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Le candidat à la Cour suprême esquive les dures questions des démocrates sur l'avortement

Le candidat à la Cour suprême, Brett Kavanaugh, lors de son audition devant le Comité judiciaire du Sénat à Capitol Hill, à Washington, le 5 septembre 2018.

Au cours de douze heures d'audition tendue, le candidat conservateur de Donald Trump à la Cour suprême a évité de répondre aux questions acérées des sénateurs démocrates sur ce qu'il pense de l'arrêt historique légalisant l'avortement aux Etats-Unis, se contentant d'affirmer qu'il respectait la jurisprudence.

Brett Kavanaugh, 53 ans, a d'autre part tenu à revendiquer son "indépendance" face au président américain, lors du deuxième jour de son audition de confirmation devant la commission judiciaire du Sénat, mercredi.

Les républicains disposent d'une courte majorité (51-49) au Sénat, qui a le dernier mot sur les nominations présidentielles, à vie, à la Cour suprême. Mariage pour tous, droits des syndicats, vote des minorités, couverture santé, cette institution arbitre les questions de société les plus brûlantes.

"Pouvez-vous citer une loi qui donne au gouvernement le pouvoir de prendre des décisions concernant le corps d'un homme?"

Avec cette question lancée d'un ton ferme dans la soirée, la sénatrice démocrate Kamala Harris est parvenue à laisser le juge sans réponse.

Il avait jusque-là esquivé toutes les questions directes sur l'avortement, en martelant son "respect" pour toute jurisprudence fondée sur la Constitution américaine, y compris l'arrêt historique Roe v. Wade qui a légalisé l'avortement en 1973.

"Notre corps, notre choix!" avait plus tôt crié dans la salle une manifestante en faveur du droit à l'avortement, vêtue d'une coiffe blanche et d'une tunique rouge à la façon des personnages de la série "La Servante écarlate" (The Handmaid's tale").

"S'il est confirmé, ce serait une victoire pour les militants qui veulent mettre un terme au droit des femmes à prendre leur propre décision concernant leur santé", a tweeté pendant l'audition l'ex-candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton.

"Mes croyances personnelles ne sont pas pertinentes dans la façon dont je juge les dossiers", a affirmé ce catholique pratiquant, choisi par Donald Trump sur une liste approuvée par des associations conservatrices.

Le président américain avait promis pendant sa campagne, en 2016, de nommer des juges anti-avortement, ce qui lui avait attiré les suffrages en masse des chrétiens évangélistes.

Les démocrates n'ont de cesse de rappeler cette promesse. D'autant qu'un juge nommé par Donald Trump en 2017, Neil Gorsuch, siège déjà à la Cour suprême et que l'arrivée de Brett Kavanaugh pourrait ancrer l'institution du côté conservateur.

Le juge Kavanaugh doit en effet remplacer Anthony Kennedy, un magistrat qui a joué pendant trois décennies le rôle de pivot entre ses quatre collègues conservateurs et quatre progressistes.

- "Personne au-dessus des lois" -

Alors que l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur des soupçons d'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016 se rapproche du cercle proche de Donald Trump, la question de l'indépendance de la justice face à un président en exercice a largement été soulevée.

Les démocrates rappellent à l'envi l'opinion exprimée en 2009 par le juge Kavanaugh, pour qui lancer des poursuites contre un président en exercice soulevait de "sérieuses questions constitutionnelles" car cela entraverait son travail.

"Personne n'est au-dessus des lois dans notre système constitutionnel", a affirmé Brett Kavanaugh, brandissant un exemplaire écorné de la Constitution américaine.

Puis il a cité parmi les "plus grands moments judiciaires américains" l'arrêt US v. Nixon, qui avait forcé le président républicain, en 1974, à obéir à la justice en livrant ses enregistrements. Et de souligner que le président de la Cour suprême avait à l'époque été nommé par... Richard Nixon.

Mais lorsqu'on lui a demandé si un président en exercice devrait être forcé d'obéir à l'injonction d'un juge, Brett Kavanaugh a refusé de répondre à "une question hypothétique".

Il a d'autre part réitéré son opinion, énoncée en tant que juge de cour d'appel, que les armes semi-automatiques ne pouvaient être interdites car elles sont d'"usage courant", tout en déplorant les tueries ensanglantant régulièrement les écoles américaines.

- Des sénateurs décisifs -

C'est dans un chahut inédit que l'audition avait démarré mardi, les sénateurs démocrates exigeant son report dès les premières secondes pour protester contre l'arrivée tardive de dizaines de milliers de documents, sous les cris de manifestants.

Grâce à la majorité républicaine, la Maison Blanche s'attend pourtant à une confirmation rapide.

Mais le doute persiste sur une poignée de sénateurs en mesure de faire basculer le vote d'un côté ou de l'autre: deux républicaines défendant le droit à l'avortement et trois à cinq démocrates faisant face à une dure réélection dans des Etats pro-Trump.

L'audition reprendra jeudi.

Avec AFP

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Destitution de Trump: deuxième acte très attendu mercredi devant les caméras

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, États-Unis, le 8 novembre 2019.

Un grand spectacle politique débutera mercredi à Washington avec les premières auditions publiques de témoins clés dans l'enquête pour destituer Donald Trump, une "mascarade" selon le président américain, qui jure de prendre sa revanche sur les démocrates dans les urnes en 2020.

Après des semaines d'auditions fleuves sur l'affaire ukrainienne, menées dans la discrétion du huis clos au Congrès, ces auditions permettront aux Américains d'"entendre des gens au patriotisme bien ancré raconter l'histoire d'un président qui a extorqué (des actions à) un pays vulnérable en retenant une aide militaire", a affirmé dimanche le parlementaire démocrate Jim Himes.

C'est le diplomate Bill Taylor, chargé d'affaires américain à Kiev, qui ouvrira le bal devant les membres de la puissante commission du Renseignement de la Chambre des représentants.

Les démocrates ne l'ont pas choisi au hasard: son récit, livré en octobre, est l'un de ceux qui confortent le plus clairement les soupçons d'un chantage de Donald Trump auprès de l'Ukraine.

Cette phase d'auditions publiques signale que les démocrates s'approchent de la fin de leur enquête pour constituer un dossier d'accusation ("impeachment") contre le milliardaire. Une procédure explosive qui n'avait pas été menée aux Etats-Unis depuis plus de vingt ans et l'affaire Lewinsky, contre le président démocrate Bill Clinton.

Les démocrates accusent aujourd'hui M. Trump d'avoir abusé de ses pouvoirs présidentiels en faisant pression sur l'Ukraine pour son propre intérêt électoral.

Au coeur de l'affaire: une conversation téléphonique du 25 juillet, au cours de laquelle il a demandé à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky de "se pencher" sur l'ancien vice-président démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter dans la course à la Maison Blanche en 2020.

Le président républicain est soupçonné d'avoir à cette époque conditionné le dégel d'une aide militaire de 400 millions de dollars déjà promise à Kiev à l'annonce publique que l'Ukraine allait enquêter, notamment sur les affaires du fils de Joe Biden, Hunter, employé entre 2014 et 2019 par un grand groupe gazier ukrainien.

Des "calomnies", tonne la Maison Blanche, qui refuse de coopérer à l'enquête, Donald Trump dénonçant sans relâche une "chasse aux sorcières", voire même une tentative de "coup d'Etat".

"L'appel au président ukrainien était parfait (et) nous n'avons rien fait de mal", a-t-il encore écrit dimanche sur Twitter, appelant ses partisans à en lire la retranscription publiée par la Maison Blanche.

L'ancien homme d'affaires, derrière lequel font bloc une grande majorité des parlementaires républicains, s'attache aussi à décrédibiliser le lanceur d'alerte, membre des services de renseignement, par lequel l'affaire a éclaté.

Les membres républicains de la commission du Renseignement ont ainsi demandé sans succès le témoignage public de Hunter Biden et du lanceur d'alerte, qui reste anonyme et protégé des représailles.

Le calendrier n'a pas encore été officiellement fixé, mais l'ouverture des auditions publiques rapproche nettement la perspective d'un vote sur l'"impeachment", peut-être même d'ici la fin de l'année.

La chambre basse, contrôlée par les démocrates, devrait approuver sa mise en accusation. Il reviendrait alors au Sénat, où les républicains sont majoritaires, de mener son procès politique. Leur soutien s'avérera décisif pour l'avenir du milliardaire.

Et il apparaît pour l'instant peu probable que les démocrates parviennent à convaincre la vingtaine de sénateurs républicains nécessaires pour le destituer. Donald Trump serait donc "acquitté".

- Diplomatie parallèle -

Mais sous la houlette du discret Adam Schiff, devenu bête noire de Donald Trump, les démocrates poursuivent leur enquête.

Ils ont accumulé les récits d'une douzaine de responsables, jugés assez accablants pour en publier les retranscriptions et décider de convoquer à nouveau certains des témoins devant les caméras.

Ces récits dépeignent une diplomatie parallèle menée face à Kiev par l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani. Un fonctionnement si troublant de la politique ukrainienne de Washington que plusieurs diplomates de carrière en avaient, en plus du lanceur d'alerte, averti leur hiérarchie.

Bill Taylor a ainsi confirmé que, selon les récits qui lui avaient été faits, l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne Gordon Sondland avait franchement expliqué aux Ukrainiens les termes du marché en septembre.

A savoir que "l'argent pour l'aide sécuritaire ne serait pas débloqué tant que le président Zelensky ne s'engagerait pas à lancer l'enquête sur Burisma", l'entreprise gazière qui comptait Hunter Biden dans son conseil d'administration.

La commission entendra ensuite George Kent, haut responsable du département d'Etat spécialiste de l'Ukraine.

Puis, vendredi, l'ex-ambassadrice des Etats-Unis à Kiev, Marie Yovanovitch, brusquement relevée de ses fonctions au printemps après avoir fait l'objet d'une campagne hostile menée par Rudy Giuliani.

