Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Une femme au centre de mouvements de fonds d'un réseau jihadiste présumé au Sénégal


Des Sénégalais marchent devant le palais de Justice à Dakar, le 21 septembre 2015.

Une épouse d'un Sénégalais accusé d'avoir combattu aux côtés de Boko Haram a reconnu mercredi à son procès à Dakar avoir été au centre d'importants mouvements de fonds, provenant selon le parquet d'un chef du groupe jihadiste nigérian.

Coumba Niang, 34 ans, mère de trois enfants, est une des deux épouses de Makhtar Diokhané, un des principaux prévenus de ce procès, inédit au Sénégal par le nombre d'accusés pour de tels faits.

Au total, 29 personnes, dont trois femmes, sont jugées par le tribunal correctionnel de Dakar pour "actes de terrorisme par association de malfaiteurs, par menaces ayant pour but de troubler l'ordre public, financement du terrorisme et blanchiment de capitaux".

>> Lire aussi : Condamnation à 15 ans de travaux forcés pour "terrorisme" au Sénégal

Avant de partir pour le Nigeria, Makhtar Diokhané "m'avait confié de l'argent, que je n'ai pas compté", a affirmé Coumba Niang, apparue voilée à la barre.

Elle a assuré avoir remis sur instruction de son époux de l'argent à des proches de ce dernier, confirmant les dires d'un autre prévenu, Ibrahima Diallo, qui a indiqué mardi avoir reçu d'elle 22.000 euros à son retour du Nigeria.

"Les demandes d'argent étaient répétées", a-t-elle dit, en référence aux sollicitations de proches de son mari, ajoutant: "Pour cette raison j'ai voulu m'en débarrasser".

Selon le parquet, lors d'une perquisition à son domicile près de Dakar, "14.500 euros en billets de 500 euros ont été saisis dans sa chambre" en plus de "documents relatifs au jihad".

Ces documents détaillent notamment "les techniques et stratégies de combat et de déstabilisation d'un Etat" mécréant, "les techniques d'enlèvement, de rapt et d'assassinat". Ils comprennent aussi des livres "légitimant les exécutions sommaires" de personnes opposées au jihad, selon l'accusation.

Durant l'enquête, Coumba Niang a affirmé que l'argent avait été remis à son mari par "le chef de Boko Haram Abubakar Shekau", selon le parquet, ce qu'elle n'a pas confirmé à la barre.

Une partie de ces "importantes sommes d'argent confiées par son mari" était destinée aux collaborateurs de M. Diokhané et une autre "à financer un travail qui devait être fait au Sénégal", a déclaré le procureur Ali Ciré Ndiaye.

Les prévenus sont accusés d'avoir voulu créer une base jihadiste au Sénégal.

Mokhtar Diokhané a fréquenté Boko Haram au Nigeria avant d'être interpellé en 2015 au Niger voisin à la suite d'une affaire de "faux monnayage" puis remis au Sénégal, selon l'accusation.

Pays réputé pour sa tolérance religieuse, le Sénégal compte plus de 90% de musulmans, adhérant pour la plupart à l'islam soufi, représenté par différentes confréries.

Il a été jusqu'à présent épargné par les attentats jihadistes qui ont frappé d'autres pays d'Afrique de l'Ouest. Mais il a renforcé la sécurité devant les hôtels et de nombreux bâtiments publics après les attentats dans la région.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG