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Les Européens pressent Londres de lancer un divorce qui ne sera pas "à la carte"

Le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à droite, salue le Premier ministre britannique David Cameron avant la tenue d'une réunion au siège de l'UE à Bruxelles le 28 juin 2016.

Inquiets du flottement qui s'installe, les dirigeants européens ont exhorté mardi les Britanniques à engager au plus vite leur procédure de divorce avec l'UE, avertissant qu'ils ne bénéficieraient d'aucun traitement de faveur.

Cinq jours après le référendum qui a vu son pays choisir de quitter le navire européen, le Premier ministre David Cameron a appelé à une procédure "aussi constructive que possible", tout en maintenant qu'il ne l'enclenchera pas lui-même.

Londres et l'UE devront bâtir une "relation la plus étroite possible" une fois la séparation effective, a-t-il plaidé en rejoignant un sommet européen réuni sous tension à Bruxelles, car les 27 autres pays européens resteront "des voisins, des amis, des alliés, des partenaires".

De l'autre côté de l'Atlantique, le président américain Barack Obama a appelé au calme, estimant qu'une "hystérie" avait suivi le vote pour le Brexit "comme si en quelque sorte l'Otan avait disparu, l'alliance transatlantique s'était dissolue et chaque pays se recroquevillait dans son coin".

L'UE est "prête à commencer la procédure de divorce dès aujourd'hui", a affirmé à Bruxelles le président du Conseil européen, Donald Tusk, proposant la tenue en septembre d'un nouveau sommet, à 27 cette fois, et probablement à Bratislava, sur l'avenir de l'Union.

-'Prise d'otage'-

Pour la chancelière allemande Angela Merkel, "l'UE est assez forte pour surmonter le départ de la Grande-Bretagne et continuer à aller de l'avant même à 27".

Elle a surtout prévenu le gouvernement britannique qu'il ne choisirait pas "à la carte" ses futures relations avec l'UE. "Celui qui sort de la famille ne peut pas s'attendre à ce que tous ses devoirs disparaissent et que ses privilèges soient maintenus".

Une autre façon de traduire le cinglant "les déserteurs ne seront pas accueillis à bras ouverts", qu'avait lancé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avant le référendum britannique.

Avant d'entrer dans ce débat sur les futures relations UE-Londres, David Cameron devra donner des "explications" à ses partenaires sur son humiliant échec, lors du dîner de mardi à Bruxelles.

Malgré les pressions, selon une source gouvernementale britannique, le leader conservateur a prévu de réaffirmer qu'enclencher la procédure de séparation incomberait à son successeur, dont le nom devrait être connu d'ici le début septembre.

Le Royaume-Uni doit "clarifier le plus rapidement possible" sa situation car sans "notification, pas de négociation", a cependant martelé Jean-Claude Juncker, résumant la position commune des dirigeants européens.

C'est le président du Parlement européen, Martin Schulz, qui a eu les mots les plus durs. "Attendre pendant plusieurs mois cette notification" et "prendre le destin d'un continent entier en otage pour des raisons relevant purement de la politique interne d'un parti serait inacceptable", a-t-il dit à M. Cameron.

Les députés européens, réunis en session extraordinaire, ont adopté mardi une résolution enjoignant Londres de notifier son départ "aussi rapidement que possible".

En attendant, les Européens sont décidés à "tirer les leçons" du Brexit, pour éviter une contagion, dans une Union affaiblie par une succession de crises, notamment migratoire, et où l'extrême droite et les mouvements populistes ont le vent en poupe.

L'Allemagne, la France et l'Italie, les trois poids lourds fondateurs de l'UE et principales économies de la zone euro, ont plaidé pour donner une "nouvelle impulsion" au projet européen, aux contours encore flous.

"Tout le monde a les yeux tournés vers l'Europe", qui doit être "suffisamment forte pour agir", a déclaré le président français François Hollande à Bruxelles.

