Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Afrique

Bongo vs Ping, conflit de générations et affaire de famille au Gabon

Le président Ali Bongo devant l'ONU, à New York, le 28 septembre 2015.

Les Gabonais - toujours hantés par l'ombre tutélaire d'Omar Bongo qui a façonné leur pays pendant 41 ans - élisent samedi leur président dans un scrutin mettant aux prises son fils, le dirigeant sortant Ali Bongo Ondimba, et Jean Ping, représentant la vieille garde des collaborateurs du défunt chef de l'Etat passés dans l'opposition.

Outre les deux favoris, neuf autres candidats sont en lice pour ce scrutin à un seul tour. Celui qui arrivera en tête sera élu pour un mandat de sept ans.

Beaucoup au Gabon redoutent d'ores et déjà des troubles à l'annonce des résultats.

Car en 2009, la victoire d'Ali Bongo avait été contestée par l'opposition, provoquant des violences: plusieurs morts, pillages, couvre-feu, incendie du consulat de France dans la capitale économique Port-Gentil...

"Je souhaite que le scrutin se passe bien et que celui qui aura perdu accepte sa défaite", espère Fabrice Moudamba, qui a perdu son emploi dans le pétrole à Port-Gentil du fait de la crise.

A Libreville aussi, la crainte est partagée: "Si Ali passe, ils vont tout +gaspiller+" (casser), dit Stéphane Mba, la trentaine et sans emploi, à propos de militants de l'opposition persuadés que le pouvoir prépare des fraudes massives.

Par précaution, des étrangers installés au Gabon - Libanais, Français, Ouest-Africains - ont d'ailleurs décalé leurs congés ou sont rentrés au pays pour la période électorale.

D'autant que le scrutin se déroule dans un climat social déjà tendu, du fait de l'effondrement des cours du pétrole, première source de revenus de ce pays d'1,8 million d'habitants.

Rien qu'à Port-Gentil, le secteur pétrolier a licencié plus de 2.500 salariés depuis 2014. "Il n'y a plus d'argent", commente Félicité, commerçante à Lalala, un quartier de la capitale.

Derniers combats

Fils aîné de l'ancien président, Ali Bongo, 57 ans, a battu campagne sous le slogan "Changeons ensemble" en mettant en avant les réalisations de son septennat - routes, hôpitaux... - et la rupture avec les pratiques financières du passé: "évaporation" des fonds publics, gestion obscure des ressources pétrolières...

A contrario, l'opposition dénonce avec virulence une politique de prédation orchestrée, selon elle, par une "légion étrangère" de nouveaux collaborateurs entourant le chef de l'Etat. L'expression vise particulièrement le directeur de cabinet du président, Maixent Accrombessi, un Gabono-béninois.

Dans ce climat, les échanges verbaux ont été particulièrement virulents pendant la campagne. Une interminable polémique, ponctuée de poursuites judiciaires, sur la filiation du président sortant a empoisonné les débats pendant des mois.

Dans l'autre camp, des partisans du président ne se sont pas privés d'attaquer M. Ping, un métis sino-gabonais de 73 ans, sur ses origines, sous-entendant lourdement qu'il servait pour son bénéfice personnel de cheval de Troie aux intérêts chinois.

Pourtant, les deux hommes se connaissent bien. Ils ont travaillé ensemble durant des années sous la direction d'Omar Bongo, qui imposa M. Ping à la présidence de la Commission de l'Union africaine (UA).

Un demi-siècle d'histoire

Leur rupture est récente. Comme toute une génération de caciques septuagénaires du régime Bongo père qui se sent mise sur la touche et livre son dernier combat, M. Ping conteste la gouvernance et les méthodes du président sortant.

C'est aussi le cas de Félix Nzouba Ndama, 70 ans, qui fut président de l'Assemblée nationale pendant 19 ans avant de claquer la porte en mars et d'annoncer sa candidature contre Ali Bongo.

Il a finalement rallié celle de M. Ping à la dernière minute, lui apportant un soutien de poids, à l'instar de Casimir Oyé Mba, 74 ans, ancien Premier ministre d'Omar Bongo.

