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Dilma Rousseff, l'ex-guerillera compte ses heures à la tête du Brésil

La présidente Dilma Rousseff.

Les sénateurs se préparent dès mercredi à l'écarter du pouvoir pendant six mois, en votant à la majorité simple l'ouverture d'un humiliant procès en destitution pour maquillages des comptes publics.

Dilma Rousseff a survécu à la torture sous la dictature militaire. Quatre décennies plus tard, la première femme présidente du Brésil lutte, à 68 ans, pour sa survie politique.

Les sénateurs se préparent dès mercredi à l'écarter du pouvoir pendant six mois, en votant à la majorité simple l'ouverture d'un humiliant procès en destitution pour maquillages des comptes publics.

La jeune guerillera marxiste, qui défiait ses juges du regard il y a 45 ans, serait alors remplacée par son vice-président Michel Temer, ancien allié devenu adversaire dans l'attente du jugement final des sénateurs, et probablement jusqu'en 2018.

"Le dernier jour de mon mandat est le 31 décembre 2018", a-t-elle martelé mardi soir de sa forte voix rauque, se disant victime d'un "coup d'Etat" des temps modernes, "sans armes et sans baïonnettes".

- 'Papesse de la subversion' -

"Je vais lutter de toutes mes forces en utilisant tous les moyens légaux, tous les moyens de combat", a-t-elle lancé à des milliers de sympathisants galvanisés, fidèle à sa trajectoire.

Née à Belo Horizonte (sud-est) d'un immigrant bulgare et d'une mère professeure, elle est entrée dans l'Histoire en 2011, en devenant la première femme élue présidente du Brésil.

"Dilma", comme l'appellent tous les Brésiliens, veut éviter d'y rejoindre le corrompu Fernando Collor de Mello, seul président brésilien destitué à ce jour, en 1992.

Emprisonnée et torturée pendant trois ans sous la dictature militaire, l'impopulaire présidente de gauche est de retour sur le banc des accusés.

Cette fois, pas comme "papesse de la subversion". Mais pour avoir, selon l'opposition, maquillé les comptes publics du Brésil pour dissimuler l'ampleur des déficits publics en 2014, l'année de sa réélection, et en 2015.

Un prétexte répond-elle, se disant victime d'une "tentative d'élection indirecte déguisée en impeachment" émanant d'adversaires incapables de se faire élire à la présidence.

Premier visé: son vice-président Michel Temer, le "traître", le "chef de la conspiration".

- Triple crise -

Au début de son premier mandat, Dilma Rousseff affichait une popularité de 77%.

Les Brésiliens avaient appris à apprécier la poigne de cette femme un peu boulotte, à l'éternel toupet permanenté.

Cette technocrate inconnue ayant fait ses armes dans des administrations à Porto Alegre avait été propulsée au pouvoir par son mentor, le président-ouvrier Luiz Inacio Lula da Silva, héros du miracle socio-économique brésilien des années 2000.

Réélue de justesse en novembre 2014, Mme Rousseff a vu sa popularité s'effondrer en quelques mois à un plancher historique de 10%. Plus de 60% des Brésiliens souhaitent désormais son départ.

Elle se lève tous les matins à 06H00 pour 50 minutes d'exercice à vélo dans Brasilia. En complément du régime qui l'a faite fondre de vingt kilos en un an, ou pour évacuer la pression?

Qu'est-il arrivé à Dilma Rousseff?

Depuis sa réélection accrochée en 2014, elle tangue au milieu de trois tempêtes redoutables qui s'auto-enveniment: crise politique, récession économique, scandale de corruption Petrobras.

- Dans un bunker -

Lula l'avait repéré, "avec sa petite machine à écrire", pour sa rigueur gestionnaire. Il en avait fait sa ministre des Mines et de l'Energie, sa chef de cabinet. Puis son héritière, après qu'un premier scandale de corruption avait décapité son Parti des travailleurs (PT).

Elle n'avait jamais été élue auparavant à aucun mandat. Ses adversaires parlent d'"accident présidentiel".

Piètre oratrice, autoritaire, réprimandant ses ministres en public, affichant un souverain mépris envers un parlement où elle devait pourtant composer avec une coalition hétéroclite, elle s'est isolée à la présidence comme dans un bunker.

Elle s'est coupée du pilier de sa coalition, le PMDB de son vice-président Michel Temer, qui lui a reproché de le traiter en "vice-président décoratif".

- 'Complaisante ou incompétente' -

Médiocre politicienne, elle devait briller sur l'économie. Mais alors que la croissance brésilienne ralentissait dangereusement au milieu de son premier mandat, elle s'est entêtée dans une politique anti-cyclique coûteuse.

Déficits, dette et inflation ont déraillé avant même le choc de l'effondrement du prix des matières premières.

