsabilité" et écartée du pouvoir pendant 180 jours au maximum, en attendant un verdict final.

Le vice-président Michel Temer, son ex-allié centriste et désormais rival, assumerait alors ses fonctions et formerait un gouvernement de transition.

Héritière politique de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, Mme Rousseff est entrée dans l'histoire en 2011, en devenant la première femme présidente du Brésil.

Elle risque à présent d'y rejoindre Fernando Collor de Mello, seul président brésilien à avoir été à ce jour destitué, pour corruption, en 1992.

Empoignades, insultes: cette session extraordinaire s'est déroulée dans un lourd climat d'affrontement dès son ouverture par le président du Congrès Eduardo Cunha, ennemi juré de la présidente, inculpé pour corruption dans le scandale des détournements de fonds du géant pétrolier étatique Petrobras, sous les huées des élus de gauche.

Après de longues minutes de confusion où les députés ont failli en venir aux mains, le calme est ensuite à peu près revenu. Après les interventions des chefs des groupes parlementaires, chaque élu a eu dix secondes pour annoncer son vote au micro.

- 'Putschistes! lâches! Canailles!' -

Le privilège de monter le premier à la tribune est revenu au député centriste souffrant Washington Reis, qui a voté pour.

Pendant ces longues heures de suspense, l'opposition creusait l'écart irrémédiablement sur le camp présidentiel de la gauche.

Les élus conservateurs ceints d'écharpes jaune et vert parlaient de "nettoyer le pays de la corruption". "Ciao Dilma!", lançaient certains députés.

Le député d'extrême gauche (PSOL) Jean Wyllys s'est montré le plus éloquent: "Je veux dire que j'ai honte de participer à la farce de cette élection indirecte, conduite par un voleur et ourdie par un traître conspirateur", a-t-il lancé à l'adresse d'Eduardo Cunha et de Michel Temer.

"Au nom des communautés homosexuelles, du peuple noir exterminé dans les quartiers périphériques, des sans-toit, des sans-terre, je vote non à ce Coup d'État", a-t-il martelé.

Avant de conclure en regardant les pro-destitution : "Canailles!".

Plus de 200 millions de Brésiliens, divisés par des mois d'âpre dispute, étaient suspendus au dénouement crucial de la première manche de la lutte de pouvoir qui paralyse le géant émergent d'Amérique latine, au milieu d'un énorme scandale de corruption et de la pire récession économique depuis des décennies.

A Brasilia, environ 53.000 manifestants en vert et jaune favorables à la destitution et 26.000 sympathisants de gauche habillés en rouge ont suivi les débats sur des écrans géants devant l'assemblée, de part et d'autre d'une grande barrière métallique.

Les partisans de la présidente, abattus, ont commencé à évacuer les lieux avant le résultat final.

Mme Rousseff est embourbée depuis sa réélection dans une redoutable crise politique qui s'est embrasée au mois de mars, avec d'immenses manifestations pour son départ et l'entrée frustrée au gouvernement de son mentor Lula, soupçonné de corruption par la justice.

Sa popularité s'est effondrée en 2015 à un plancher historique de 10%, avec un sursaut à 13% en avril. Plus de 60% des Brésiliens souhaitent son départ.

Sa défaite s'est dessinée fin mars quand le grand parti centriste PMDB du vice-président Temer a claqué la porte de sa coalition, imité la semaine dernière par les autres partis centristes de sa base hétéroclite.

"Une bataille s'est déclenchée entre un gouvernement incompétent, soutenu par un parti qui a trahi ses idéaux (le PT), et une opposition hypocrite, dirigée par un législateur accusé de corruption, Eduardo Cunha", a déclaré à l'AFP l'analyste politique Sylvio Costa.

"Dans tous les cas de figure, les perdants continueront à protester dans les rues", prédit M. Costa.

Avec AFP

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Poutine défend la police russe accusée de violence

Le président Vladimir Poutine, au cours d'un rassemblement au stade Luzhniki, à Moscou, le 3 mars 2018.

Le président russe Vladimir Poutine a fermement défendu mercredi les forces de l'ordre, accusées d'avoir abusé de la force pour disperser les récentes manifestations de l'opposition

"C'est leur devoir. Personne ne brandit une matraque juste comme ça. Si les gens se comportent en respectant les règles, les procédures et les lois, qui brandira une matraque?", a déclaré le président russe dans une interview à l'agence de presse publique Tass.

