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Boris Johnson, l'homme du Brexit qui prend la fuite

Le chef de file du Brexit Boris Johnson, quitte sa résidence à Londres, le 27 juin 2016.

Il a mené le camp des "Brexiters" à la victoire à la stupéfaction générale : jeudi, Boris Johnson a de nouveau sidéré le monde en refusant d'être le Premier ministre qui va organiser la sortie de l'Union européenne.

Après avoir détaillé les qualités indispensables pour briguer le poste, ouvert depuis la démission de David Cameron, et mener à bien les négociations avec Bruxelles, le député conservateur de 52 ans, rebaptisé "Boxit" sur internet, a conclu : "Je ne peux pas être cette personne".

Et pourtant, ce trublion de la vie politique à la tignasse blonde ébouriffée a battu le pavé et la campagne anglaise sans relâche pour convaincre une majorité de Britanniques de "reprendre le contrôle" de leur destin. Et il a réussi.

Il a vendu avec emphase un destin hors de l'UE, "triomphe de la démocratie", qu'il promettait florissant économiquement et préservé d'une vague de millions d'immigrés prêts, selon lui, à envahir les côtes britanniques. Mais déjà, le camp du Brexit a commencé à rétropédaler, suscitant l'ire des partisans du maintien dans l'UE.

Traitre, menteur, lâche...insulté devant son domicile, conspué par des manifestants devant le parlement, ridiculisé sur internet, celui qui a été l'un des hommes politiques préférés des Britanniques pendant ses huit années à la mairie de Londres est devenu en quelques jours l'ennemi public numéro 1.

"Boris a perdu le respect de beaucoup de monde", déclarait mardi à l'AFP Clare Johnson, une institutrice londonienne Qui manifestait à Trafalgar Square contre le Brexit.

- 'Roi du monde' -

Loin de faire taire les accusations de mensonges et d'impréparation, "BoJo" s'était contenté, depuis l'annonce des résultats vendredi, de temporiser et de se montrer rassurant, en affirmant que le pays "ne tournait pas le dos à l'Europe", sans offrir pour autant de stratégie concrète.

Si cette attitude indignait son propre camp, personne ne pensait qu'elle annonçait un abandon pur et simple d'un homme dont les ambitions semblaient cultivées depuis l'enfance.

Né à New York en 1964, Alexander Boris de Pfeffel Johnson voulait être "roi du monde" dès son plus jeune âge, a confié sa soeur Rachel à son biographe Andrew Gimson.

Au fil d'une éducation élitiste, cet aîné d'une fratrie de quatre n'a eu de cesse d'affirmer ses rêves de grandeur, ayant décroché une bourse pour le prestigieux Eton College et le non moins glorieux poste de président du club de débat Oxford Union.

"Personne à (l'université d') Oxford ne doutait qu'il serait un jour Premier ministre", pointe M. Gimson.

A sa sortie de l'université, il entame une carrière journalistique au Times, qui le licencie à peine un an plus tard pour avoir inventé une citation, et avoir menti sur le fait de l'avoir inventée.

Le Daily Telegraph le repêche et l'envoie à Bruxelles, où il officiera de 1989 à 1994.

- Journaliste 'favori' de Thatcher -

Déjà, à coup d'exagérations et même parfois d'entourloupes, Boris Johnson bouscule la couverture de l'époque et devient "le journaliste favori" de Margaret Thatcher en relatant par le menu les actions les plus insolites de l'exécutif européen (taille des saucisses, toilettes...).

"Il n'inventait pas à proprement parler les histoires mais il était dans l'exagération", se souvient Christian Spillmann, journaliste de l'AFP en poste à Bruxelles pendant "les années Boris".

C'est également à Bruxelles que son premier mariage avec Allegra Mostyn-Owen, rencontrée à Oxford, se délite et qu'il renoue avec une amie d'enfance, Marina Wheeler, aujourd'hui son épouse et la mère de ses quatre enfants.

Elu député pour la première fois en 2001, c'est en ravissant la mairie de Londres aux travaillistes en 2008 qu'il acquiert une stature nationale.

Réélu en 2012, il a à son actif quelques réussites emblématiques, comme les Jeux Olympiques. Et sa personnalité excentrique, mèche blonde au vent, son charisme, séduisaient.