Un cousin du président-sortant, Léon-Paul Ngoulakia, patron du Conseil national de sécurité de 2009 à 2013 a lui aussi rejoint M. Ping, qui promet d'en finir avec le "système Bongo" qui régit la vie publique gabonaise depuis bientôt un demi-siècle.

Jean Ping est pourtant lui-même intimement lié à la famille présidentielle. Il est le père de deux enfants de Pascaline Bongo Ondimba, soeur d'Ali et qui fut directrice de cabinet de son père.

Très discrète dans le débat politique, elle est l'exécutrice testamentaire d'Omar Bongo, qui compte 56 héritiers directs - dont deux petits-enfants du président congolais Denis Sassou Nguesso - et dont les familles maternelles de certains sont engagées dans des camps politiques rivaux.

Avec AFP

Toutes les actualités

Cyril Ramaphosa défend sa campagne controversée pour la présidence de l’ANC

Cyril Ramaphosa défend sa campagne controversée pour la présidence de l’ANC
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:55 0:00

Un réseau de 80 arnaqueurs sévissant sur des sites de rencontre démantelé

Un réseau de 80 arnaqueurs sévissant sur des sites de rencontre démantelé
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:59 0:00

Gambie: nomination d'un ministre de la Défense, le premier depuis 22 ans

La force de la Cedeao, lors de la crise de succession en Gambie.

Le chef de l'Etat gambien Adama Barrow a remanié jeudi son gouvernement, nommant un ministre de la Défense pour la première fois depuis 22 ans et un ancien chef de la police controversé à l'Intérieur, a annoncé la présidence dans un communiqué.

M. Barrow a désigné jeudi comme ministre de la Défense Sheikh Omar Faye, consul général de Gambie à Jeddah (Arabie saoudite), selon le communiqué.

Depuis 1997, d'abord sous Yahya Jammeh, qui a dirigé d'une main de fer ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest de 1994 à 2017, puis sous son successeur, l'ancien opposant Adama Barrow, les prérogatives du ministère de la Défense étaient directement exercées par le président.

Ancien sprinteur --il a participé aux JO de 1984-- M. Faye a fait carrière dans l'armée jusqu'en 1994, lorsqu'il a quitté la Gambie pour les Etats-Unis, selon la lettre d'information spécialisée AllGov.com.

De retour en Gambie en 2005, il devient chef de la communication du cabinet du président Jammeh, puis ministre de la Jeunesse et des Sports, avant d'être nommé ambassadeur à Washington.

Il avait pris ses distances avec Yahya Jammeh à la toute fin de son régime, en l'appelant de la capitale fédérale américaine, en décembre 2016, à reconnaître sa défaite électorale face à Adama Barrow et à céder le pouvoir.

Yahya Jammeh n'avait quitté son pays pour la Guinée Equatoriale qu'après six semaines d'une crise à rebondissements et sous la pression d'une intervention militaire et diplomatique régionale.

Un défenseur gambien des droits humains, Madi Jobarteh, a salué la désignation d'un ministre de la Défense, estimant toutefois que "le choix de M. Faye est un important pas en arrière" si l'on considère qu'il fut un "soutien clé de la dictature en Gambie".

Le défenseur des droits de l'homme a par ailleurs qualifié de "catastrophe" la désignation au poste de ministre de l'Intérieur de Yankuba Sonko, qui selon lui montre la volonté du président Barrow de "recourir à la violence pour refuser les droits et libertés fondamentales".

M. Sonko était inspecteur général de la police lors de la répression le 14 avril 2016 d'un rassemblement pour réclamer des réformes politiques. La mort en détention d'un des leaders de l'opposition arrêtés, Solo Sandeng, avait galvanisé les opposants, qui s'étaient unis autour de la candidature d'Adama Barrow.

Avec AFP

Candidat à présidentielle, le Premier ministre délègue ses pouvoirs

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed, lors du dépôt de sa candidature à la présidentielle anticipée en Tunisie, le 9 août 2019.

Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, l'un des principaux candidats à la présidentielle anticipée du 15 septembre, a annoncé jeudi avoir délégué ses pouvoirs pour se consacrer à sa campagne électorale.

