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Baisse des arrivées de migrants en Italie: un faisceau de facteurs

Des réfugiés et des migrants partent de la Libye, le 5 mars 2017.

Fermeté des autorités libyennes, réduction des flux en amont ou peut-être pénurie de canots: les causes de la forte baisse des arrivées de migrants cet été sur les côtes italiennes sont multiples, et pour certaines encore mystérieuses.

Alors que l'été a toujours été la saison la plus propice aux départs, les autorités italiennes ont enregistré environ 13.500 arrivées depuis le 1er juillet, contre 30.500 sur la même période en 2016, soit une baisse de plus de 55%.

"Il est encore tôt pour parler d'une vraie tendance", tempère Barbara Molinario, une porte-parole du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR). Mais au fur et à mesure des semaines, la baisse semble s'accentuer.

Le facteur le plus évident semble être la nouvelle fermeté des gardes-côtes libyens: l'Union européenne en a formé une centaine pendant de longs mois cet hiver, l'Italie leur a fourni au printemps des vedettes pour patrouiller, appuyées depuis peu par des navires militaires italiens dans les eaux libyennes.

Pourtant, selon un décompte de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), ils ont intercepté moins de 2.000 migrants depuis début juillet, contre plus de 4.000 en mai.

Autre raison invoquée: la nouvelle fermeté contre les ONG, accusées de collusion avec les passeurs. Mais ces dernières n'effectuent qu'une petite part des sauvetages, et les secouristes des trois navires encore engagés continuent de scruter les flots sans voir personne.

Pour Mussie Zerai, un prêtre érythréen devenu une référence pour les migrants en détresse, la cause se trouve plus en amont: à la suite d'accords entre l'UE et les pays de transit, "les routes sont bloquées, les passages plus contrôlés", explique-t-il à l'AFP.

Ainsi au Soudan, les autorités soudanaises confirment avoir augmenté leurs patrouilles le long des frontières, tout en démentant les informations d'organisations humanitaires sur le recours aux milices violentes qui avaient combattu les rebelles du Darfour.

"En Libye, les tribus du Sud ont aussi signé des accords. Les migrants sont jetés dans des centres de détention cauchemardesques dans le désert ou refoulés", poursuit le père Zerai.

'Les ramener en enfer'

En Afrique de l'Ouest, des campagnes se multiplient dans les pays d'origine pour tenter de dissuader les jeunes, qui viennent souvent en Libye dans l'espoir d'y gagner leur vie et finissent par prendre la mer pour échapper aux violences qu'ils y subissent.

"Nous ne voulons pas qu'ils périssent pour un rêve qui pourrait ne pas se réaliser", explique ainsi à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un chef communautaire ghanéen installé depuis 26 ans en Libye.

Le triplement des arrivées en Espagne -- 8.200 depuis le début de l'année selon l'OIM -- pourrait d'ailleurs être le fruit d'une prise de conscience de la dangerosité de la Libye.

Malgré tout, les passeurs ne manquent pas de clients: il reste encore des centaines de milliers de migrants en Libye selon diverses estimations, dont beaucoup de candidats au départ compte tenu des risques d'enlèvement, de violences et de meurtres qui pèsent sur eux dans ce pays livré au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Pour Mme Molinario du HCR, il se peut cependant que la décision de l'UE de bloquer les exportations vers la Libye de canots pneumatiques complique la vie des passeurs.

En réalité, "on ne sait pas ce qui se passe", reconnaît Flavio di Giacomo, porte-parole de l'OIM, évoquant la possibilité d'un changement de stratégie des passeurs, ou d'un conflit entre réseaux.

Mais le fléchissement de l'immense flux qui a vu 600.000 personnes débarquer en Italie depuis 2014 et plus de 14.000 autres périr n'est pas perçu par tous comme une victoire.

Après avoir tiré à boulets rouges sur les ONG, les journaux italiens multiplient les articles sur les conditions effroyables des migrants détenus en Libye.

"Les ramener en Libye, en ce moment, ça veut dire les ramener en enfer", a déclaré début août le vice-ministre italien des Affaires étrangères, Mario Giro.

Dans ce contexte, l'Italie prône la création au plus vite de centres d'accueil en Libye pour les réfugiés.

"Nous y travaillons, mais c'est difficile", explique Mme Molinario. "Il faut des fonds, des accords avec les autorités et un accès au pays", alors que le HCR a évacué son personnel étranger en 2014.

Avec AFP

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

Pénurie de gaz au Tchad : appel à manifester en dépit d'une interdiction

Bonbonnes de gaz butane vide à N’Djamena, le 4 avril 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Le Collectif tchadien contre la vie chère a appelé mardi les Tchadiens à "manifester pacifiquement" jeudi pour protester contre la pénurie de gaz qui affecte le pays depuis plus de deux mois, en dépit d'une interdiction du gouvernement.

"Nous appelons les Tchadiens, jeunes, femmes, enfants touchés par cette situation à sortir massivement avec leurs bonbonnes de gaz et marmites vides" jeudi dans les rues, a déclaré le porte-parole du collectif, Dyngamnayal Nely Versinis, selon un communiqué.

Lundi, le gouvernement tchadien avait pris un arrêté pour interdire la marche lancée par ce collectif de la société civile. Mi-mars, une première marche avait déjà été interdite.

"Le gouvernement dans sa logique de restreindre la liberté d'expression, a pris un arrêté pour interdire ladite manifestation sans qu'aucune raison valable ne soit avancée", a indiqué le collectif qui a décidé "de maintenir la marche" jeudi "sur toute l'étendue du territoire".

Depuis fin janvier, la raffinerie de Djarmaya, seule source d'approvisionnement en gaz du pays, tourne au ralenti.

En cause, la révision des machines de la centrale, qui détient le monopole du gaz dans le pays, et qui n'aurait pas été anticipée.

Pour parer à la situation, le gouvernement avait autorisé l'importation de gaz du Nigeria ou du Cameroun, mais les besoins en énergie de la population ne sont toujours pas satisfaits.

"Aujourd'hui, il s'agit plus d'un bras de fer entre le gouvernement et la société chinoise actionnaire de la raffinerie pour la renégociation de contrats qui est en cause", a indiqué à l'AFP une source proche du ministère tchadien de l'Economie.

Au Tchad, les manifestations de la société civile sont souvent interdites par le gouvernement qui invoque des "raisons de sécurité".

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