Pendant sa campagne de 2014, Mme Rousseff jurait pourtant que "tout était sous contrôle".

Sitôt réélue, elle a aussitôt nommé le banquier Joaquim Levy pour tailler drastiquement dans les dépenses publiques, reniant tous ses engagements de campagne, et s'aliénant ainsi une grande partie de l'électorat de gauche.

Elle n'a jamais été soupçonnée personnellement de corruption. Un ovni dans la politique brésilienne. Mais le scandale Petrobras éclabousse de plein fouet son parti, et même Lula.

"Elle était au courant de tout et en a bénéficié directement pour le financement de ses campagnes", a accusé le sénateur PT Delcidio do Amaral, inculpé dans le dossier.

Mme Rousseff jure n'avoir rien vu, rien entendu. Même quand elle était ministre de l'Énergie et présidente du conseil d'administration de Petrobras sous Lula?

"Vous avez été soit complaisante, soit incompétente", lui avait lancé son rival à la présidentielle de 2014, Aecio Neves.

Avec AFP

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Le nouveau coronavirus a tué plus de 25.000 personnes en Europe

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Coronavirus en Inde: l'exode des travailleurs migrants suscite des inquiétudes

Les médecins et les agents de santé identifient sur une carte aérienne la zone à surveiller pour tenter de contrer la propagation du COVID-19 à Srinagar, au Cachemire sous contrôle indien, le19 mars 2020. ( Photo AP / Dar Yasin)

Les autorités indiennes tentaient lundi de juguler l'exode de centaines de milliers de travailleurs migrants, privés de travail en raison du confinement décidé pour lutter contre le coronavirus, qui risque de contrecarrer la lutte contre la maladie dans le deuxième pays le plus peuplé du monde.

Après le début du confinement mercredi, ces travailleurs privés d'emploi ont quitté massivement les grandes villes, en particulier Delhi, pour regagner leurs villages, marchant parfois sur de très longues distances avec très peu d'argent et de nourriture.

Cet exode a soulevé des craintes quant à la propagation du virus. Beaucoup se sont retrouvés entassés par les autorités dans des autocars ou des camps de secours.

Les autorités de la capitale indienne ont fermé dimanche soir les frontières de la région pour tenter de stopper les départs et ordonné l'installation d'abris. Lundi, les foules avaient disparu en banlieue de Delhi et les autorités ont indiqué nourrir 400.000 personnes, avec plus de 550 écoles transformées en abris. Selon le quotidien Times of India, quelque 5.000 personnes ont été installées sur un circuit automobile près de Delhi.

L'Etat de Maharashtra (centre), dont la capitale est Bombay, a mis en place 262 camps d'urgence abritant 70.399 personnes, selon les autorités locales.

L'Uttar Pradesh (Nord) a annoncé l'ouverture de 600 abris qui serviront de zone de quarantaine, a déclaré à l'AFP un responsable local, Alok Kumar.

Une vidéo, postée sur Twitter par un journaliste du Times of India et par le quotidien The Hindu, a montré des migrants revenant en autocar dans cet Etat apparemment arrosés de désinfectant par des hommes vêtus de combinaisons de protection.

Dans le Gujarat (Ouest), des heurts ont opposé dimanche soir à Surate plusieurs centaines de travailleurs migrants à la police qui les empêchaient de passer, selon des sources policières. Plus de 90 travailleurs migrants ont été arrêtés.

"Cette migration a apporté (le virus) dans de petites villes et des villages", a déclaré à l'AFP le virologiste Shahid Jameel du programme de soutien à la recherche Wellcome Trust DBT India Alliance.

Selon un dernier décompte officiel dimanche, l'Inde, pays de 1,3 milliard d'habitants, enregistre plus d'un millier de cas d'infections avec 29 décès. De nombreux experts s'interrogent sur ces chiffres, pointant le faible nombre de personnes testées.

Le confinement complique le quotidien des femmes battues

Rassemblement pour dénoncer les fémicides et la violence domestique au Havre, France, 18 septembre 2019. (Lou Benoist/AFP)

Les craintes d'une recrudescence des violences domestiques montent dans divers pays face au confinement imposé pour endiguer la propagation du coronavirus.

De Paris à Berlin, en passant par Madrid, Rome ou Bratislava, les associations tirent la sonnette d'alarme, alors que l'Europe est devenue, après la Chine, l'épicentre de la pandémie.

"Pour beaucoup, la maison n'est déjà pas un lieu sûr", indique la fédération allemande des centres de conseils et d'appels d'urgence pour les femmes. Mais le stress lié à l'isolement social actuel exacerbe les tensions et augmente "la menace de violences domestiques et sexuelles pour les femmes et enfants", prévient-elle.

Les risques ne se limitent pas aux foyers en difficulté. Au delà du huis clos familial forcé, les inquiétudes liées aux pertes d'emplois ou difficultés financières provoquées par la crise sont propices à l'éclatement des conflits.