"Nous ne saurons jamais dans quelle mesure Boris Johnson était une légende "impressionnante", écrit Marina Hyde dans un éditorial du Guardian titré : "Bye Bye Boris".

Avec AFP

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L'ouragan Zeta a touché terre près de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane

Un panneau de campagne électorale se trouve dans un arbre alors que l'ouragan Zeta balaie la Nouvelle-Orléans, Louisiane, États-Unis, le 28 octobre 2020.

L'ouragan Zeta a touché terre mercredi après-midi près de La Nouvelle-Orléans,dans l'Etat américain de Louisiane, avec des vents allant jusqu'à 130 km/h, après avoir légèrement perdu en puissance, selon le Centre national des ouragans (NHC).

Zeta, la 11e tempête portant un nom à frapper les Etats-Unis cette année, un record, a touché terre en temps qu'ouragan de catégorie 2 sur une échelle qui en compte 5 à environ 100 kilomètres au sud de la Nouvelle-Orléans.

Les effets de sept tempêtes ou ouragans se sont fait ressentir, à des degrés divers, en Louisiane, particulièrement affectée cette saison.

Une alerte ouragan a été émise et s'étend sur plus de 300 kilomètres de la ville de Morgan City en Louisiane, jusqu'à la frontière entre le Mississippi et l'Alabama. Des ordres d'évacuation obligatoire ont été émis dans certaines régions côtières.

Outre les vents et les fortes pluies attendues, le NHC a également mis en garde contre les dangers posés par la montée des eaux de la mer: une alerte à la submersion côtière est en place pour toute une partie du littoral, avec une houle attendue à plus de 3 mètres.

Les habitants de La Nouvelle-Orléans, rodés à l'exercice, bouclaient les préparatifs mercredi avant l'arrivée de Zeta: provisions stockées, en prévision des coupures d'eau ou d'électricité, et maisons protégées par des sacs de sable ou du contreplaqué.

"Pour les gens qui habitent ici, ça fait juste partie du fait de vivre ici", a expliqué à l'AFP, Geoff Wallace, 60 ans. "Ce qui a de bien avec celui-là, c'est qu'il bouge vite."

Zeta se déplace en effet à une vitesse de 40 km/h, ce qui diminue les risques d'inondation sur La Nouvelle-Orléans. Cette dernière reste encore traumatisée par le passage de l'ouragan Katrina en 2005 qui avait eu le temps d'inonder 80% de la ville et de provoquer environ 1.500 décès en Louisiane.

"Il semble assez clair maintenant que Zeta frappera directement La Nouvelle Orléans. Finissez de vous préparer ce matin", a tweeté dans la matinée la maire de la ville, LaToya Cantrell. "Assurez-vous que vous avez de l'eau, de la nourriture et des médicaments pour tous les membres de votre foyer."

Le gouverneur de Louisiane, John Bel Edwards a pour sa part appelé les gens à rester chez eux, ajoutant sur Twitter que si "aujourd'hui a été dur, nous continuons à subir Zeta, chacun doit rester à l'écoute des consignes locales et suivre les couvre-feux là où ils sont déclarés".

Lors d'une interview radio, le gouverneur a précisé que 500.000 foyers étaient déjà privés d'électricité, donc 78% de la Nouvelle-Orléans, où son emblématique quartier Français a été totalement déserté.

Certaines zones côtières, particulièrement touchés, ont déclaré le couvre-feu.

Le président Donald Trump a approuvé mardi soir la déclaration d'état d'urgence pour la Louisiane, permettant de débloquer des moyens fédéraux, a annoncé la Maison Blanche.

L'ouragan Zeta, qui s'était formé sur la mer des caraïbes, avait touché terre lundi soir dans les environs de Ciudad Chemuyil, dans l'Etat de Quintano Roo au Mexique. Son passage n'y a pas fait de victimes, selon son gouverneur. Il avait ensuite été rétrogradé en tempête tropicale avant de reprendre de la puissance et de toucher les Etats-Unis.

La saison des ouragans, qui n'est pas encore terminée, est particulièrement intense cette année. A cause de l'épuisement de la liste des noms latins prévus, les météorologues ont commencé à les identifier avec l'alphabet grec.

Avec le réchauffement de la surface des océans, les ouragans deviennent plus puissants, selon les scientifiques, qui prévoient une augmentation de la proportion de cyclones de catégorie 4 et 5, les plus destructrices.

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