De nombreux militants politiques se sont insurgés contre une réaction policière jugée excessive durant les manifestations d'opposition de l'été dernier à Moscou, les plus importantes qu'a connues la Russie depuis le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012.

Les critiques visaient particulièrement la Garde nationale, une force créée en 2016 relevant directement de l'autorité du président.

Plusieurs manifestants ont en revanche été condamnés à de lourdes peines de prison pour violence après avoir été arrêtés durant les manifestations non autorisées, pourtant largement pacifiques. M. Poutine a là aussi défendu ces condamnations.

"Aujourd'hui, on jette une bouteille d'eau (contre les policiers), demain une chaise et après on va saccager les voitures. C'est inadmissible!", a-t-il assuré lors de cet entretien.

Le président russe a également justifié la lourde peine infligée au blogueur Vladislav Sinitsa, condamné à cinq ans de prison pour un message sur Twitter où il appelait à des violences contre les enfants des policiers.

"Cela peut déstabiliser brutalement la situation dans le pays, on ne peut pas plaisanter avec ça!", a-t-il assuré.

Le chef de l'État a toutefois salué la mobilisation publique ayant permis la libération du journaliste Ivan Golounov, arrêté en juin dernier pour trafic de drogue, des charges qui se sont avérées avoir été inventées de toute pièce.

En janvier, la justice russe a annoncé l'arrestation de cinq ex-policiers qui avaient interpellé ce journaliste du site internet Meduza, réputé pour ses enquêtes sur la corruption.

La CEDH examine la responsabilité de l'Allemagne dans une frappe aérienne meurtrière en Afghanistan

Des agents de sécurité afghans sur un site de l'explosion d'une bombe à Kaboul, en Afghanistan, le mercredi 26 février 2020. (Photo AP / Rahmat Gul)

La formation suprême de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) s'est penchée mercredi sur la responsabilité de l'Allemagne dans une frappe aérienne meurtrière en 2009 en Afghanistan, une affaire qui avait entraîné la démission du ministre allemand de la Défense.

Saisie par un Afghan, Abdul Hanan, qui a perdu ses fils de 8 et 12 ans dans cette frappe, la CEDH avait confié cette affaire en août à sa formation suprême dont les arrêts sont définitifs.

Selon la Cour, la décision dans cette affaire, qualifiée par la chambre des députés allemands d'"un des plus graves incidents impliquant l'armée allemande depuis la Seconde Guerre mondiale", pourrait intervenir d'ici environ un an.

Menée par deux appareils américains le 4 septembre 2009, la frappe avait été ordonnée par un officier allemand, le colonel Georg Klein, sur Kunduz (nord de l'Afghanistan) après le vol par les talibans de deux camions-citernes remplis d'essence.

Elle avait fait 91 morts et 11 blessés parmi lesquels un nombre indéterminé de civils, selon le ministère allemand de la Défense. Toutefois, selon la CEDH, le nombre total des victimes n'a jamais été établi avec certitude, les différents rapports faisant état de 14 à 142 personnes tuées, essentiellement des civils.

Après cette frappe, Berlin avait tenté de minimiser l'affaire devenue très vite politique avant d'entraîner la démission du ministre de la Défense de l'époque, Franz Josef Jung, du chef d'état-major et d'un secrétaire d'Etat à la Défense.

M. Hanan, qui soutient que ces faits se sont déroulés sous la juridiction de l'Allemagne, reproche aux autorités de ce pays des carences dans l'enquête et de ne pas lui avoir offert de recours effectif après le classement sans suite de l'affaire, en avril 2010.

Les débats se sont concentrés mercredi sur la responsabilité légale de Berlin dans cette frappe, alors que le pays participait à la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) créée en vertu d'un mandat de l'Onu et dirigée par l'Otan.

En ouverture de l'audience, Almut Wittling-Vogel, chargée des droits humains au sein du gouvernement allemand, a adressé "les regrets les plus sincères du gouvernement pour les souffrance profondes" du père de famille.

Toutefois, "la région de Kunduz ne relevait pas de la juridiction de l'Allemagne au sens de l'article 1 de la Convention" européenne des droits de l'Homme, car la frappe a été menée au nom des Nations Unies, dans une région sur laquelle Berlin ne disposait pas d'un "contrôle effectif", a plaidé l'avocate de l'Allemagne, Heike Krieger.

