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Brexit : les dirigeants britanniques temporisent face aux déchirements internes

Quatre jours après le vote choc en faveur du Brexit, les responsables britanniques cherchaient lundi à gagner du temps face à la montée des déchirements internes, les leaders européens essayant de leur côté de trouver une stratégie commune sur les bouleversements en cours.

Alors que les Européens pressent pour un divorce rapide, Londres a annoncé la création d'un département spécial au sein du gouvernement pour gérer la question du Brexit.

"Le Royaume-Uni quitte l'Union européenne mais ne doit pas tourner le dos à l'Europe et au reste du monde", a déclaré le Premier ministre David Cameron lundi devant le Parlement, revenu en session après une pause pour le référendum.

"Nous devons déterminer le genre de relation que nous voulons désormais avoir avec l'UE", a ajouté M. Cameron, précisant que ce sera à son successeur de le faire. Successeur qui sera désigné d'ici le 2 septembre, a indiqué de son côté le parti conservateur.

Le Premier ministre a également souligné que le gouvernement devrait "s'assurer que les intérêts" de l'Ecosse, du Pays de Galles et de l'Irlande du Nord "soient protégés".

Tôt lundi matin, le ministre des Finances George Osborne avait tenté de rassurer les marchés. Le processus de sortie de l'UE ne sera enclenché "que lorsque nous aurons une vision claire des nouveaux arrangements que nous recherchons avec nos voisins européens", a-t-il promis.

Il a ajouté que l'économie britannique était "prête à affronter ce que l'avenir nous réserve".

La Bourse de Londres restait très nerveuse, avec un plongeon des valeurs bancaires et immobilières ou des compagnies aériennes. La livre britannique continuait de dévisser et a touché dans la matinée de nouveaux plus bas en 30 ans face au dollar.

Et un sondage paru lundi montre qu'un cinquième des dirigeants d'entreprises britanniques envisagent de délocaliser une partie de leur activité.

- Angela Merkel accommodante -

Le chef de file des partisans du Brexit, le conservateur Boris Johnson, a adopté un ton inhabituellement conciliant avec ses adversaires d'hier, en assurant que le Royaume-Uni fait "partie de l'Europe" et que la coopération avec ses voisins du continent allait "s'intensifier".

Dans une tribune parue dans le Daily Telegraph, il a réaffirmé que la sortie de l'UE "n'interviendra pas dans la précipitation". Candidat à la succession de David Cameron, il a appelé les partisans du Brexit à "construire des ponts" avec ceux qui ont voté pour rester dans l'UE.

La presse britannique assurait que, face à l'ex-maire de Londres, la ministre de l'Intérieur Theresa May devrait incarner la candidature "anti-Boris" au sein du parti conservateur pour le poste de Premier ministre.

Signe d'un Brexit qui a du mal à passer pour une partie des Britanniques, en particulier chez les jeunes, une pétition réclamant l'organisation d'un deuxième référendum dépassait lundi matin les 3,7 millions de signataires.

"Je voulais étudier en Espagne mais je ne sais plus si je pourrai être candidat à un Erasmus si nous ne sommes plus citoyens de l'UE", s'inquiétait ainsi Jamie McAteer, étudiant nord-irlandais de 18 ans, rencontré par l'AFP à Newry.

L'ambassade de Pologne à Londres s'est dite "choquée et profondément préoccupée par de récents incidents xénophobes à l'encontre de la communauté polonaise", des incidents que David Cameron a condamnés.

Samedi, des tracts anonymes ont été distribués à Huntingdon, dans le centre de l'Angleterre : "Quittez l'UE, plus de vermine polonaise". Un tag raciste a lui été découvert sur un centre culturel polonais d'Hammersmith, quartier de l'ouest de Londres où réside une forte communauté polonaise.

De leur côté, les Européens tentent de s'organiser pour trouver une position commune et faire valoir leurs conditions.

Les ministres français et allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier et Jean-Marc Ayrault, ont annoncé vouloir "faire de nouvelles avancées en direction d'une union politique en Europe", appelant "les autres Etats européens à (les) rejoindre dans cette entreprise".

Sur une ligne accommodante depuis le résultat du référendum, la chancelière allemande Angela Merkel a dit lundi comprendre que le gouvernement britannique ait besoin de temps.

"Tout d'abord on ne peut pas se permettre une longue période d'incertitude (...) mais que la Grande-Bretagne ait besoin d'un certain temps pour analyser les choses, je le comprends", a-t-elle estimé devant la presse.

Elle devait recevoir dans la journée le président du Conseil européen Donald Tusk, puis le président français François Hollande et le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, qui a appelé l'Europe à "se bouger".

C'est dans ce contexte délicat que le secrétaire d'Etat américain John Kerry se rendait à Londres après avoir appelé les Européens à "ne pas perdre la tête".

- Jeremy Corbyn contesté -

La tourmente politique qui secoue le Royaume-Uni est encore aggravée par le retour de la menace d'une sécession de l'Ecosse, où le vote en faveur d'un maintien dans l'UE a réuni 62% des suffrages.

Dès dimanche, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a jugé "très probable" un nouveau référendum sur l'indépendance après celui de 2014, où le "non" l'avait emporté.

Mais le gouvernement britannique a déclaré lundi qu'un nouveau référendum est la "dernière chose dont a besoin l'Ecosse".

Du côté des partis politiques, le leader travailliste Jeremy Corbyn, accusé en interne de ne pas avoir assez milité pour un maintien dans l'UE, a annoncé qu'il ne démissionnerait pas, même si plus de la moitié de son cabinet fantôme a déjà déserté en signe de protestation.