Lors d'une intervention sur la télévision publique, M. Chahed a déclaré avoir "décidé de déléguer ses pouvoirs de chef du gouvernement au ministre de la Fonction publique jusqu'à la fin de la campagne électorale". Celle-ci est prévue du 2 au 13 septembre.

Cette décision a été prise "dans le souci d'assurer la transparence dans le processus électoral et pour éviter tout conflit d'intérêt", a dit M. Chahed, devenu en 2016, à 40 ans, le plus jeune Premier ministre de la Tunisie.

Le premier tour du scrutin présidentiel aura lieu le 15 septembre.

Prévue en fin d'année, cette élection a été avancée à la suite du décès le 25 juillet du président Beji Caid Essebsi à l'âge de 92 ans.

Il était le premier président démocratiquement élu au suffrage universel de l'histoire moderne de la Tunisie.

Vingt-six candidatures, dont celle de M. Chahed, ont été validées et 71 écartées, au terme d'un examen préliminaire des dossiers, a annoncé le 14 août l'Instance chargée des élections en Tunisie (Isie). La liste finale sera publiée le 31 août.

Mardi, M. Chahed qui avait lancé au début de cette année son propre parti Tahya Tounes, a annoncé avoir renoncé à la nationalité française avant le dépôt de sa candidature, comme le demande la Constitution.

Avec AFP

Zimbabwe: une satiriste connue affirme avoir été enlevée et battue

La comédienne zimbabweenne, Samantha Kureya, dite Gonyeti.

Une comédienne et satiriste populaire au Zimbabwe, Samantha Kureya, dite Gonyeti, a affirmé jeudi avoir été enlevée de son domicile à Harare et battue par des inconnus, devenant la dernière critique en date du gouvernement à avoir été agressée ces dernières semaines.

Dans un clip vidéo en ligne, elle raconte à un journaliste du quotidien Daily News, depuis son lit d'hôpital, avoir été enlevée mercredi soir par des hommes armés et masqués, rouée de coups et abandonnée.

Trois hommes masqués ont cassé la porte de sa chambre et l'ont tirée du lit, dit-elle. "Je ne portais qu'un haut et une culotte. Quand je leur ai dit +laissez-moi m'habiller+, ils m'ont giflée et ordonné de baisser les yeux", ajoute-t-elle.

"Vous vous moquez du gouvernement" lui ont dit ses agresseurs en lui donnant des coups de pied et de fouet et la faisant rouler sur le sol mouillé, a-t-elle ajouté.

Elle affirme avoir dû se dénuder, boire de l'eau des égouts et avoir été abandonnée sur place sans ses vêtements.

Elle ajoute avoir marché ensuite vers des maisons et qu'une robe lui a été jetée par la fenêtre de l'une d'entre elles.

"Je ne sais pas si (cette agression) avait pour objectif de me faire peur" mais c'est grâce à la comédie "que je suis capable de payer mon loyer et d'envoyer mon frère à l'école. Je continuerai à faire mon travail", affirme-t-elle.

Le ministère de l'Information a annoncé dans un Tweet qu'une enquête était en cours.

La maison de production de Samantha Kureya, Bustop-TV, avait précédemment indiqué dans un Tweet qu'une autre comédienne, Sharon Chideu, qui apparaît dans des sketchs à ses côtés, avait elle aussi été ciblée mais qu'elle avait été avertie d'un risque d'enlèvement et avait quitté son domicile.

Bustop-TV diffuse des sketchs qui se moquent des autorités zimbabwéennes et des problèmes économiques et sociaux du pays.

Samantha Kureya et Sharon Chideu avaient été arrêtées par la police en février après être apparues dans un sketch vêtues d'uniformes de la police. Elles avaient été libérées après avoir payé chacune une amende de 20 dollars (17,6 euros).

Ces deux dernières semaines, plusieurs membres de l'opposition et militants des droits de l'homme ont été enlevés par des assaillants non identifiés en divers endroits du Zimbabwe, selon des organisations de défense des droits de l'homme.

Avec AFP

Voir plus

XS
SM
MD
LG