Liens d'accessibilité

Blanchisseurs et autres débrouillards se ruent au bord du fleuve Chari à N’Djamena


A N’Djamena capitale du Tchad, les blanchisseurs et autres débrouillards prennent d’assaut tous les jours le bord du fleuve Chari. Chacun exerce un petit métier pour assurer sa pitance quotidienne. André Kodmadjingar est allé à leur rencontre. Reportage.

A peine le soleil se lève, le bord du fleuve Chari, l’espace d’environ 3 km entre deux ponts qui relient la capitale au Sud du Tchad est noire de monde.

Ils sont Tchadiens, Sénégalais, Béninois, Burkinabé, Nigérians, bref toutes nationalités confondues, à exercer le métier de blanchisseurs et autres activités génératrice de revenu.

Ils lavent systématiquement tous les linges y compris les linges féminins.

Une activité qui rapporte, estiment quelques blanchisseurs que nous avons rencontrés.

Les blanchisseurs et autres débrouillards prennent d’assaut tous les jours le bord du fleuve Chari, à N’Djamena, Tchad, 16 juin 2017. (VOA/André Kodmadjingar)
Les blanchisseurs et autres débrouillards prennent d’assaut tous les jours le bord du fleuve Chari, à N’Djamena, Tchad, 16 juin 2017. (VOA/André Kodmadjingar)

Cependant, ils déplorent l’arnaque dont ils font l’objet de la part des agents de sécurité qui prélèvent 500 FCFA par personne et par jour alors même que la décision interdisant les activités au bord du fleuve Chari est tombée en désuétude.

"Même si cette activité ne rapporte pas, nous n’avons pas le choix. Il n’y a pas un travail plus dur que la lessive mais ça nous a permis d’assurer nos besoins quotidiens. Je pratique cette activité depuis mon arrivée au Tchad. Tout le monde me connait comme blanchisseur et je n’ai pas de problème avec mes clients car ils ont déjà confiance en moi. Ma préoccupation, c’est de garantir la rançon de ma petite famille. Donc, je lave tous les linges qu’on me donne y compris les linges féminins. Je suis marié et père de 4 enfants. En plus, je suis locataire. Si je croise les bras qui va nourrir ma famille ? Mais nous déplorons le fait que les agents de sécurité nous exigent 500f par jour. Tout compte fait, chacun de nous paie au moins 15.000 FCFA par mois alors que les bénéfices que nous gagnons par jours varient entre 2000 à 3000fcfa," déplore l’un d’eux parlant en arabe.

"Nous pratiquons cette activité avec nos frère tchadiens. Mais tout le monde est soumis au même traitement. Ils paient aussi comme nous. Reste à savoir si cet argent entre dans le trésor public. Car aucun reçu n’est donné en contre parti et nous n’avons pas le pouvoir d’exiger quoi que ça soi. Notre préoccupation, c’est de trouver quelques choses pour payer le loyer, nourrir nos familles respectives et inscrire nos progénitures à l’école, " ajoute un autre blanchisseur.

Au bord du fleuve, il y a aussi une catégorie des jeunes qui s’organisent et louent des véhicules pick-up pour enlever le sable et aller vendre aux clients.

Quelque fois, ils rentrent dans l’eau pour rechercher la meilleure qualité du sable.

Les maçons curieux, se déplacent le plus souvent au bord du fleuve à la cherche de la bonne qualité du sable, témoignent Felix Mouimo et Mbailessi respectivement propriétaire d’une Toyota pick-up loué pour le transport du sable et maçon, rencontrés au bord du fleuve.

Facebook Forum

XS
SM
MD
LG