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L'Espagne pourrait dépasser la Grèce en arrivées de migrants par la mer

Un migrants africain a été secouru par l'ONG Proactiva Open Arms sur la mer Méditerranée, le 2 avril 2017.

Des migrants qui débarquent en plein jour sur la plage au milieu des touristes ou qui se font transporter en jet-ski: l'Espagne pourrait cette année dépasser la Grèce en nombre d'arrivées par la mer.

Le flux migratoire augmente aussi aux deux frontières terrestres de l'Union européenne au Maroc, sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, sur la côte.

Mercredi, des dizaines de migrants ont débarqué au milieu des baigneurs sur la plage andalouse de Zahara de los Atunes, proche de Cadix dans le sud de l'Espagne, après avoir franchi le détroit de Gibraltar. Sur une vidéo amateur, on les voit sauter d'un canot pneumatique pour remonter la plage en courant.

Le même jour, une douzaine de migrants ont été déposés par des passeurs en jet-ski dans les eaux territoriales de Ceuta, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Tanger. L'un d'eux, un Guinéen de 28 ans, s'est noyé avant d'atteindre la plage, a indiqué la préfecture de la ville.

D'après un bilan au 6 août de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 8.183 migrants ont débarqué en Espagne depuis le début de l'année.

C'est plus du triple qu'à la même période de 2016 - quelque 2.500 - et plus que le total d'arrivées sur toute l'année dernière, a déclaré à l'AFP Joel Millman, porte-parole de l'OIM.

- Une route plus sûre -

Ces chiffres restent loin de ceux de l'Italie - avec plus de 96.400 migrants ont débarqué depuis le début de l'année par la mer - mais l'Espagne est en voie de rattraper la Grèce où 11.713 personnes sont arrivées par la mer sur la même période.

"L'Espagne pourrait dépasser la Grèce cette année. Ce serait un grand changement", a déclaré Joel Millman.

Les migrants, pour beaucoup venus d'Afrique de l'Ouest, semblent vouloir éviter la Libye, livrée aux milices. "Nous supposons que la route qui longe la côte pour remonter vers le Maroc est considérée comme plus sûre", a ajouté le porte-parole.

Mais depuis le début de l'année, 120 migrants sont morts en tentant la traversée vers l'Espagne, contre 128 pour l'ensemble de 2016, selon l'OIM.

Les tactiques des passeurs sont différentes. En Libye, ils embarquent leurs "clients" à 100 ou 150 par embarcation. "Ils semblent délibérément surcharger les bateaux, qui prennent l'eau tout de suite, et les passagers doivent s'efforcer d'obtenir de l'aide au plus vite", explique Joel Millman.

En revanche pour traverser les quelque 18 km du détroit de Gibraltar "la tactique est d'employer de plus petits bateaux dans l'espoir de déjouer la surveillance, et évidemment certains y parviennent".

- Femmes enceintes et enfants -

La Garde civile espagnole a retrouvé neuf mineurs parmi la trentaine de migrants qui ont débarqué sur la plage de Zahara de los Atunes, a déclaré à l'AFP un porte-parole, Manuel Gonzalez.

Ils n'avaient pas de papiers sur eux mais semblent être Marocains, a-t-il ajouté. Ils seront emmenés vers un centre d'accueil où ils pourront faire une demande d'asile.

Pour faire face à ce nouvel afflux de migrants, la Croix Rouge espagnole a renforcé le nombre de volontaires dans les principaux ports d'Andalousie où ils sont débarqués, ainsi qu'à Ceuta, a indiqué à l'AFP le responsable des urgences de l'organisation, Inigo Vila.

"Certains arrivent à bout de forces, parfois ils se sont perdus, ou ont perdu le moteur de l'embarcation, sont restés sans eau ni nourriture... Parfois ils sont brûlés par le soleil ou le carburant", dit-il. "90% d'entre eux sont des hommes de 18 à 40 ans originaires d'Afrique subsaharienne".

"On est toujours surpris de voir arriver des femmes enceintes ou des enfants - même s'il n'y en a pas beaucoup - risquant leur peau pour une vie meilleure".

Sur terre, des jeunes Africains s'élancent par centaines pour escalader les clôtures de barbelés de Ceuta et Melilla.

Lundi, 187 d'entre eux ont même forcé le poste-frontière de Ceuta en passant au sprint sous le nez des policiers débordés.

Au point que Ceuta a décidé de fermer un poste-frontière pendant une semaine pour réaffecter au contrôle de la clôture les agents qui contrôlent le transit des marchandises.

Avec AFP

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Le groupe État islamique revendique les attentats de Pâques au Sri Lanka

Enterrement d'une victime des attentats-suicides dans un cimetière près de l'église Saint-Sébastien à Negombo, au Sri Lanka, le 23 avril 2019.

Le groupe jihadiste État islamique (EI) a revendiqué mardi les attaques suicides contre des églises et hôtels de luxe qui ont fait plus de 320 morts et 500 blessés le dimanche de Pâques au Sri Lanka, attentats parmi les plus meurtriers depuis le 11 septembre 2001.

"Les auteurs des attaques ayant visé des ressortissants des pays de la Coalition (anti-EI) et les chrétiens au Sri Lanka avant-hier sont des combattants de l'EI", a annoncé l'organisation jihadiste sur son agence de propagande Amaq.

Des kamikazes ont provoqué un carnage le dimanche de Pâques dans trois hôtels de luxe et trois églises, en pleine messe, à Colombo et ailleurs dans le pays. Les autorités ont attribué le bain de sang au mouvement islamiste local National Thowheeth Jama'ath (NTJ), qui ne l'a pas revendiqué, et cherchent à savoir s'il a bénéficié d'un soutien logistique international.