Parmi les chantiers à engager, il a insisté sur "la sécurité, la lutte contre le terrorisme, la croissance et l'emploi, avec le soutien à l'investissement et l'aide à la jeunesse".

Mais alors qu'une initiative franco-allemande était attendue, Paris et Berlin n'apparaissent pas encore sur la même longueur d'onde quand il s'agit de détailler un projet commun.

Les pays fondateurs de l'Union "ne sont pas les seuls à porter le projet", a mis en garde M. Juncker, dans un appel à peine voilé à ne pas négliger la voix des pays d'Europe de l'Est, froissés de ne pas être suffisamment associés.

Ces questions sur l'avenir à 27 doivent être discutées mercredi matin à Bruxelles, sans David Cameron.

"Le but doit être d'arriver à un résultat commun au plus tard pour le 60e anniversaire du traité de Rome en mars de l'année prochaine", a expliqué Mme Merkel, en référence au texte fondateur de la construction européenne.

- L'Ecosse déterminée à rester -

"Le Royaume-Uni ne sera pas le dernier Etat membre à quitter l'UE", a de son côté prédit devant ses collègues européens l'eurodéputé europhobe britannique Nigel Farage.

Au Royaume-Uni, le Brexit a cependant toujours du mal à passer chez ceux qui ont voté contre. La tourmente politique y est d'autant plus dévastatrice que revient au premier plan la menace d'une sécession de l'Ecosse, qui s'est prononcée à 62% pour le maintien dans l'UE.

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon s'est dite "complètement déterminée" à défendre, malgré le Brexit, la place de sa région dans l'UE. Elle a prévu de venir plaider sa cause mercredi à Bruxelles.

A Londres, l'opposition travailliste est au bord de l'implosion. Son chef, Jeremy Corbyn, accusé d'avoir trop tièdement défendu le maintien dans l'UE, a refusé mardi de démissionner malgré une motion de défiance votée un peu plus tôt à son encontre par les députés du Labour.

Le ministre conservateur des Finances George Osborne a de son côté jugé inévitable un surcroît d'austérité pour parer à l'impact économique du Brexit sur le pays.

Avec AFP

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Le tableau de Banksy parodiant les Nymphéas de Monet adjugé à 7,6 millions de livres

Une assistante de gallerie pose le tableau Nympheas de Claude Monet lors d'une photo-call pour la vente d'art à la maison de ventes Sotheby's à Londres le 18 juin 2014. REUTERS / Neil Hall

"Show me the Monet", le tableau de l'artiste urbain britannique Banksy parodiant les Nymphéas de Claude Monet, a été vendu mercredi à Londres 7,6 millions de livres (8,5 millions d'euros), a annoncé la maison d'enchères Sotheby's.

"Cinq collectionneurs déterminés" se sont disputés pendant près de neuf minutes d'enchères en ligne l'oeuvre, initialement estimée entre 3 et 5 millions de livres, avant que l'un deux ne la remporte pour 7,6 millions. C'est "le second plus haut prix jamais atteint" par une œuvre de Banksy dans des enchères.

Ce tableau datant de 2005 reprend l'une des célèbres œuvres du peintre impressionniste français montrant un pont japonais au dessus d'un bassin en fleurs, dans lequel trempent désormais aussi des plots de signalisation orange et un vieux caddy.

"Banksy met ici en lumière le mépris de la société pour l'environnement face aux excès gaspilleurs du consumérisme", a estimé dans un communiqué Alex Branczik, responsable européen de l'art contemporain chez Sotheby’s, qui voit en l'artiste originaire de Bristol un "visionnaire".

"Show me the Monet" fait partie d'une série de tableaux intitulée "Crude Oils" ("Peintures à l'huile vulgaires"), dans laquelle l'artiste s'est amusé à détourner de grands classiques de la peinture.