Une réunion houleuse l'attendait lundi en fin de journée, lors de laquelle pourrait être examinée une motion de défiance à son encontre.

Avec AFP

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Le tableau de Banksy parodiant les Nymphéas de Monet adjugé à 7,6 millions de livres

Une assistante de gallerie pose le tableau Nympheas de Claude Monet lors d'une photo-call pour la vente d'art à la maison de ventes Sotheby's à Londres le 18 juin 2014. REUTERS / Neil Hall

"Show me the Monet", le tableau de l'artiste urbain britannique Banksy parodiant les Nymphéas de Claude Monet, a été vendu mercredi à Londres 7,6 millions de livres (8,5 millions d'euros), a annoncé la maison d'enchères Sotheby's.

"Cinq collectionneurs déterminés" se sont disputés pendant près de neuf minutes d'enchères en ligne l'oeuvre, initialement estimée entre 3 et 5 millions de livres, avant que l'un deux ne la remporte pour 7,6 millions. C'est "le second plus haut prix jamais atteint" par une œuvre de Banksy dans des enchères.

Ce tableau datant de 2005 reprend l'une des célèbres œuvres du peintre impressionniste français montrant un pont japonais au dessus d'un bassin en fleurs, dans lequel trempent désormais aussi des plots de signalisation orange et un vieux caddy.

"Banksy met ici en lumière le mépris de la société pour l'environnement face aux excès gaspilleurs du consumérisme", a estimé dans un communiqué Alex Branczik, responsable européen de l'art contemporain chez Sotheby’s, qui voit en l'artiste originaire de Bristol un "visionnaire".

"Show me the Monet" fait partie d'une série de tableaux intitulée "Crude Oils" ("Peintures à l'huile vulgaires"), dans laquelle l'artiste s'est amusé à détourner de grands classiques de la peinture.

On y trouve ainsi une version des "Tournesols" de Van Gogh aux fleurs fanées, la Marilyn Monroe d'Andy Warhol détournée en Kate Moss ou encore le "Nighthawks" d'Edward Hopper où un homme en caleçon aux couleurs du drapeau britannique a caillassé la vitre du célèbre bar.

"Show me the Monet" n'a pas réussi à battre le record établi en 2019 par "Le Parlement des singes", qui s'était arraché à 9,9 millions de livres (11,1 millions d'euros) lors d'une précédente vente aux enchères à Sotheby's, pulvérisant l'estimation initiale de 1,5 à deux millions de livres (entre 1,7 et 2,25 millions d'euros).

Le pianiste américain Keith Jarrett, handicapé par des AVC, ne donnera plus de concerts

Pianiste à l'oeuvre.

Le pianiste américain de jazz Keith Jarrett ne pourra sans doute plus jamais se produire en concert, partiellement paralysé par deux AVC, explique-t-il dans un entretien publié mercredi par le New York Times.

"Mon côté gauche est toujours en partie paralysé", explique, pour la première fois, le musicien de 75 ans, après deux accidents vasculaires cérébraux intervenus en février et mai 2018.

"On me dit que le maximum que je pourrais récupérer de ma main gauche, c'est la capacité de tenir un verre", se désole-t-il.

Depuis, il ne s'est mis que de rares fois au piano, jouant de la main droite uniquement.

"Je ne sais pas à quoi est censé ressembler mon avenir", a-t-il confié au New York Times. "Je ne me considère pas comme un pianiste aujourd'hui."

Légende du jazz, Keith Jarrett a été à l'avant-garde du mouvement dès le début des années 60, et a collaboré avec des artistes de référence comme Miles Davis, Art Blakey ou Jack DeJohnette.

Son travail autour de l'improvisation l'a mené jusqu'à donner des concerts solo totalement improvisés, qui ont largement contribué à sa réputation de virtuose génial.

"J'ai le sentiment que je suis le John Coltrane des pianistes", a-t-il dit au New York Times, se plaçant au niveau du monstre du saxophone.

Ce qui sera peut-être le dernier concert de Keith Jarrett remonte à février 2017, au Carnegie Hall de New York.

S'il a enregistré plusieurs albums en studio, le natif d'Allentown (Pennsylvanie) est surtout connu pour ses concerts, son jeu au son limpide et ses mimiques, notamment sa tête exagérément penchée sur le piano.

"Aujourd'hui, je ne peux même pas en parler", dit-il au sujet de la possible fin de sa carrière scénique.

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Le Vatican soutient les unions civiles entre personnes de même sexe

Le pape François arrive à la salle Paul VI pour son audience générale hebdomadaire, se tenant à distance des fidèles en raison de la maladie du coronavirus, au Vatican, le 21 octobre 2020. (Reuters)

Le pape François a approuvé les unions civiles entre personnes de même sexe pour la première fois en tant que souverain pontife.

C’était lors d’une interview dans le cadre d’un documentaire intitulé "Francesco" (François en italien), qui a été présenté en première au Festival du film de Rome mercredi.

Le documentaire touche sur les questions qui lui tiennent le plus à cœur, notamment l'environnement, la pauvreté, la migration, l'inégalité raciale et de revenus, et la discrimination.

"Les homosexuels ont le droit d'être dans une famille. Ce sont des enfants de Dieu", a déclaré le pape François. "Ce qu'il nous faut, c'est une loi sur l'union civile ; de cette façon, ils sont légalement couverts", a-t-il ajouté.

Alors qu'il était archevêque de Buenos Aires, en Argentine, le pape actuel avait soutenu les unions civiles pour les couples homosexuels comme une alternative aux mariages entre personnes du même sexe.

Cependant, il ne s'était jamais prononcé publiquement en faveur des unions civiles en tant que pape.

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