Les éléments de l'enquête dont l'AFP a eu connaissance mardi permettent d'éclaircir la chronologie et les circonstances de ces Pâques sanglantes.

Sur les huit explosions de bombes au total ce jour-là, les six premières, en début de matinée, sont des attentats suicides contre trois églises et trois hôtels de luxe, le Cinnamon Grand Hotel, le Shangri-La et le Kingsbury. Deux explosions ultérieures, survenues en début d'après-midi à Colombo, sont le fait de suspects qui se sont donné la mort pour échapper à l'arrestation.

Deux frères sri-lankais musulmans, figurant parmi les kamikazes, ont joué un rôle-clé dans ce déchaînement de violence, au cours duquel un autre attentat suicide a échoué dans un quatrième hôtel de luxe à Colombo, ont révélé mardi des sources proches de l'enquête.

Selon les policiers, ces deux frères, d'une vingtaine d'années et dont les noms n'ont pas été révélés, opéraient une "cellule terroriste" familiale et jouaient un rôle-clé au sein du NTJ. Les enquêteurs ignorent toutefois encore si les attaques sont le fait de cette seule "cellule", ou d'équipes séparées mais coordonnées.

Un quatrième hôtel de luxe de la capitale sri-lankaise, adjacent aux trois frappés, figurait sur la liste des objectifs du dimanche de Pâques. Pour une raison inconnue, le sac à dos rempli d'explosifs du kamikaze chargé de cette cible n'a pas explosé et il a pris la fuite, ont indiqué des sources policières à l'AFP.

Cerné par les forces de l'ordre quelques heures plus tard dans la banlieue sud de Dehiwala, le suspect s'est alors fait exploser, causant la mort de deux passants. À peu près au même moment, dans le nord de la ville, à Orugodawatta, la femme d'un des frères kamikazes a actionné des explosifs lorsque les forces de l'ordre sont arrivées à leur résidence familiale, tuant avec elle-même ses deux enfants et trois policiers.

- Larmes et deuil -

Le Sri Lanka a rendu mardi un hommage poignant aux 321 morts des attentats, selon un nouveau bilan. Parmi les tués figurent au moins 39 étrangers - dont une personne de nationalité française, selon Colombo - et 45 enfants et adolescents.

L'île de 21 millions d'habitants est restée silencieuse durant trois minutes à 08H30 locales (03H00 GMT), heure de la première explosion d'un kamikaze deux jours auparavant, à l'église catholique Saint-Antoine de Colombo.

Des Sri-Lankais laissaient libre cours à leur douleur mardi lors de messes en hommage aux morts de ces attentats, les pires violences qu'ait connu le pays depuis, il y a dix ans, la fin de la guerre civile entre la majorité cinghalaise et la rébellion indépendantiste tamoule.

Anéantis, des proches de victimes s'effondraient dans les bras de leurs voisins.

"Nous n'avons pas ressenti une telle tristesse depuis la guerre", a assuré Rashmi Fernando, une femme de 36 ans, qui participait à l'une de ces cérémonies.

Le gouvernement a décrété une journée de deuil national. Les magasins vendant de l'alcool sont fermés, les drapeaux sont en berne et les radios et télévisions doivent adapter leur programmation musicale.

À l'église Saint-Antoine, des dizaines de personnes ont prié en silence, des bougies à la main, certaines retenant à grand peine leurs larmes. À l'issue des trois minutes de silence, la foule a entamé une prière à voix haute.

À une trentaine de kilomètres plus au nord, dans la localité de Negombo, une messe commémorative a eu lieu à l'église Saint-Sébastien, autre lieu d'un attentat suicide. Des cercueils étaient portés à tour de rôle sur des tables, devant des proches secoués de sanglots.

"Il y a tant de corps que nous ne pouvons pas les présenter tous en même temps", a expliqué à l'AFP Anthony Jayakody, évêque auxiliaire de Colombo qui célébrait la messe.

- Rivalités au sommet de l'État -

Les premiers éléments de l'enquête montrent que ces attentats ont été commis en représailles au récent massacre des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (50 morts), a annoncé mardi le vice-ministre sri-lankais de la Défense Ruwan Wijewardene.

L'organisation NTJ avait fait il y a dix jours l'objet d'une alerte diffusée aux services de police, selon laquelle elle préparait des attentats suicides contre des églises et l'ambassade d'Inde à Colombo.

D'après le porte-parole du gouvernement, cette alerte n'avait pas été transmise au Premier ministre Ranil Wickremesinghe ou à d'autres ministres de haut rang. Un élément qui pourrait relancer la crise au sommet de l'État sri-lankais.

La police est en effet de la juridiction du président Maithripala Sirisena, en conflit ouvert avec son chef de gouvernement. Il l'avait limogé à l'automne mais avait été forcé de le réinvestir après sept semaines de chaos politique. Les deux têtes de l'exécutif se vouent une animosité réciproque.

Environ 1,2 million de catholiques vivent au Sri Lanka, un pays majoritairement bouddhiste (70%) qui compte aussi 12% d'hindous et 10% de musulmans.

Les ambassades étrangères au Sri Lanka ont recommandé à leurs ressortissants d'éviter tout déplacement non impératif. Les États-Unis ont, dans leurs conseils aux voyageurs, évoqué la possibilité de nouvelles attaques.

De nouvelles pressions sur Téhéran

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