"Cela monte en pression dans les foyers", déclare ainsi Florence Claudepierre, responsable de la fédération de parents d'élèves FCPE dans le Haut Rhin, région frappée de plein fouet par l'épidémie en France. Elle évoque des témoignages de "parents qui craquent, qui n'en peuvent plus" dans des familles normalement sans problème.

En Chine, berceau de l'épidémie qui sort doucement d'une stricte quarantaine de plusieurs semaines, l'association des Droits de la femme Weiping a fait état d'un triplement des violences rapportées par des femmes.

En Espagne, pays du Vieux continent le plus touché par le virus après l'Italie, une mère de deux enfants de 35 ans a été tuée par son partenaire il y a une semaine. Ailleurs, de nombreux centres d'urgence ont fait état d'une baisse des appels à l'aide, ce qui n'est pas jugé comme un bon signe.

Pour les enfants, adolescents, ou femmes victimes de violences, psychologique ou physiques, à la maison, la situation actuelle signifie "être constamment livrés" au responsable de ces actes, souligne la fédération allemande.

Ecoles, clubs sportifs, centres de jeunesse ont tous portes closes, autant de "mesures importantes" pour freiner la rapide propagation du virus et éviter des hôpitaux débordés, admet Rainer Rettinger, qui dirige une association allemande de protection de l'enfance. Mais "qui voit et entend aujourd'hui les enfants maltraités?", s'inquiète-t-il.

"Désormais, la violence, elle aussi, est confinée. C'est ce qui nous fait peur", abonde à Paris la présidente de la Voix de l'Enfant Martine Brousse.

Alors que les gouvernements dépensent des centaines de milliards d'euros pour l'économie et la santé, ils "ne devraient jamais perdre de vue la nécessité de garantir l'égalité et les droits humains fondamentaux", a récemment pointé Béatrice Fresko-Rolfo, rapporteure générale sur la violence à l’égard des femmes de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

"Actuellement, les associations font face à une double difficulté: apporter à distance l'aide adéquate aux victimes, alors que les travailleurs sociaux sont eux aussi contraints au télétravail, et les mettre en sécurité si besoin alors que les places sont rares dans les refuges.

"Des femmes ont appelé, et dit qu'il y avait des violences à la maison. Elles demandent: où est-ce que je peux aller?" rapporte Canan Gullu, de la fédération des associations de femmes en Turquie.

Si en Allemagne, la ministre de la Famille, Franziska Giffey, a appelé les communes à organiser si besoin des accueils alternatifs, l'Autriche voisine prévoit une garantie de place dans les maisons de femmes ou l'exclusion du membre violent des familles en quarantaine.

Dans des pays où le confinement est très strict, comme l'Italie, les victimes sont exemptées des formalités en vigueur, comme les déclarations d'honneur à remplir, si elles veulent se rendre dans des centres anti-violence.

"La situation actuelle est sans précédent", résume Adriana Havasova, psychologue à Bratislava, espérant que le confinement se limite à deux ou trois semaines. S'il venait à durer deux ou trois mois, "je ne peux pas imaginer à quel point les violences domestiques pourraient augmenter", prévient-elle.

Le Venezuela reçoit le soutien de la Chine pour lutter contre le coronavirus

Des travailleurs en combinaisons de protection désinfectent les rues pendant la quarantaine nationale en réponse à la propagation de la maladie à coronavirus, Caracas, Venezuela, 22 mars 2020. (Reuters/Manaure Quintero)

Cinquante-cinq tonnes d'aide, dont des respirateurs et 5 millions de masques, sont arrivées samedi à Caracas par avion depuis la Chine.

Parmi les 55 tonnes de matériel et de médicaments arrivés à l'aéroport de Maiquetia se trouvent notamment 500.000 "tests de diagnostic rapide", indique la vice-présidente Delcy Rodriguez, qui s'est rendue à l'aéroport avec l'ambassadeur de Chine, Li Baorong.

Le chargement comprend également des respirateurs artificiels, cinq millions de masques, 70.000 thermomètres à infrarouge et de la chloroquine.

L'ambassadeur Li Baorong a affirmé que la Chine était "prête" à envoyer des spécialistes au Venezuela. Le président Nicolas Maduro a dit à maintes reprises s'inspirer de la République populaire pour lutter contre la maladie.

M. Maduro a ordonné la suspension de tous les vols internationnaux il y a deux semaines et le pays est en confinement depuis le 17 mars. Seules les sorties pour aller acheter à manger et chez le médecin sont autorisées.

Deux morts et 113 cas de coronavirus ont été confirmés, mais le chef de file de l'opposition Juan Guaido accuse le gouvernement d'avancer un chiffre en deçà de la réalité.

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