Quant à l'enquête en Afghanistan, "la police militaire allemande ne pouvait y jouer qu'un rôle mineur: elle ne pouvait que mener des enquêtes internes, pas convoquer des témoins afghans", la FIAS ne lui conférant pas ce pouvoir, a souligné l'avocate.

Les autorités allemandes ont apporté une "réponse exhaustive" à cet épisode, pour lequel des procédures liées à l'indemnisation des victimes sont toujours en cours, a-t-elle affirmé.

A l'inverse, un des avocats de M. Hanan, Dapo Akande, a pointé la "série d'ordres contraignants" donnés par le colonel ayant mené à cette frappe.

Le colonel Georg Klein n'a pas été suspendu après la frappe et a même été promu général par la suite, a-t-il déploré, assurant que la population de cette zone restait "traumatisée".

Julian Assange se plaint d'avoir des échanges pas assez privés avec sa défense

Un panneau est posé à l'extérieur de Woolwich Crown Court, à Londres, en Grande-Bretagne, le 24 février 2020, avant une audience pour décider si Julian Assange doit être extradé vers les États-Uni,. REUTERS / Hannah Mckay

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange s'est plaint mercredi de ne pas pouvoir échanger avec sa défense en toute confidentialité, interrompant brièvement le troisième jour de l'examen par la justice britannique de la demande d'extradition américaine.

"Je ne peux pas parler à mes avocats en vraie confidentialité", s'est emporté l'Australien de 48 ans, séparé de ses avocats et du reste de la salle d'audience du tribunal de Woolwich (Sud-Est de Londres) par un panneau de verre.

"Je ne peux pas parler à mes avocats (...) Je ne peux pas (leur) poser de questions, je ne peux pas leur donner de directives", a-t-il ajouté après s'être levé, faisant remarquer que des micros placés tout près pouvaient capter des éléments de conversation.

Les officiels américains ont "cent fois plus de contacts avec leur équipe d'avocats", a-t-il poursuivi.

La juge Vanessa Baraitser, qui avait peu auparavant demandé à la défense de s'enquérir de son état parce qu'Assange semblait fatigué, a rapidement mis fin à cette sortie en ordonnant une courte pause.

"Généralement, les prévenus n'ont pas leur mot à dire tant qu'ils ne témoignent pas", a-t-elle rétorqué.

Julian Assange est poursuivi aux Etats-Unis pour avoir diffusé à partir de 2010 plus de 700.000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan. Il risque jusqu'à 175 ans de prison, en vertu des lois anti-espionnage de 1917 et pour piratage informatique.

Pour statuer sur la demande d'extradition, dont l'examen se tient cette semaine puis trois semaines à partir du 18 mai, la justice britannique doit notamment s'assurer qu'elle n'est pas disproportionnée ou incompatible avec des droits de l'Homme.

Julian Assange est détenu à la prison de haute sécurité de Belmarsh, adjacente au tribunal.

Après la brève interruption, l'avocat d'Assange, Edward Fitzgerald, a indiqué qu'il demanderait à ce que son client puisse s'asseoir dans le parterre de la salle d'audience, soulignant qu'il ne constituait "une menace pour absolument personne".

La juge a toutefois prévenu qu'elle pourrait difficilement accéder à cette demande, qui nécessiterait probablement l'introduction d'une demande de libération sous caution.

Celle-ci lui avait déjà été refusée et le représentant du gouvernement américain, James Lewis, a dit qu'il s'y opposerait.

Assange a été arrêté en avril 2019 après sept ans passés reclus à l'ambassade d'Equateur à Londres, où il s'était réfugié après avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution, craignant une extradition vers les Etats-Unis.

Le pape exprime sa proximité avec les malades du coronavirus

Le pape François célèbre la messe à Bari en Italie le 23 février 2020.

Le pape a exprimé mercredi sa proximité avec les personnes contaminées dans le monde par le nouveau coronavirus ainsi qu'avec le personnel soignant, avant de serrer des dizaines de mains à l'issue de sa traditionnelle audience.

"Je désire exprimer de nouveau ma proximité aux malades du coronavirus et aux opérateurs sanitaires qui les soignent, ainsi qu'aux autorités civiles engagées dans leur assistance et l'arrêt de la contagion", a dit le pape François sur la place Saint-Pierre à Rome.

Mettant fin aux audiences hivernales dans une salle fermée du Vatican, le pape est arrivé tout sourire sur la place Saint-Pierre à bord de sa "papamobile", saluant une foule de taille modérée (12.000 personnes) où se distinguaient une minorité de fidèles munis de masques chirurgicaux.

