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N'Djamena rejette le rapport de l'ONU accusant ses soldats d'exactions en Centrafrique


Les soldats tchadiens assis à l’arrière d’une camionnette à Bangui, Centrafrique, 4 avril 2014.

Le Tchad s'est vivement opposé aux conclusions d'un rapport de l'ONU publié cette semaine accusant ses soldats d'exactions en Centrafrique entre 2013 et 2014, dans un courrier officiel vu vendredi.

"Le gouvernement du Tchad proteste vivement contre ce rapport rédigé à charge", "truffé d'allégations mensongères, diffamatoires et attentatoires à la dignité des soldats tchadiens", écrit le ministre de la Justice tchadien dans une lettre datée du 24 mai et adressée au Haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme.

Le ministre Ahmat Mahamat Hassan ajoute que le Tchad "s'oppose" à la publication de ce rapport qui a finalement été rendu public mardi dans la perspective de la mise en route à Bangui de la Cour pénale spéciale (CPS).

L'enquête de l'ONU détaille 620 crimes commis par des militaires ou des groupes rebelles en Centrafrique entre 2003 et 2015, dont de nombreuses exactions avec morts de civils impliquant des soldats tchadiens.

Les forces tchadiennes formaient le plus important contingent de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca) de décembre 2013 à mi-avril 2014, date de leur retrait prématuré suite aux accusations d'exactions.

Le Tchad se réserve "le droit de reconsidérer (ses) relations avec les différentes instances des Nations unies", selon la lettre du ministre de la Justice.

La Centrafrique a basculé dans l'anarchie en 2013 avec le renversement de l'ancien président François Bozizé par des groupes armés Séléka pro-musulmans, entraînant une contre-offensive des milices à majorité chrétienne anti-balakas.

L'intervention de la France (décembre 2013-octobre 2016) et de la force de la Minusca (12.500 Casques bleus) ont ramené le calme dans la capitale mais la violence des groupes armés a redoublé ces dernières semaines dans l'intérieur du pays.

Le Tchad a été souvent montré du doigt pour soutenir les rebelles de la Séléka.

Avec AFP

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