On y trouve ainsi une version des "Tournesols" de Van Gogh aux fleurs fanées, la Marilyn Monroe d'Andy Warhol détournée en Kate Moss ou encore le "Nighthawks" d'Edward Hopper où un homme en caleçon aux couleurs du drapeau britannique a caillassé la vitre du célèbre bar.

"Show me the Monet" n'a pas réussi à battre le record établi en 2019 par "Le Parlement des singes", qui s'était arraché à 9,9 millions de livres (11,1 millions d'euros) lors d'une précédente vente aux enchères à Sotheby's, pulvérisant l'estimation initiale de 1,5 à deux millions de livres (entre 1,7 et 2,25 millions d'euros).

Le pianiste américain Keith Jarrett, handicapé par des AVC, ne donnera plus de concerts

Pianiste à l'oeuvre.

Le pianiste américain de jazz Keith Jarrett ne pourra sans doute plus jamais se produire en concert, partiellement paralysé par deux AVC, explique-t-il dans un entretien publié mercredi par le New York Times.

"Mon côté gauche est toujours en partie paralysé", explique, pour la première fois, le musicien de 75 ans, après deux accidents vasculaires cérébraux intervenus en février et mai 2018.

"On me dit que le maximum que je pourrais récupérer de ma main gauche, c'est la capacité de tenir un verre", se désole-t-il.

Depuis, il ne s'est mis que de rares fois au piano, jouant de la main droite uniquement.

"Je ne sais pas à quoi est censé ressembler mon avenir", a-t-il confié au New York Times. "Je ne me considère pas comme un pianiste aujourd'hui."

Légende du jazz, Keith Jarrett a été à l'avant-garde du mouvement dès le début des années 60, et a collaboré avec des artistes de référence comme Miles Davis, Art Blakey ou Jack DeJohnette.

Son travail autour de l'improvisation l'a mené jusqu'à donner des concerts solo totalement improvisés, qui ont largement contribué à sa réputation de virtuose génial.

"J'ai le sentiment que je suis le John Coltrane des pianistes", a-t-il dit au New York Times, se plaçant au niveau du monstre du saxophone.

Ce qui sera peut-être le dernier concert de Keith Jarrett remonte à février 2017, au Carnegie Hall de New York.

S'il a enregistré plusieurs albums en studio, le natif d'Allentown (Pennsylvanie) est surtout connu pour ses concerts, son jeu au son limpide et ses mimiques, notamment sa tête exagérément penchée sur le piano.

"Aujourd'hui, je ne peux même pas en parler", dit-il au sujet de la possible fin de sa carrière scénique.

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Le Vatican soutient les unions civiles entre personnes de même sexe

Le pape François arrive à la salle Paul VI pour son audience générale hebdomadaire, se tenant à distance des fidèles en raison de la maladie du coronavirus, au Vatican, le 21 octobre 2020. (Reuters)

Le pape François a approuvé les unions civiles entre personnes de même sexe pour la première fois en tant que souverain pontife.

C’était lors d’une interview dans le cadre d’un documentaire intitulé "Francesco" (François en italien), qui a été présenté en première au Festival du film de Rome mercredi.

Le documentaire touche sur les questions qui lui tiennent le plus à cœur, notamment l'environnement, la pauvreté, la migration, l'inégalité raciale et de revenus, et la discrimination.

"Les homosexuels ont le droit d'être dans une famille. Ce sont des enfants de Dieu", a déclaré le pape François. "Ce qu'il nous faut, c'est une loi sur l'union civile ; de cette façon, ils sont légalement couverts", a-t-il ajouté.

Alors qu'il était archevêque de Buenos Aires, en Argentine, le pape actuel avait soutenu les unions civiles pour les couples homosexuels comme une alternative aux mariages entre personnes du même sexe.

Cependant, il ne s'était jamais prononcé publiquement en faveur des unions civiles en tant que pape.

Les autorités américaines ont lancé des poursuites contre Google

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