A l'issue de l'audience, au lieu de repartir à bord du véhicule comme il le fait la plupart du temps, le pape de 83 ans a pris le temps de serrer les mains de dizaines de fidèles massés au premier rang des barrières de protection, embrassant aussi des enfants, a constaté une photographe de l'AFP.

Voici un an, le pape avait fait savoir qu'il ne fallait pas embrasser son anneau, expliquant que cela pouvait propager des microbes entre fidèles lorsque de longues files attendent pour le saluer dans des églises ou des audiences privées au Vatican.

L'Argentin Jorge Bergoglio est connu pour ne pas fuir les longues embrassades et les baisers sur la joue ou le front, un contact avec des milliers de microbes potentiels qui ne semble aucunement l'effrayer pour lui-même.

Dans son homélie du Mercredi des Cendres marquant le début du Carême, Jorge Bergoglio a demandé aux catholiques du monde entier "d'éteindre la télévision et d'ouvrir la Bible".

"C'est le temps de se détacher de son téléphone portable et de se connecter à l'Evangile", ou encore de "renoncer aux paroles inutiles, aux bavardages, aux rumeurs, aux commérages", a plaidé le pape.

Dans la tradition chrétienne, le Carême est une période de prière qui se réfère aux 40 jours de jeûne de Jésus retiré dans le désert.

"Quand j'étais enfant, il n'y avait pas la télévision, mais nous avions l'habitude de ne pas écouter la radio", a confié le pape argentin, en sortant de son texte.

Le chef des 1,3 milliard de catholiques a dénoncé au passage un monde "pollué par trop de violence verbale, par tant de paroles offensives et nocives, que le réseau (médiatique) amplifie".

France: des producteurs antillais présentent une nouvelle banane "zéro traitement"

Des bananes

Les producteurs de bananes des Antilles françaises ont présenté cette semaine au Salon de l'agriculture de Paris une nouvelle variété de banane "révolutionnaire", produite sans aucun pesticide.

"Nous vivons une révolution dans l'histoire de la banane mondiale", a affirmé Eric de Lucy, président de l'Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique (UGPBAN). "C'est 20 ans de recherches pour mettre au point une banane complètement naturelle".

Issue de croisements naturels d'anciennes variétés, La "Pointe d'or", nom de cette nouvelle banane, "c'est zéro traitement", a souligné Michel Eddi, PDG du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), qui a collaboré avec l'UGPBAN pour développer cette variété.

Alors que la totalité de la production de bananes vendue dans le monde est issue d'une seule variété, la Cavendish, "c'est une prouesse de pouvoir produire différemment", a estimé Marcus Hery, directeur de l'Institut technique tropical (IT2), chargé de mettre en place tout le processus agronomique pour produire en grande quantité.

L'objectif était de mettre au point une banane adaptée aux conditions climatiques tropicales sans produit phytosanitaire et résistante aux maladies, dont la cercosporiose noire, un champignon très présent dans les pays humides face auquel aucun traitement bio n'existe.

Plus petite que la Cavendish, la "Pointe d'or", a "un goût plus intense" et "plus fondant en bouche", selon Marcus Hery. Mais elle est aussi plus fragile et brunit plus vite au toucher.

"On demande aux consommateurs d'être tolérants", a plaidé Tino Dambas, cultivateur de bananes en Guadeloupe, l'un des six producteurs à s'être lancés dans la production de cette nouvelle banane.

Depuis la crise du chlordécone, pesticide utilisé dans les bananeraies des Antilles qui a durablement pollué les sols, les producteurs ont réduit les traitements phytosanitaires, mais la cercosporiose les oblige toujours à poursuivre les traitements fongicides.

Cette nouvelle banane se veut aussi une réponse aux bananes brésiliennes ou dominicaines, qui obtiennent des "équivalences bio" en entrant sur le marché européen alors qu'elles "ne sont pas aux normes d'un produit bio européen", d'après Eric de Lucy. "Nous, on doit répondre au cahier des charges de l'UE, avec des règles de maîtrise phytosanitaire extrêmement sévères".

Au total, les Antilles françaises produisent actuellement 35 hectares de cette nouvelle variété de banane, soit 1.000 à 1.200 tonnes attendues pour 2020.

Une goutte d'eau par rapport à la production antillaise (environ 250.000 tonnes produites par an, et 600 producteurs), et surtout de la production mondiale (environ 110 millions de tonnes).

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