Avec AFP

Depuis Atlanta, Trump tente de séduire l'électorat noir

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

Par sa rhétorique, il s'est aliéné une très grande partie de l'électorat noir. A l'approche de la présidentielle de 2020, Donald Trump se lance pourtant dans une entreprise de séduction qui suscite - sans surprise - de vives réactions.

Le milliardaire républicain, en quête d'un second mandat de quatre ans, s'est rendu vendredi à Atlanta (Géorgie, sud), ville chargée d'histoire, pour lancer la coalition des "Voix noires pour Trump".

"Nous verrons dans un an, mais je pense que je vais avoir un pourcentage phénoménal de votes afro-américains", affirmait-il y a quelques jours depuis les jardins de la Maison Blanche.

Argument central de l'ancien homme d'affaires ? Les bons chiffres économiques. En octobre, le taux de chômage au sein de la population noire était de 5,4%, un chiffre en net baisse sur la décennie écoulée mais toujours supérieur à celui au sein de la population blanche qui s'élève à 3,2%.

Le locataire de la Maison Blanche met par ailleurs en avant une réforme de la justice pénale visant à désengorger les prisons surpeuplées votée, fait rare, par les élus des deux bords, conscients des coûts humains et financiers des politiques ultra-répressives de lutte contre le trafic de drogue.

"Sans moi, il n'y aurait pas eu de réforme de la justice et elle a bénéficié aux Afro-américains plus qu'à personne d'autre", souligne Donald Trump.

Mais le tempétueux président peine à convaincre cette partie de l'électorat et la défiance qu'il suscite est réelle.

En 2016, le magnat de l'immobilier avait joué la carte du désenchantement d'une partie des Afro-américains vis-à-vis du parti de Barack Obama, avec une phrase-choc répétée à l'envie: "Qu'est-ce que vous avez donc à perdre?".

Il n'avait obtenu que 8% des votes de l'électorat noir, contre 88% pour sa rivale démocrate Hillary Clinton.

Or depuis son arrivée au pouvoir, ses attaques répétées contre des leaders Afro-américains n'ont fait qu'attiser les tensions.

Les chiffres sont sans appel: selon un sondage rendu public en juillet par l'Université Quinnipiac, 80% des électeurs noirs estiment que Donald Trump est raciste.

Mi-octobre, il a provoqué une vive polémique en comparant la procédure de destitution le visant à un "lynchage", mot lourd de sens aux Etats-Unis, où il est associé aux meurtres de Noirs par des Blancs aux XIXe et XXe siècles, essentiellement dans le Sud.

Au cœur de l'été, il a rédigé une série de tweets d'une agressivité inouïe à l'encontre de l'élu de Baltimore Elijah Cummings, figure emblématique et charismatique du Congrès, décédé depuis.

Pour le révérend Timothy McDonald, qui a participé vendredi matin à un rassemblement avec des élus démocrates, le fait que Donald Trump vienne à Atlanta "terre de Martin Luther King et berceau du mouvement des droits civiques, est une gifle pour tous les noirs de Géorgie et une insulte pour tous les gens de couleur à travers les Etats-Unis".

- "Hypocrite et insultant" -

Cliff Albright co-fondateur de l'organisation Black Voters Matter (Les Votes des Noirs Comptent), s'indigne de l'initiative présidentielle vis-à-vis des électeurs noirs.

"C'est une imposture, c'est hypocrite, c'est insultant", estime-t-il, dénonçant les mots, mais aussi les actes du locataire de la Maison Blanche.

Mais quelle est la stratégie de Donald Trump ? A-t-il vraiment l'espoir grappiller quelques pourcentages de points parmi les Afro-américains représentant environ 13% de la population des Etats-Unis ?

"Il n'essaye pas véritablement d'obtenir des voix des Afro-américains", explique Cliff Alrbright à l'AFP. "Il cherche avant tout à minimiser leur participation".

"Créer une forme de confusion en martelant: +vous n'avez rien à perdre+" pourrait avoir un effet à la marge, souligne-t-il, et "pousser 1%, 2% ou 5% des électeurs noirs à rester chez eux".

En 2016, la mobilisation de l'électorat noir pour Hillary Clinton avait été notoirement faible dans plusieurs Etats-clés tels que le Wisconsin, qui avait basculé, à la surprise générale, du côté de Trump.

En 2020, les démocrates espèrent remobiliser cette partie de l'électorat pour retrouver des niveaux proches des deux élections de Barack Obama, en 2008 et en 2012.

Tout dépendra aussi, dans une certaine mesure, de nom du démocrate qui affrontera l'ancien homme d'affaires de New-York.

L'ex-vice-président Joe Biden jouit d'une solide popularité chez les électeurs afro-américains, en raison notamment de son excellente relation avec Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis. Ses rivaux, le jeune maire Pete Buttigieg et la progressiste Elizabeth Warren suscitent, pour l'heure, moins d'enthousiasme.

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